jeudi 29 juillet 2010

Le Poids des secrets

Aki Shimazaki

Actes Sud
Coffret en 5 tomes : Tome 1 Tsubaki, Tome 2 Hamaguri ,Tome 3 Tsubame, Tome 4 Wasurenagusa, Tome 5 Hotaru

Collection Babel
Paru en Avril 2010
500 pages
31,50 euros



Roman adultes/ Littérature Japonaise/ Littérature Francophone (Canada)
Thèmes : Secrets, Famille, Histoire, Japon


Yukiko et Yukio, deux enfants qui s'aiment et qui scellent un amour impossible. Yukiko et Yukio sont nés du même père qui a entretenu une double vie en faisant souffrir chacun des membres d'une même famille. Sur fond des années 1945, de la guerre et de la bombe atomique, Le Poids des secrets est une pentalogie qui retrace l'histoire familiale de Namiko, la fille de Yukiko. Sa mère mourante lui laisse une lettre où elle avoue son crime, celui d'avoir empoisonné son père. Le tome 1 Tsubaki commence cette saga familiale à la fois tragique mais si belle. Le Poids des secrets c'est le poids de la perte, de l'absence, de la trahison, de l'adultère, des sentiments cachés, refoulés... Aki Shimazaki est née au Japon mais vit à Montréal et écrit en français, Tsubaki signifie en français camélia. L'originalité du Poids des secrets tient surtout au déroulement des tomes, à la narration qui met en scène chaque personnage de cette famille en lien avec un élément de la Nature. Les camélias, les coquillages, l'hirondelle, les myosotis et les lucioles sont liés poétiquement à chacun des personnages.

Dans chaque tome on retrouve une sensibilité tout en retenue, qui fait l'originalité et l'élégance de la littérature japonaise. De révélations en émotions, le lecteur ne peut être que touché, ému par la destinée de cette famille. L'écriture sobre, intimiste est aussi belle que celle d'Oko Ogawa. Entre poésie et mélancolie, les mots coulent au naturel comme coulent parfois les larmes et nous percent le coeur. Souffrance, rapport à l'autre, expression des sentiments, le Poids des secrets dévoile aussi un éclairage sur une époque, sur une partie de l'Histoire du Japon, sur la société japonaise. Subtile, délicate, symbolique, le lecteur se laissera bercer par cette saga bouleversante. Je voudrais vous en dire plus mais les mots parfois sont inutiles. Un seul conseil : si vous voyez ce coffret ou même les tomes, faites-vous plaisir, c'est un chef-d'oeuvre!






Découvert grâce à Mimienco au Club de lectures du mois de Septembre !! Merci Mimienco ! J'ai mis tant de temps pour trouver le tome 1 que j'ai finalement attendu la sortie du coffret. Je les ai lus un par un. J'ai été littéralement emportée...Une magnifique lecture!!!!

Elles sont conquises!!!!

mercredi 28 juillet 2010

Swing Café


Un conte musical de Carl Norac
illustré par Rébecca Dautremer
raconté par Jeanne Balibar

Didier Jeunesse
Collection Albums CD
Paru en Octobre 2009
35 pages
23,50 euros

Livre/CD à partir de 6 ans
Thèmes : Naissance du Jazz, Musique, Voyage, Aventure

Quatrième de couverture : Zazou, petite cigale brésilienne, passe ses jours et ses nuits à chanter sur la plage en rêvant d'Amérique.Jusqu'au jour où elle décide de se lancer et embarque pour New York. Elle y découvre Chinatown, la foule, les couleurs, rires mais aussi la misère et puis finalement, guidée par son ami Buster... Cari Norac nous entraîne à la découverte du jazz avec une écriture musicale et syncopée. Sur le CD, la voix envoûtante de Jeanne Balibar alterne avec les plus grands standards du jazz, de Duke Ellington à Cab Calloway, de Fats Waller à Ella Fitzgerald.

Zazou la cigale brésilienne rêve de chanter, de danser. Mais pour ça il faut aller en Amérique!!! Le chemin est difficile, et c'est parfois le blues qui l'accompagne. Mais lorsqu'elle découvre un endroit secret, caché loin des rues, le Swing Café, la musique revit et explose en elle !!! Zazou la cigale est une déesse du jazz. Sa voix est ensorceleuse et plonge son ami-lecteur dans la découverte fabuleuse et fantaisiste de ce genre.

Côté son : quelle magie!!! Les 12 morceaux choisis, les grands standards américains alternent sur fond de grésillements du microsillon. La musique prend vie et nous entraîne dans un album plein d'émotions et qui contient une âme ! Celle du jazz qui vibre, qui craque, qui crépite, qui bouge et nous fait frétiller des jambes!!!

Côté histoire : Zazou vit des moments difficiles, le chemin jusqu'à son art est semé d'embûches. Swing Café est un album merveilleux car le lecteur est entraîné dans ce New-York des années 1920. On s'y croirait. L'ambiance d'époque est restituée à merveille. C'est délicieux à écouter. Ca swingue, ça pétille, c'est vibrant de vie, de joie, d'amour...Quant au texte, il est beau. Il n'y a pas d'autres mots pour le décrire. Entre mélancolie et poésie, le mariage entre la voix de Jeanne Balibar et le texte est saisissant, carrément envoûtant.

Un voyage dans le temps incroyable!!! Il n'y a plus qu'à fermer les yeux, à imaginer cette époque, à se laisser bercer par la musique, par l'âme du jazz. Idéal pour les enfants, une initiation réussie. C'est plein de fougue, de peps... L'association des trois artistes est époustouflante de talent ! Un régal !!!



Photos Copyright Didier Jeunesse/ Droits Réservés.




Pour en découvrir plus, le site du livre CD avec des extraits, des illustrations...

Le Prince d'Absurdie



Chris Riddell

Gründ
Adaptation française Maura Tillay
Paru en Septembre 2007
26 pages
7,90 euros

Album Jeunesse dès 4 ans
Thèmes: Rêve, Imagination, Fantastique








Illustrateur du Graveyard Book (L'étrange vie de Nobody Owens) de Neil Gaiman, créateur de la délicieuse et pétillante Apolline (Apolline et le fantôme de l'école, Apolline et le chat masqué), Chris Riddell est un illustrateur que j'apprécie beaucoup. Ses dessins sont brillants par leur espièglerie. La malice qui s'en dégage est enchanteresse, les couleurs sont vives et les personnages sont pleins de charme enfantin. Chris Riddell a le goût des petits détails qui ont le don d'illuminer ses histoires. C'est le cas du Prince d'Absurdie qui rêve d'un monde où la bizarrerie n'a pas de limites : les lits sont des fleurs de lys, les arbres sont des parapluies et encore plus étonnant : les poissons-lunes volent dans le ciel et font office d'oiseaux. Alors qu'il rêvait le petit Prince d'Absurdie tombe d'un coup dans les bras du monstre du placard. Sitôt réveillé, il s'habille et met son chapeau-harlequin mais son écharpe a disparue. Sur sa route il croisera des créatures étranges, des dragons, des animaux au pelage vert, il gobera un oeuf qui éclot... La chasse à l'écharpe est loin d'être de tout repos!!



Chris Riddell a su créer un album vif, dynamique, amusant, drôle, surprenant et cela en jouant sur le thème de l'imagination débordante de l'enfant. Aucune logique, tout est absurde et suit son cours sans queue ni tête ! Chaque élément du rêve est en réalité un jouet, un objet qui se trouve dans la chambre du Prince!! C'est une belle surprise!! On pourra s'amuser à repérer les différents objets et à les relier au reste de l'album. Un univers fabuleux où règne en maître les créatures fantastiques qui ne sont jamais vraiment méchantes. Le monstre du placard est mignon comme tout et il ne ressemble pas tellement à un monstre! Un album fun et pétillant à mettre entre toutes les mains...Une histoire du soir à croquer!






