dimanche 30 janvier 2011

Hier tu comprendras

Rebecca Stead

Nathan
Traduit de l'anglais (USA) par Anne Delcourt
Paru en Janvier 2011
248 pages
13,50 euros


Roman ados dès 11 ans
Thèmes : Amitié, Enigme, Temps


A propos de l'auteur :
Rebecca Stead a grandi à New York. Petite, elle écrivait déjà. Elle inventait des histoires et s'amusait à consigner des blagues, des bribes de conversation. Par la suite, elle a fait carrière en tant qu'avocate et continué à écrire pendant ses moments de loisir (des Histoires Très Sérieuses, précise-t-elle). C'est seulement après avoir cassé son ordinateur et perdu tous les récits qu'il contenait qu'elle a décidé d'écrire quelque chose de nouveau et de joyeux. Elle a alors relu tous les livres qu'elle adorait enfant, à recommencer à écrire beaucoup, à y prendre vraiment goût et elle est devenue écrivain. "Hier tu comprendras" est son deuxième roman et le premier traduit en français.


"M, C'est difficile. Plus que je ne l'aurais cru, même avec ton aide. Mais je m'entraîne, et ça avance. Je viens pour sauver la vie de ton ami, et aussi la mienne."
Voici ce que découvre Miranda, un matin avant de partir pour l'école, dans sa chambre. Mais comment cet étranger a-t-il pu rentrer chez elle ? Et quand ? 1979. Miranda vit avec sa mère et son beau-père dans un quartier de New-York. Elle partage son quotidien avec son meilleur ami Sal jusqu'au jour où ce dernier se fait violemment frapper sans aucune raison apparente. Depuis les relations entre Sal et Miranda se dégradent. Puis viennent les lettres énigmatiques d'un mystérieux inconnu qui semble connaître l'avenir de Miranda...

Un puzzle à reconstituer, une enquête à résoudre, une amitié à sauver...voilà les thèmes insolites et touchants de "Hier tu comprendras", lauréat du Newberry Medal 2010, prix de littérature de jeunesse aux Etats-Unis. Sur fond de science-fiction et d'aventure extra-temporelle, Hier tu comprendras propose un récit drôle et étrange qui ne manquera pas de solliciter la curiosité des plus hardis!


"La plus belle expérience qu'on puisse vivre, c'est celle du mystère des choses."
Albert Einstein (Comment je vois le monde, 1931)

samedi 29 janvier 2011

Samien Le voyage vers l'Outremonde

Colin Thibert

Editions Thierry Magnier

Parution prévue pour le 2 février 2011

338 pages
15,80 euros


Roman ados dès 12 ans
Thèmes : Aventure, Amitié, Quête


Quatrième de couverture :
Dans ce monde-là, huit lunes scintillent la nuit à tour de rôle. Samien, petit paysan des Kraspills est maltraité par son maître, il fuit. Sous son bonnet rouge, niche Yonka l’araignée, ils communiquent par télépathie. Autoritaire, elle a de grandes ambitions pour Samien, tout d’abord partir vers Iskhion, capitale du monde du Sarancol, lieu de résidence du Sarchonte. Là, ils feront fortune et ensuite ils fileront vers l’Outremonde, au-delà des huit lunes. La route est longue, semée d’embûches, de traquenards, de brigands et de cohortes de pèlerins qui se dirigent pour célébrer le Walche. Mais aussi d’animaux étranges : prapators, chenilles géantes… Kidnappé, asservi, en fuite, emprisonné, évadé, mousse sur des bateaux intersidéraux, Samien court d’aventure en aventure. Il découvre bien des mondes, les trafics humains, la traite des femmes indigos le révolte, et aussi bien sûr il découvre l’amour, l’amitié, la trahison…

Samien est orphelin. Petit paysan des Kraspills, il est considéré comme un moins que rien, un simplet dépourvu d'intelligence, maltraité par son maître violent et alcoolique. Samien fuit mais sitôt la liberté retrouvée, il est capturé par des brigands qui l'enrôle de force. Contraint de survivre dans l'univers des criminels, Samien se fait une alliée. Une étrange et minuscule alliée, intelligente et possédant des dons de télépathie...une araignée Yonka qui a élu domicile sous le bonnet rouge de Samien. Ambitieuse, elle n'aura de cesse de pousser Samien vers Iskhion, la capitale du monde Sarancol, lieu de résidence du Sarchonte. Dans ce monde-là, huit lunes brillent à tour de rôle. Mais Samien va découvrir également une capitale dangereuse, où l'homme côtoie des femmes indigos, venues de l'Outre-monde, sorte d'humanoïdes réduits en esclavage pour son bon plaisir. Kidnappé, maltraité, prisonnier, tour à tour brigand, évadé et mousse sur un bateau intersidéral, Samien a une vie mouvementée, semée d'embûches et d'aventures...

