mercredi 30 décembre 2009

Cristallisation secrète

Yoko Ogawa

Actes Sud
Collection Lettres Japonaises
Roman traduit du japonais par Rose-Marie Makino

Paru en Novembre 2009
341 pages

RENTREE LITTERAIRE 2009

Depuis ma découverte d' Amours en marge, Yoko Ogawa figure dans ma liste des auteurs à découvrir. C'est donc avec un certain empressement que je me suis procurée le tout dernier roman de l'auteur Cristallisation secrète, qui s'inscrit dores et déjà comme mon tout dernier coup de coeur de cette année 2009.



Sur une île sévit une police secrète, une milice à l'affût de toutes les personnes qui se refusent à vouer leur mémoire au rang insignifiant des choses perdues. Sur cette île, les choses disparaissent; parfois anodines, ce sera un ticket de tramway ou bien une boîte à musique, mais plus perturbantes sera la disparition complète des oiseaux, ces êtres exprimant la liberté... Comme autant de secrets, la mère de la narratrice conserve tous ces objets bannis dans un coin de la maison, à l'abri de leur triste sort. D'interrogations en inquiétudes, le monde qui évolue autour de la narratrice devient étrange, infiniment onirique et lointain. Car toutes ces disparitions ne signifient pas seulement l'absence et l'ignorance, elles symbolisent un passé déchu par des objets qui ont perdu leur âme. La milice s'attaque aux personnes dont les souvenirs restent intactes aussi quand l'éditeur de la narratrice romancière est menacé, celle-ci le cache dans une chambre secrète, au fond de sa maison. Anecdotes, souvenirs et peur du présent se mêlent dans un récit profond, mélancolique et intimiste. L'écriture de Yoko Ogawa coule naturellement... sans agitation, d'une belle sensibilité dans un calme troublant parfois angoissant car cette métaphore des régimes abusifs et totalitaires est saisissante par son réalisme. Des souvenirs qui s'effacent, au passé emporté par des chasseurs, tout s'oublie et s'évapore dans une écume de nostalgie. Yoko Ogawa possède une force évocatrice grâce à une écriture inspirée, sereine et singulière. Transmission et oubli sont profondément liés entre eux dans une seule et même volonté de s'opposer au pire, un refus d'oublier les choses qui furent et qui ont été. Tout comme dans Amours en marge, le lecteur pourra ressentir cette dialectique de la mémoire troublée, torturée obligeant par là-même à être condamnée...en vulgaires errances fantômatiques. Les mots de Yoko Ogawa sont riches de poésie et de subtilité. Nul autre que cet auteur sait si bien mêler l'intime au fantastique, la réalité à l'illusion et à la perte des repères. Tout y est incertain et déroutant. Incontestablement, Yoko Ogawa signe encore une fois une oeuvre perspicace et délicate aux accents impénétrables.



7/7 J'ai fini mon challenge du 1% littéraire !! Yes !!!! PS: Je rajouterais plus tard la lecture du Jeu de l'ange de Zafon.


mardi 29 décembre 2009

Miki

Stephen Mackey

Gautier-Languereau
Adaptation française de Françoise Varillon
Album Jeunesse à partir de 3 ans

Thèmes: Amitié, Exploration, Solidarité

Très loin d'ici, dans un pays glacial et blanc où l'hiver durait toute l'année, vivait une petite fille qui s'appelait Miki. Miki passait ses journées à explorer son royaume de glace en compagnie de son ami Pingouin, jusqu'au jour où ils découvrirent un monde nouveau, inconnu et plein de lumière...

Voici un très bel album ! Sous ses airs de teintes glacées, fraîchement arrosées de bleu, irriguées par des tons turquoises, les paysages polaires deviennent tendres et attachants...Cet album présente une petite fille exploratrice pêchant sur le bord d'une rivière gelée...mais une grosse baleine l'emporte et la fait tomber à l'eau, l'entraînant dans des profondeurs marines à la beauté exceptionnelle : des méduses à trois yeux et des étoiles brillantes à souhait comme si elles étaient tombées du ciel. Une exploration merveilleuse, un appel du grand large... Pendant ce temps-là, ses amis Pingouin et Ours blanc s'inquiétent et vont au secours de Miki, équipés de boucliers et scaphandres protecteurs. Stephen Mackey propose ici un univers magique, non dénué d'un humour bon enfant. Il empreinte à la curiosité enfantine, source d'imagination renouvelée...pour nous entraîner dans un monde aux couleurs capturées de vivacité, donnant un aspect cotonneux... empreint de douceur malgré des tons froids. Entre rêve et réalité, la petite Miki s'échappe vers un monde onirique et prolifique conduit par des contrastes éblouissants, entouré de créatures mythiques... Un album sacrément bien emmitouflé qui prône les valeurs de l'entraide et de l'amitié.


Photos Copyright Droits Réservés Stephen Mackey


Je vous invite à découvrir son site

samedi 26 décembre 2009

Histoire d'une mouette et du chat qui lui apprit à voler

Luis Sepulveda

Illustrations de Miles Hyman
Editions Métailié/ Seuil
Traduit de l'espagnol (Chili) par Anne-Marie Métailié
135 pages
Roman junior dès 9 ans

Zorbas le chat grand noir et gros a promis à la mouette qui est venue mourir sur son balcon de couver son dernier oeuf, de protéger le poussin et de lui apprendre à voler. Tous les chats du port de Hambourg vont se mobiliser pour l'aider à tenir ses promesses insolites. A travers les aventures rocambolesques et drôles de Zorbas et Afortunada, on découvre la solidarité, la tendresse, la nature et la poésie.

Histoire d'une mouette et du chat qui lui apprit à voler est une histoire intelligente écrite par un homme de coeur dont on sait qu'il respecte la nature et les hommes. Celui qui a écrit Le vieux qui lisait des romans d'amour s'attache ici à changer de cap en signant un roman jeunesse à l'écriture émouvante, où la sensibilité n'a d'égale que la poésie qui en découle. Sous ses airs farfelus, l'histoire est drôle et insolite. Un chat qui apprend à voler à un poussin...et pour cela bien qu'il n'en connaisse pas les moyens, il sera aider par les chats du port et Jesaitout, un matou qui chérit les encyclopédies de son maître. Auparavant la mouette qui est venue mourir sur le balcon du chat Zorbas est le symbole d'un monde que les hommes détruit avec la pollution. C'est à cause de ses ailes engluées par le pétrole qu'elle meurt et de cela les animaux en sont bien conscients. Roman intelligent car il exprime les convictions intimes de l'auteur, de cette nature qu'il faut protéger et non polluer. Les personnages sont tous aussi attachants les uns que les autres, les chats ont chacun leur caractère bien défini et non dénué d'un humour tendre et cajôleur. Histoire d'une mouette et du chat qui lui apprit à voler c'est une formidable occasion de raconter la solidarité, l'amitié naissante et du sentiment de protection qui s'épanouit et devient amour. Un roman d'une grande finesse stylistique richement inspiré...marqué par une profondeur étonnante de vivacité.

A lire le jour de Noël



La nuit de Noël et le 25 décembre sont des moments magiques pour tous les enfants et ceux que nous sommes restés!!! Pour prolonger ces instants de bonheur, j'invite tous les parents et tous les enfants à lire ces deux petits albums qui suivent afin de rêver, sourire et s'enchanter en ce jour de fête...