L'avis de Book'in
Le site de Chris Riddell

mardi 27 juillet 2010

Trouville Palace

Malika Ferdjoukh

L'Ecole des Loisirs
Collection Neuf
66 pages
8 euros


A paraître le 16 Septembre 2010



Roman Junior dès 9 ans / Lectures 9/12 ans

Mot de l'éditeur :
Scarlatine et parents absents : Maurice se retrouve en partance pour Trouville-Deauville, chez sa grand-tante Willa. Pour qu’elle veille sur lui.Elle a une réputation, dans la famille : 60 % mauvais poil, 40 % sale caractère.Maurice s’attend à une semaine de cauchemar, il découvre un décor de film, et les dialogues qui vont avec.Tante Willa n’est pas le monstre redouté, mais une tante désopilante, pince-sans-rire, et championne de poker en plus ! Quant à l’endroit qu’elle habite, il est extraordinaire. C’est un ancien hôtel de luxe, le Trouville Palace, qui ressemble à celui de Shining, avec ses couloirsinterminables et ses lustres prêts à s’écrouler. Maurice l’explore en se disant que les portes numérotées doivent cacher des secrets et des habitants bizarres. Et voilà justement qu’une jeune fille, coiffée et vêtue à l’ancienne mode, empêchée de sortir par son père, demande à Maurice de l’aider...

Alors que Sombres citrouilles m'avait enchanté grâce à son écriture enjouée, drôle, pimpante et fraîche, Trouville Palace a eu le même effet sur moi ! Un véritable coup de coeur pour cette histoire hors du temps, pleine de vie, d'amour, offrant aux lecteurs une part de magie. Trouville Palace c'est le lieu de résidence des vacances de Maurice. Ayant attrapé la scarlatine et personne pour le surveiller, il part chez sa grande tante Willa. Un brin grincheuse, un tantinet pénible, Maurice s'inquiète déjà de ce qu'il va faire à Trouville-Deauville. Pas de portable, pas d'ordinateur, juste des jeux de carte et la télé. Alors pour Maurice rien à faire hormis explorer les alentours et ce superbe hôtel de luxe où il loge. Il ne s'attendait pas à voir Mina, une jeune fille de 18 ans sur le pas de la porte 2099, lui demandant en cachette de son père de remettre une lettre à un certain Gary...

Trouville Palace c'est le charme des décors, c'est le portrait de personnages atypiques comme tante Willa, c'est une histoire d'amour sur fond historique empreinte de mélancolie et de mystère. Qui est cette Mina qui a l'air d'être sortie d'un film des années 50 ? Et cette maison sur la plage... Car Mina et Gary n'ont pas l'air d'être de ce monde... J'ai été séduite du début jusqu'à la fin par ce côté rétro, ce côté chic, ces personnages attachants et cette fin étonnante. Séduite encore une fois par l'imagination débordante de Malika Ferdjoukh mais qui tourne toujours autour de la famille, d'un héritage ou d'un secret bien gardé. Dans Trouville Palace elle a joué sur un arrière-plan historique qui donne à l'intrigue sa part de réalité mais aussi de fiction. Mais chut! c'est une pépite à savourer ! C'est le roman jeunesse à ne pas manquer pour cette rentrée littéraire.

Un immense merci à Sylvie car sans elle je n'aurais pu découvrir ces 9 titres qui figurent parmi tant d'autres au catalogue Automne 2010 de L'Ecole des Loisirs. Vous retrouverez mes billets dans la Rubrique Nouveautés Jeunesse Automne 2010.

lundi 26 juillet 2010

Le don d'Adèle

Alice de Poncheville

L'Ecole des Loisirs
Collection Médium
233 pages
11 euros

A paraître le 16 Septembre 2010

Roman ados à partir de 12 ans/ 16 ans
Thèmes: Télépathie, Enquête, Amitié

Mot de l'éditeur : Adèle fait une chute en patins à roulettes et, à son réveil, elle n’est plus la même. Elle est désormais capable d’entendre ce que pensent les autres. Adèle se confie à sa meilleure amie, Prudence, qui l’encourage à utiliser ce nouveau pouvoir. À quoi bon avoir un don si on ne s’en sert pas ? L’occasion se présente quand Adèle voit sa tante dans un reportage du journal télévisé. Sylvie vit dans le Jura, à Toissans, où des incendies font rage. Est-ce l’oeuvre d’un pyromane ? Un phénomène naturel ? Les experts sont perplexes. Intriguées, Adèle et Prudence décident de partir en vacances chez Sylvie pour mener l’enquête. Adèle y voit aussi l’occasion de renouer avec son histoire familiale. Quand elle était toute petite, son père est mort à Toissans dans des conditions mystérieuses. Les deux amies ne croient pas à l’hypothèse des incendies spontanés. Elles veulent démasquer le pyromane. Mais la tâche s’annonce difficile, car à Toissans, tout le monde a ses secrets.

Le don d'Adèle, un roman intimiste et profond sur les relations humaines. Amour, amitié, secrets de famille, volonté de faire du mal, Adèle ressent tout mais surtout est capable de lire dans les pensées d'autrui. Suite à un accident, la "tête" d'Adèle est en vrac. Toutes ces pensées la perturbent. Mais lorsqu'il s'agit d'aider les personnes d'un village, Adèle met à profit son don afin de retrouver le pyromane qui sévit et s'amuse à faire brûler les maisons et à détruire des familles. C'est aussi pour Adèle l'occasion de comprendre son passé, la mort de son papa et de partir en quête de son identité.

Ce qui est marquant dans Le don d'Adèle c'est l'amitié infinie entre deux jeunes collégiennes qui se comprennent, se soutiennent. Soudées comme des soeurs, elles vont faire face à des situations inattendues. Entre confidences et amitié, Le don d'Adèle est un roman chaleureux et accueillant. L'auteur instaure une proximité entre les personnages, une proximité immédiate avec le lecteur. Survient alors des interrogations plus mystérieuses sur le passé d'Adèle en lien, on le pressent, avec les incendies de Toissans. La jeune fille mène l'enquête grâce à ses pouvoirs télépathiques. L'auteur nous entraîne dans une intrigue policière, entre secrets de familles et autres aventures alarmantes. L'écriture d'Alice de Poncheville est alerte, sensible et présente une Adèle courageuse, attachante, raisonnable mais parfois "cassée" par ce qu'il lui tombe dessus. Un roman d'apprentissage qui nous parle de la vie. Un retour dans le village natal de son papa, Adèle est en quête de ses origines, de sa personnalité et surtout prête à laisser le deuil de côté. Un bon moment de lecture.

Merci à Sylvie et à L'Ecole des Loisirs

vendredi 23 juillet 2010

Babyfaces

Marie Desplechin

L'Ecole des Loisirs
Collection Neuf
138 pages
8,50 euros


A paraître le 26 Août 2010


Roman Junior dès 9 ans / Lecture 9/12 ans
Thèmes: Sport, Ecole, Exclusion

Mot de l'éditeur : À l’école, personne n’aime Nejma. Elle est nulle, méchante, moche et mal habillée. En plus, elle crache par terre. Mais on ne lui dit jamais rien, parce que tout le monde sait qu’il ne faut pas pousser à bout une personne qui n’a rien à perdre. Aussi, le jour où Jonathan Suyckerbuck, grand amateur de catch, est retrouvé inconscient derrière la porte de la cantine, c’est Nejma qu’on accuse. Elle a beau se défendre, personne ne la croit. Elle fait une coupable idéale.Mais Nejma n’est pas aussi seule qu’elle veut bien le croire. Au tour de son voisin et ami Rajanikanth, alias Raja, alias Freddy, de faire quelque chose pour Nejma,elle qui l’a toujours protégé.Sans oublier Isidore, le vigile du supermarché dans lequel Nejma se réfugie après les cours. Isidore estime Nejma. Il la voit différemment. Il a même prononcé ces mots magiques : «Tu n’es pas grosse. Tu es puissante.»