Samien Le voyage vers l'Outremonde est une quête initiatique à la fois périlleuse et fantastique. Tissé comme un roman d'aventure, le parcours de notre héros est étonnant. D'abord orphelin battu, puis kidnappé par des criminels, il n'a de cesse de vouloir se tourner vers le bien. Et le bien passe parfois par des chemins détournés comme gagner une course truquée, enlever sa dulcinée promise à un mariage forcé, se battre pour des causes importantes. Samien est sage et cette sagesse lui vient de son guide spirituel, de son amie arachnéide, fidèle alliée qui le sortira du danger. Le roman prend sa source dans un imaginaire foisonnant. Colin Thibert a inventé l'Outre-monde, au-delà des huit lunes, un monde peuplé d'êtres humains qui côtoient des créatures fantastiques : des chenilles géantes, des prapators... Mais il y aura aussi des accents orientaux et un doux parfum de Mille et une nuits car la cité Iskhion n'est pas sans nous rappeler une Babylone mythique : caravane de marchands sillonnant le désert, senteurs de soukhs et jardins paradisiaques. Bien plus qu'une quête initiatique, l'on songera aussi à Candide de Voltaire car le voyage de Samien est porté par un élan de liberté, un vent qui le guidera vers l'amour, l'amitié, la justice et la dénonciation de l'esclavage. Un vent de tolérance et d'égalité dominera tout le roman pour lui donner son âme et son originalité. Samien humaniste, révolté contre la traite des femmes indigos...Samien philosophe, porté par des considérations politiques et qui s'exprime contre un système d'opprimeurs et d'opprimés. En cela c'est un superbe roman d'apprentissage : Samien l'orphelin est devenu Samien le défenseur de valeurs justes et louables, un héros comme on les aime...


Je remercie les éditions Thierry Magnier pour la découverte
On en parle sur Je bouquine

vendredi 28 janvier 2011

Fièvre Faë

Les chroniques de MacKayla Lane Tome 3

Karen Marie Moning

Editions J'ai Lu
Traduit de l'anglais (USA) par Cécile Desthuilliers
Paru en Juin 2010
470 pages
12 euros


Genre : Fantastique, Urban Fantasy




" En venant à Dublin, j'avais deux buts. Découvrir qui a tué ma soeur et venger celle-ci. Vous voyez avec quelle facilité je le dis, à présent ? je veux la vengeance. Une vengeance avec un grand V. Une vengeance avec des os brisés et des flots de sang. Je serais sans doute morte peu de temps après avoir posé mes jolis petits petons aux ongles vernis sur le sol irlandais, si je n'avais pas poussé la porte de la librairie de Jéricho Barrons. J'ignore qui il- est, ou plutôt, ce qu'il est. Ce que je sais, c'est qu'il détient des connaissances dont j'ai besoin et que je possède quelque chose qu'il désire, ce qui fait de nous des alliés. Et le dernier espoir de l'humanité... "


Si j'avais adoré les deux précédents tomes des Chroniques de MacKayla Lane, celui-ci renouvelle mon coup de coeur pour cette série époustouflante de fougue et de rebondissements. Fièvre Faë sort le grand jeu. On connaissait le talent de Karen Marie Moning à savoir brouiller les pistes, révéler des personnages à la psychologie complexe et surtout nous entraîner dans un Dublin sombre et inquiétant. Avec Fièvre Faë, les fans de Lane, la Sidhe-seer super sexy seront enthousiasmés. MacKayla Lane est une héroïne sûre d'elle, qui a connu une belle évolution. Loin d'être la blonde pulpeuse et édulcorée de Fièvre Noire, Lane est une guerrière, une chasseuse de faës, justicière des rues de Dublin, vengeresse de la mort de sa soeur. Déterminée, elle a plus d'un tour dans son sac et brille par son esprit d'action. Quant à Jericho Barrons, l'énigme autour de ce personnage ne fait que s'accroître.

Coups de théâtre, trahisons, combats acharnés et vérités dévoilées, Fièvre Faë nous plonge dans une euphorie qui prend toute son ampleur dans un final aussi imprévu que surprenant. La rivalité entre Barrons et V'lane est toujours aussi prenante et exaspérante aux yeux de Mac. La "Note aux lecteurs" nous explique que l'auteur avait tout prévu : une intrigue explosive et stressante!! C'est le tome de la transition, l'entre-deux avant la guerre, avant l'effondrement des frontières. Le monde humain s'est transformé et l'on ressent tous les enjeux de cette bataille. Plongée au coeur des ténèbres, encerclée par les Ombres qui envahissent Dublin, Lane est seule et livrée à une lutte effrénée. Une fin apocalyptique qui ne manquera pas de laisser le lecteur ahuri et dérouté. Un seul mot : la suite!!!

lundi 24 janvier 2011

Légendes de la Garde AUTOMNE 1152

David Petersen

Gallimard
Traduit de l'anglais pas Marion Roman
Paru en Janvier 2008
159 pages
18,50 euros




A propos de l'auteur/illustrateur : David Petersen est né en 1977 dans le Michigan, aux Etats-Unis. Il passe son enfance à grimper aux arbres et à dévorer des bandes dessinées qui nourrissent encore aujourd'hui son imaginaire. Puis, il étudie l'art de la gravure à la Eastern Michigan University, tout en se consacrant à la création des Légendes de la Garde. Aux Etats-Unis, chacun des chapitres qui composent Automne 1152 a d'abord été publié indépendamment, dans une version brochée et sous le titre original Mouse Guard



"Acclamons les braves et les preux !

Comme chacun peut
Chacun luttera
Mais la Garde vaincra !"


