dimanche 28 février 2010

Trop timide !

Christine Naumann-Villemin
Marianne Barcilon

Kaleidoscope
Paru en Février 2010
Album Jeunesse à partir de 3 ans

32 pages
13 euros
Thèmes: Timidité, Expressions, Ecole

D'habitude je ne suis pas spécialement fan des illustrations de Marianne Barcilon. Elles ne m'attirent pas plus que cela. Mais Trop timide ! est un album sur lequel il faut s'arrêter. Léa est trop timide. A l'école, avec les amis, Léa se cache derrière ce sentiment exacerbé. Quand elle observe Violette elle l'envie. Violette est une enfant impulsive, spontanée. Elle montre ses sentiments et son comportement est en complet décalage avec Léa. Léa aimerait être un peu plus comme Violette. Mais elle n'y arrive pas. Léa voudrait faire des choses mais à chaque fois sa timidité la retient et l'empêche d'être comme elle voudrait.

Je signale que cet album est vraiment réussi. Pourquoi ? Le thème est abordé avec une grande justesse et la timidité est mise en scène par des situations quotidiennes. A l'école, à la cour de récréation, à la cantine, rendant cet album efficace et tout de suite très accessible aux enfants qui pourront facilement s'y identifier et s'y retrouver. C'est cet aspect là qui m'a plu et c'est pourquoi je vous le présente. Par un jeu de rabats, Marianne Barcilon montre très bien à travers ses dessins ce que sont les expressions de Léa, entre ce qu'elle aimerait faire et ce qu'elle ne fait pas. La timidité est ici finement exploitée, à mon sens, avec une grande subtilité et sensibilité. Léa et Violette finissent par devenir amies, entre l'une qui voudrait être un peu moins timide et l'autre qui devrait apprendre à se contrôler, il y a une complémentarité... C'est très bien fait. Un bon point!


5/24

Ratafia Tome 1

Tome 1 Mon nom est Capitaine

Nicolas Pothier
Frédérik Salsedo


Editeur Treize Etrange
46 pages
10,50 euros

BD Tout public

Le capitaine Charles a perdu son navire le Kouklamou au poker. Furieux il abandonne son équipage aux mains d'un nouveau capitaine, tout petit, barbu et pour le moins bizarre. Lorsqu'il prend les rennes du bateau, l'équipage animé par le fougueux Romuald, se pose des questions. Mais que fait cet homme sur le Kouklamou? Pas prêt du tout à abandonner le navire à ce curieux personnage, Romuald le questionne. Un marché est conclu : si l'équipage accepte sa présence et son statut de nouveau Capitaine, celui-ci leur donnera les cartes aux trésors. Aussitôt dit, aussitôt fait et les voilà qui voguent, toutes voiles dehors vers l'or... sans savoir que le capitaine Charles les espionne...

Toujours conseillé par une amie amatrice de BD, ce tome 1 de la série Ratafia est excellent. Il ne faut surtout pas chercher la cohérence du scénario, tout par dans tous les sens, c'est du pur divertissement. Le bateau part à vau-l'au comme on dit. Attention si vous aimez les histoires de pirates, celle-ci est réjouissante, drôle et surprenante menée par des personnages hauts en couleurs. Les dialogues sont bourrés d'humour et de dialectes marins. Le Capitaine est fabuleux. Il n'a pas l'air de se préoccupper de son équipage. Il lit, peint, sculpte, chante. Ces loisirs sont totalement oisifs et n'ont rien à voir avec la chasse au trésor. Tout le contraire de Romuald qui n'a de souhait que l'or. Cela crée des situations comiques, rocambolesques et farfelues: des pirates qui dansent en tutu... Ratafia promet un agréable moment de lecture. Dans le genre aventure, les pirates se refont une beauté...

mardi 23 février 2010

L'Heure de l'Ange

Anne Rice


Michel Lafon
Traduit de l'anglais (USA) par Pascal Loubet
Paru en Février 2010
270 pages
20,90 euros

Quatrième de couverture: Lucky, Toby ou encore Tommy...son nom importe peu. L'important, c'est sa discrétion, son professionnalisme, sa compétence à exécuter froidement les cibles qu'on lui désigne. Après un contrat particulièrement éprouvant, Lucky est abordé par un mystérieux inconnu, un certain Malchiah. Ce Malchiah sait tout de lui, dispose de pouvoirs stupéfiants, et prétend être son ange gardien. Il lui offre de racheter ses crimes, en sauvant des vies plutôt que de les prendre, et lui propose un bien étrange marché : Lucky se retrouve au Moyen Age, où il doit aider une famille juive accusée de meurtres rituels.Est-ce une chance, un rêve ou un cauchemar ?
A propos de l'auteur: Anne Rice est l'auteur du cultissime Entretien avec un vampire, adapté au cinéma avec Tom Cruise, Brad Pitt et Kirsten Dunst.Elle a écrit 22 romans dédiés aux vampires et aux sorcières. Célébrée pour ses personnages ambivalents, son style baroque et ses intrigues mêlant plusieurs époques, la reine du fantastique nous entraîne dans l'univers des anges gardiens, de leurs pouvoirs et des relations étranges qu'ils entretiennent avec les humains.



Anne Rice a changé de registre pour son dernier roman. Toujours dans la veine fantastique, L'Heure de l'Ange dresse le portrait de Lucky, un tueur à gages qui travaille pour l'Homme Invisible. Lucky espère être du côté du bien. Mais les crimes qu'il commet sèment le doute dans son esprit. Son ange gardien Malchiah le surveille, l'observe depuis qu'il est jeune. Il lui donne l'occasion de se racheter en aidant un couple juif accusé d'avoir assassiné leur enfant, en plein Moyen-Age. On pourrait séparer ce roman en deux parties: la première est le récit alternatif de deux voix: Toby racontant son enfance et Malchiah racontant la manière dont Toby en est venu à devenir tueur à gages. Cette alternance des "voix" sur fond manichéen du Bien et du Mal est pour ma part la partie la moins réussie. Je ne me suis pas attachée au personnage et tout ceci m'a paru bien confus. La deuxième partie est le récit de Toby lorsqu'il est propulsé en plein Moyen-Age à l'époque des persécutions contre les Juifs, notamment une famille accusée de meurtres rituels.

Je n'ai pas spécialement apprécié cette lecture. En fait je suis un peu déçue par cette histoire d'ange. Pour avoir lu Entretien avec un vampire, Lestat le vampire et La reine des damnés, Anne Rice tient mieux sa plume dans ce domaine. L'écriture baroque y était raffinée, les descriptions assidues et fouillées, les personnages et les dialogues lyriques. Je n'ai pas retrouvé cet aspect si unique et talentueux de l'auteur. Je reste sur ma faim. Sniff... Je remercie néanmoins les éditions Michel Lafon et Silvana pour l'envoi.

L'avis d' Esmeraldae, Armande

lundi 22 février 2010

Mon année Tome 1 Printemps

Jean-David Morvan
Jiro Taniguchi


Dargaud
Paru en Novembre 2009
64 pages
19 euros
BD Tout public

Quatrième de couverture: Capucine vient d'avoir 8 ans. C'est une petite fille comme les autres. A une seule toute petite différence près : Capucine est porteuse de trisomie 21. Le pire pour elle, c'est qu'elle n'en a que très peu les caractéristiques physiques : les braves gens ne comprennent donc pas pourquoi elle est " si bizarre ". Ce printemps est un tournant dans le vie de Capucine, car elle va voir fleurir soudainement de nombreux problèmes qui n'étaient alors que des germes. Entre une école de la République qui la pousse vers la sortie, une tante gravement malade, une famille inquiète et des parents sur le point de craquer, Capucine va devoir apprendre à " gérer " ses problèmes, mais aussi ceux des autres. Dans la tourmente, elle n'aura souvent que son amour à offrir, et sa façon " extra-ordinaire " de voir les choses.