Marie Desplechin nous régale de portraits attachants, atypiques et pourtant tellement proches de notre quotidien. Babyfaces a pour trame romanesque la scolarité et l'exclusion. C'est le cas de Nejma. Tous les élèves ont peur d'elle, les professeurs l'évitent en la mettant tout au fond de la classe. Grosse, considérée comme violente, on la fuit comme la peste. Nejma ne fait rien pour remédier à son image : racketteuse de goûter, elle traîne dans les rues et son langage laisse à désirer. Enfant d'une mère célibataire souvent absente, Nejma est l'élève type, classée dans la catégorie des échecs scolaires et des enfants en difficulté. Puis une école de catch ouvre ses portes dans le quartier, à proximité de l'école. Les élèves enthousiastes n'ont plus que ce mot à la bouche et en récrés on imite l'undertaker et les grands catcheurs. Seulement lorsqu'un élève ne se relève plus et que Nejma par manque de chance se trouve être au mauvais endroit, au mauvais moment; on ne cherche pas à comprendre et on l'accuse de l'accident...

J'ai adoré Babyfaces car il faut reconnaître que Marie Desplechin est un auteur remarquable. Son écriture est pimpante et son humour reste fraîs. Il y a Isidore, le vigile du supermarché qui remarque Nejma et l'encourage à faire du sport, à sortir de cette spirale dans laquelle elle se laisse volontairement enfermée. Il y a Raja, élève discret, seul ami de Nejma. Il y a la directrice d'école qui s'indigne de l'arrivée d'une école de catch et refuse ce sport violent. Marie Desplechin dresse une peinture contemporaine de la scolarité avec des sujets importants tels que l'exclusion, le sport à l'école et la montée en puissance de ce phénomène: le catch. Il en ressort un roman intelligent, qui fera réfléchir sur les jeux entre écoliers, le danger qu'ils peuvent courir à imiter leurs idoles, sur le rôle des instituteurs. Un roman bourré d'humour, de péripéties, de recherche d'identité. J'ai passé un très bon moment de lecture ponctué par ci par là de rires...


Merci à Sylvie et à L'Ecole des Loisirs

jeudi 22 juillet 2010

L'amour me fuit

Thomas Gornet

L'Ecole des Loisirs
Collection Neuf

142 pages
8,50 euros


A paraître le 9 Septembre 2010

Roman Junior dès 9 ans/ Lecture 9/12 ans
Thèmes : Amour, Primaire, Ecole, Relations garçons/filles


« Il paraît que la sixième fait grandir. Il paraît.Eh bien non.Je peux le certifier : aujourd’hui, 4 septembre, jour de mon entrée en sixième, rien n’a changé.J’ai toujours la même tête, un peu carrée avec l’oreille droite légèrement décollée. J’habite toujours tout seul avec mon très grand frère Kaï, qui s’occupe de moi depuis que maman a disparu. Et surtout, j’ai toujours ce petit truc à l’intérieur de moi. Une sorte de petit animal qui me grignote le coeur, qui se balade dans mes intestins depuis six mois. Quelque chose qui fait que j’ai “une tête de déterré”, d’après Kaï. La tête du type qui a été amoureux et qui ne le sera plus jamais. Jamais.Non, ce n’est pas la sixième qui fait grandir. C’est le chagrin. »

L'amour me fuit est un roman très surprenant. On dit souvent qu'à l'âge des enfants, l'amour est un sentiment méconnu, fondé sur des relations filles/ garçons très basiques. "Tu es trop jeune pour ça" "Tu auras bien le temps de comprendre et de savoir ce qu'est l'amour" sont des réponses assez courantes, des clichés qui ont la vie dure. Mais il est vrai que certains ados sont déjà précoces et sont conscients de ce qu'on appelle les questions d'amour. L'amour me fuit aborde le thème du chagrin d'amour vu du côté d'un jeune garçon Zouz qui entre en sixième après avoir passé plusieurs années de primaire à aimer Josie, une camarade de son école. C'est très déroutant car l'auteur place son personnage au coeur de l'intrigue. Le récit à la première personne place Zouz sous les feux des projecteurs. Il nous raconte son chagrin, "sa tête de déterré" pour son entrée en sixième. Survient alors des flashbacks de sa rencontre avec Josie, ses mercredis après-midi passés en sa compagnie à dessiner, son premier baiser. Mais comment en classe de CM1 peut-on avoir ces sentiments ? Voilà en quoi ce récit m'a marqué. Je ne suis pas franchement convaincue par ce texte à la maturité étonnante et le personnage de Zouz ne m'a pas paru crédible.

De questions pertinentes en réflexions intelligentes, je n'arrive pas à comprendre comment un enfant peut avoir ce regard si équilibré sur une vie amoureuse. Entre la cours d'école, les récrés, les copains, le foot, l'auteur arrive à parler de sujets pointus tels que l'homosexualité, la personnalité, le changement au sein du couple et tout ceci en respectant l'équilibre d'un enfant à savoir sa manière de voir le monde, de le comprendre et de grandir. Etonnant car même un adulte pourra se reconnaître dans L'amour me fuit. Un roman qui se veut responsable et tolérant, qui n'a pas peur d'oser. Bizarrement je ne cesse de m'interroger sur ce qui me dérange autant, n'est-ce pas nous adultes qui hésitons parfois à aborder ce sujet ? n'avons-nous pas tendance à protéger nos jeunes ados de ces questions qui sont parfois très problématiques pour nous ? Alors chers lecteurs, n'hésitez pas à me faire part de vos impressions, éclairez-moi...

Un grand merci à Sylvie et à L'Ecole des Loisirs

Pour aborder les questions d'amour, de sexualité et de puberté voici deux types de documentaires que j'aime beaucoup et que je conseille

Les Questions d'amour de chez Nathan par Virginie Dumont ( 5/8 ans, 8/11 ans, 11/14 ans) et L'Encyclo de la vie sexuelle chez Hachette Jeunesse (4/6 ans, 7/9 ans, 10/13 ans)




Il faut rester tranquille

Isabelle Rossignol

L'Ecole des Loisirs
Collection Médium
93 pages
8 euros

A paraître le 16 Septembre 2010

Roman ados dès 12 ans
Thèmes: Suicide, Deuil, Famille

Mot de l'éditeur : Quand on lui a annoncé que son père était mort, Juliette a seulement pensé qu’elle ne ferait plus jamais de karaoké avec lui, ni de soirées crêpes, ni d’arbre de Noël, ni de course sous la pluie, ni de cinéma. Plus rien.Puis Juliette a voulu savoir de quoi il était mort.Son grand frère Arthur a fait exprès de changer de sujet et sa mère lui a juste répondu que ç’avait été « rapide ».Mais qu’est-ce que ça veut dire, « rapide » ? Alors, Juliette a demandé à voir le corps. Tout le monde a éludé, même Tante Sucette, en lui disant que c’était impossible. Juliette a compris que la mort de son père n’était pas une mort comme toutes les autres. Elle allait encore apprendreque certaines personnes n’ont tout simplement plus la force de vivre…

Il faut rester tranquille parle d'un sujet extrêmement difficile : le suicide d'un membre d'une famille. Juliette est jeune, c'est une enfant. Aussi lorsque sa maman lui explique que son papa est décédé, elle comprend qu'elle ne le reverra plus et que tous les bons moments passés ensemble ne seront désormais plus que des souvenirs. Mais Juliette est curieuse. Son grand-frère a une réaction bizarre, très violente envers son père. Il lui en veut. Sa maman en larmes coupe court aux questions de la petite. C'est le psychologue qui lui explique que son papa n'est pas mort naturellement...