Monsieur Noël
Roger Hargreaves

Hachette Jeunesse
Collection Monsieur Madame
Paru en Octobre 2009

Monsieur Noël habite au pôle Sud. Un matin de décembre alors qu'il dégustait des biscuits de Noël, il reçoit une lettre de son oncle qui lui vit au pôle Nord. Tout le monde le connaît car il s'agit du très célèbre Père Noël. Au secours, il n'arrivera pas à distribuer tous les cadeaux et il a besoin d'une grande aide...
Pour tous ceux qui comme moi ont grandi avec les Monsieur Madame plein la tête avant de s'endormir, cet album sera idéal pour renouer avec l'enfance passée tout en célébrant la magie de Noël et ses valeurs d'entraide et de solidarité...


L'anniversaire du père Noël
Nathalie Somers et Lydie Baron

Les 400 coups
Paru en Novembre 2009

« Bouhouhou !… »Quenotte se réveille en sursaut. Elle regarde le réveil et est bien étonnée : ce n’est pas l’heure de se lever ! Pourquoi donc a-t-elle ouvert les yeux au milieu de la nuit ?« Bouhouhou ! … »Voilà ! Ça recommence ! C’est ce bruit bizarre qui l’a réveillée ! Quelqu’un pleure à chaudes larmes dans la pièce d’à côté !Celui qui pleure est le Père Noël. Personne ne pense à son anniversaire. Quenotte la souris va s’en occuper ! Un texte mignon et attachant accompagné d’illustrations câlines et craquantes à souhait...





Une petite perle cet album!! Rempli de tendresse, de douceur et de délicatesse, les couleurs au rendu très cotonneux donnent l'impression d'un vrai nid de chaleur... Des couleurs naturelles aux tonalités pastelles et très adoucies. Le dessin y est enfantin, flottant dans une atmosphère d'amour et de bons sentiments. Un régal pour les yeux...

jeudi 24 décembre 2009

Joyeux Noël 2009


Un petit billet pour vous souhaiter à tous et à toutes un excellent réveillon et un très joyeux Noël. Joie, bonheur et amour auprès de vos proches pour passer de belles fêtes de fin d'année. Profitez de ces beaux moments. A très bientôt... Bisous

mercredi 23 décembre 2009

La Maison du magicien

Mary Hooper

Gallimard Jeunesse
Traduit de l'anglais par Bee Formentelli
Paru en Mai 2009
283 pages


Roman ado à partir de 12 ans

Quatrième de couverture: En Angleterre, à l'époque d'Elizabeth Ire, Lucy, une jeune gantière, rêve de trouver une place dans une maison de l'aristocratie et de pouvoir échapper ainsi à la tyrannie de son père.Voici que par un mystérieux tour du Destin elle est engagée chez le Dr Dee, magicien et conseiller personnel de Sa Majesté. Intriguée par l'étrange métier qu'exerce son maître, Lucy ne résiste pas à l'envie de satisfaire sa curiosité. Elle se retrouve alors dépositaire d'un terrible secret. Il en va de la vie de la reine... Distillant savamment la magie et le danger, Mary Hooper signe un roman particulièrement prenant, à l'atmosphère envoûtante, ancré dans une période historique à la fois troublante et passionnante.

XVIe siècle. Angleterre. Lucy aide sa maman à confectionner des gants. Adolescente débrouillarde, elle cultive également des plantes et les vend à son compte. Hélas sous la coupe d'un père violent et alcoolique, Lucy n'a pas toujours l'occasion de profiter de son dur labeur. Aussi ce jour là, son père la surprend au marché en train de flâner et de rêver à la somme gagnée qui précieusement reste au fond de sa poche afin de le dépenser pour une chose de valeur. Il la secoue violemment et lui ordonne de lui rendre l'argent mais c'en est trop pour Lucy qui s'enfuit. Sous les conseils de sa mère, Lucy part de la demeure familiale pour tenter sa chance à Londres et espérer se faire embaucher comme ménagère, cuisinière ou soubrette de chambre. Il se fait déjà tard lorsque sur son chemin, elle croise trois enfants jouant dans la mare. Une fillette tombe et s'enlise. Lucy part à son secours mais dans la mésaventure elle a perdu son panier d'affaires et tout ce qui lui restait pour affronter sa nouvelle vie. Recueillie dans la maison des fillettes, Lucy fera tout pour se faire embaucher quand elle apprend que la demeure appartient au Dr Dee, le magicien de Sa Majesté la reine Elizabeth Ire, celle pour qui Lucy ferait tout...

La Maison du magicien est un roman jeunesse comme je les aime. Il y a tous les ingrédients d'un bon roman distillant ainsi complots, magie, amour et récit historique. L'époque où se déroule l'intrigue est celle du règne d'Elizabeth Ire, reine d'Angleterre qui subit les assauts des partisans de l'écossaise Mary Stuart prétendant également au trône britannique. La peinture de la vie quotidienne est parfaite et la description prend une telle part raffinée qu'on ne peut s'empêcher d'imaginer les scènes avec les costumes, les parlers, les marchés. L'auteur sait y faire pour mener son lectorat sur le bout du nez: l'intrigue prend place au sein d'une vieille demeure qui a perdue sa richesse d'antan. Le docteur Dee, magicien de la reine, y pratique des rituels nécromanciens, rituels sombres et inquiétants. Entre voyance, livres et magie, Lucy évolue dans un univers fascinant et lorsqu'elle rencontre la Reine, l'intrigue palpite, notamment avec la rencontre d'un personnage excitant : Tomas le bouffon d'Elizabeth Ire. Mary Hooper signe là un roman d'aventures faribolant, minutieux à l'écriture réjouissante et captivante. Ce premier tome m'a fait beaucoup penser à La fille aux esprits car des éléments de la trame narrative y sont similaires. Roman aux nombreux rebondissements, l'intrigue n'en est que plus prenante et cela dans un effort constant d'augmenter le suspense. Je ne vous révèle pas la fin de ce premier tome mais je vous le dis, il sera difficile de ne pas succomber à la suite...


Merci à Clarabel car c'est en lisant son billet que j'ai voulu lire ce roman jeunesse et j'adore!!! Son billet est !


5/5 champignons

mardi 22 décembre 2009

La malédiction des Schaklebott Tome 1

Tome 1 ECO


Textes de Guillaume Bianco
Dessins de Jérémie Almanza

Editions Soleil
Collection Métamorphose
Paru en Octobre 2009

"Approchez braves gens, pour entendre l'histoire, Cette sombre litanie, qui vogue dans ma mémoire.Soyez donc attentifs, prêtez-moi une oreille, Vous entendrez un conte, à nul autre pareil. Eco n'a pas dix ans, son visage est bien blême, Mais c'est la vie pourtant, qui coule dans ses veines. Une triste circonstance, par une nuit de démence, Changera à jamais sa paisible existence. La fable est déplaisante, faites à votre guise, Sachez que toutefois, pleurer n'est pas de mise..."


Eco
Premier opus d'une trilogie éditée par les éditions Soleil, sera difficile à cerner tant par son style graphique que par sa mise en page. On serait bien sûr tenté de classer cet album en BD tout public mais le concept est plus compliqué car il s'agit d'un album pour adultes.