Il m'en aura fallu du temps pour m'occuper du dessinateur Jiro Taniguchi...Depuis le temps que je devais lire une BD de cet illustrateur. Puis on m'a convaincu avec ce tome 1 Mon année, peut-être parce que la collaboration entre un scénariste français et un illustrateur japonais est rare et m'a attiré. Ma première surprise c'était le lieu de l'histoire: en province française. En collaboration avec Jean-David Morvan, Jiro Taniguchi a su parfaitement retranscrire les paysages, les lieux et la vie culturelle française. C'est étonnant de réalisme. Le thème est courageux: le handicap. Capucine a 8 ans... D'apparence elle ressemble à toutes les autres jeunes filles de son âge mais une petite différence rend Capucine différente. Elle est porteuse de trisomie 21. Son père la maintient toujours en éveil afin qu'elle progresse mais pour Capucine, la concentration est difficile. C'est une petite fille attentionnée, qui aime ses parents, elle souhaite faire de son mieux pour les rendre heureux aussi fait-elle beaucoup, beaucoup d'efforts jusqu'à se séparer de son doudou. Le travail de JD Morvan et de Jiro Taniguchi est remarquable, outre des illustrations empli d'authenticité et de naturel, le scénario est bien mené. Mais c'est surtout le personnage de Capucine qui rend cette BD unique. On s'attache très vite à elle. Sa manière de voir les choses, de ressentir le monde est d'une sensibilité différente mais magnifique. Elle est handicapée, mentalement affaiblie mais elle est aussi très attentive à tout ce qui se passe autour d'elle. Elle assimile des expressions aux visages des personnes et saisit d'emblée si ils sont tristes ou heureux.


Mon année
est une série qui comptera 4 tomes, un pour chaque saison. Printemps est réussi grâce à un scénario d'une extrême richesse: il n'y a pas que Capucine qui est mise en valeur. Le choix des parents d'avoir gardé un bébé handicapé est rempli d'amour. La vie quotidienne de la famille est parsemée de difficultés, d'embûches. Le papa est complètement anéanti lorsqu'il apprend que l'école de Capucine ne veut plus la garder. Elle devra rentrer dans un établissement spécialisé. La maman est seule pour s'occuper de sa fille, le père fuyant l'injustice en se réfugiant dans son travail. Et à côté nous avons Capucine qui joue avec son compagnon chiot "Garçon" et lui procure des moments de bonheur. La dernière planche est magnifique. Dans cette BD, il y a beaucoup d'amour, des pleurs, de la tristesse et une poésie à découvrir sous les pensées de cette petite fille étonnante de charme. J'ai aimé les dessins de Jiro Taniguchi, le sens du détail et de la précision, les traits expressifs des personnages et surtout ces couleurs pastelles qui donnent à cette BD cette douceur et délicatesse. J'attends avec impatience le tome 2...


L'avis de Choco et Midola

dimanche 21 février 2010

L'Orphelinat des âmes perdues



Tome 1 Photo hantée
Tome 2 Ecoute

Stefan Petrucha
Thomas Pendleton


Editions du Masque
Collection MsK
Traduit de l'anglais par Alexandre Boldrin
Parus en Décembre 2007
10 euros le tome
Série en quatre volumes
Romans junior dès 9 ans +

"Quatre fantômes de petites filles. Un rituel nocturne. Chacune à leur tout, elles lancent leurs précieux osselets pour dire les contes des âmes perdues. Des histoires si terrifiantes que même les rats de l'orphelinat ont pris la fuit. Au programme, cette nuit..."

Mary, Shirley, Daphnée et Anne sont quatre petites filles, fantômes, condamnées à errer dans un orphelinat désaffecté où règne une directrice tyrannique. Pour sauver leur âme, elles jouent à un jeu hors du commun: elles lancent des osselets désignant la conteuse pour la nuit. Le but: raconter une histoire horrible sur une âme perdue sans se faire prendre par la Directrice. Dans le tome 1, Photo hantée met en scène Mandy, une adolescente qui a tout pour elle: jolie, bonne élève, elle a un petit ami et des copines. Lorsqu'elle apprend au lycée qu'une de ses camarades s'est faite enlevée et assassinée, son joli monde de protection et si confortable s'écroule. Sur internet, le soir, tous les élèves en parlent et elle reçoit un mail d'un dénommé Kyle. Elle ne le connaît pas aussi se méfie-t-elle. Mais les deux ados tombent le masque et communiquent de plus en plus sur ce forum. Mandy ne se doute de rien jusqu'au jour où elle reçoit des sms menaçants. De fausses coïncidences la conduisent à penser qu'elle sera la prochaine victime...
Le tome 2 Ecoute, est un roman version "garçon". Le personnage principal est Devin, membre du groupe metal Torn. Après la photo hantée c'est la chanson hantée. Devin écrit une nouvelle chanson pour son groupe qui parle de trahison, d'anges et de mensonges. Le soir où il l'a chante a capella, un drame survient. Karston, le bassiste se fait violemment tuer par une créature. Lorsque Devin comprend que c'est lui-même qui a convoqué ce monstre, évoqué dans les paroles de la chanson, il se sent coupable et cherche un moyen pour le combattre...

L'Orphelinat des âmes perdues
est une série à frissons, qui sait parfaitement allier le suspense au fantastique. On part des fillettes fantômes puis on découvre une histoire où tout est réel mais la fin révèle bien des surprises. Fonctionnant sur le mode de l'horreur et de la frousse, les volumes de la série se lisent vite mais le lecteur en aura pour son reste. Comme une nouvelle, on a le temps de s'imprégner des personnages, de l'action. Il y a de très bonnes ficelles, jouant sur le principe de la collection Chair de poule et des Contes de la crypte. J'ai particulièrement aimé le tome 1, où le suspense est à son comble. Roman intelligent qui évoque les dangers de l'internet, des tchats et des forums pour les ados, sans contrôle parental. Une dérive identitaire puisqu'on ne sait pas avec qui on parle. Ce roman met en garde contre ces dangers quotidiens, internet faisant partie intégrante de la vie culturelle et sociale des jeunes. Le tome 2 m'a moins plu au début, quoique l'idée d'une chanson hantée me paraît originale. Mélange de deux genres poignants : le fantastique et l'horreur, l'Orphelinat des âmes perdues est une série divertissante et surprenante. Mais attention aux âmes sensibles !

Le tome 3 Captivité
Le tome 4 Le livre des sortilèges
Merci à Anne Blondat et aux éditions du Masque

Coline


Alex Cousseau
Chiaki Miyamoto

Sarbacane
Paru en Janvier 2010
13,50 euros
Album jeunesse dès 3 ans

Thèmes: Amitié, Hirondelle, Tortue








L'automne est là. Coline, l'hirondelle se prépare à partir pour le Sud. Son amie Youyou la tortue est désespérément triste. Elle voudrait garder Coline près d'elle pour toujours. Elle se dit que l'hirondelle va vivre de nouvelles aventures là-bas et que Youyou, ici, n'en saura rien. Une partie de leur existence restera inconnue l'une de l'autre. Youyou fait semblant de ne pas être triste quand elle voit son amie si heureuse. C'est ce que font les amis après tout. Alors toutes deux elles jouent à cache-cache. Mais la tortue est bien décidée. Elle veut garder un peu de Coline auprès de son coeur, elle ne pense pas à mal quand elle lui arrache ses plumes. Elle n'a pas réfléchi, emportée par l'élan de son amitié. Coline pleure: comment va-t-elle faire sans plumes? Les ailes nues, Coline est démunie et très fâchée contre Youyou "Pourquoi as-tu fait ça?". Les questions se bousculent ainsi que les sentiments.

"Est-ce qu'il vaut mieux garder une amie malheureuse près de soi, ou est-ce qu'il vaut mieux la savoir heureuse à l'autre bout du monde?" se demande Youyou et Coline de s'interroger "Pourquoi est-ce qu'on préfère toujours être ailleurs?"
Youyou se sent coupable. Elle s'en veut terriblement. Le lendemain matin, elle a une idée en tête. Elle a trouvé le moyen de n'être jamais séparée de Coline tout en exaucant son voeu de se rendre dans le Sud...

Un album tendre, délicat où chaque page est une perle de douceur et de fraîcheur. Sur fond blanc, les dessins en couleurs pastelles paraissent épurés, d'une beauté étincelante. Cet album est une caresse à lui tout seul. Le texte d'Alex Cousseau y est poétique, empreint d'une sensibilité authentique qui fait résonnance à notre expérience de l'amitié. Cette histoire touchante et émouvante de plumes arrachées par amour de l'autre est triste mais si pure. Une philosophie palpable naît de cette interrogation du coeur : qui ne s'est jamais posé cette question qui fait mal. Aimer c'est laisser partir l'autre pour qu'il vole de ses propres ailes. Une histoire universelle, profonde et sincère.