Un très bon roman à l'écriture fluide, limpide, subtile et métaphorique. J'ai particulièrement aimé la fin qui délivre un message plein d'espoir. Il faut rester tranquille c'est comme dire qu'après le malheur la vie continue. Il faut laisser aller les gens qui s'en vont, qui n'ont plus la force de vivre. Juliette et son frère vont passer par la peine, les larmes, la révolte, la rancune envers ce qui est ressenti pour eux comme un abandon de la part de leur père. Sans pathos ni discours larmoyant, le thème est très bien développé grâce à la justesse et à la sensibilité de l'auteur. Dans ce roman la simplicité est de mise avec une délicatesse et une douceur naturelle comme cette barque que l'on fait voguer tranquillement sur la mer. Une Juliette attachante, curieuse, intelligente, qui comprend les choses d'un seul regard, grandit et apprend à accepter le suicide de son père. Bouleversant ? Non car l'auteur ne donne pas dans l'excès de sentiments, c'est juste naturel et apaisant.

Merci à Sylvie et à L'Ecole des Loisirs pour cette découverte

dimanche 18 juillet 2010

Le Carnet Rouge

Benjamin Lacombe
Agata Kawa

Seuil Jeunesse
Paru en Avril 2010
35 pages
18 euros

" Le Carnet rouge est une sorte de portrait imaginaire du peintre, poète, décorateur et architecte anglais William Morris (1834-1896). Ce récit d’adolescence raconte comment la vie ennuyeuse dans un pensionnat va engendrer le goût de l’observation et du dessin chez un jeune garçon. De nature très sociable et gaie, à 13 ans, William doit quitter sa famille après le décès de son père pour aller vivre et étudier au collège de Marlborough. Là, solitaire et rêveur, le jeune garçon passe le plus clair de son temps à admirer les jardins de l'école. Bientôt la nature dans sa beauté et son foisonnement va l’inspirer : c’est la naissance de sa vocation. »


"Mais en silence, par lents degrés, j'ai informé mon esprit à Aimer."


Je l'ai lu, relu, admiré, contemplé et je suis passée par tant d'émotions sensorielles que longtemps j'ai repoussé l'écriture de ce billet. Aujourd'hui encore les mots seront faibles pour décrire l'éblouissement que procure un tel chef-d'oeuvre de qualité. L'objet-livre est magnifique, la mise en page est belle et soignée et confère à l'objet sa part de magie, de préciosité. C'est un album à lire mais c'est aussi un objet à exposer à la vue de tous et qui mérite une place de choix dans sa bibliothèque. Atypique aussi dans le thème traité. Il est rare de consacrer en albums jeunesse un récit autobiographique à un homme illustre tel que William Morris dont l'oeuvre est considérable :


William Morris est un fabricant designer textile, imprimeur, écrivain, poète, conférencier, peintre, dessinateur et architecte britannique, célèbre à la fois pour ses œuvres littéraires, son engagement politique, son travail d'édition et ses créations dans les arts décoratifs, en tant que membre de la Confrérie préraphaélite, qui furent une des sources qui initièrent le mouvement Arts & Crafts qui eut dans ce domaine une des influences les plus importantes en Grande-Bretagne au XXe siècle. (SOURCE WIKIPEDIA)


Le Carnet Rouge raconte donc l'adolescence morose et solitaire de William, sa tendance à la rêverie, son amour de la Nature, son respect des Mots. Il consigne toutes ses pensées dans son carnet qu'on lui confisquera. Le Carnet Rouge retranscrit à merveille et avec puissance cet esprit vagabond, ce sens inné pour la poésie sous forme de phrases manuscrites qui laissent échapper des pensées à la délicatesse et à la mélancolie infinies. S'inspirant des préraphaélites, les illustrations d'Agata Kawa respectent la tendance artistique de William : goût du détail, couleurs vieillies, dessins tout en arabesques et ornementaux. On ne pourra s'empêcher de s'attarder longuement sur ses magnifiques pages, sur la beauté d'un texte qui touche au plus profond de l'âme telle que cette phrase grandiose "J'ai informé mon esprit à Aimer". Du grand art !






Le blog de Benjamin Lacombe
Le blog d'Agata Kawa

samedi 17 juillet 2010

Corps de Ballerine

Sébastien Perez (Texte)
Justine Brax (Illustrations)

Max Milo Jeunesse
Collection J'veux pas !
Direction artistique par Benjamin Lacombe
Paru en Septembre 2007
32 pages
13 euros

Album Jeunesse à partir de 5 ans
Thèmes: Poids, Troubles alimentaires, Différence


Elodie Bonvivant est une jeune danseuse qui a tout d'une grande. Mais sa famille aime manger de bons petits plats. A l'école on se moque de son petit frère, on dit que la famille Bonvivant est une famille d'obèses. Quand elle se regarde dans la glace, Elodie se trouve bouffie, elle ne sait plus qui elle est et son désarroi est profond. Ressemble-t-elle à sa maman ? Alors qu'elle veut être une danseuse hors pair, Elodie décide de faire le régime car une danseuse grosse ne gagnera jamais le concours !

J'ai découvert cet album grâce à mes recherches sur cette illustratrice que j'adore : Justine Brax. Très sensible à son univers artistique, je voudrais lire tout ce qu'elle a fait. Alors quand j'ai vu l'association de Sébastien Perez (connu pour les textes La funeste nuit d'Ernest, Thomas le magicien, Généalogie d'une sorcière, Le journal de Peter) et de Justine, je me suis empressée de m'attarder sur Corps de Ballerine. Si le thème reste la différence, l'acceptation de soi, la tonalité esthétique est très différente. Des couleurs assez tristes qui expriment avec soin les troubles psychologiques de la jeune Elodie. Très vite on comprend le message et le danger de ne plus manger. Soucis de santé, anorexie, mal être, regard des autres... Le gris côtoie l'univers rose des tutus et de la danse, contraste qui se veut fort entre l'apparence et le ressenti. Côté graphisme c'est aussi très différent de ce que fait actuellement Justine Brax dans Contes pour grandir de l'intérieur ou Histoires comme ça, et l'on reconnaît un peu la griffe de Benjamin Lacombe. Les illustrations sont très belles, très expressives. Un très bon album de sensibilisation aux troubles alimentaires.

jeudi 15 juillet 2010

Les sorcières de Skelleftestad Tome 1

Tome 1 L'étrange mariage de Nils Swedenborg

Jean-François Chabas

L'Ecole des Loisirs
Collection Médium

104 pages
8,50 euros


A paraître le 16 Septembre 2010


Roman ados dès 12 ans
Thèmes: Sorcellerie, Transmission, Mariage


Mot de l'éditeur : Elle n’est jamais allée à l’école des Sorciers. Son nez n’est pas du tout crochu. Elle ne chevauche aucun balai, ne touille aucun chaudron. Pourtant, Ingrid est une sorcière. Une vraie. Une belle. Le jour où elle débarque au village de Skelleftestad, tous les hommes tombent raides dingues. Elle pourrait prendre celui qu’elle veut. Alors pourquoi a-t-elle choisi d’épouser Nils Swendenborg, qui est certes beau, joyeux, fidèle et travailleur, mais aussi pieux et indécrottablement stupide ? Pour se ranger ? Mener une vie tranquille au coin du feu, avec le charpentier du cru, et s’en aller prier au temple tous les dimanches ? Non. Une sorcière a un besoin viscéral de tours et de magie. C’est leur fille qui raconte l’histoire. Elle connaît la réponse. Et cette réponse fait froid dans le dos.