Automne 1152. Trois années se sont écoulées depuis les Guerres d'Hiver menées contre le Tyran Furet. La Garde a réussi à ramener la paix. Elle veille. Elle sécurise les Territoires, sert de guide pour la communauté ou d'escorte. Liam, Saxon et Kenzie, trois souris élites de la Garde sont envoyées à la recherche d'un marchand disparu dans d'étranges circonstances. Lors de leur enquête, ils découvrent une menace nouvelle. Un danger plane sur Lockhaven et les autres cités des Territoires. La quête sera périlleuse et les obstacles multiples...

Fort d'un graphisme époustouflant, Automne 1152 est une bande-dessinée à classer dans la catégorie chef-d'oeuvre. L style sobre, épuré, aux couleurs chatoyantes et son allure de BD pour enfants retient toute notre attention. Un savoureux mélange de textes et de dessins nous emporte dans un univers d'héroïc-fantasy mené avec force attractive et maîtrise. David Petersen place son histoire au Moyen-âge et met en scène des animaux. Ainsi les "nuisibles" rongeurs sont l'élite d'une Garde qui se nourrit de légendes anciennes et mystérieuses, où elle puise sa bravoure et sa morale. Le graphisme est excellent et reproduit l'ambiance médiévale en imaginant des cités derrière les arbres, des épées, des combats épiques, allant même jusqu'à reproduire des enluminures. Le tout est chaud et flamboyant à l'image de la saison automnale. A la fin de l'ouvrage, l'auteur étoffe son univers et propose aux lecteurs éblouis des pages annexes sur les métiers et les cités du Territoire. L'intrigue est recherchée, simple et efficace : un traître, un usurpateur que seule la Garde peut démasquer pour sauver son Royaume menacé d'un nouveau conflit. Automne 1152 contient sa dose d'aventures, d'actions mais point de créatures fantastiques et de dialogues inutiles, tout est dans la contemplation du dessin. A n'en pas douter la série de Petersen, intitulée en version originale Mouse Guard est une création de qualité.

Le tome 2 Hiver 1152 sort dans quelques jours en librairie!!

samedi 22 janvier 2011

Rouge Bala

Cécile Roumiguière

Justine Brax


Milan Jeunesse
Paru en Octobre 2010
48 pages
13,90 euros


Album Jeunesse dès 5 ans
Thèmes : Traditions, Mariage, Enfance











"Bala aime faire la course avec son frère. Elle aime rire avec sa copine Ashna. Douze ans, c'est un bel âge pour jouer... Baia aime rêver avec sa grande soeur Lali. Mais sa soeur chérie est partie vivre chez son mari. Douze ans, c'est aussi l'âge où l'on parle mariage dans son pays."

Rouge Bala...Rouge, la couleur de la passion, de la force du coeur. Rouge comme le point qui unie une femme à son mari, un point teinté de vermillon "Un signe de protection, de dévotion, un signe de soumission." Rouge comme le sari qu'un jour Bala portera, sur les traces de sa soeur aînée Lali. Bala n'a que douze ans. Elle est heureuse. Elle va à l'école, joue avec son amie et son petit frère au bord de la rivière. Bala a le coeur lourd. Lali est partie vivre chez son mari et depuis elle réfléchit. Son insouciance est montée sur une barque et s'en va loin, faisant place à la tristesse, à une angoisse : "Toi aussi, Bala...un jour viendra où tu te voileras de ton sari."




Mais Bala ne veut pas se marier à un inconnu. Elle ne veut pas que son père décide à sa place. Et lorsqu'elle voit cette jeune fille, pas plus vieille que sa soeur Lali, ayant fui un mari méchant et brutal ; Bala est sûre de son destin et se battra pour lui. Elle préfère le choix du coeur : lire, apprendre, compter, choisir son mari et refuse les valeurs ancestrales d'une Inde sévère et injuste envers la condition féminine.

Bala est une jeune héroïne attachante. Sous les illustrations magnifiques et voluptueuses de Justine Brax, elle est belle, expressive, éclatante de force, de courage et de passion. Un très très bel album.



Les avis de Clarabel, Marie, Lancellau, Stephie et Gawou
Le site de Justine Brax http://justinebrax.ultra-book.com/book
Le site de Cécile Roumiguière http://www.cecileroumiguiere.com/

jeudi 20 janvier 2011

Elixir

Hilary Duff

Michel Lafon
Avec Elise Allen
Traduit de l'anglais (USA) par Sylvie Del Cotto

Parution le 20 janvier 2011
328 pages
15,95 euros


Roman ados dès 13 ans
Thèmes : Photographie, Amour, Immortalité


Quatrième de couverture : Fille de la sénatrice Victoria Weston et d'un chirurgien renommé, Cléa a vécu toute sa vie sous le feu des projecteurs. Fuyant la célébrité, elle s'évade grâce au photojournalisme, une passion transmise par son père qui lui permet de voyager à travers le monde. Lorsque ce dernier disparaît soudainement lors d'une mission humanitaire, les photographies de Cléa laissent apparaître la silhouette d'un étrange jeune homme qu'elle n'a jamais vu auparavant. Le jour où le destin l'amène à croiser le chemin de cet inconnu, elle est troublée par la puissante attirance qu'elle ressent pour lui. Alors qu'ils se rapprochent, ils décident de percer ensemble le mystère de la disparition du père de Cléa, et de lever le voile sur le secret, vieux de plusieurs siècles, de leurs liens si intenses… Pris au piège dans un dangereux triangle amoureux et la découverte d'un élixir magique, ils sont condamnés à parcourir le temps pour démêler les zones obscures de leurs passés, sauver leurs vies présentes… et futures.