4/24

samedi 20 février 2010

Bleu cauchemar et Blanc fantôme



Laurie Faria Stolarz

Albin Michel
Wiz



Traduit de l'anglais par Valérie Le Plouhinec
Tome 1 paru en Mai 2009
Tome 2 paru en Octobre 2009
13 euros le tome
Romans ados à partir de 12/ 13 ans

Lucy Brown, adolescente au lycée Hellcrest vit dans une chambre d'étudiante avec Drea, sa meilleure amie. Entre cours, révisions et sa bande d'amis composée d'énergumènes tels Amber et PJ, Lucy a une vie mouvementée. Elle a un don : celui de voir les choses dans ses rêves. Le don de prémonition hérité de sa grand-mère. Le plus souvent les rêves tournent au cauchemar, aussi pratique-t-elle des rituels à base de bougies, plantes et incantations. Bleu cauchemar a pour cible Drea... tenant secret des rendez-vous téléphoniques avec un inconnu, Drea ne voit pas le danger. Lucy pressent le pire : dans ses visions , un bois, des pas qui approchent, un homme...et la mort. Dans Blanc fantôme, un an a passé mais Lucy continue à faire des cauchemars. Cette fois-ci c'est elle qui est menacée.
Je n'en dis pas plus car le filon de cette série repose sur le suspense parsemé d'une touche de magie blanche, magie de protection enrubannée de prières et de traditions. Sur fond de sorcellerie, Laurie Faria Stolarz joue sur un rythme saccadé, accentué d'actions et d'images cinématographiques. On est littéralement pris par ces histoires aux allures policières. Les prémonitions confèrent au récit une part mystérieuse, mais tout est empreint d'authenticité. Un réalisme effrayant. Ca monte en crescendo et Lucy est dans un état de stress conséquent. Elle doit décrypter le sens caché derrière les lettres de menace, les messages codés, les lys de la mort... C'est fort en sensations, le lecteur est comme happé par la terreur et la peur de Lucy. L'auteur signe une série qui fait appel à l'adrénaline laissant le lecteur scotché et mené par le bout du nez car l'identité du traqueur n'est jamais identifiable. C'est bluffant, rondement bien ficellé. Une série qui promet des moments d'angoisse mémorables. Sans oublier la trame sentimentale d'une ado qui tombe amoureuse et dont les sentiments se troublent entre ses visions et son coeur. Je fais court mais sachez que j'apprécie cette série, nous proposant un mélange des genres aussi épatant que captivant... A ne surtout pas lire le soir...

Le tome 3 Gris secret est prévu pour mars 2010.
Les avis de
Clarabel (tome 1) et le tome 2 ici
Le site de l'auteur http://www.lauriestolarz.com/

jeudi 18 février 2010

Metal Mélodie

Maryvonne Rippert

Milan
Collection Macadam
Paru en Février 2010
210 pages
9,50 euros
Romans ados à partir de 12 ans

Quatrième de couverture: Quatre mois ! La mère de Luce est partie pour quatre longs mois à l'autre bout de la planète. Bon débarras ! Sur fond de teufs metal, Luce entend bien profiter de sa nouvelle liberté. Mais, passé le moment d'euphorie, des questions se posent : pourquoi ce départ précipité ? Où est sa mère exactement ? Et pourquoi est-ce qu'elle n'appelle pas ?

Partie. Envolée avec pour seuls mots "A toi de gérer le reste": sa mère quittant la France pour l'Australie. Quatre mois sans autorité, sans brimades, sans regards entourloupes. Des mois de liberté mais frustrée, Luce s'abandonne néanmoins à une vie de teufs, où trône en maître musique metal, allure gothique et soirée alcoolisée... Luce et sa mère ne s'entendent pas très bien, ce n'est pas une osmose entre la mère et sa fille qui sur fond de disputes, de non-dits et de fuites, en sont venues à s'ignorer. Surprise, Luce cède bien vite à la colère, aux interrogations surtout lorsqu'elle apprend, après des recherches que sa mère serait en Espagne et non en Australie. Pourquoi a-t-elle menti ?

Ce roman a réussi le pari de m'étonner, de m'émouvoir et pourtant ce n'était pas gagné. Au début j'étais frustrée, me demandant sans cesse mais où l'auteur nous emmène, pourquoi en venir à de telles situations...La première partie qui se déroule en France est triste. Luce vit mal l'abandon de sa mère et sombre dans un délire gothique...Pire l'adolescente vit une première relation sexuelle difficile et cela la bouleverse. On comprend mieux cette relation mère-fille, thème important de ce roman, qui en est arrivée à un point de non retour. Comment gérer une adolescente à la personnalité si marquée ? Sur fond d'incompréhension, de silence pesant, on s'attache au personnage de Luce et on s'interroge en même temps qu'elle face au départ précipité de sa mère. Mais le début est dur...On ne sait pas où l'on va...Puis comme par enchantement, la seconde partie du roman nous emporte en Espagne. Une sorte de renaissance, disons une naissance aussi bien pour la mère que pour la fille. Là où Luce grandit, devient femme, devient amour et pardon. Maryvonne Rippert signe ici un magnifique roman d'apprentissage sur la vie, l'amour, la haine, le pardon et tous ces sentiments si forts et si contradictoires qui tissent des personnages d'une grande force. Luce devient "belle", elle quitte le metal pour la clarinette et se revèle majestueuse. Elle a peur mais elle s'accroche. Elle apprend la vie, affronte le passé douloureux de sa mère. Débordant d'authenticité ce roman coule comme une musique : au début c'est fougueux, colérique voire violent puis les mots changent, l'écriture s'affirme en même temps qu'évolue Luce et tout se finit dans une étrange sérénité, un calme emplit d'amour et de confiance. C'est émouvant, la musique nous fait vibrer. Un coup de fouet...


"Quand la musique déroulait son ruban sensuel, leurs regards se cherchaient, andante, se croisaient allegro, s'unissaient fortissimo, leurs souffles s'accordaient, et le garçon brodait autour du thème de Luce de petites variations malicieuses qui la laissaient ravie. Inconscient d'échanger leurs âmes, leur duo tissait une complicité qui les dépassait. Le morceau terminé, ils baissaient les yeux, essoufflés et heureux comme s'ils avaient fait l'amour, alors que jamais, jamais ils ne s'étaient touché même la main."


Les avis de Clarabel, Stephie
Info +: Pour ceux qui habitent près de Lyon, l'auteur sera en dédicace à Decitre Saint-Genis Laval le 6 mars après-midi.

mercredi 17 février 2010

La douane volante

François Place

Gallimard Jeunesse
Paru en Janvier 2010
333 pages
13,50 euros
Romans ados à partir de 12 ans

Quatrième de couverture: Bretagne, 1914. La guerre menace. Une nuit, la charrette de la mort s'arrête devant la maison de Gwen le Tousseux, le jeune orphelin. C'est lui que vient chercher l'Ankou, pour l'emmener au pays dont on ne revient jamais... Quand Gwen se réveille, il est passé de l'autre côté, dans un monde comme surgi du passé. Dans ce pays étrange, effrayant mais fascinant, dominé par la douane volante, il va vivre des aventures extraordinaires.Gwen l'Egaré parviendra-t-il à retrouver sa terre natale ou son destin sera-t-il à jamais lié à Jorn, le redoutable officier de la douane volante? Une fresque magnifique, entre roman fantastique et récit initiatique, dans laquelle François Place révèle toute la dimension de son talent d'écrivain. Avec Gwen le Tousseux, laissez-vous emporter au-delà des frontières du réel et du temps.

La douane volante
, premier roman de l'illustrateur François Place, fait couler de l'encre autour de lui. Entre avis éblouis et avis mitigés, comment le départager ? Quelle valeur lui donner s'agissant d'un premier écrit, d'une première oeuvre ? L'histoire ne m'a pas emballée mais je lui trouve un grand intérêt. En Bretagne, lors de la première guerre mondiale, Gwen le Tousseux ne part pas se battre. D'une santé fragile, il assiste le vieux Braz dans des prédications médicamenteuses. Rebouteux, il lui enseigne une manière de guérir les gens par des procédés peu communs : un fluide, une source d'énergie, écouter le mal et lui trouver un remède provenant de médecines alternatives, traditionnelles. Puis le vieux Braz meurt...et Gwen hérite de sa maison. Mais alors qu'une nuit, on le bat, Gwen est emporté par l'Ankou sur une charrette et surgit à la limite d'un territoire administré et gardé par la douane volante. Recueilli par Jorn, Gwen est vite pris dans les mailles du filet de cet homme qui sentant la "perle rare" exploitera son don...