Quand Ingrid débarque au village de Skelleftestad c'est le loup qui entre dans la bergerie. Belle, rusée et prédatrice, elle observe tous les mâles alentours au point de rendre furieuses les femmes du voisinage. Et pour cause, tous les hommes ont remarqué l'allure d'Ingrid et tombent sous le charme. Mais pourquoi Nils Swedenborg ? Pourquoi lui et pas un autre de ces pedzouilles ? Certes Nils est serviable, fidèle, beau mais il est surtout bête comme ses pieds et un brin arriéré. Ingrid est une sorcière et elle veut se ranger...le mystère demeure entier. On se doute bien qu'elle a un plan pas très reluisant. Rassurez-vous c'est sa fille qui nous raconte cette étrange histoire de mariage entre son père Nils que sa mère déteste autant que tous les cul-terreux de Skelleftestad.

Jean-François Chabas signe ici un premier tome inoubliable tant par son ton décalé, ses répliques truculentes et les bafouillages insultants de cette chère Ingrid que pour le thème de la sorcellerie traité avec humour et fantaisie. L'arrivée d'Ingrid au village ne passe pas inaperçue. Sans nez crochu, nul se doute qu'elle est une sorcière. Les dialogues sont drôles et burlesques entre Ingrid qui peine à retenir son empressement et Nils qui comprend rien, exemplaire dans le rôle du fiancé aux petits soins. Le mariage de Nils Swedenborg est un premier volet succulent, cocasse et qui nous gratifie de fous rires face à des personnages charismatiques. Par certains côtés, j'ai pensé aux Sacrées sorcières de Roald Dahl car on retrouve la même écriture enjouée, des personnages savoureux et attachants. A découvrir !


Merci à Sylvie et à L'Ecole des Loisirs

La rédaction de Soleman

Audren
Illustrations de Gabriel Gay

L'Ecole des Loisirs
Collection Mouche

44 pages
6,50 euros

A paraître le 26 Août 2010

Lectures 6/9 ans/ Roman Cadet
Thèmes: Immigration, Ecole, Amitié/Solidarité





Mot de l'éditeur :
La maîtresse aurait pu réfléchir à deux fois avant de donner son sujet de rédaction. Racontez votre meilleur souvenir…Corentin a deux meilleurs souvenirs, il ne sait pas lequel choisir ; Melvin sait mieux raconter qu’écrire ; quant à Soleman, il n’a rien à dire. Pire, il se retient de pleurer : dans sa vie, il n’y a pas de bon souvenir.Corentin est révolté ! Un enfant sans meilleur souvenir, comment est-ce possible ?Puisque c’est comme ça, on va l’aider à s’en fabriquer.

"Ce qui n'est pas juste , c'est qu'un enfant n'ait pas de meilleur souvenir ! ai-je crié."


Il y a l'avant et il y a l'après.
L'avant c'est la vie triste de Soleman, petit garçon dont on devine d'où il vient et ce qu'il a vécu comme épreuves. L'après c'est lorsqu'arriver dans une nouvelle ville, dans une nouvelle classe, on demande à Soleman de faire une rédaction sur son meilleur souvenir. Entre adoption d'escargots et pêche melba, tous les enfants de la classe ont des souvenirs heureux mais quand c'est au tour de Soleman d'en raconter un, c'est un silence lourd et pesant qui plane dans la classe, accompagné par un sourire compréhensif de Sabine la maîtresse. La grande question de Corentin, le voisin, c'est l'injustice. Tous les enfants devraient avoir des souvenirs heureux et la tristesse de Soleman touche Corentin. Que faire pour donner le sourire à Soleman ? Est-ce qu'on peut fabriquer des souvenirs heureux ? Telle est la question et grâce à la solidarité des petits camarades de classe, l'après de Soleman sera bien meilleur que l'avant ! Parole d'escargots !

Un gros coup de coeur pour ce texte sensible, juste et poétique. L'idée de fabriquer des souvenirs est tout simplement excellente. La rédaction de Soleman aborde le sujet difficile de l'immigration et de l'arrivée d'un petit nouveau dans un environnement inconnu. L'accueil, se faire des amis et la vie à l'école sont les principaux thèmes de ce roman débordant d'affection et de délicatesse. Un humour enfantin, l'histoire d'une amitié naissante et du désir d'aller vers l'autre. Un très joli roman sur la solidarité et la compréhension, sur la tolérance , sur l'égalité des chances face au bonheur. Qu'importe l'origine, la nationalité et la destination, chaque enfant a droit au bonheur...

Merci à Sylvie et à L'Ecole des Loisirs

Contes des très grandes plaines

Jean-François Chabas
Illustrations Philippe Dumas

L'Ecole des Loisirs
Collection Mouche

50 pages
8 euros


A Paraître le 9 Septembre 2010

Lectures 6/9 ans/ Roman cadet
Thèmes: Contes/ Nature/ Homme

Mot de l'éditeur : Pourquoi le roitelet, minuscule oiseau, chante-t-il si fort ? Chaque animal vient le lui demander. Et pourquoi Sy, l’enfant des chasseurs, refuse-t-il de tuer pour se nourrir ?Ce sont les contes des très grandes plaines. Deux histoires de la Nature sauvage.

Voici un très beau recueil de deux contes qui nous viennent des Indiens Pawnees : Le très heureux petit oiseau et Le garçon qui ne voulait pas tuer. Des contes et légendes d'Amérique du Nord qui nous racontent avec sagesse et philosophie les destins croisés du roitelet, petit oiseau dont le chant est puissant et de Sy, enfant qui ne voulait pas tuer. Que ce soit l'oiseau ou l'homme, chaque conte est empreint de subtilité et d'un message important sur le respect de la vie, le respect de l'environnement qui nous entoure. Le roitelet a un don : celui de chanter si fort alors qu'il est tout petit. D'où lui vient cette beauté intérieure ? Sy refuse de tuer pour se nourrir, il respecte la vie et pour cela va perdre la sienne. Mais refuser de tuer est un renouveau, un don accordé aux choses de la vie. Deux contes sur la force et la volonté intérieures, écrits avec sensibilité et délicatesse. Superbe écriture, un message lumineux, une part de magie.

Merci à Sylvie et à L'Ecole des Loisirs

Zélie et les Gazzi

Adrien Albert

L'Ecole des Loisirs
Collection Mouche
38 pages
7 euros

A paraître le 26 août 2010

Lectures 6/9 ans/Roman Cadet
Lectures dès 7 ans

Mot de l'éditeur : La maman de Zélie est sortie pour tout l’après-midi.Quand on frappe à la porte, la petite fille ne se méfie pas, et voilà que ses voisins, les frères Gazzi, l’attrapent et la ligotent. Mais ils ne lui font pas peur. Et puis, ils ont besoin de son aide pour fabriquer des déguisements.Il suffisait de le demander gentiment, se dit Zélie, la fille de la couturière.Va-t-elle décider de les aider ?

Les frères Gazzi, des vieilles fripouilles qui s'ennuient. Ca se chamaille, ça se dispute mais surtout les Gazzi sont doués pour avoir des idées farfelues. Contre l'ennui, un seul remède : voler la boulangère du coin ! Oui mais...après ils ne pourront plus s'y rendre! La voisine d'à côté est couturière. Il suffit de la kidnapper afin qu'elle fabrique des déguisements...comme ça on ne pourra pas les reconnaître. Pas de bol!! ils tombent sur Zélie, la fille. Tanpis, elle fera l'affaire. Ah!! ces frères Gazzi !!

Loufoqueries, pitreries, drôleries et bonne humeur pour ce roman accessible dès l'âge de 7 ans. Un texte pimpant et espiègle. Les frères Gazzi sont des zouaves et n'ont que des idées grotesques. Une situation cocasse mais bon enfant qui rend la lecture agréable et sympathique. La fin comique apporte son lot d'originalité. Héros d'un genre clownesque, les frères Gazzi vont feront bien rire. J'ai bien aimé !