Si au début j'ai tilté sur la célébrité, je me suis laissée convaincre par ma curiosité. Alors oui j'avoue tout, j'étais partie en me disant qu'Hilary Duff en auteure de romans young adults, ça n'allait pas voler bien haut. Et finalement...c'est loin d'être mauvais. Hilary Duff est crédible en littérature young adults même si elle joue sur des ficelles qui fonctionnent bien.
Cléa est une adolescente de 17 ans. Sa mère est une politicienne accomplie tandis que son père est un excellent médecin. Le père de Cléa a disparu lors d'une mission humanitaire au Brésil. Cléa va utiliser son statut de reporter-photographe pour mener l'enquête. Depuis toute petite elle prend des photos et voue une passion à l'image car la photo capte ce qui est invisible, ce qui est caché. C'est ainsi qu'elle découvre la présence d'un homme sur toutes ses photos à des années d'intervalles. Néanmoins camouflé, toujours à l'écart, il reste reconnaissable. Cléa ne le connaît pas mais lui semble la connaître. Comment est-ce possible ? Sur les lieux de son enquête, à Rio, entre carnaval et course poursuite, Cléa va découvrir le secret de son père et surtout les raisons de sa disparition. Un élixir dangereux, mystérieux et magique...

Il y a de l'idée. L'intrigue est bonne. Vive, progressive, assez haletante grâce à des passages prometteurs notamment lorsque Cléa découvre l'homme sur les photos. Le jeu entre réalité et rêves est également très bien mené : les femmes que Cléa aperçoit dans ses rêves vivent toutes à des époques différentes mais ne sont qu'une seule et même personne...réincarnée. La part de fantastique est prenante : vies antérieures, élixir immortel. Ce qui m'aura le plus gênée c'est sans doute le manque de consistance des personnages. Il semblerait que tout leur tombe tout cuit dans la main. Luxe, parades, trio amoureux, il n'y a qu'à claquer des doigts et tout tombe. Forcément le côté bling bling, de l'argent en veux tu en voilà! manque de crédibilité. La psychologie des personnages est à peine élaborée. Bref on en est aux balbutiements et l'on attend patiemment ce que donnera la suite. Cléa est à peine attachante, plus préoccupée par ses deux prétendants que par la disparition de son père. Ceci dit le roman en son entier est satisfaisant malgré un avis partagé. La fin est soignée, à la fois brutale mais suffisamment aguicheuse pour être intéressé par la suite... Hilary Duff, chanteuse et actrice, sans aucun doute... Hilary Duff en auteure devra, pour ma part encore faire ses preuves dans le second tome.



Les avis de Thalie, Francesca
Je remercie Camille et les éditions
Michel Lafon pour la découverte.
Le
site de l'auteur

lundi 17 janvier 2011

Le Grand Voyage de Loa

Miguel Haler
Illustrations de Zelda Zonk

Nouvel Angle
Paru en Novembre 2010
294 pages
17,90 euros


Roman Junior dès 9 ans
Thèmes : Aventure, Apprentissage, Animaux


Quatrième de couverture : Loa, un jeune rat, a perdu ceux qu'il aimait. Pour fuir l'existence sordide de ses semblables, il décide de partir au pays des écureuils, ses cousins. Au cours de ce voyage, il vivra des aventures haletantes, il connaîtra l'amitié, l'amour, la mort, le danger. Chaque animal rencontré, ami ou ennemi, sera l'occasion d'une nouvelle expérience, d'un nouvel apprentissage.




Loa est un jeune rat dont les parents ont été tués par le terrible Gédéon. Pourtant son grand-père les avait prévenu et aujourd'hui encore, il ne cesse de crier l'alerte à Loa. Le petit rat pense parfois que son grand-père en fait trop et qu'il exagère mais lorsqu'il voit de ses propres yeux assister à la capture d'un de ses amis, Loa a le coeur lourd. Il rejoint son grand-père, au grenier. Dans sa solitude, le grand-père de Loa a appris beaucoup de choses : avant de manger les pages qui lui servent de maigre festin, il les lit. C'est là que le grand rêve a vu le jour. Les écureuils, êtres parfaits, roux, courageux, sveltes et rapides sont devenus l'idéal de beauté du vieux rat qui transmet tout son savoir à Loa. Un jour il ira au Pays des écureuils, même si le chemin est rude et semé d'embûches...

Le Grand Voyage de Loa est un fabuleux voyage initiatique. Loa quitte la ville pour partir à l'aventure, au-delà de la mer. Mais voyez-vous !! c'est l'aventure avec un grand A, l'aventure de la vie car Loa va croiser de nombreux compères : lapins, marmottes, taupes, oiseaux, hérissons et il va affronter maints dangers. Il n'a pas peur de traverser des forêts, d'escalader des montagnes pour atteindre l'ultime but. L'appétit féroce des serpents et les piqûres voraces des fourmis n'entameront pas l'enthousiasme de ce petit rat bien courageux. Conte d'apprentissage, Le Grand Voyage de Loa a des accents étonnamment modernes : on y parle de rêves, de réalités financières et de survie mais aussi de différence et de quête de soi. Sur son incroyable chemin, Loa qui avait déjà perdu ses parents va connaître l'amour et la perte d'un être cher. La belle romance qu'il vit avec Améliane, la cigogne est magique tout comme la question sous-jacente qu'elle pose "Est-ce qu'une cigogne et un rat peuvent se marier ?". Il y aura aussi de l'amitié, des péripéties, des élans du coeur et de la tristesse. Le Grand Voyage de Loa est un heureux roman, plein d'espoir et d'optimisme, de lumière et d'enthousiasme porté par une écriture sobre et intuitive. Un livre doudou qui raconte cette aventure magique : celle d'un rat qui voulait réaliser le rêve de son grand-père...