Si j'ai aimé l'intrigue, particulièrement riche et fascinante, je crois, en revanche ne pas être convaincue par l'écriture de l'auteur. Je ne l'ai pas trouvé poétique, parfois assez violente même...elle ne m'a pas tenue en haleine. Plus d'une fois j'ai perdu le cours de l'histoire et cela n'est pas bon signe. Qu'à cela ne tienne... La douane volante n'est pas un récit tourné vers l'action et le rebondissement. François Place dépeint une France déchirée par la première guerre mondiale à travers les yeux d'un adolescent rebouteux dont la mission sera d'épargner des amputations barbares pratiquées par des docteurs savants qui ne cherchent pas à soulager la douleur mentale des blessés. Médecine traditionnelle contre médecine érudite, deux mondes différents, deux manières de soigner qui s'affrontent. Un parcours flamboyant d'un adolescent qui n'a pas confiance en son pouvoir mais qui finira par obtenir son diplôme de médecine. Remarquable! Grâce à son pibil colérique et capricieux, il excellera dans cet art de la guérison, frôlant parfois des limites dangereuses. Entre roman initiatique et conte fantastique, c'est le contenu qui m'aura interpellé. On aime ce côté fascinant des légendes bretonnes, de l'Ankou, du kraken et de toutes ces superstitions de l'époque qui confère au récit une dimension révélatrice du talent de François Place. Tout ceci apporte au roman une belle consistance, une profondeur digne des meilleurs romans jeunesse notamment d'apprentissage. Cependant je ne me suis pas attachée à Gwen, ni à aucun des autres personnages. Pas de sentiments, pas de vibrations. C'est dommage et c'est juste pour cela que je n'arrive pas à me dire que je l'ai totalement aimé.


Merci à Véronique et aux éditions Gallimard Jeunesse pour l'envoi du roman
Les avis enthousiastes d'Emmyne, Clarabel
Une déception pour SBM, Esmeraldae

lundi 15 février 2010

Kill the Granny

Tome 1 Les bijoux du chat

Francesca Mengozzi
Giovanni Marcora

Editions Pavesio
Collection Factory
Traduit de l'italien par Paul Laffont
109 pages
14,90 euros
BD Tout public

Quatrième de couverture: C'est incroyable comme l'histoire d'un pauvre chat cruel et de sa maîtresse, vieille dame affectueuse et maladroite, réussit à être à ce point captivante. Le pauvre diable de personnage, furieux contre la douce mamy qui l'a privé d'un bien inestimables, crée avec ses mésaventures un cocktail détonant d'ironie sardonique, de cruauté amusante et de comique funeste.Le but du châtré, à la suite d'un pacte stipulé avec Satan, est de se venger de l'outrageux affront aux effets si dévastateurs. Mais la fin, surprenante, réserve une surprise : ce que nous croyons vouloir fermement ne reflète pas toujours nos vrais sentiments et cela vaut aussi pour un chat, même «impuissant».... La morale reste à découvrir.


J'ai découvert cette BD par hasard, au gré de mes promenades littéraires. Attirée par le titre "Tuer la grand-mère" et la tête diablotine d'un chat qui tient un couteau; je me suis laissée prendre au jeu. Je ne regrette absolument pas! Lire cette BD revient à s'étouffer de rire! L'histoire folle d'un chat qui veut se venger de sa maîtresse car elle l'a castré!! d'où le titre "Les bijoux du chat"...Pour cela le chat assassin signe un pacte avec le Diable, et hérite d'un chassistant pour l'aider à tuer la pauvre grand-mère. Cela conduit à des situations drôlatiques, farfelues et aussi improbables qu'ironiques!! C'est une petite perle d'humour qui nous vient tout droit d'Italie. Le chat a neuf vies soit neuf essais et tentatives pour arriver à ses fins! Autant vous le dire il n'y arrive pas...Il y a toujours un concours de circonstances, un imbroglio d'actions qui le conduisent à sa perte. Et cette grand-mère est trop mignonne, elle bichonne son chat comme pas possible et quand elle lui souhaite bonne nuit, le vilain répond dans sa tête "C'est ça, crève". J'adore cet humour noir, cet amour vache, des intentions honteuses... Ce qui est désopilant ce sont les plans machiavéliques du chat, de plus en plus astucieux mais irréalisables comme la bombe dans les toilettes. Les dessins font penser aux comics américains, tout en couleurs ils sont flashys, agréables à suivre. Les expressions du chat sont à mourir de rire, il passe par tous les sentiments de frustration, colère, sourires malveillants, révolte, désespoir, jouissance. Une petite perle, je vous dis!!

dimanche 14 février 2010

Comment se débarrasser d'un vampire amoureux

Beth Fantaskey

Editions du Masque
Collection MsK
Traduit de l'anglais par Elsa Ganem
Paru en Septembre 2009
412 pages
16 euros
Romans ados à partir de 13/ 14 ans

Quatrième de couverture: Jessica attendait beaucoup de son année de Terminale : indépendance, liberté, fêtes...Elle n'avait certainement pas vu venir Lucius Vladescu ! Adoptée seize ans plus tôt en Roumanie, Jessica découvre avec stupeur qu'elle est fiancée à un prince vampire depuis sa plus tendre enfance, et qu'il a bien l'intention de réclamer sa promise. Séduisant, ténébreux, romantique, Lucius est persuadé que Jessica va lui tomber dans les bras. Malheureusement, la jeune fille a d'autres projets et pas la moindre envie de suivre un inconnu en Roumanie, tout prince vampire qu'il soit. Beth Fantaskey signe une comédie romantique pleine de suspense et de rebondissements, où Jessica livre des conseils avisés aux amoureuses de vampires...et aux autres !

Comment se débarrasser d'un vampire amoureux est un roman drôle qui joue sur un décalage osé entre la vie américaine et un classicisme européen. Sur le ring, nous avons Jessica, en dernière année de lycée, adoptée par des parents anthropologues un peu hippies dans l'âme, prête à vivre des expériences folles (les fêtes, les sorties, les petits amis)...et de l'autre il y a Lucius Vladescu, fraîchement arrivé de Roumanie, vampire de son état, venu chercher Jessica, sa fiancée de naissance!!! Evidemment Jessica ne connaît que très vaguement les circonstances de son adoption : son ancien nom Antanasia est chargé de mystère... Alors quand un vampire revendique ses droits sur elle...la jeune fille est choquée, encore plus lorsque le prétendant se fait insistant voire pressant et lui livre une déclaration enflammée, passionnée mais complètement déjantée. Jessica ne croît pas en l'existence de telles créatures et elle n'admet pas ce pacte dans lequel est stipulé que la fille des Dragomir doit s'unir au fils des Vladescu afin de ramener la paix entre les deux familles. Un mauvais remake de Shakespeare!!! Le tout se corce pour la jeune fille car Lucius est accueilli par ses parents adoptifs, sachant inévitablement que ce moment arriverait... Jessica, de révélations en déclarations, est complètement perdue face à un Lucius séducteur, attirant le regard de toutes les jeunes lycéennes. Mais elle ne supporte pas son côté romantique, vieux jeu et coincé. Alors comment faire pour se débarrasser de lui ?? Vous le saurez en lisant cette comédie romantique, un brin délurée et carrément pimentée...

Cependant je vous mets en garde, Comment se débarrasser d'un vampire amoureux ne vous donne pas de méthodes particulières pour chasser le vampire de votre coeur, tant celui-ci est secret et obsède l'âme de notre héroïne. Ce roman à suspense retourne l'intrigue par un étrange détournement de situation qui laisse le lecteur dans un imbroglio affectif étonnant. C'est un peu le jeu du chat et de la souris, du "suis-moi, je te fuis; fuis-moi, je te suis"...C'est bourré d'humour, beaucoup mieux écrit que la saga de Stephenie Meyer. Si! Si!! J'ai aimé ce décalage entre Jessica, un mode de vie à l'américaine et Lucius, austère et enfermé dans des convenances dûes à son rang, à sa nationalité. Les lettres qu'il envoie à son oncle pour le faire part de ses avancées sont truffées d'anecdotes sur les jeunes américains: le port du jean entre autres. Lucius détone avec cette ambiance so country: maïs, paysans, fêtes nationales, hamburgers et pom-pom girls!! Rien à voir avec la Roumanie. J'ai apprécié le fait que l'héroïne ne soit pas comme toutes les héroïnes des romans de vampire: belle, mince. Ici, Jessica fait une taille 40 et apprend à s'accepter tel qu'elle est. C'est un détail important que les jeunes filles ne manqueront pas de noter et pour lequel j'ai été sensible. Aussi irréaliste, irrationnelle qu'est l'histoire d'amour contrariée du vampire et de l'humaine, les détails sont si bien travaillés qu'on se prend vite au jeu. C'est un bon roman divertissant, enthousiasmant et sympathique à lire. Il n'en faut pas plus pour l'apprécier !
L'avis de Clarabel
Merci à Anne Blondat pour cette découverte.