Merci à Sylvie et à L'Ecole des Loisirs

mardi 13 juillet 2010

Magiciennes du Monde

Misstigri
Katell Goyer
(Textes)

AUZOU
Paru en Mai 2010
30 pages
19,90 euros

Album jeunesse à partir de 5 ans
Thèmes: Magie, Tour du monde

Les magiciennes du monde se sont réunies pour nous faire partager leurs secrets ! Découvrez leurs pouvoirs magiques et vivez avec elles des aventures pleines de surprises...

Souvenez-vous de Princesses du Monde... Premier volet d'un concept tout à fait original et éblouissant des éditions Auzou. Il y a eu Danseuses du Monde. En mai est paru le dernier volet de cette trilogie fantastique : Magiciennes du Monde. Pour notre plus grand plaisir nous retrouvons le duo Misstigri et Katell Goyer. Magiciennes du Monde présente le portrait de 7 magiciennes qui vivent aux quatre coins du monde. France, Italie, Hongrie, Inde en passant par l'Australie et Cuba, nos magiciennes nous font voir du pays et surtout nous invitent à découvrir leurs secrets. Pouvoirs magiques, guérisseuses, vampires, le récit de ces jeunes filles est incroyable. Un texte qui se veut divertissant, parfois étonnant, vraiment agréable à lire. Les histoires sont soignées, attractives, parfois empreintes d'humour. Des justicières d'un genre nouveau... Côté illustrations, c'est pétillant, coloré. J'aime toujours autant le talent de Misstigri car chacune de ses héroïnes ressort avec force, une sorte de magnétisme féminin. Cet album nous offre de magnifiques doubles pages que l'on peut déplier, admirer. Encore une réussite!


Le blog de Misstigri
Le billet de Thalie
Le site des éditions Auzou

lundi 12 juillet 2010

Treize petites enveloppes bleues

Maureen Johnson

Gallimard Jeunesse
Traduit de l'anglais (USA) par Julie Lopez
Paru en Janvier 2007
347 pages
13 euros

Roman ados dès 12 ans
Thèmes: Roman d'initiation, Voyage, Adolescence

Quatrième de couverture:
RÈGLE N° 1 : Tu ne peux emporter que ce qui tiendra dans ton sac à dos.
RÈGLE N° 2 : Tu ne dois emporter ni guides de voyage ou de conversation, ni aucune aide pour les langues étrangères.
RÈGLE N° 3 : Tu ne peux pas prendre d'argent en plus, ni de carte de crédit, de chèques de voyage, etc.
RÈGLE N° 4 : Pas d'expédients électroniques. Ce qui signifie, pas d'ordinateur portable, de téléphone portable, de musique, d'appareil photo.C'est tout ce que tu as besoin de savoir pour l'instant. Rendez-vous à la Quatrième Nouille.
Lorsqu'elle découvre ce message de Peg, sa tante adorée qui vient de mourir, Ginny est loin d'imaginer qu'elle en recevra treize au total et que ces petites enveloppes bleues l'emmèneront loin, bien loin, pour un incroyable voyage a travers l'Europe. Et transformeront à jamais sa vie de jeune fille rangée, timide et sage...Comme une course au trésor, ce roman nous happe et nous entraîne de rencontres en découvertes, de mésaventures en petites victoires, pour une folle virée pleine d'humour et de charme.«Tout à la fois poignante, drôle et inspirée, cette histoire donne à coup sûr envie de voir le monde» PUBLISHERS WEEKLY

A propos de l'auteur: Maureen Johnson est née à Philadelphie, en Pennsylvanie.Enfant, Maureen lisait sans arrêt, comme beaucoup de lecteurs qui finissent par écrire. Elle a étudié la dramaturgie et l'écriture romanesque à l'université de Columbia. Avant de pouvoir vivre de sa plume, elle a pratiqué bon nombre de petits boulots de New York à Londres en passant par Las Vegas. 13 Petites Enveloppes Bleues, son quatrième roman pour adolescents, est le premier publié en France. Elle vit à New York avec son mari.


Ginny, jeune fille de 17 ans est timide, réservée et plutôt sage. Aussi lorsqu'elle reçoit une lettre de sa tante Peg, tante adorée et un brin délurée par ses fantaisies artistiques et son mode de vie hors du commun, Ginny apprend son décès. Les voyages forment la jeunesse. Treize petites enveloppes bleues nous le prouve. La tante Peg envoit à Ginny treize enveloppes, treize minis défis qui conduiront l'adolescente à se surpasser, à ne plus avoir peur d'affronter l'inconnu. Dans chaque enveloppe, une mission qui invite Ginny à parcourir l'Europe et à suivre les traces de sa tante. De découvertes en rencontres, de mésaventures en petites victoires et sastisfactions personnelles, Ginny va découvrir la vie. Voir du monde et aller de l'avant même si pour cela elle n'a qu'un énorme sac pour l'accompagner. Baroudeurs et baroudeuses, en avant toute car ce roman est un hymne au voyage, à une chasse au trésor sauf qu'ici le trésor c'est la richesse humaine!!

Un roman drôle et pétillant, un brin romantique. Un appel au voyage, entre l'Italie et les Pays-Bas en passant par Corfou et Paris. Un hymne à la vie car notre héroïne qui n'ose jamais réaliser des défis, va se surpasser et rencontrer l'amour, rencontrer des personnes toutes plus intéressantes les unes que les autres. Un roman initiatique, parfois émouvant qui nous apprend à surpasser le deuil, à le mettre de côté et continuer à vivre. Tout comme PS I love you de Cecelia Ahern, le deuil est traité de manière épistolaire sous forme de lettres, de petites missions pour réapprendre à vivre. J'ai passé un excellent moment de lecture, je l'ai dévoré en une seule après-midi. J'ai adoré Ginny, qui derrière sa timidité, nous fait rire quand elle ose inviter un bel italien à manger un gâteau !! Des situations parfois dangereuses, cocasses qui rendent la vie pleines d'aventures, de péripéties et une sorte de quête, à la recherche de soi. Un récit original et formateur. Les voyages forment la jeunesse : une philosophie de vie qui donne envie...


Info+ : Ce titre existe en poche dans la toute nouvelle collection Pôle Fiction de Gallimard Jeunesse sortie fin Juin 2010. Prix 6,60 euros

dimanche 11 juillet 2010

Le chat qui avait peur des ombres

Rozenn
Xavier Collette

Editions Mic-Mac
Paru en Juin 2010
30 pages
12,90 euros

Album Jeunesse dès 4 ans
Thèmes: Chat, Nuit, Peur

Lilith, une petite chatte toute blanche, courageuse mais pas téméraire, s'échappe un jour de sa maison.Heureuse de sa nouvelle liberté, elle s'éloigne, mais le soir tombe, et dans la neige, les ombres grandissent. Lilith parviendra-t-elle à retrouver le chemin du retour, malgré les étranges créatures qui sont à sa poursuite ?

Un très joli album qui nous raconte l'histoire d'une petite chatte, Lilith, qui se perd dans un parc alors qu'elle poursuivait une mouche qui virevoltait. Sortie de la maison sans s'en apercevoir, c'est lorsqu'elle se retrouve seule dans la neige et parmi les ombres que Lilith regrette les bras réconfortants de sa maîtresse. Le thème de la peur est ici traité avec poésie et subtilité. C'est doux, fraîs, et les contrastes issus des couleurs choisies expriment avec force un texte bien écrit. Entre ombres et lumières, la palette de Xavier Collette est étonnante et magnifique. L'univers inconnu de l'extérieur, des ombres mystérieuses est représenté dans des teintes sourdes de bleu, blanc et gris alors que des couleurs chaudes telles que le bordeau et l'orangé sont utilisées pour le monde rassurant de la maison, du foyer. Les dessins sont superbes et agrémentent un univers qui se veut clairement féérique. Un album réussi. Dommage que cela soit si court... On en redemande!