La malédiction des Schaklebott
raconte les mésaventures d'une héroïne ordinaire Eco. Celle-ci est issue d'une lignée de riches couturiers, dont les parents sont véritablement réputés pour leur maîtrise et leur art du textile. Eco s'efforce de suivre leur exemple et de créer avec tissus, chiffons, boutons des vêtements en utilisant plusieurs techniques dont celle du patchwork. Enfant seule, ses parents la délaissent totalement jusqu'au jour où son père lui confie une mission délicate, une mission de confiance. L'enfant devra apporter trois jolies poupées à la maison du maire, poupées confectionnées pour la fille de ce dernier. Il en va de la renommée de ses parents. Aussi Eco part-elle pleine d'espoir et de rêves. Ayant la main sur le coeur, elle croisera sur sa route une magicienne appelée La magicienne des nuages. Elle lui donne les trois poupées en échange de quatre amulettes. La petite fille n'y voyant rien de mal conclut le pacte et repart chez elle. Le mal cependant est irréversible, elle a causé la ruine de ses parents. Déchus de leur réputation, humiliés et anéantis par un tel drame, ils s'en prennent violemment à Eco. Sa mère notamment, lui jettera une horrible malédiction. Désormais seule et reniée, Eco se tourne vers ce qui lui reste de réconfort: les quatre amulettes qui sous ses yeux prennent vie comme l'avait dit la magicienne. Ayant pour seule compagnie ces petites créatures de chiffons, compagnons d'infortune, Eco se réveille un matin et constate avec effroi le début de son triste sort.

Il y a tant de choses à dire sur cet album qu'il sera sans doute difficile de vous faire communiquer toute sa richesse. Il faut savoir que ce tome 1 baigne dans une ambiance conte de fées s'inspirant largement de classiques jeunesse : chaque chapitre débute par un extrait du conte Jack et le haricot magique. Le destin des deux enfants étant similaires, chacun échangeant un objet d'allure anodine contre quelque chose de magique à leurs yeux mais qui cause la perte pour les adultes. Magie et fantaisie s'imbriquent tout au long de l'album sous des airs de conte de fées: une enfant seule mais vaillante, une rencontre avec une sorcière, des objets insignifiants qui prennent vie et une malédiction. Mais ne vous fiez pas aux apparences car sous cet air fantaisiste, se cache une histoire dramatique sur le thème de la différence et de la métamorphose du corps. La fin tout particulièrement ne manquera pas d'interpeller les lecteurs: la fillette se réveille et se voit dans un miroir. Le bas de son corps a grossi, ses seins ont poussé et du sang coule sur ses jambes. On l'aura compris ce tome 1 quitte le monde de l'enfance et nous propulse dans l'adolescence d'Eco.

Album singulier tout à fait original
, les illustrations sont fidèles à un univers sombre et fort ,desservies par un trait marqué et fouillé. Les références à Tim Burton aussi bien dans le texte que dans le graphisme sont présentes et nous entraînent dans une trame dramatique à la fois cruelle riche en métaphores et en symbolisme. On ne manquera pas d'évoquer une illustration prenante tant par la lumière que par les couleurs, dont les détails sont sûrement inspirés de films d'animation tels que Coraline ou Numéro 9. La narration s'adresse certes à un public averti mais le rendu donne quelque chose d'assez enfantin, tout en rondeurs et courbes offrant par un jeu de mise en lumière des contrastes saisissants et éblouissants. Ceci n'est d'ailleurs pas étonnant quand on sait que Jérémie Almanza a déjà fait ses preuves dans la BD Jeunesse avec Aristide broie du noir et lorsque cet univers si gothique est repris dans Billy Brouillard l'oeuvre de l'auteur Guillaume Bianco. Sans aucun doute La malédiction des Schaklebott est une série à suivre...

lundi 21 décembre 2009

La reine des glaces et Le pitou

Michaël Escoffier
Clément Lefèvre


La reine des glaces
Editions Sed


Que fait une fourmi sur un glacier en plein pôle Nord ? Qui plus est une Reine!! C'est vendredi et le vendredi les fourmis font du ski. Seulement voilà il n'y a pas de neige. La Reine décide de grimper sur un glacier. Oups!! Ca glisse et à force de cariboles, les petites fourmis voient d'un oeil catastrophé leur Reine s'écraser et partir à la dérive sur un gros iceberg...


Le pitou

Editions Frimousse
Collection Maxi Boum

"On ne partage pas qu'avec les oreilles et les yeux...On peut toucher, tourner les pages. On se perd dans les illustrations et on a un vrai grand album dans les mains...UN TRESOR !"

Mais où est passé le pitou ? s'écrie le petit pingouin qui court et court à la recherche de son doudou. De questions en recherches, le pingouin s'aventure à déranger l'ours polaire en pleine partie de golf "Zé perdu mon pitou ?". L'ours n'est pas d'humeur à aider notre ami et il l'envoie chez le Père Noël. Le pingouin naïf, tombe en plein dans la supercherie mais qui c'est ? Seulement voilà!! à quoi il ressemble ce pitou ???


Attention La reine des glaces vous ne le trouverez pas en librairie car il est réservé aux maternelles. Je vous le présente en exclusivité grâce à mon statut VIP (lol!!) qui me permet d'avoir accès aux livres de ma librairie mais en coulisses. Chut!!!!

La reine des glaces tout comme Le pitou sont des albums signés Michaël Escoffier pour les illustrations et Clément Lefèvre pour le texte. Ca déménage car ces deux histoires sont pleines de loufoquerie, d'humour et d'intelligence bon enfant. Une reine des glaces se retrouvant seule sur un iceberg qui abrite un mammouth!!!! Tout le monde s'extasie devant le spectacle alors que pauvre fourmi, elle croit que tout ce tapage est pour elle. Et vous me direz mais que fait une colonie de fourmis au pôle Nord ????? Le pitou c'est un doudou gros COMME CA dont il ne faut surtout pas se fier au petit nom bien mignon... Je conseille fortement Le pitou car vous y trouverez le Père Noël traversant les glaciers... Les illustrations sont superbes avec une nette préférence pour Le pitou car les dessins sont doux, aux traits enfantins, une atmosphère chaleureuse. La mise en page est soignée et les couleurs sont resplendissantes. Un album sur les doudous qui mêle avec brio poésie et fantaisie.

dimanche 20 décembre 2009

Les soeurs Eden et le maître des loups

Lyn Gardner


Editions Tourbillon
Roman traduit de l'anglais par Marie-José Lamorlette
Illustrations de
Julia Wauters
Paru en Mai 2009
416 pages

Roman ado à partir de 9 ans

Alice en a marre!!! Sa soeur aînée Aurore est toujours après elle: orthographe, lectures, calcul mental, Alice n'y tenant plus, elle s'enfuit souvent de la demeure familiale pour aller courir dans les bois et préparer des feux d'artifice. Leurs parents ne sont pas présents: le père part toujours en expédition et la maman, fainéante et toujours fatiguée attend un troisième enfant. Livrée à elle-même, Aurore est une adolescente timorée, qui s'efforce d'apporter la meilleure éducation à sa petite soeur casse-cou. Aussi quand leur mère décède après la naissance d'une petite fille, Aurore a un poids supplémentaire sur ses maigres épaules. Alice prend vite le bébé sous sa protection pour soulager sa soeur de trop nombreuses responsabilités. Surtout que le papa, complètement anéanti et désabusé, a filé sans demander leurs restes. Livrées toutes les trois à elles-même, seules dans un grand manoir, les petites soeurs sont "orphelines". Elles courent un grave danger car le maître des loups, le docteur Sauvage rôde en quête d'un instrument de musique aux pouvoirs surnaturels. Une flûte que la maman d'Alice lui a confiée sur son lit de mort...