4/5 champignons

Des albums pour fêter la Saint-Valentin (2) Splat est amoureux

Rob Scotton (Son site)

Nathan
Collection Album Nathan
Traduit de l'anglais par Rose-Marie Vassallo
Paru en Février 2010
12,90 euros

Album jeunesse à partir de 3 ans
Thèmes: Chat, Amour, Saint-Valentin

Le tout dernier album de Rob Scotton est sorti en France!!! Après Splat le chat, voici Splat est amoureux...C'est le jour de la Saint-Valentin et Splat est anxieux. Il se regarde dans le miroir, se brosse les dents. Il veut se faire très beau car à l'école il doit donner une enveloppe très spéciale. Toute rouge, dessus il y a écrit Kattie. Mais à chaque fois qu'il voit Kattie, Splat est tout chose, comme la queue qui lui fait des noeuds, le ventre qui gargouille et hop!!! Kattie disparaît. Harry la souris s'interroge aussi. Mais à l'école rien ne se passe comme prévu. A cause de Grouff!! Lui aussi est amoureux de Kattie et il a préparé une très grande enveloppe car Kattie il l'aime gros comme ça...
Pauvre Splat. Cet album est encore une franche réussite. On retrouve pour notre plus grand plaisir les illustrations de Rob Scotton. Splat est toujours aussi attendrissant, Harry la souris est trop mimi. Les détails sont encore de mise!!! Splat et Kattie se bousculent à la rue du Tournis. Encore un album à croquer, à dévorer. On se régale et on ne se lasse pas de la griffe de Rob Scotton!
Un autre héros de Rob Scotton: Russell le mouton


3/ 24

Des albums pour fêter la Saint-Valentin (1)

Petites histoires d'amour... (qui tournent court)

Editions Chocolat ! Jeunesse
Collectif d'auteurs et d'illustrateurs
Paru en Janvier 2010
18,90 euros

Album jeunesse à partir de 5 ans

Thème: "Les histoires d'amour finissent mal en général" (Rita Mitsouko)

Un escargot un peu trop lent à se déclarer ; des lettres d'amour illisibles qui n'arrivent jamais ; des sorcières s'échangeant des philtres d'amour ratés.Quinze histoires d'amour qui tournent court, et nous rappellent qu'aimer c'est parfois compliqué, même dans les contes de fées !

Quoi de mieux pour fêter cette Saint-Valentin que de présenter ce magnifique album grand format relié réunissant des auteurs et illustrateurs publiés par les éditions Chocolat ! Jeunesse. On retrouve des illustrations de Mayalen Goust, Yann Borgazzi... et d'autres illustrateurs bien connus tels qu'Adolie Day, Oriol Vidal, Poly Bernatene...25 artistes qui nous racontent les déboires de l'Amour avec une poésie parfois saugrenue. Des histoires tour à tour drôles, farfelues, du rendez-vous manqué aux philtres ratés, à la fois magiques et un brin romantiques. A l'image du sentiment amoureux, ces histoires sont uniques, toutes différentes, incomparables. Prenant des allures de fables, les rimes y sont efficaces: "La nature est bien faite, l'amour un peu moins" (Arlette l'ablette); où Bérengère la boulangère et Lucien le vampire loupent un baiser car "c'est son cou qu'il s'empresse de croquer". Certes ces histoires d'amour tournent court mais c'est toujours pour nous faire rire et sourire.

J'ai aimé la diversité des illustrations, à chaque fois on reconnaît la patte de nos illustrateurs préférés; la richesse des textes menés avec talent et une parfaite harmonie avec les dessins. Parmi mes histoires d'amour préférées il faut noter "Lucien le vampire", "En traversant la rue" de loin la plus tragique et romantique de toutes, "Amoureux minéraux" car même les cailloux peuvent s'aimer, et "Fantôme(s)". Mettant en scène des animaux, des chats, des enfants, des sorcières, il faut souligner la qualité et l'esthétisme de cet album que tout le monde devrait lire en ce jour placé sous le signe de Cupidon...



2/24

La princesse Rosebonbon

Magdalena Guirao Jullien
Eléonore Thuillier

Kaleidoscope
Paru en Février 2010
32 pages
13 euros

Album jeunesse à partir de 3 ans
Thèmes: Princesse, Rose, Amour
Site de l'illustratrice ici

La princesse Rosebonbon a tout. Absolument tout!!! Un lit de princesse, des chaussures de princesse, une chambre de princesse, un château de princesse, des belles robes de princesse. Elle a tout sauf...le Prince Charmant!!! Où est-il passé?? Elle fait des bisous à son chat mais il sort les griffes...Lorsqu'arrive un jeune garçon...pirate; la princesse Rosebonbon est déçue. Un pirate ce n'est pas un Prince Charmant...
Un autre album signé Eleonore Thuillier. On retrouve son côté enfantin, ses personnages expressifs, ce sourire qui émane des images quand on les voit. La princesse Rosebonbon met de bonne humeur. On se souvient du Gentil p'tit lapin qu'on avait tous adoré: des lapins qui se font exploiter par un méchant loup !! Et la fin est toujours là pour nous surprendre et nous faire sourire. Avec La princesse Rosebonbon c'est pareil.


Autre album d'Eleonore sur ce blog : Le loup qui voulait changer de couleurs


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samedi 13 février 2010

Un nouveau challenge et des albums!!!!

J'ai craqué!!! Cette semaine j'ai eu vent du Challenge Je lis aussi des albums lancé par Herisson08, connu grâce à Bouma. J'ai réfléchi et je n'y tiens plus. Comme je lis beaucoup d'albums, autant m'inscrire à ce challenge...



PS: Je choisis le Big Challenge, lecture et présentation de 24 albums!!

Merci à Herisson08 pour cette belle idée!

jeudi 11 février 2010

Collection MsK

Comme vous le savez tous, Sous le feuillage attache la part belle à la littérature de jeunesse. Littérature pour laquelle j’éprouve une grande affection, motivée par cette constante envie de découvrir et de partager les nombreux romans qui chaque mois gratifient nos bibliothèques. C’est avec une grande joie que j’ouvre cette nouvelle rubrique intitulée « Collections Jeunesse » dans laquelle je présenterais les maisons d’éditions et leurs motivations concernant ce secteur. Je ne peux d’ores et déjà vous préciser quelle sera la fréquence de publication, ni quelles collections seront abordées, me laissant porter au gré des propositions, partenariats et collaborations.

C’est avec une reconnaissance sincère que je remercie Anne Blondat, attachée de presse aux éditions du Masque pour sa participation conséquente, sans qui je n’aurais pu voir ce projet aboutir. Sa proposition m’est allée droit au cœur et m’a permis d’ouvrir cette rubrique en présentant la collection jeunesse MsK.

Fondée en février 2008 par Maylis de Lajugie (lectrice pour la collection Wiz d’Albin Michel jeunesse) la collection MsK est une toute nouvelle collection jeunesse, la dernière initiée par les éditions du Masque qui témoigne d’une volonté d’aller vers un lectorat adolescent. Destinée à partir des 12 ans jusqu’aux young adults (16 ans et +), la collection MsK reprend des thèmes déjà bien connus des éditions du Masque et qui ont fait depuis 80 ans son succès: aventure, romans policiers (Le Masque est l’éditeur historique en France de l’oeuvre d’Agatha Christie en poche mais aussi sous forme d’intégrales), thrillers, horreur et romans à suspense (dans la lignée de sa collection pour adultes Labyrinthes).