L'avis de Laure

samedi 10 juillet 2010

Tokyo Home

Cyrielle
Gloris


KANA
Paru en Juin 2010
224 pages
15 euros

Julie Wallon - 1 m 67 de bonne humeur, 56 kilos d'énergie et 17 ans d'espièglerie - débarque au Japon avec une seule idée en tête : prendre un nouveau départ.Entre idées reçues et clichés en tous genres, elle va tracer son destin et trouver sa place.

Un manga entre shojo et sens de lecture européenne qui fait le plein de bonne humeur, de situations cocasses et d'une bonne dose d'utopie. Jeune française de 17 ans, belle à croquer, Julie débarque au Japon rejoindre son père qu'elle n'a pas vu depuis 10 ans. Un père absent, un brin fantasque, mystérieux par ses tentatives de fuite face à ses responsabilités. Julie s'étant disputée avec sa mère, il ne lui reste plus qu'à démarrer une nouvelle vie au Japon. Une seule règle que son père consentant lui impose : l'apprentissage de la langue. Si le Japon pour Julie signifie mangas, sushis et tous les clichés liés à la culture japonaise, elle va vite s'apercevoir que le mode de vie est autre mais parfois très proche d'une vie française.

Sur fond de cours au lycée international, de soirées avec une catcheuse professionnelle délurée et d'aventures d'une lycéenne : jalousie entre filles, amitiés, amours, Tokyo Home est un manga plein de peps, illustré avec talent. C'est rigolo, très agréable à lire. Les dessins de Cyrielle respirent la jeunesse, l'enthousiasme, la fraîcheur et donnent au personnage de Julie un caractère attachant, un brin fantaisiste et drôle. Un one shot super réussi qui promet de joyeux moments de rire !!





Voir l'avis de Choco
Pour en savoir plus, le blog de Cyrielle

jeudi 8 juillet 2010

L'oeil du loup

Daniel Pennac

Pocket Jeunesse
Collection Pocket Junior
92 pages
4,40 euros

Roman Junior à partir de 10/ 11 ans
Thèmes: Voyage, Amitié, Animaux

Dans un zoo, un enfant et un vieux loup borgne se fixent, œil dans l'œil.Toute la vie du loup défile au fond de son œil : une vie sauvage en Alaska, une espèce menacée par les hommes. L'œil de l'enfant raconte la vie d'un petit Africain qui a parcouru toute l'Afrique pour survivre, et qui possède un don précieux celui de conter des histoires qui font rire et rêver.

Un roman écrit avec sensibilité, poésie et sagesse. L'histoire d'un enfant qui observe un loup borgne. Agacé, il tourne en rond dans sa cage mais l'enfant ne se démonte pas et reste planté là, devant lui. Lorsque le loup approche de plus près, l'enfant se met à égalité et cache un oeil. Un lien étrange s'établit par le regard. Chacun voit dans l'oeil, une part de l'âme. L'oeil raconte l'histoire du loup et du garçon. Comment sont-ils arrivés jusqu'au moment de leur rencontre ? à ce moment précis ?

Avec L'oeil du loup, le jeune lecteur voyagera de l'Alaska jusqu'en Afrique. Daniel Pennac imagine la vie du loup et celui du garçon avec une certaine mélancolie, une douceur très naturelle, entre justesse et sincérité. Une très belle histoire qui fait place à l'amitié entre l'homme et l'animal, qui fait appel à l'imagination et nous emporte facilement par la magie des mots.

lundi 5 juillet 2010

Liaisons d'Enfer au paradis

Sarah Mlynowski
Claudia Gray
Maureen Johnson
Cassandra Clare
Libba Bray


Hachette Jeunesse
Collection Black Moon
Traduit de l'anglais (USA) par Maud Desurvire
Paru en Juillet 2010
255 pages
16 euros

Roman ado dès 12 ans
Genre: Fantastique, Horreur

Quatrième de couverture: Partir en croisière sur un paquebot de luxe, rencontrer l'homme de sa vie à la mer, se prélasser au soleil dans le sud de la France ou aux Caraïbes, faire un tour d'Europe avec ses amis...le rêve! Mais quand vampires, sorcières, psychopathes, démons et fantômes se joignent au voyage, les vacances se transforment vite en cauchemar... Les plus grands auteurs américains vous invitent une nouvelle fois à un merveilleux séjour... en enfer!

Après Nuits d'Enfer au paradis et Amours d'Enfer, la collection Black Moon publie un recueil spécial vacances d'été. Je n'avais pas lu les deux premiers tomes alors je me suis plongée dans celui-ci sans a priori. Je me suis laissée emporter par ce thème très sympathique. Résultat: toutes les nouvelles sont excellentes et nous emportent vers des rivages insoupçonnés.

Croisière à haut risque de Sarah Mlynowski : Liz et Kristin sont sur un bateau de luxe pour une croisière exceptionnelle. En effet pour Kristin ce sera l'occasion idéale de sa première fois...Excitée, émoustillée mais aussi timide, la jeune fille a du mal à choisir le bon, surtout que leur nouvelle amie Hailey refroidit l'ambiance...par cette sombre histoire de personnes disparues et vidées de leur sang. Une nouvelle amusante dont la chute est juste sublime!!!!

Drôle de charme de Claudia Gray: Cecily part en vacances dans les Outer Banks accompagnée de sa famille. Chaque été le clan se rejoint pour une séance spéciale de sorcellerie. Les femmes du clan n'ont jamais révélé leur secret à leurs maris...Bien que Cecily adore son statut et fait d'énormes progrès dans cet art; les vacances d'été ont un arrière goût amer à cause de Kathleen, une peste. Aussi lorsque celle-ci vient accompagnée d'un beau mâle Théo, Cecily n'en revient pas de cette injustice... Une nouvelle sans surprises majeures mais bien amenée.

La Loi des suspects de Maureen Johnson: Deux soeurs américaines se rendent dans le sud de la France. Logées dans une magnifique demeure provençale, les deux soeurs attendent impatiemment leur oncle. Mais celui-ci n'arrive pas... Alors que Marylou se régale de ses livres de psycho, Charlie s'ennuie et sort un peu. Elle rencontre un homme étrange qui lui raconte une histoire morbide. Quelque temps après, Charlie serait victime d'une malédiction appelée La Loi des suspects... Une nouvelle longue dans ses débuts mais qui est haletante dès que l'on saisit l'intrigue. J'ai bien aimé

La Maison aux miroirs de Cassandra Clare: En Jamaïque pour le voyage de noces de leurs parents, Violette et Evan sont gênés. Les deux adolescents se sont aimés avant que leurs parents se rencontrent. A présent frères et soeurs, leur relation est difficile et tout en retenue. Sur la plage déserte, Evan vient en aide à une voisine Madame Palmer. Violette le voit s'éloigner le coeur serré. Evan revient changé. Il n'a qu'une seule obsession: revoir cette femme prédatrice...

Danger imminent de Libba Gray est sans doute la meilleure car elle est vraiment bien étoffée. Un groupe d'amis décide de se rendre à Necuratul, un village de l'Europe de l'Est connu pour avoir été maudit et pactisé avec le diable. Un festival traditionnel est prévu mais sur les lieux, les jeunes visiteurs sont loin d'être accueillis avec enthousiasme et hospitalité... Cette nouvelle m'a vraiment fait flipper avec des scènes réellement bien décrites.