Je remercie Babelio dans le cadre de l'opération Masse Critique et les éditions Nouvel Angle pour l'envoi.

dimanche 16 janvier 2011

Des fleurs pour Zoë

Antonia Kerr

Gallimard
Collection Blanche
Paru en Août 2010
Rentrée littéraire 2010
150 pages
14,90 euros


Quatrième de couverture : A la veille de ses soixante ans, Richard sent la déprime le gagner. Sa femme Evelyn l'a quitté douze mois plus tôt, Manhattan l'ennuie, son travail aussi. Il décide de tout abandonner pour couler des jours tranquilles à Key West, dans une maison de retraite de luxe. C'est compter sans Zoë, la jeune nièce de son nouvel ami John-John, dont Richard tombe brutalement amoureux. A vingt-deux ans, elle est insatiable, drôle. insaisissable, joyeuse. Ils quittent rapidement Key West pour une traversée burlesque des Etats-Unis, durant laquelle se révèlent les antagonismes de ce couple bizarrement assorti. Pendant les haltes du voyage, quand Zoë n'épuise pas Richard par une libido volcanique, le sexagénaire appelle son psychanalyste. Bien qu'il soit athée, il invoquerait presque Dieu pour comprendre ce qui lui arrive.
A propos de l'auteur : Antonia Kerr est née en 1989. Elle vit entre Paris et Avignon. Des fleurs pour Zoë est son premier roman.



Annoncé comme un bon cru de la rentrée littéraire 2010, Des fleurs pour Zoë, se voulait être un road movie d'un sexagénaire en quête de réconfort face à une crise de vieillesse. Richard sent la déprime le gagner lorsqu'il annonce sa retraite à sa secrétaire. Il vit à New-York, est divorcé et il compte rejoindre Key West, pour entrer dans une maison de retraite. Mais sur sa route, Richard croise Zoë : la pimpante et délicieuse Zoë, qui le fait tourner en bourrique. Zoë, vingt-deux ans, pleine de fougue, de fraîcheur et de dynamisme. Richard ne sait pas quoi faire : où leur liaison les conduira-t-elle ?

Autant vous le dire, ce premier roman d'Antonia Kerr ne m'a pas séduite. Je n'y ai trouvé aucune réflexion menée sur la vieillesse et l'histoire d'amour entre Richard et Zoë me gêne énormément parce qu'elle est largement fondée sur la libido et le sexe. Alors je ne sais où voulait en venir l'auteur mais ce roman m'a paru bien fade : 150 pages d'un homme déprimé, qui s'interroge sur ses adultères, son divorce, sa fille, sa vie mais tout ceci est bien dépourvu de consistance. Seul point positif : le personnage de Zoë, insaisissable, vibrante et rayonnante. C'est elle qui donne la teneur de ce couple atypique.


Lu dans le cadre du Challenge 1% de la rentrée littéraire 2010 organisé par Schlabaya.
Toutes les infos sur son blog.



samedi 15 janvier 2011

38 mini westerns (avec des fantômes)

Mathias Malzieu

Pylône Editions
Paru en Mai 2009
93 pages
16 euros


Quatrième de couverture : Mathias Malzieu est...Mathias Malzieu est un Petit Prince en anorak. Mathias Malzieu est un homme de goût (il aime tes films de Tim Burton, les livres de Richard Brautigan et les disques de Johnny Cash). Mathias Malzieu est un poète. Mathias Malzieu est le chanteur de Dionysos, un groupe de rock qui n'arrête pas de faire des bonds pour avoir la tête dans les nuages et décrocher les étoiles. Mathias Malzieu est un enfant qui a beaucoup appris des grandes personnes. Mathias Malzieu est un pionnier du mini-western : les rêves sont sa frontière. Stéphane Deschamps / Les Inrockuptibles.

Farfelus, loufoques, à l'humour décalé et totalement déjanté, les 38 mini westerns de Mathias Malzieu mettent en scène des histoires de fantômes, des fées lustres, des écureuils-humains, des vampires labello et autres créatures toutes plus bizarres les unes que les autres. Le ton est à l'humour fantasque, parfois ironique, jamais glauque malgré quelques dérapages. Hélas les récits sont trop courts pour qu'on puisse plonger dans cet imaginaire foisonnant. Les mots évoquent des images, des métamorphoses et l'on sort de la réalité pour errer dans un monde de tous les possibles. Mais je ne suis pas convaincue et je suis déçue par ce recueil, surtout lorsqu'on a adoré La mécanique du coeur, un roman qui semble plus abouti que ces petits westerns. Tout au plus, le lecteur passera un moment divertissant, quittera les sentiers battus pour se perdre dans les méandres oniriques d'un Mathias Malzieu plus déroutant que jamais.