La collection MsK est la première et l’unique collection jeunesse des éditions du Masque, celle-ci s’inscrivant dans la continuité d’une tradition éditoriale touchant les nouvelles générations. Tradition des thèmes du roman et modernité du public visé, la collection MsK réussit son pari grâce à cet ancrage avec des auteurs classiques : Agatha Christie, Charles Dickens, Wilkie Collins, auteurs qui sont présents dans les formations scolaires et qui sont découverts par les 15 ans et +. On retrouve cette permanence des auteurs dans les romans jeunesse proposés par la collection puisque La Confrérie de l’horloge n’hésite pas à faire référence à Victor Hugo et Comment se débarrasser d’un vampire amoureux évoque Les Hauts de Hurlevent de Charlotte Brontë. Les romans de la collection MsK s’adressent aux jeunes ados mais aussi aux adultes, amateurs de littérature jeunesse notamment parents qui pourront eux aussi s’enthousiasmer pour des intrigues étonnantes, parler de leurs personnages préférés.

Fantastique, suspense et aventure sont les maîtres mots de cette collection qui publiera chaque trimestre deux inédits à son catalogue. Des séries captivantes comme L’Orphelinat des âmes perdues, mettant en scène quatre filles fantômes, condamnées à errer dans un orphelinat désaffecté ou Micah et les voix de la jungle, série de Frédéric Lepage dont le premier volume Le camp des éléphants a reçu le Prix des jeunes lecteurs de la PEEP ( Fédération nationale des Associations de Parents d’Elèves et de l’Enseignement Public). Cette série peut faire l’objet d’un traitement pédagogique en classe. La collection MsK comptera également des « one shot », roman unique tel que Les fragmentés de Neal Shusterman, un thriller d’anticipation.

Des thèmes riches et variés, des séries passionnantes, la collection MsK propose un vaste choix pour ce lectorat exigeant, de plus en plus friand d’aventures, de suspense tout en proposant une réflexion sur notre société. Collection intelligente, qui aime ses lecteurs, valorisant et choisissant pour eux des lectures appropriées, des ouvrages de qualité. Entre divertissement et réflexion, il y en a pour tous les goûts, pour tous les âges, filles ou garçons. On pense notamment à la fantastique comédie romantique de Beth Fantaskey Comment se débarrasser d’un vampire amoureux qui allie avec brio et dérision, humour et classicisme.
La collection MsK a de l’avenir devant elle. Primée deux fois en 2008, son catalogue ne cesse d’accueillir des nouveautés alléchantes dont Hush Hush de Becca Fitzpatrick qui sortira en avril 2010… Il ne nous reste plus qu’à souhaiter bonne continuation à cette collection qui espérons-le nous livrera encore des moments de lectures inoubliables…


Pour en savoir plus
Le
site des éditions du Masque
Le site de la
collection Msk

Sur ce blog :
La Confrérie de l’horloge
A venir :
Comment se débarrasser d’un vampire amoureux
L’Orphelinat des âmes perdues
Tomes 1 et 2
Les Fragmentés
Le camp des éléphants

mardi 9 février 2010

La vigne qui aimait un lierre et autres fables...

Jean-Sébastien Blanck
Illustrations de Gaston Hauviller

Alzabane Editions
Collection Histoires d'en rêver
Paru en Mai 2008
74 pages
14,50 euros

Lecture jeunesse à partir de 9 ans
Thèmes: Moyen-Age, Contes.
Site du livre ici avec présentation animée

Quatrième de couverture: Je vais maintenant vous révéler ce prodige extraordinaire dont je fus le témoin, il y a plus de huit siècles. Il se déroula dans un pays dont on disait, partout ailleurs, qu'il y soufflait le Vent des fous... Plus tard, les seigneurs de cette contrée dirent que c'était l'oeuvre du Diable. Ils demandèrent aux moines de l'effacer de toutes les chroniques. Il est vrai que ce prodige était bien l'oeuvre d'une force surnaturelle: l'amour.

Première découverte de cette toute récente maison d'éditions née en mai 2007 à Clamart et première fois qu'elle se lie avec Babelio pour l'opération Masse critique. Par curiosité j'ai sélectionné tous les albums de cet éditeur que Babelio proposait et c'est avec enthousiasme que j'ai attendu La Vigne qui aimait le lierre et autres fables... Il faut savoir qu'Alzabane éditions a choisi de promouvoir des textes illustrés de qualité, tous écrits sous la plume de Jean Sébastien Blanck, auteur devenu éditeur. La collection Histoires d'en rêver allie avec inventivité le côté imaginatif des histoires, des contes et son aspect philosophique. Histoires d'en rêver ce sont des titres aux allures de contes merveilleux mais qui n'oublie pas cette idée sous-jacente: faire réfléchir grâce à des paraboles, métaphores poétiques sur le monde...

La Vigne qui aimait un lierre et autres fables contient trois contes dont l'action se déroule au Moyen-Age. Un narrateur mystérieux engage le récit: l'histoire d'un artisan du pays Cathare qui s'éprend d'une vigne jusqu'à ce que celui-ci, totalement consumé par l'amour, se fond avec sa bien-aimée et se transforme en lierre. Un conte fantastique sur le pouvoir de l'amour, la force d'un tel sentiment. La deuxième histoire s'intitule La Cité des sots et évoque la bêtise et la folie des hommes qui rivalisent d'idées saugrenues avec leurs princes. Elever un poisson dans un bocal, rendre obligatoire d'avoir chez soi un aquarium, c'est de là que part cette fable philosophique: obéir sans s'interroger ou refuser l'absurde? Voilà une question qui prend des atours drôlatiques voire chaotiques dans cette fable amusante et pittoresque. Le Dernier Dieu aborde le thème de la religion. Dans un monde où les hommes ont disparu, les Dieux se disputent la succession au rang de Dieu unique. Autour d'un banquet, Zeus affirme son autorité mais le plus fort n'est pas toujours le plus rusé et pour convaincre, il faut savoir s'armer d'intelligence...

Les illustrations desservent un univers foisonnant, lumineux, dynamique. Attractifs, les dessins offrent un cadre propice aux fables. Je ne suis pas amatrice de ce genre d'aquarelles, elles ne manquent pas de charme ni de qualité, mais je trouve qu'elles ne conviennent pas à un public de jeunes lecteurs de 9 ans. Tout comme les histoires, je pense peut-être à tord que le vocabulaire y est beaucoup trop soutenu. Ces lectures sont belles, poétiques, instructives, elles font réfléchir tout en s'imprégnant d'un mélange des genres littéraires et en cela c'est un travail remarquable de goût pour les mots. Mais le jeune lecteur sera-t-il capable de comprendre le tout sans une lecture accompagnée dans un cadre scolaire? C'est la question que je me pose, sur ce degré de difficulté. L'univers proposé est quant à lui parfaitement adapté.

Je n'ai peut-être pas été aussi emballée que ça par cette lecture mais les autres titres de la collection Histoires d'en rêver me tentent en particulier Alzabane, l'oiseau de la Lune, L'un et l'autre, La Feuille et son vent car ce qui m'attire c'est ce texte entre poésie et philosophie qui n'a de cesse d'interpeller ma curiosité. L'alliance du dessin et de ces fables n'a pas opéré son tour de magie mais je suis certaine que je trouverais l'écho souhaité dans ces autres albums.

Merci à Guillaume et à Alzabane éditions pour l'envoi de l'ouvrage.



dimanche 7 février 2010

Le coeur cousu

Carole Martinez


Gallimard
Folio
Paru en Avril 2009
442 pages


Prix Renaudot des Lycéens.
Prix du Premier Roman de Draveil
Prix Ulysse du Premier Roman
Prix Ouest France Étonnants Voyageurs
Prix Emmanuel Roblès
Coup de cœur des Lycéens de Monaco
Bourse de la Découverte Prince Pierre de Monaco
Bourse Thyde Monnier.


Quatrième de couverture: Dans un village du sud de l'Espagne, une lignée de femmes se transmet depuis la nuit des temps une boîte mystérieuse... Frasquita y découvre des fils et des aiguilles et s'initie à la couture. Elle sublime les chiffons, coud les êtres ensemble, reprise les hommes effilochés. Mais ce talent lui donne vite une réputation de magicienne, ou de sorcière. Jouée et perdue par son mari lors d'un combat de coqs, elle est condamnée à l'errance à travers une Andalousie que les révoltes paysannes mettent à feu et à sang. Elle traîne avec elle sa caravane d'enfants, eux aussi pourvus - ou accablés - de dons surnaturels. Carole Martinez construit son roman en forme de conte: les scènes, cruelles ou cocasses, témoignent du bonheur d'imaginer. Le merveilleux ici n'est jamais forcé: il s'inscrit naturellement dans le cycle de la vie.