Au final, un recueil vraiment sympathique à lire, idéal en lecture d'été et de plage. On retrouve l'ambiance fantastique/ horreur qui plaît tant à nos ados. Une lecture attractive qui m'a agréablement surprise. J'ai passé un très bon moment de lecture avec tout ce qu'il faut d'humour, d'amusement, de montée d'adrénaline...


Merci à Cécile et aux éditions Hachette pour la découverte
Lire l'avis d'Adalana

samedi 3 juillet 2010

Kylooe Tome 1

Little Thunder

KANA
Collection Made in

Traduit et adapté par Aline Canino
Paru en Mars 2010
150 pages
18 euros




Mot de l'éditeur: Dans les moments difficiles, qui n'a jamais rêvé de s'échapper ? Qui n'a jamais souhaité retrouver l'insouciance de l'enfance et le réconfort de son doudou ? Et si ce doudou devenait réalité ? Et si c'était Kylooe ?

Lanyue, adolescente transparente pour ses camarades de classe, est solitaire et marginale. Alors qu'elle voudrait s'intégrer dans une bande d'amies, elle prend son courage à deux mains et sors avec quelques filles du lycée. Comme un boulet, elle les suit sans que celles-ci fassent attention à sa présence. Dans un magasin de disques, Lanyue est attirée par la pochette d'un CD représentant un animal étrange " Downhearted Dragonfly ". Elle l'achète et s'en va retrouver sa chambre. Tristesse, mal être, timidité, Lanyue est malheureuse. Elle ferme les yeux...les ouvre et Kylooe apparaît. L'animal de la pochette du CD est là, devant elle, dans sa chambre...

C'est l'histoire d'une amitié hors norme qui prend vie d'une manière si magique et incroyable. C'est la complicité entre une adolescente esseulée et un doudou peluche qui l'emmène loin de tous ses soucis, dans un monde où même les rêves n'ont pas de sentiments. Entre onirisme et poésie, cette oeuvre d'une jeune artiste chinoise nous prend de court grâce à des choix de couleurs audacieux (des couleurs primaires, parfois criardes, complètement psychédéliques et des teintes plus nuancées, parfois impressionnistes). Le graphisme reste étonnant et le tout est d'une extrême originalité tant par le contenu que par les différentes techniques artistiques assorties : photographie, le dessin et le collage. Oeuvre à part, on ne pourra s'empêcher de penser à un "Totoro" d'un genre nouveau, qui sort d'une pochette et se transforme en un être humain lorsque ce dernier est projeté dans les rêves de Lanyue. Réalité alternative où les frontières sont confuses et nous dévoilent une profonde réflexion philosophique sur le dédoublement de soi, la solitude, la mort et la recherche du bonheur. Un style unique, entre l'exubérance et l'intimité qui classe ce manga dans une catégorie spéciale, celle de nous surprendre, de nous étonner, de nous faire réfléchir aussi. Un plaisir pour les yeux. En un mot SUPERBE. J'attends la suite avec impatience.

Kylooe © 2010 Little Thunder/Kana (Dargaud-Lombard)

jeudi 1 juillet 2010

Le ciel est partout

Jandy Nelson

Gallimard Jeunesse
Collection Scripto

Traduit de l'anglais (USA) par Nathalie Peronny
Paru en Mai 2010
336 pages
11 euros



Roman ados à partir de 12/13 ans
Thèmes : Deuil, Amour, La vie en vrai


Quatrième de couverture: Un amour brûlant, une perte dévastatrice, Lennie lutte pour trouver sa propre mélodie. Alors que Bailey, sa soeur, sa meilleure amie, vient de mourir, comment continuer? A-t-elle le droit de plaire, elle aussi? De désirer Toby? D'être heureuse sans Bailey? Et comment ose-t-elle rire encore? Parfois, il faut tout perdre pour se trouver... Un hymne à l'amour, à la vie, à la musique, à la nature et à l'écriture !
A propos de l'auteur: Jandy Nelson est agent littéraire depuis une douzaine d'années et a publié des recueils de poésie. Passionnée de littérature et de musique, elle est aussi amoureuse de la France! Elle vit en Californie, à San Francisco. Le ciel est partout est son premier roman.


"Il était une fois deux soeurs qui partageaient la même chambre, les mêmes fringues, les mêmes pensées au même moment. Ces deux soeurs n'avaient pas de mère, mais elles étaient là l'une pour l'autre. L'aînée marchait devant la cadette, si bien que cette dernière savait toujours dans quelle direction où aller. L'aînée emmenait la cadette à la rivière où elles faisaient la planche comme deux cadavres. L'aînée disait: Enfonce ta tête de quelques centimètres, puis ouvre les yeux et regarde le soleil. La cadette: Je vais avoir de l'eau dans le nez. L'aînée: Allez, vas-y! Alors la cadette a obéi et son monde s'est gorgé de lumière."


Il n'en faudra pas plus pour montrer quelle complicité, quels liens puissants unissaient Bailey et sa petite soeur Lennie, dix sept-ans...Il n'en faudra pas plus pour comprendre l'ampleur de la douleur de la plus jeune lorsqu'elle est confrontée à la mort de Bailey. Ce roman posera la question la plus évidente sur le deuil : comment l'accepter ? Comment survivre à la perte d'un être cher ? Le ciel est partout y répondra de la plus belle manière possible : par la vie. Ce superbe roman d'apprentissage est bouleversant non pas à cause du sujet qui est traité. Il l'est par une manière de dire les choses, d'exprimer les sentiments. Douce, poétique, sensible est l'écriture de Jandy Nelson. La jeune Lennie exprime sa souffrance et son désarroi en laissant par ci par là des morceaux de son âme. Des brins de pensées qui surviennent au cours d'un souvenir. Autant de traces laissées derrière elle, un lâcher prise pour mieux revenir à la vie. On évoque l'amour, l'adolescence et les épreuves avec un humour original, simple mais lumineux. Avec justesse et sans exagération, Le ciel est partout est un premier roman qui brille par son authenticité. Colère, révolte, interrogations, premiers émois, rires, la vie de Lennie a basculé pour laisser place à un grand vide qui se trouve comblé par l'espoir et la joie d'un renouveau. A-t-on le droit d'être heureux alors que la personne qu'on aime ne le sera plus ? Peut-on encore rire ?

Des questions profondes, une héroïne attachante avec ses boulettes, ses envies, ses peurs et ses doutes, une galerie de personnages atypiques (mamie Manou et oncle Big) qui rend la vie si unique, si précieuse. Et malgré toute la douleur, toutes les larmes, un seul message : "Je me sens mieux, comme si c'était sa vie, et non sa mort, qui m'apprenait désormais comment vivre et qui je suis". Un premier roman réussi, qui fait honneur à la littérature et qui célèbre la vie dans toute son intensité et sa violence. Le ciel est partout est de toute beauté, tant par la musique qui s'en dégage que par les mots au naturel. Un livre cocon comme l'est Les Hauts de Hurlevent pour Lennie. Un de ceux qui parle au coeur...Je le referme le coeur serré, empli de souvenirs, et pourtant... je souris.


"Ma soeur ne cessera jamais de mourir, encore et encore, pendant le restant de mes jours. Le deuil, c'est pour la vie. Ca ne s'en va jamais; ça fait progressivement partie de vous, à chaque pas, à chaque souffle. Je ne cesserai jamais de faire le deuil de Bailey pour la bonne raison que je ne cesserai jamais de l'aimer. C'est comme ça. Le deuil et l'amour sont liés, l'un ne va pas sans l'autre. Tout ce que je peux faire, c'est l'aimer, aimer le monde, et célébrer sa vie en vivant la mienne avec audace, joie et courage."


Merci à Véronique et aux éditions Gallimard Jeunesse pour la découverte de ce roman