Les soeurs Eden et le maître des loups est un conte moderne qui présente les thèmes très riches de l'apprentissage et de l'initiation. Roman de prise de conscience où l'on quitte l'enfance pour commencer à grandir, c'est aussi un roman contemporain qui reprend les plus grands contes de notre enfance afin de les distiller tout au long d'une intrigue palpitante. A l'image du Livre des choses perdues, Lyn Gardner crée un univers culturel porteur des plus grandes angoisses enfantines. Hansel et Gretel, La Belle aux bois dormants, Le Petit Chaperon rouge, Jack et le haricot magique, Alice au pays des merveilles, le roman est truffé de références littéraires dont l'ambiance ressemble plus aux contes des frères Grimm qu'à Walt Disney. Les trois jeunes filles vont affronter un être cruel, aigri, un maître des loups qui veut s'emparer d'une flûte possédant le pouvoir de contrôler les volontés des gens.

Histoire aux multiples rebondissements, nous pourrons y croiser la Mère Crochue, une ogresse aimant jouer avec ses victimes mais aussi des enfants-fantômes errant dans les cimetières en attendant le retour de leurs familles...le parcours est semé d'embûches mettant à l'épreuve une héroïne Alice, intrépide et courageuse faisant acte de bravoure pour protéger ses soeurs. Un roman d'aventures à l'écriture enjouée et imagée et aux personnages attachants. Les soeurs Eden et le maître des loups est un roman jeunesse agréable à lire, on ne tombe pas dans la parodie mais l'auteur joue sur une intertextualité créative. Beaucoup critiqueront cette apparente facilité, celle de faire appel aux contes de fées en les replaçant dans un autre contexte, ce qui ressemble à une simple réécriture des contes, sorte de collage assemblé mais cette technique du patchwork n'est nullement regrettable et valorise au contraire un texte imaginatif autant que divertissant...


5/5 champignons

Cerise Griotte

Benjamin Lacombe
Seuil Jeunesse
Paru en Mars 2006
Album Jeunesse à partir de 5 ans

Thèmes: Solitude, Amitié, Chien

Cerise est une enfant triste. Elle vit seule avec son papa et se noie dans les livres pour oublier sa différence. Elle passe de longues journées derrière sa vitre, allongée sur son lit, le regard vague et vide à regarder s'agiter les gens dehors mais surtout les enfants qui jouent et rient dans la rue. Cerise n'a pas un prénom comme les autres. En classe, on se moque d'elle et de ses rondeurs. Mais elle imagine partir en voyage aux côtés de Philéas Fogg ou de Jules Verne. Son papa recueille les animaux perdus, aussi se prend-t-elle d'affection pour une chienne qui comme elle est différente avec ses plis graisseux. Très vite, elle s'identifie à l'animal et le nommera Griotte. Elle trouve en lui le réconfort dont elle a besoin et ose affronter les vilaines moqueries de ses camarades. C'est Griotte, elle l'aime et s'en défend! Peu importe sa différence, seule l'amitié et l'amour comptent. Mais Griotte est un chien perdu et il faudra bien que Cerise apprenne à le laisser retrouver son vrai maître...

Un formidable album signé Benjamin Lacombe sur un thème d'actualité, un thème très porteur en littérature de jeunesse : la différence. Cerise est une enfant solitaire, fuyant une réalité trop sombre dans les livres qu'elle lit. Un moyen pour elle d'affronter la méchanceté des camarades de classe. Parce qu'elle n'a pas un prénom commun et parce qu'elle a des rondeurs, on l'isole. Secrètement elle observe le bel Angelo mais sa tristesse est d'autant plus grande que celui-ci ne la remarque même pas. Une enfant différente, seule et triste mais aussi timide et qui a tant à offrir. Tout l'amour qu'elle porte en elle, elle le confie à son compagnon de coeur, un chien sharpei, lui aussi différent. Un album fort, émouvant et poétique comme on en a pris l'habitude avec cet illustrateur à la sensibilité dévoilée. D'abord sombres, les couleurs sont toutefois harmonieuses et restituent superbement cette ambiance mélancolique d'une enfance malheureuse. Mais l'espoir est là et Cerise prend son courage à deux mains quand ce n'est plus elle qui est visée. C'est un album touchant et expressif, d'une extrême tendresse dans lequel on s'attache immédiatement aux personnages.


4/5 champignons

Le blog de l'auteur ici

samedi 19 décembre 2009

La mélodie des Tuyaux (Conte musical)

Benjamin Lacombe

Seuil Jeunesse
Paru en Octobre 2009
Texte dit par
Olivia Ruiz
Mis en musique par
Alex el Rubio et Jean-Baptiste Marino
Avec un CD Audio
Album Jeunesse à partir de 5 ans


Thèmes: Musique, Estime de soi, Gitans


Alexandre vit dans une ville triste et morne. Une ville industrielle où la vue n'est faite que de pollution, de fumées et d'usines grisâtres. Alexandre est déprimé. Son avenir est déjà tracé alors qu'il n'a que treize ans. Ce paysage bien sombre est perturbé par l'arrivée inopinée d'une troupe de cirques. Alexandre est curieux tout comme ses camarades de classe. Les rumeurs vont bon train sur les gitans. On les critique, on les traite de voleurs. Mais Alexandre rencontre les grands yeux noirs de la belle Elena. Alexandre est timide et craintif mais Elena le prend vite sous son aile. Les présentations sont faites : il y a Frieda la femme à barbe, les soeurs siamoises et les lilliputiens. Il va découvrir un monde nouveau, enchanteur: la famille d'Elena est andalouse. Les filles dansent le flamenco et la musique rythme leur vie nomade. Alexandre est fasciné, alors que ses parents l'ont toujours dénigré, il ouvre son coeur à cette culture. Un fabuleux voyage l'attend qui le conduira à trouver sa place dans cette grisaille sans joie.

La mélodie des Tuyaux est un conte jeunesse musical dans lequel Benjamin Lacombe a choisi de nous faire vibrer sur des rythmes gitans, pour notre plus grand bonheur. Après Généalogie d'une sorcière, coup d'éclat de l'année 2008, La mélodie des Tuyaux nous emporte à la découverte d'une culture: celle des gens du voyage. C'est une réussite exemplaire, une perle, un bijou de la littérature jeunesse. On ne peut pas être déçu par Benjamin Lacombe, c'en est presque devenu une règle !

Empreint de tolérance et de valeurs humaines, ce magnifique album nous incite à écouter les musiques rythmées et colorées des gitans. Alors que la vie d'Alexandre est sombre, sans espoir, ce monde vif et dynamique s'immisce dans une ville industrielle où le travail prime. Alexandre se cherche. La perspective de suivre les pas de ses parents ne l'enjoint guère à voir la vie avec optimisme. Aussi l'arrivée des petites roulottes bigarrées et colorées est un divertissement qui vient lui ouvrir la voie de la curiosité. Irrésistiblement attiré, il ne peut s'empêcher d'aller zieuter et de se trouver nez à nez avec Elena. D'abord craintif et timide, il accueille ce spectacle avec un immense bonheur. Petit à petit, au contact profitable et formidable des gitans, il va prendre confiance en lui. Il apprend à jouer de la guitare et en même temps que sa découverte de la musique, il part à la recherche de l'estime de soi. Alexandre a un don. La mélodie coule dans ses veines, la musique est innée et inouïe !!!