"Je suis ce dernier vers, cette main rouge, enluminée de henné, qui mit fin à notre course folle, je suis celle qui obligea ma mère à se coucher. Je suis le bout du voyage. Je suis l'ancre et je ne peux qu'écrire pour que meure l'histoire qui nous berce et nous mure et fait de nous des êtres différents, intraduisibles et étranges à tous. "




Amanda
:" On ne peut cependant que s'emerveiller de la faculté d'invention de Carole Martinez"
A propos de livres :"C'est un livre vraiment dépaysant !"
Argantel : "J'ai adoré ces personnalités multiples, denses, aimantes, pleines de poésie."
BelleSahi : "On vibre. On est étourdi. On frissonne."
Clarabel :"C'est fou, sensuel, pittoresque, paré de mille couleurs, éclatant de poésie, violent. C'est long, mais bon."
Emeraude :"Un premier roman remarquable, qui donne envie d'aller se jeter dans les bras des gens qu'on aime !"
Fashion:"On y sourit et on y pleure, ému par les destinées de ces femmes si proches et si lointaines, à la fois femmes du peuple et femmes de légendes. Magistral."
Florinette :"Ce roman aux allures de conte, servi par une écriture puissante et élégiaque, est tout bonnement magnifique."
Leiloona :"En fait, ce livre a l'étoffe d'une épopée et Carole Martinez celle d'un aède grec."
Lilly :"Il ne s'agira pas pour moi du roman de l'année, mais il est incontestablement doté d'un pouvoir de séduction très fort."
Restling :"Le style ensuite, est la plupart du temps très lyrique, fourmillant de métaphores grandioses et magnifiques, qui m’ont parfois serré le cœur et fait monter les larmes aux yeux."
Karine :"Et il est rare que je m'extasie à ce point sur le style d'un roman mais cette fois, la plume de l'auteure m'a fait vibrer de façon remarquable. Lyrique mais jamais obscure. "
Liliba :"Le coeur cousu, c'est ce que nous devrions tous avoir au fond de nos poches : un bout de tissu qui deviendra vivant et palpitant par la grâce de nos pensées, de nos bonnes actions, par l'attention portés aux autres, par l'amour..."
Aifelle :"J'ai été subjuguée par la beauté de l'écriture, ce livre a enchanté ma semaine, je l'ai savouré lentement."
Sybilline :"Il est à peine croyable que ce livre soit un premier roman, tant sa forme témoigne d'une maturité et d'un raffinement d'écriture exceptionnels ainsi que d'une poésie et d'une richesse symbolique rares..."
Theoma :"Comme son histoire, un livre qui devrait se passer de femmes en femmes, de mère en fille

D'autres avis sur
Blog o Book (veuillez me pardonner pour tous ceux et celles que je n'ai pas cité!)

Lu dans le cadre du Challenge Les coups de coeur de la blogosphère organisé par Theoma, Le coeur cousu a fait son chemin jusqu'à mon coeur. Une lecture longtemps repoussée par les avis très nombreux, je ne savais plus si j'avais envie de le lire parce que tout le monde l'adorait. Puis je me suis lancée et voici ce que j'en ai pensé :

Une saga familiale
En plein coeur de l'Espagne, dans un petit village reculé, l'histoire d'une famille où les femmes sont fortes, courageuses, descendantes d'une longue lignée de guérisseuses. De mère en fille, le pouvoir des mots se transmet, chaque fille de Frasquita Carasco aura un don particulier: coudre, chanter, voir la Mort...L'histoire nous est racontée par Soledad, la dernière née et l'on suit avec un attachement profond la vie de sa mère: son talent pour la broderie, son mariage, son rôle de mère...son combat de tous les instants face au regard malfaisant des gens du village. Des femmes de poigne, qui n'abandonnent pas, s'accrochent à la vie avec des mains douces, protectrices et fermes.

Une traversée épique
Le roman se forme autour de trois parties: la rive, la traversée, l'autre rive nous menant de l'Espagne jusqu'au désert africain. Frasquita entreprend un long voyage, fuite d'un pays en proie à la révolution, à la violence. Une bataille parmi tant d'autres qui ont mis en danger ses enfants, la rencontre d'un ogre, les médisances des habitants du village, le jugement, les rumeurs... Long voyage pour la liberté, longue épopée vers la délivrance où s'emmêle la quête du bonheur, le destin des filles Carasco, magie et conte...

Une écriture libérée de tout conformisme
Ce qui fait la force d'une telle oeuvre littéraire c'est le style unique de Carole Martinez. Premier roman porté par une plume libre, vivante, enrichie de métaphores magnifiques et poétiques pour parler au coeur. Carole Martinez tisse des histoires où la réalité s'est mêlée aux fables...tout s'imprègne d'un réalisme magique proche de Chocolat amer ou de Cent ans de solitude... Une écriture empreinte d'une grande force d'évocation. Tout y est symbolique. Pourtant le destin des Carasco est dur, semé d'embûches mais la manière dont les mots coulent est merveilleuse. Un livre qui malgré les dangers, les épreuves, nous réconforte par cette manière de dire...On se blottit dans ce coeur cousu, on se réchauffe par ses atours parfois sensuels et pleins de charme.

De mère en fille, une histoire de femmes
Le réalisme magique est fortement marqué par cet objet précieux: une boîte vide transmise de générations en générations contenant au moment propice de sa découverte ce qui fera la force et la volonté des femmes Carasco et de Frasquita. Une boîte qui fait office de légendes, brodées autour du pouvoir des prières. Bientôt un village entier parlera de superstitions, de sorcières...conférant au récit une part belle au poids de la tradition, des religions, des femmes rebouteuses qui aident à accoucher. De mère en fille, il y a l'amour, le sang, la filiation...puis il y a ce coeur cousu pour la Vierge, témoin de cette transmission prodigieuse.

Un condensé de sentiments
Impossible de rester de marbre face à une telle richesse littéraire et esthétique. Naturellement, Carole Martinez nous livre une histoire extraordinaire, où les sentiments palpitent. On pleure, on rit, on souffre aussi, on a peur...Un roman vibrant, qui prend au coeur, qui de fil en aiguille parvient à se frayer un chemin vers nos propres résonances féminines.

samedi 6 février 2010

Ce que j'ai vu et pourquoi j'ai menti

Judy Blundell

Gallimard Jeunesse
Traduit de l'anglais par Cécile Dutheil de la Rochère
Paru en Janvier 2010
286 pages
12 euros

National Book Award 2008 (Etats-Unis)
Romans ados à partir de 14 ans

"When Alice fell down the rabbit hole, she fell slow. She had time to notice things on her way down -- Oh, there’s a teacup! There’s a table! So things seemed almost normal to her while she was falling. Then she bumped down and rolled into Wonderland, and all hell broke loose."

Ce que j'ai vu et pourquoi j'ai menti est un roman d'apprentissage : celui d'un choix fait en son âme et conscience d'une jeune fille de 15 ans, Evie Spooner, victime d'un fâcheux concours de circonstances. Suivre la voie des adultes, un monde dans lequel mensonges, manipulations et tromperies conduisent l'adolescente à s'interroger sur les personnes qui lui sont chères et finalement l'amènent à une manière cruelle de quitter un monde empreint de naïveté. Pourtant tout démarrait bien : Evie et sa mère Bev se réjouissaient du retour de Joe. Finie cette guerre...Nous sommes à New York en 1947, à l'orée d'un espoir nouveau, d'un avenir lumineux. Mais Joe reçoit des coups de fil qui le perturbent, l'amenant à envisager un voyage jusqu'en Floride...une ville fantôme où les hôtels restent fermés pendant la basse saison. Le couple Spooner rencontre les Grayson, et très vite, les deux hommes parlent affaires et business. Evie fait la connaissance d'un dénommé Peter Coleridge, jeune homme séduisant, aguicheur. Tiraillée entre son désir d'être avec lui, de l'aimer et ses sentiments envers sa mère, Evie tombe sous le charme mais il y a une ombre au tableau. Peter semble connaître Joe...