Poisson Poissonne Histoire d'eau douce à mer

Ralph Doumit
Yi Wang

La Maison de Léna
Collection Les z'amours zinzins
Paru en Novembre 2008
46 pages
13,80 euros


Album Jeunesse dès 5 ans
Thèmes : Rencontre, Amour, Poissons





Poisson Poissonne c'est l'histoire d'une rencontre née d'une lettre. Une lettre venue de Poisson qui, sentant la solitude lui peser sur le coeur, invite un autre poisson à venir le rejoindre. Poisson habite sous le pont, dans une rivière d'eau douce. Un jour, le facteur lui apporte une bonne nouvelle : une lettre d'une Poissonne. Elle vit loin...dans la mer. Le coeur empli de joie, Poisson décide de partir sur le champ pour une grande aventure. Armé d'un bouquet d'objets insolites et de son espoir vibrant d'émotions, il s'en va voguer vers des eaux plus profondes...

Poisson Poissonne est un conte doux-amer, qui nous offre un message universel,un chant qui traverse les mers et les océans et parvient jusqu'au continent. Parce que l'amour ne connaît pas de frontières ni la différence et appelle à la rencontre. Traité avec beaucoup d'originalité, cet album est le fruit d'une collaboration entre un auteur libanais et une illustratrice chinoise. Poisson Poissonne est un voyage poétique, celui des eaux douces de la rivière jusqu'à la mer, pleine de dangers, salée et piquante, amère et immense. Le texte est drôle, tendre, et évoque la tolérance et l'intelligence du coeur. Les illustrations sont colorées et délicates, en pleine harmonie avec le message de ce très bel album à savoir l'envie d'aller vers l'autre malgré les obstacles. Un petit bijou d'humanité à découvrir...



Copyright La Maison de Léna 2008/ Yi Wang

vendredi 14 janvier 2011

Jamie au parc zoologique !

Julien Bizat (Illustrations)
Aurore Damant (Textes)

Les éditions de la balle
Jamie a des tentacules Vol. 2
Paru en Novembre 2010
44 pages
12 euros


Album jeunesse dès 6 ans
Thèmes : Extraterrestre, Humour, Animaux







Mrs Walsh a une surprise pour Jamie et Nerdy. Aujourd'hui toute la famille et le petit extraterrestre iront au zoo. Ce n'est pas pour enchanter Mr Walsh qui a une peur affreuse des animaux et de tous leurs microbes contagieux. Les enfants fous de joie, ne se doutent pas que le sergent Gratchett et le lieutenant Eye-Contact en profiteront pour comploter. Car n'oubliez-pas Jamie est toujours prévu au dessert d'anniversaire du roi des Blarbs...

On retrouve pour notre plus grand plaisir l'univers désopilant et plein de tendresse de Jamie avec ce volume 2 bourré d'aventures. Jamie, petit extraterrestre ayant pris l'apparence d'un enfant continue sa découverte de la Terre et cette fois-ci il va au zoo et s'amuse avec les animaux. La petite famille américaine est parfaite et nous gratifie de scènes comiques et atypiques. Le dessin de Julien Bizat est excellent : un mélange de Tex Avery et des dessins animés des années 50. Un charme à la fois désuet et à l'humour foisonnant ponctué comme il faut de slogans publicitaires pour appareils ménagers! C'est vraiment un album original et plein d'entrain. J'adore!


Pour en savoir plus :
-La fiche du livre sur le site des Editions de la Balle
-Mon billet sur le premier volume Jamie a des tentacules
-Le site de Julien Bizat : http://julienbizat.blogspot.com/

lundi 10 janvier 2011

De pierre et de cendre

Linda Newbery

Le Livre de Poche
Traduit de l'anglais par Joseph Antoine
Paru en Avril 2009
380 pages
6,95 euros


Quatrième de couverture : Lorsque, par un soir brumeux de 1898, le jeune peintre Samuel Godwin pousse les grilles de la propriété de Fourwinds, il est immédiatement envoûté. Engagé pour enseigner l'art aux deux filles de Mr Farrow, il ignore encore que cette luxueuse demeure sera pour lui le décor de ses plus belles peintures. Intrigué par la personnalité ombrageuse du maître des lieux, séduit par les jeunes demoiselles, Marianne et Juliana, désarçonné par Charlotte Agnew, leur gouvernante et dame de compagnie, Samuel comprend vite que le raffinement du décor et des êtres dissimule de bien sombres mystères et que le vent souffle pour mieux balayer les cendres d'un passé scandaleux...


1898. Angleterre. Samuel Godwin, jeune peintre est engagé par Mr Farrow pour enseigner l'art aux filles Juliana et Marianne. Suite au décès de leur mère, Marianne et Juliana sont toutes deux perturbées. Chez l'une, cela se reflète par la timidité, la sensibilité et la tristesse alors que l'autre, la plus jeune semble excitée, en proie à des crises de démence temporaire. Juliana est modeste, introvertie, mélancolique alors que sa jeune soeur qui n'a que seize ans est indisciplinée, vive et étrangement préoccupée par le Vent d'Ouest, égaré, qu'il faut retrouver pour sauver la demeure Fourwinds. Fourwinds est un manoir anglais, luxueusement mis en valeur grâce aux peintures et aux sculptures qui font sa renommée : le Vent du Nord, le Vent du Sud et le Vent d'Est, représentant les quatre points cardinaux. Il en manque un. Le précédent précepteur des filles Farrow a été congédié sans avoir eu le temps d'honorer sa commande. Pour quelles raisons ? Samuel l'ignore mais petit à petit il pressent le pire et Miss Charlotte Agnew, la gouvernante n'en pense pas moins...