La différence est également une thématique chère à Benjamin Lacombe. Perçus comme des voleurs, La mélodie des Tuyaux retranscrit tous les préjugés, les clichés qui rôdent autour des gitans pour nous faire découvrir que cette culture est porteuse de joie, de confiance et d'amour. La différence est visible à travers le thème du cirque, des femmes à barbe, de toutes ces personnes que l'on voit comme des bêtes de foires, des curiosités. La mélodie des Tuyaux nous révèle que la vraie curiosité n'est pas celle des moqueries, mais celle du coeur, celle qui nous pousse à aller vers les autres, vers l'inconnu pour le connaître et l'accepter avec tout ce qu'il a à nous offrir. Accepter la différence et s'en imprégner pour trouver sa place en ce monde. Un album à la fois thématique et artistique. Que peut-on dire des illustrations de Benjamin Lacombe, si ce n'est qu'elles sont sublimes, aux couleurs chatoyantes, aux contrastes forts afin de révéler cette culture du voyage. Les musiques sont envoûtantes. Un album empreint de chaleur qui nous donne envie de chanter et de danser. Les fans de La mécanique du coeur de Mathias Malzieu reconnaîtront et apprécieront l'originalité d'une telle oeuvre, mais aussi son côté bohême et poétique.


Une réussite totale plébiscitée par les bloggueuses littéraires : Theoma, Laure, Clarabel, Lily

Si vous aimez La mélodie des Tuyaux, vous aimerez sûrement Le temps des roulottes de Jeanne Bayol


Interview de Benjamin Lacombe - La mélodie des Tuyaux
envoyé par LesHistoiresSansFin

jeudi 17 décembre 2009

La clé de l'abîme

José Carlos Somoza

Actes Sud
Collection Lettres Hispaniques
Roman traduit de l'espagnol par Marianne Millon
Paru en Septembre 2009
380 pages


RENTREE LITTERAIRE 2009

Quatrième de couverture: Puissant, immense, tout de verre et d'acier, le Grand Train de 7 h 45 vient de s'ébranler à destination de Hambourg, quand, à son bord, le modeste employé Daniel Kean distingue une flaque rouge sang aux pieds d'un passager.Pour déjouer l'attentat imminent, le jeune homme amorce le dialogue avec le kamikaze agonisant qui lui susurre quelques mots à l'oreille. Le voilà dépositaire malgré lui d'un effroyable secret : l'emplacement de la "Clé" qui pourrait détruire Dieu, détruire surtout la crainte qu'il inspire aux hommes. Flatté, menacé ou manipulé par deux bandes rivales qui se disputent cette boîte de Pandore, Daniel s'immerge dans un univers peuplé d'ombres, traverse des ténèbres et affronte des mythes et des divinités archaïques.Tels Verne, Stevenson ou Lovecraft, José Carlos Somoza conduit ce thriller futuriste vers des terres inexplorées, des continents entourés de marais, des océans contenus dans des cercueils de verre, orchestrant l'éternelle bataille, ici magistralement renouvelée, entre les armées du bien et du mal. De ce voyage hallucinant dans les méandres de la foi, on revient riche d'une seule certitude : ce "pour ou contre" Dieu qui a forgé notre conscience d'être au monde, cette croyance ou ce déni qui règlent nos vies, il faudra admettre qu'ils reposent sur la seule puissance fabulatrice des hommes.Un postulat bâti sur une légende !

A propos de l'auteur: José Carlos Somoza est né à La Havane en 1959 et vit à Madrid.Ses ouvrages, parus chez Actes Sud, La Caverne des idées (2002, et Babel n ° 604), Clara et la pénombre (2003, et Babel n° 669) La Dame n° 13 (2005, et Babel n° 793), La Théorie des cordes (2007. et Babel n° 911), et Daphné disparue (2008), sont traduits dans le monde entier.


Daniel Kean, employé du Grand Train quitte ce matin là son foyer avec le coeur lourd. Sa petite fille Yun a fait un terrible cauchemar dans lequel elle sentait son papa en danger dans un train sombre... Daniel comprend mieux les paroles de Yun lorsque celui-ci se trouve confronté à un jeune homme mystérieux, un kamikaze moderne qui cache des tonnes d'explosifs. Il a choisi Daniel pour lui livrer un puissant secret. Daniel est le messager d'une révélation dangereuse: une Clé appelée Clé de l'abîme, celle qui détruira Dieu. Péché par un comité de sécurité, Daniel est emmené puis interrogé jusqu'à ce qu'un homme odieux décide d'exécuter sa femme sous ses yeux. Mais Daniel ne peut rien faire. Il certifie que l'homme ne lui a rien révélé. Ignorance ou oubli, Daniel devient l'objet de convoitise de daux bandes rivales qui sont prêtes à tout pour connaître la Vérité...

José Carlos Somoza signe là un thriller futuriste assez pompeux, où la lourdeur du style n'a d'égale qu'une intrigue compliquée. Je n'ai pas du tout accrochée à l'écriture de cet auteur dont on dit qu'il est renommé et apprécié. Ce n'est qu'à la fin que l'auteur dévoile les ficelles mais le reste du livre n'est pas enchanteur. Certes José Carlos Somoza n'a pas son pareil pour les décors, à la fois sauvages et mythiques, mais les trop nombreux personnages ne sont pas attachants. L'histoire est complexe, entre les croyants et les non-croyants s'inscrivant dans un monde manichéen du bien et du mal, ou plutôt de la vérité et de l'illusion. Même au sein des croyants de la Bible, les opinions divergent entre les lecteurs du Premier chapitre jusqu'aux lecteurs du Quatorzième. C'est à la fin que l'on comprend où l'auteur a voulu en venir, s'inspirant de l'oeuvre de Lovecraft mais si on retrouve cette ambiance confuse et sans espoir chère aux créatures lovecraftiennes, il n'en reste pas moins qu'en tant que lectrice de Lovecraft je n'ai pas adhéré à la "Clé de l'abîme". Les pouvoirs de la littérature sont impénétrables et l'intrigue de Somoza est parsemée de longueurs, de discours interminables. Si je devais qualifier ce roman je le nommerais écriture de l'artificialité, écriture certes très imagée et imaginative, où l'horreur suscite l'effroi, visions chaotiques d'êtres hybrides mangeurs d'âmes; artificialité dans les décors luxuriants de ce Japon découvert sous une bulle de verre noyée, mais tout ceci lorsqu'on connaît les mythes de Lovecraft est bien fade. Artificialité n'est qu'illusion alors que le Maître était créateur de mythes. La Clé de l'abîme est un roman d'aventures qui plaira aux amateurs d'un fantastique poussé à l'extrême, un thriller incertain qui laisse perplexe ; mais qui ne prendra pas beaucoup de place dans ma mémoire de lectrice...

Les billets plus enthousiastes de
Leiloona, Cuné, Stephie


6/7

mercredi 16 décembre 2009

Club de lectures Séance 4

C'était l'euphorie, la joie et la bonne humeur pour ce club de lectures placé sous le signe de Noël. Le thème a fait l'objet de nombreux coups de coeur, entre magie et délires, le thème de cette fête donne lieu à de superbes lectures aussi agréables que mémorables.
Nous avons débuté la séance avec une dégustation de truffes au chocolat et à la Noix de coco, accompagnées de pain d'épices aux abricots secs et d'un bon chocolat chaud. Entre rires et bavardages nous pouvions entendre deux chansons Silent Night et Petit Papa Noël interprétées par Josh Groban. De quoi nous mettre dans l'ambiance ????