A juste titre la quatrième de couverture met sur la voie les lecteurs: l'intrigue se construit autour de ces trois personnages: Joe, Bev et Peter, sans qu'Evie impuissante face à ce qu'elle entend et voit ne puisse remédier à la tournure des évènements. Spectatrice malgré elle, dans l'incertitude la plus désespérante, elle assiste aux déboires de sa mère, aux colères de Joe, aux paroles attirantes d'un Peter mystérieux. Une véritable chute ... Quel lien unit ces trois personnages? Evie ressent comme un malaise, il y a un truc qui cloche et le lecteur aussi le comprend très vite. Ce que j'ai vu et pourquoi j'ai menti est un roman à suspense, sachant avec brio conjuguer un romantisme naissant en procès d'intention, un roman digne d'un film d'après-guerre. Une atmosphère troublante, tendue à l'extrême rend le récit plus piquant et vif. On s'imprègne totalement des décors, des dialogues. On pénètre dans cet imbroglio fait d'adultère, de fausseté, d'hypocrisie foireuse. Ecrit avec finesse et subtilité, on s'attache à Evie, jeune fille innocente, cachée derrière la beauté et l'élégance d'une mère qu'elle adore, dépendante du regard que porte ses parents, se refusant à céder à l'envie et au bonheur, en tout cas pas sans nervosité. Evie veut grandir, elle en a trouvé les moyens mais ne sait comment s'affirmer. Le pire c'est qu'Evie comprend les choses par dessus les regards entendus, les réflexions anodines...comme pour se protéger elle se lance tout droit dans le mensonge tout en saisissant les conséquences désastreuses de la vérité. Entourée de corruption, Evie perd confiance, qui croire quand survient le drame? Ce que j'ai vu et pourquoi j'ai menti c'est le roman fulgurant d'une entrée fracassante dans le monde des adultes; l'histoire d'Evie et comment elle a dû mentir pour protéger sa famille. Un scénario très bien ficellé, des personnages à la psychologie complexe et déroutante...et une Evie qui devient plus déterminée que jamais. Un très bon roman que j'ai apprécié !

Merci à Véronique, mille fois...Je l'adore!
Les avis de Malice, Clarabel, Gawou

vendredi 5 février 2010

Yakouba




Thierry Dedieu
Seuil Jeunesse
Album Jeunesse à partir de 5 ans
Thèmes: Afrique, Initiation, Lion

En plein coeur de l'Afrique, on prépare une grande fête. Les femmes cuisinent, les hommes se rassemblent. C'est le jour de l'initiation de Yakouba et de tous les autres jeunes hommes, prêts à devenir guerriers. On entend les tam tam. C'est un jour sacré. Yakouba part au fond de la jungle à la recherche du lion, qu'il doit tuer pour prouver sa bravoure, sa force et son courage. Il attend le moment, seul. Soudain le lion surgit mais Yakouba croise son regard. Il lit en lui. Le lion est épuisé et blessé. Yakouba n'aurait aucun mal à le tuer...quel sera son choix ?

Yakouba, petit album sur un rite de passage important en Afrique: l'âge de devenir un guerrier, un vrai homme et l'occasion pour les jeunes garçons de prouver leurs valeurs. Courage, volonté, force mais tuer n'est-il pas finalement un choix...c'est ce que nous montre Thierry Dedieu où le texte court s'harmonise parfaitement avec les couleurs de l'album. Des illustrations noires sur fond blanc provoquent un contraste saisissant. Ce jeu de deux antagonismes est représentatif du thème de l'album: la violence des actes, la violence d'un tel rite de passage entre l'enfance et le monde adulte. Yakouba se trouve devant un choix philosophique et existentiel: tuer plus faible que soi et revenir avec les honneurs, ne pas décevoir son père, ses oncles, les hommes du village ou épargner l'adversaire et créer la déception de tout un village mais en ressortir grandi dans son coeur. Grandir ou être banni... La gloire ou l'échec mais est-ce que choisir selon sa conscience est synonyme d'échec ? Je vous laisse découvrir l'issue du combat spirituel. J'ai adoré la fin. Je la trouve très intelligente et subtile notamment par le dessin qui illustre la dernière phrase.

mardi 2 février 2010

La Confrérie de l'horloge


Attention Nouveauté prévue pour le 10 février 2010



Série Les agents de M. Socrate

Arthur Slade

Editions Le Masque
Collection MsK
Traduit de l'anglais par Marie Cambolieu
Février 2010
303 pages
10 euros

Roman ados à partir de 12 ans

Quatrième de couverture: Ere victorienne, la campagne anglaise: le mystérieux M. Socrate se rend dans une galerie de monstres. C'est ainsi qu'il fait la connaissance de Modo, nouveau-né difforme aux pouvoirs de transformation étonnants. Durant quatorze ans, Modo recevra les étranges enseignements de M. Socrate où les cours de géographie et de latin côtoient les leçons d'arts martiaux. Elevé dans un manoir dépourvu de tout miroir à quelques kilomètres de Londres, Modo est brutalement jeté dans les rues de la capitale pour accomplir sa première mission. Aidé de la belle Miss Octavia, il devra mettre tous ses talents à l'oeuvre pour arrêter la terrible machination de la Confrérie de l'horloge.
A propos de l'auteur: Arthur Slade est canadien. Après cinq ans dans la publicité, il a dit adieu à un travail lucratif pour se consacrer à l'écriture. Auteur très apprécié au Canada et aux Etats-Unis, il a déjà reçu de nombreux prix dans ces deux pays.


La Confrérie de l'horloge, premier tome d'une future tétralogie qui nous arrive du Canada est un roman enthousiasmant. Entraînant son lecteur en pleine époque victorienne, au coeur de Londres, il réunit toutes les ficelles d'un roman jeunesse rempli de suspense et d'actions. M. Socrate rencontre Modo alors qu'il n'a que quatre ans, enfant recueilli par des personnes peu scrupuleuses...qui l'utilisent comme gagne pain à cause de sa difformité. Modo est horrible, un monstre de foire, bossu, au visage boursouflé mais ses formidables capacités de métamorphose; prendre une apparence plus clémente pendant un laps de temps, attirent le mystérieux M. Socrate qui l'emmène dans son manoir. Modo y passera de longues années sans avoir l'ombre d'un reflet. Il ne sait à quoi il ressemble et suit un enseignement strict fait de culture générale et d'arts martiaux. Puis un jour, contre toute attente, M. Socrate lui donne un miroir. C'est le choc ! Modo est anéanti... bien qu'il n'en est pas le temps. M. Socrate lui ordonne une nouvelle mission l'abandonnant ainsi en pleine rue de Londres... livré à lui-même sans argent ni nourriture.

Roman d'apprentissage, La Confrérie de l'horloge présente un héros qui n'est pas sans rappeler Quasimodo de Notre-Dame de Paris. D'ailleurs l'analogie est vite déduite quand on songe à la difformité de Modo, son nom et même le lieu où on l'a retrouvé: devant les marches de la cathédrale. Mais l'originalité ne tiendra pas là. Arthur Slade reprend deux grands classiques: Notre-Dame de Paris et L'île du Docteur Moreau pour en faire un roman d'espionnage palpitant. Sociétés secrètes, symbole mystique, combats d'arts martiaux, espionne espiègle et maligne, complots contre la Reine Victoria, manipulation mentale et pleins d'autres ingrédients savoureux !!! l'ère victorienne n'est sûrement pas dépourvue de rebondissements. XIXe siècle, grande période des inventions, des expériences, de la machine à vapeur est le cadre idéal d'une intrigue à la steampunk, aussi attachante qu'attrayante. Roman d'initiation comme on les aime puisqu'un des thèmes traités et un des plus importants est l'acceptation de soi, l'estime, la confiance, tout ceci reposant sur l'image que l'on donne à voir aux autres. Ici ce thème est largement développé grâce à notre personnage principal : Modo, qui outre ses complexes physiques, n'arrive pas à accepter la différence qui pourtant est synonyme de richesse. Modo est laid, il porte un masque mais cette vision de lui-même va être confrontée à la curiosité de Miss Octavia qui le perçoit par ses qualités et non par ses défauts physiques. Au fur et à mesure de l'intrigue, et dans les prochains tomes, ce thème sera certainement poursuivi au sein de cette relation entre Miss Octavia et Modo. De quoi nous réjouir !!

La Confrérie de l'horloge
est un roman passionnant, qui plonge d'emblée ses lecteurs dans l'histoire sans se détourner de l'issue. Il plaira surtout aux jeunes garçons friands d'aventures, d'autant appréciable qu'il met en évidence de nombreuses références littéraires et culturelles, et lui confère une dimension instructive non négligeable. Un très bon point pour Arthur Slade.

Je remercie Anne Blondat, attachée de presse aux Editions du Masque pour sa belle proposition et sans qui je n'aurais pu découvrir ce roman. Un énorme merci pour sa confiance et l'attention qu'elle porte à Sous le feuillage.

4/5 champignons