Dans la plus pure tradition des romans victoriens, De pierre et de cendre commence par un soir brumeux de juin 1898 où la tiédeur de l'air contraste étonnamment avec l'ambiance ô combien inquiétante du roman. Linda Newbery a su recréer l'esthétique si singulière de la littérature anglaise du XIXème siècle : une famille qui cache un lourd secret, des destins brisés, des esprits tourmentés, des scènes effrayantes où la réalité se confond avec la peur. Apparitions, fantômes du passé, mort inexpliquée...tout ceci plonge le lecteur dans une intrigue des plus sombres et des plus chaotiques. Car on pressent le drame qui va surgir dans cette famille, le drame révélé par l'enquête menée des deux protagonistes : Samuel et Charlotte dont les chapitres alternent les voix et les points de vue. Drame familial, complot et secrets inavouables telle est l'intrigue relativement bien amenée du roman, sous couvert de révélations fiévreuses et de coups de théâtre enflammés. Loin d'avoir le charisme magnétique des Hauts de Hurlevent, De pierre et de cendre, écrit en 2007 respecte dans un style parfait, teinté de sobriété, cette tradition du roman gothique avec ce qu'il faut d'amours impossibles et de noirceur humaine. J'en garderai un bon souvenir.



Je vais de ce pas lire les billets de mes camarades blogueuses avec qui j'ai fait une Lecture commune : Miss Alfie, George, Hélène, Syl, Vilvirt, Manu, Karine, Céline

dimanche 9 janvier 2011

Hantise

Michelle Jaffe

Hachette Jeunesse
Collection Black Moon
Traduit de l'anglais (USA) par Laure Porché
Parution prévue pour le 19 janvier 2011
408 pages
17 euros


Roman ados dès 13 ans
Thèmes : Thriller, Adolescence, Amnésie



"L’image est austère et pourtant étrangement belle.
Au premier plan, à droite, un buisson. Au milieu, une fille.
Elle a un joli visage, à demi caché par des cheveux noirs. Son corps est couvert d’entailles, une rivière de sang dégouline de sa tête. Ses lèvres sont entrouvertes, mais elle est incapable de parler. Ses yeux sont grand ouverts, mais ils ne voient rien.
L’image ressemble à n’importe laquelle des photos que j’ai prises, à un détail près. Cette fille devrait être morte.
La fille, c’est moi."


HANTISE : Idée, image ou mot qui occupe de façon obsédante l'esprit d'une personne.


Jane est une lycéenne épanouie et heureuse. Elle a fait connaissance avec deux autres jeunes filles Kate et Langley et depuis Jane fait partie du trio le plus populaire du lycée. Elle ne boude pas son plaisir et sort avec David, une perle à tomber par terre. Bref tout va pour le mieux quand, ce soir là, elle se rend à une petite fête bien arrosée. L'alcool coule à flots, la drogue aussi et Jane s'aperçoit vite que le bonheur n'est qu'une façade, que parfois la popularité est à double tranchant. Quittant la fête précipitamment, elle se réveille le lendemain matin à l'hôpital, paralysée et totalement amnésique. Jane a été retrouvé dans un buisson, salement amochée. Heurtée de plein fouet par un chauffard, laissée pour morte...Mais Jane ne se souvient pas du visage du conducteur. A l'hôpital, les visites de la famille et des amies sont fréquentes mais d'étranges messages laissés sur le miroir de sa chambre laissent penser à Jane qu'elle est en danger. Et si tout ce qui s'était passé n'était pas qu'un accident ?

Captivant!! Il n'y a pas d'autre mot pour décrire Hantise. Le suspense est là, haletant, frénétique, presque épuisant, à force de se demander qui a voulu tuer Jane. Hantise est un excellent thriller psychologique. L'ambiance est angoissante : Jane est coincée dans une chambre d'hôpital, coincée dans une mémoire qui lui joue des tours, victime d'hallucinations, de doutes et de stress. Les messages mystérieux et flippants de "l'admirateur secret", le changement d'attitude de David, les regards entendus de ses amies...sont autant de signes qui remplissent Jane d'inquiétude et de peurs. L'auteur sait très bien mené son lecteur par le bout du nez en distillant une part de psychologie : est-ce Jane qui devient parano, car le moindre coup de téléphone devient un signal d'alarme. La psychose s'installe, omniprésente dans les pensées de Jane. L'idée qu'on veuille la tuer et que le tueur pourrait être un proche se fait obsession. Tout ceci serait dû au traumatisme de l'accident et aux médicaments, plongeant notre héroïne dans un climat claustrophobe où personne ne l'écoute et ne la croit. Et pendant ce temps là, l'adrénaline monte chez le lecteur qui n'a qu'une seule envie, connaître la fin. Même si celle-ci reste peu crédible et totalement tirée par les cheveux, le thriller est là, vibrant de peur, d'un sentiment d'urgence, exerçant son emprise sur le lecteur, fou d'impatience. Hantise se lit d'une traite, il se dévore et la fin bien que surprenante n'est nullement prévisible...et cela rend cette lecture encore plus jouissive.