Alors vous êtes bien installés ???? La présentation des livres peut commencer et à notre menu, il y a eu des cris étouffés, des sourires coquins car oui quand j'ai découvert que Régis allait présenter le même livre que j'avais choisi!!! Je dois dire que je n'ai pas pu réprimer un fou rire exalté!!!!!

Il s'en est suivi une double-présentation des Quatre plus beaux Noël de Marcus Pfister, complètement loufoque et confuse!!!! Régis et moi parlions en même temps tellement nous avons adoré cet album aux magnifiques illustrations qui racontent quatre contes dans lesquelles la magie de Noël s'affirme sous les grandes figures du Papa Noël, de Saint-Nicolas. Nous avons été transporté par cette ambiance doucereuse aux illustrations cotonneuses. Tendresse, traditions et valeurs humanistes sont les mots clés de ce très joli album.

Sylvie a choisi un recueil de nouvelles vraiment exceptionnel et pour le moins original Les Noëls électriques de Jacques Baudou aux éditions Les moutons électriques. Il s'agit d'un recueil de 19 nouvelles qui "parodient" les fêtes de Noël. Des nouvelles aux accents farfelus, délirants et totalement déjantés. Un Noël cinglant et assassin !!! Chapeau bas à Sylvie qui a eu un coup de coeur et qui par sa délicate attention nous en a fait profiter en nous imprimant sa nouvelle préférée!!!!

Une seconde avant Noël de Romain Sardou, c'est Johanna qui nous l'a choisi et j'ai suivi ses paroles avec grande attention car l'année dernière j'avais lu du même auteur Sauvez Noël!. Johanna était réellement enthousiaste. Elle a adoré le côté conte dickensien, l'aspect féérique et magique des contes de Romain Sardou. Une seconde avant Noël c'est Comment est né le Père Noël? ou comment remettre au goût du jour les mythes et croyances des hommes envers cette fête qui soulève bien des questions.

Il n'y a que Catherine qui a été déçue de sa lecture: Un Noël en famille de Jennifer Johnston autrement dit Passez votre chemin... Noël y est l'occasion de raviver des tensions familiales autour d'un homme qui sortant d'un grave accident de voiture, se remémore des souvenirs.

Encore une fois nous avons eu une séance bien sympathique remplie de peps, de bonheur et de coups de coeur. Des romans, un album, des nouvelles, tout pour faire une très belle séance, clôturée comme il se doit par une distribution de petits cadeaux de Noël!!! Au programme tout le monde a été ravi de ce que le Papa Noël a apporté: des décorations de Noël, porte-clés!! et moi j'ai eu Monsieur Noël (trop fort je le voulais!!) de la série Monsieur Madame.

Une magnifique séance pour laquelle je remercie tous les participants pour leur présence, leurs sourires et leur investissement qui nous ont permis de passer un excellent moment de partage et d'amitié.

Prochaines séances sur le thème de Cuisine et délices (Janvier) et Visions nyctalopes (Février).

GROS BISOUS à vous tous!! Passez d'excellentes fêtes de fin d'année et à bientôt pour de nombreuses autres surprises...
Votre animatrice dévouée

lundi 14 décembre 2009

Les 4 plus beaux Noël de Marcus Pfister

Illustrateur et auteur Marcus Pfister
avec la participation de Gerda Marie Scheidl et Kathrin Siegenthaler

Editions NordSud
Paru en Novembre 2009
Album jeunesse à partir de 3 ans
108 pages

Thèmes: Nativité, Enfant Jésus, Père Noël





Au fil de 4 histoires tour à tour drôles, tendres ou mystérieuses, Marcus Pfister célèbre toutes les magies de Noël...Que se passerait-il si le père Noël avait une panne d'oreiller ? Et si saint Nicolas semait ses paquets aux quatre vents ? Où l'étoile de Noël conduira-t-elle les rois mages ? Quant au petit berger, trouvera-t-il le chemin de la foi ? Laissez-vous conter la Nativité, les valeurs et les traditions de Noël au coeur de décors chaleureux et envoûtants !

Marcus Pfister est né en 1960 à Berne en Suisse. Il a commencé son métier d'illustrateur en tant que graphiste publicitaire. Très vite il se tourne vers la littérature de jeunesse où il a créé quelques-uns des héros fétiches des enfants tels que Arc-en-ciel, le poisson aux écailles scintillantes. L'éditeur NordSud lui est attitré. Avec Les 4 plus beaux Noël de Marcus Pfister, l'auteur nous dévoile ses quatre contes préférés. Contes qui tour à tour nous enchantent et nous réchauffent les coeurs: Père-Noël, réveille-toi ! nous présente un Père Noël pour le moins tête en l'air qui a oublié de se lever afin de distribuer les cadeaux; Les Quatre Bougies du petit berger est de loin mon conte préféré, un des plus émouvant, alors que Une étoile cette nuit-là est plus classique annonçant la venue au monde de l'Enfant Jésus. Saint-Nicolas et le bûcheron est également un joli conte sur l'esprit de Noël.

Noël est ici l'occasion de raconter des histoires traditionnelles mais aussi plus magiques pour pénétrer au coeur de l'esprit de cette fête. On célèbre les valeurs humanistes de la famille, l'amour, la solidarité, l'entraide tout en célébrant un moment convivial empreint de joie et d'excitation. On peut également lire ces contes dans une approche religieuse et chrétienne car le conte Les Quatre Bougies du petit berger est une histoire portant haut les couleurs de la confiance, du partage et de la foi. L'enfant qui a perdu son agneau part en pleine nuit à sa recherche mais sa quête le conduira jusqu'à un bébé. Sur son chemin l'enfant donnera une des bougies que contient sa lampe à un mendiant, à un loup blessé et à un voleur. On peut facilement comprendre et interpréter ces bougies comme la présence réconfortante de Dieu, l'enfant apportant la lumière à ceux qui sont dans le besoin. Mais outre cet aspect religieux, on trouvera les cadeaux de Noël, les bonhommes en pain d'épices, les rires des enfants et cet esprit chaleureux. Les illustrations sont tendres et attachantes grâce à un rendu impressionniste. Des dessins floconneux et cotonneux rendent cet album très doux alors que l'utilisation de l'aquarelle sur papier humide accentue cette quiétude tout en redonnant l'éclat aux couleurs usitées. Un album idéal à lire en attendant minuit...

5/5 champignons

dimanche 13 décembre 2009

Le drôle de Noël de Scrooge

Titre original: Un chant de Noël

Charles Dickens

Hachette Jeunesse
Le Livre de Poche Jeunesse
Paru en Octobre 2009
156 pages

Le drôle de Noël de Scrooge est le film de Walt Disney adapté du roman de Charles Dickens Un chant de Noël. Ce conte met en scène un personnage cynique, égoïste et acariâtre dénommé Scrooge, qui n'a de cesse de considérer le temps comme de l'argent. En ce soir de Noël, il décide de passer les fêtes seul, enfermé dans sa chambre et aigri d'une vie sans joie, sans famille et sans amis. Durant la journée, Scrooge a été odieux avec toutes les personnes qui se réjouissaient de Noël, en mettant un point d"honneur sur la futilité d'une telle fête. Mais trois spectres vont lui rendre une petite visite pour essayer de raviver la flamme de Noël, retrouver l'esprit de cette fête magique. Les fantômes des Noëls passés, des Noëls présents et des Noëls futurs vont lui faire prendre conscience que Noël est une fête sacrée, aimante où la joie l'emporte sur le temps qui passe et qui change un homme. Des spectres pour aider Scrooge à voir les bonheurs de la vie autrement, à vivre avec amour et solidarité et cela afin d'éviter à Scrooge une triste fin et un sort funeste.


Un chant de Noël est un conte charmant, qui retranscrit avec simplicité et intelligence l'esprit de Noël en apportant un message universel d'espoir et d'amour. Mon premier Dickens est une franche réussite. L'écriture sobre mais attachante déploie une réalité altruiste: la famille, la misère, le travail, la maladie; Noël est l'occasion d'oublier tous les soucis de la vie quotidienne car le plus important c'est d'être réunis. La pointe de fantastique avec l'apparition des spectres embarque le lecteur dans un conte à la fois magique et exceptionnel. Un vrai conte de Noël digne de ce nom...


5/5 champignons

mercredi 9 décembre 2009

Céleste une étoile dans la nuit



Gaëlle Callac
Marie Desbons


Le buveur d'encre
Paru en Octobre 2009
Album Jeunesse à partir de 3 ans


Thèmes: Conte, Allumette, Nuit de Noël



"L'enfant prend une troisième allumette, et elle se voit transportée près d'un arbre de Noël, splendide. Sur ses branches vertes, brillaient mille bougies de couleurs: de tous côtés, pendait une foule de merveilles. La petite étendit la main pour saisir la moins belle: l'allumette s'éteint. L'arbre semle monter vers le ciel et ses bougies deviennent des étoiles: il y en a une qui se détache et qui redescend vers la terre, laissant une traînée de feu."


Hans Christian Andersen Extrait de "La Petite Fille aux allumettes"

Céleste est une allumette heureuse. Parmi ses autres amies, elle regarde le plafond tout noir et rêve d'un avenir plus radieux. Car Céleste est prisonnière de la boîte d'allumettes qui s'ouvre à la volée mais se referme aussi vite. Un court instant fugitif et furtif qui lui laisse l'espoir de quelques secondes d'être la choisie, d'être craquée. Elle rêve de touts petits instants de gloire qui lui permettraient d'éclairer une âme en peine. Elle s'imagine figurer sur le sapin de Noël. Le grand et bel arbre de Noël. Car voyez-vous Céleste voudrait être une star d'allumette, elle voudrait briller entre toutes. Mais le triste destin d'une allumette c'est de s'allumer et de flamber. Son être se consume et s'envole vers une autre éternité. Lorsqu'une petite fille l'attrape, Céleste est heureuse. Son rêve devient réalité et elle s'illumine à la vue du beau sapin de Noël. Depuis Céleste a exaucé son voeu: par delà les lumières, à la veillée de Noël on conte l'histoire de la Petite fille aux allumettes...

Céleste Une étoile dans la nuit a illuminé ma journée de samedi, seule parmi tant de livres, c'est sa couverture d'un rose éclatant et néanmoins d'une douceur surprenante qui m'a subjuguée ! Et je ne regrette absolument pas l'achat "coup de tête" de ce magnifique album qui réinvente le conte initial de Hans Christian Andersen "La Petite Fille aux allumettes". Gaëlle Callac a écrit une mise en abîme du conte en se plaçant du côté de la dernière allumette craquée par la petite fille. Alors que le conte d'Andersen est triste et mélancolique, Céleste une étoile dans la nuit resplendit par un texte délicat, tendre et terriblement attachant. Céleste rêve de destins moins ordinaires, elle rêve d'être exemplaire et d'aider une âme en détresse. Eclairer la vie des malheureux est pour elle le meilleur des voeux... Les illustrations de Marie Desbons sont splendides, teintées d'un fondu rose, rouge, aux couleurs pastelles et vibrantes de magie. J'adore la petite allumette Céleste, véritable personnage au coeur léger et aux allures de starlette dont les yeux expressifs sont brillants de joie et d'enthousiasme. On sent grâce à un texte aussi joli que poétique, une petite pointe de nostalgie à la fin, mais l'ambiance générale de l'album est digne des fêtes de Noël. Gaëlle Callac et Marie Desbons nous offrent ici une belle interprétation du conte, une idée resplendissante que celle de réécrire ce conte du point de vue de l'allumette. Les illustrations valent le coup d'oeil. Un moment de lecture Brillantissime!!



5/5 champignons

lundi 7 décembre 2009

Le Livre des Choses Perdues

John Connolly

Editions L'Archipel
Traduit de l'anglais par Pierre Brévignon
Paru en Octobre 2009
348 pages

RENTREE LITTERAIRE 2009



Quatrième de couverture: Inconsolable depuis la mort de sa mère, David, douze ans, se réfugie dans les livres pour fuir le remariage de son père et oublier la naissance de Georgie, son demi-frère. Une nuit, alors que depuis quelque temps, déjà, des phénomènes étranges se produisent, David croit entendre la voix de sa mère. Il la suit et découvre un passage caché derrière des buissons, au fond du jardin. Il le franchit et se retrouve alors propulsé dans un univers parallèle, un monde étrange et hostile peuplé de trolls, de Sires-Loups, de créatures hybrides et d’autres personnages issus de ses lectures et de son imaginaire…Grâce à l’aide du Garde-Forestier et de Roland, un preux chevalier, il va, après bien des épreuves – combats, énigmes à résoudre, pièges à déjouer… – rencontrer un vieux roi qui conserve ses secrets dans un volume mystérieux, Le Livre des choses perdues, sésame qui permettrait à David de regagner le monde réel. Mais l’Homme Biscornu, être maléfique qui épie David depuis son arrivée, ne l’entend pas ainsi. Il a pour lui bien d’autres desseins…


Après avoir instauré des petits rituels pour sauver sa maman d'une maladie grave, David est confronté à sa mort. Comment vivre dans un monde où l'être cher et perdu n'existe plus ? Sa mère avait coutume de lui lire des histoires; elle adorait lire des livres. Les histoires veulent être lues et prennent vie dès qu'on les raconte. Après la mort de sa maman, David se perd dans un monde littéraire protecteur, pour fuir une réalité qui le dépasse et le fait terriblement souffrir. Son père a rencontré Rose avec laquelle ils viennent d'avoir un bébé. Un petit garçon que David renie. La guerre en Europe éclate et Hitler menace l'Angleterre. Mais David ne pense qu'à sa mère et a une peur qui se fait omniprésente. Son papa ne semble déjà plus se préoccuper de sa première femme et sa nouvelle famille remplace celle de David. Son coeur est meurtri. David est un enfant perdu, solitaire et en colère. Après une violente dispute avec Rose et son père, David suit la voix de sa maman qui l'attire vers un passage... derrière lequel se cache un monde à la fois merveilleux et effrayant...fruit d'une imagination débordante et de peurs incontrôlables.

Le Livre des Choses Perdues est certainement un des meilleurs romans de cette rentrée littéraire 2009. John Connolly met en place une thématique du deuil, de l'absence de l'être cher et exprime toute la complexité psychologique qui en résulte pour l'enfant. On le comprend bien au tout début du livre. David invente des petits gestes quotidiens, des rituels qui permettraient de sauver sa mère. Hélas David s'aperçoit que l'on ne peut rien faire face à la vie, au destin et à la mort. On ne peut y échapper. Dès lors il se rattache à ce que sa maman adorait par dessus tout: les livres qui lui offrent une réalité alternative, un moyen expiatoire à la souffrance.

Il se réfugie dans un univers merveilleux, où le fantastique est parsemé de cruauté, une image à l'échelle de la réalité, du monde des adultes. John Connolly développe le monde des contes de fées, il les réinvente afin qu'ils collent à cet univers violent. Le Petit Chaperon rouge, La gardeuse d'oie, Blanche-Neige et les sept nains, Hansel et Gretel n'enchantent plus et révèlent le côté sombre des angoisses enfantines, des peurs de l'abandon. Côtoyant les trolls, les harpies, le Sire-Loup et des personnages aux registres mythologiques, David évolue dans son propre conte, sorte de catharsis à tout ce qu'il a vécu. Fruit d'une imagination tourmentée par des sentiments contradictoires: l'amour, la colère, le sentiment d'être remplacé; ce monde qui se présente à lui est l'expression d'un apprentissage du deuil et du changement. Voyage initiatique aux accents métaphoriques, Le Livre des Choses perdues exprime ce qu'il y a de plus complexe dans la psychologie enfantine: la confrontation du bien et du mal, représenté par l'Homme Biscornu, métamorphose du diable qui pousse à la tentation, celle de céder à la facilité.

On s'aperçoit qu'il est plus dur pour David de résister que de céder à la facilité, à cette colère qui le fait renier son demi-frère. Véritable plongée au coeur des émotions adolescentes, ce roman offre de multiples pistes de réflexion. Mené avec brio, il est évocateur, symbolique et spirituel. John Connolly ne s'est pas contenté de détourner les contes originaux, il leur a donné une portée universelle et désenchantée: les sept nains sont des travailleurs sociaux qui en ont ras le bol d'être exploités alors que le petit chaperon rouge s'est offerte au loup pour engendrer un être hybride.

Bien qu'ayant des allures de conte, Le Livre des Choses perdues tient des propos extrêmement difficiles déliés par une écriture aussi subtile que pertinente; propos réalistes qui incitent à une vision authentique et percutante de la vie. Même si l'issue est heureuse, David poursuit sa route, grandit, devient un homme et il comprend vite que l'Homme Biscornu bien qu'affreusement cruel avait raison: la maladie, la vieillesse, la mort, la souffrance, la bêtise des adultes n'ont pas cessé. Pour David quitter l'enfance n'est pas synonyme de bonheur. Loin de toute naïveté et de toute insouciance, David rencontre également des thèmes forts: l'homosexualité, la sexualité, la métamorphose d'êtres hybrides qui ont perdu leur âme. John Connolly n'a certes pas écrit un livre destiné aux moins de 14 ans. Les images qu'il nous donne à voir sont effrayantes, choquantes et carrément flippantes. Mais Le Livre des Choses perdues a une telle force évocatrice que l'on ne peut qu'apprécier ce côté torturé de l'écriture, à l'image du film Le Labyrinthe de Pan dans lequel on retrouve ces mêmes thématiques et ces mêmes créatures terrifiantes sur fond de guerre civile. Absolument grandiose, poignant en même temps qu'excellent.


D'autres avis sur BOB notamment Leiloona, Karine, Cathulu, Emmyne, Fashion...
5/5 champignons
5/7

dimanche 6 décembre 2009

Ma sorcière m'exaspère !

Hiawyn Oram
Sarah Warburton


Editions Gründ
Collection Les Lettres de Mortimer
Adaptation française de Christophe Rosson
Paru en Août 2009
Album jeunesse à partir de 5 ans

Thèmes: Drôleries, Sorcière, Chat.


Mortimer crie à l'aide. Issu d'une longue lignée de chassistant de sorcière, Mortimer ne sait plus quoi faire!!! Barbara, 7 ans est destinée à sa carrière de vilaine sorcière mais celle-ci en a décidé autrement. Non, elle préfère regarder la télévision, faire du shopping et chercher le prince charmant!! Rien ne va plus. Mortimer écrit à son oncle pour avoir des conseils. Il prépare un plan machiavélique pour changer le comportement de Barbara. Mais rien ne marche alors Comment faire pour que Barbara devienne une vraie sorcière, digne de ce nom???!!!
Un album hilarant racontant les tribulations d'une gamine qui fait tout sauf de la magie!! J'adore les illustrations vraiment drôles, avec ce côté so british!! Un humour à la Rob Scotton tel qu'on peut le voir dans Russell le mouton ou Splat le chat. Les couleurs vives ne manqueront pas de rendre cet album jeunesse attractif. Le petit plus ce sont les lettres qu'on déplie et qu'on lie!!! faisant de Ma sorcière m'exaspère ! un album ludique et amusant. L'idée du chassistant est bien exploitée!! Bien sûr je ne vous raconte pas tout mais comme dans tous les contes de fées avec des sorcières, il y a aussi un prince charmant!!!!!!


4/5 champignons

mercredi 2 décembre 2009

Le portrait de Dorian Gray en BD

Stanislas Gros

Editions Delcourt
Collection Ex Libris
63 pages

Pour commencer, je pense qu'il est très difficile d'adapter visuellement Le portrait de Dorian Gray d'Oscar Wilde. Ce roman est riche au niveau des réflexions qu'il peut inspirer, et il dépeint d'une manière puissante la noirceur de l'âme humaine. La déchéance d'un homme, jeune dandy, dont la beauté inscrite sur une oeuvre immuable le rend paranoïaque, déchu de toute bonté et cruel. Comment dès lors retranscrire toute cette force évocatrice dans le dessin ? Attirée par la curiosité, j'ai lu cette Bd avec ce recul mais j'ai été déçue, ce qui était assez prévisible. Stanislas Gros s'attaque à un projet réellement ambitieux. Il y a des ratés et il y a des choses réussies. Une Bd selon moi incarne le dynamisme: dans les dialogues, dans les illustrations, il y a du mouvement. Le portrait de Dorian Gray est un roman assez long dans ses propos, les dialogues des personnages relèvent souvent d'un discours philosophique et érudit. Adapté en Bd, on s'ennuie fermement. C'est long et cela manque de cohérence. Je n'ai pas franchement apprécié les dessins et les couleurs. Le tout reste assez fade et on ne retrouve pas cette émotion du roman, cette passion destructrice et violente. Certes l'ambiance est sombre et prend de l'ampleur. Ce qui est appréciable c'est ce respect de l'oeuvre, cette fidélité frappante. Le comportement de Dorian Gray monte en crescendo et prend place au sein du personnage sous la forme d'un portrait qui change progressivement sur chaque page de la BD. Au début c'est très léger mais les traits cessent de s'estomper et deviennent nets et appuyés. Le portrait est donc superbement bien représenté avec l'évolution de la cruauté du personnage, des pires crasses qu'il fait subir aux autres, du meurtre en passant par la luxure, la drogue etc... Le tout propose une BD fidèle à l'originale, peut-être beaucoup trop en ce qui concerne les dialogues. Le portrait de Dorian Gray en Bd tient d'une gageure, une véritable ambition que l'on peut saluer...à défaut de l'adorer.