Retrouvez toutes les infos sur Lecture Academy (fiche du livre + extrait du roman) c'est ICI
Les avis de Esmeraldae, Laure
Je remercie Cécile et les éditions Hachette Jeunesse pour cette découverte

samedi 8 janvier 2011

Le Secret de l'Ange

Les Vampires de Manhattan, Tome 5

Melissa de la Cruz

Albin Michel
Collection Wiz
Traduit de l'anglais (USA) par Valérie Le Plouhinec
Paru en Novembre 2010
294 pages
12,50 euros


Roman ados dès 13 ans
Thèmes : Vampires, Anges, Fantastique


Quatrième de couverture : Theodora est en Italie avec Jack Force, l'amour de sa vie. Mais le voyage n'a rien d'une escapade romantique. Les deux amants doivent trouver la porte de la Promesse. Celle dont Lucifer, le seigneur des sang-d'argent, a besoin pour revenir sur Terre. À New York, Mimi Force a le coeur brisé depuis le départ de Jack. Or le temps presse. Les sang-bleu sont menacés par un mystérieux maître chanteur. Theodora comme Mimi sont à la croisée des chemins : le destin des vampires est entre leurs mains ; Romance, glamour et vampire attitude !




Cinquième tome de la saga Les Vampires de Manhattan, Le Secret de l'Ange propose deux intrigues bien distinctes. Theodora et Jack ont fui en Italie, après avoir avoué leur amour à Mimi et au Conclave de New-York. Pourchassés par des Venator envoyés par Mimi, ils n'oublient pas de poursuivre la quête initiée par le grand-père de Theodora, Lawrence Van Alen : trouver la Porte de la Promesse avant Lucifer et découvrir enfin ce que recèle le secret de l'ange déchu. A New-York, Mimi Force est désormais la Régente du Conclave et doit affronter les coups d'Etat contre son autorité. Des sang-bleu sont assassinés et la société des vampires de Manhattan est gravement menacée. Mimi demande à Deming Chen, une Venator efficace et combattive de mener l'enquête sur ces disparitions qui jettent le trouble au sein du Conclave.

Si j'avais adoré les quatre premiers tomes de la série, le Secret de l'Ange ne m'a pas convaincu. Tout d'abord, autant vous le dire, j'ai perdu le fil du pourquoi et du comment. Les premières pages étaient donc assez confuses. Heureusement j'ai réussi à rentrer dans l'histoire. On retrouve la romance glamour incarnée par nos héros mythiques Theodora et Jack. On retrouve notre détestable Mimi, même si son rôle prend de la maturité dans l'intrigue. Ce tome est moins tourné vers la veine vampirique, très loin du Baiser du vampire et de ce qu'il nous révélait sur la lignée de Theodora Van Alen. Le Secret de l'Ange fait la part belle à une enquête policière, un roman d'investigation mené grâce à une nouvelle héroïne, forte et ambitieuse venue de Chine : Deming Chen. Un bon roman, que j'ai lu d'une traite mais qui ne m'a pas procuré l'adrénaline des autres tomes. J'ai vraiment hâte de lire le sixième tome et de connaître le fin mot de cette saga que je continue à apprécier malgré ce petit écart de route!!!

Mon billet sur la Saga et les quatre tomes !! c'est ICI

jeudi 6 janvier 2011

Charles à l'école des dragons

Alex Cousseau
Philippe-Henri Turin

Seuil Jeunesse
Paru en Septembre 2010
48 pages
19,80 euros


Album Jeunesse dès 5 ans
Thèmes : Dragon, Différence, Apprentissage



Un format exceptionnel (27 x 38,5 cm) pour un album exceptionnel. Charles est un petit dragon...enfin pas si petit que ça car ses grandes ailes et ses grandes pattes font la fierté de ses parents. Charles est un dragon à part : il aime les mots et la poésie. La vie, il la voit d'un oeil mélancolique et nostalgique : "Le monde est si moche, cher papa, chère maman, Regardez l'horizon et dites-moi si je mens. Ignobles cieux, horribles monts, vilaines vallées, Tant de misère et de laideur, c'est dur à avaler..." Charles est poète à défaut de savoir voler. A l'école, c'est pas la joie. Les autres dragons apprennent à cracher du feu, à battre des ailes...et Charles, toujours en retrait, écrit sur son cahier des mots qui lui font mal. Il souffre des moqueries de ses camarades et il les observe, tel ce grand et beau dragon solitaire, il les observe et se demande pourquoi lui est si différent d'eux.

Charles à l'école des dragons est un album magnifique. Une réussite qui nous éblouit tant par sa richesse artistique que par son texte tendre et attachant. Les illustrations de Philippe-Henri Turin sont époustouflantes, superbement mise en page dans un format qui nous en met plein la vue. On ne se lasse pas d'admirer les perspectives étonnantes, les couleurs rayonnantes, cette lumière projetée sur Charles et qui en fait un véritable héros. Le thème, en littérature de jeunesse est bien connu : celui de la différence, de l'acceptation de soi, du regard des autres et celui de se sentir comme étranger est ici traité avec une immense sensibilité et nous montre l'importance lorsqu'on est enfant de se sentir aimé et encouragé. Un très très bel album initiatique, resplendissant et majestueux tout comme Charles, le dragon.


mardi 4 janvier 2011

Immortels

Cate Tiernan

Hachette Jeunesse
Collection Black Moon
Traduit de l'anglais (USA) par Blandine Longre
Date de parution le 05/01/2011
360 pages
17 euros


Quatrième de couverture : La nuit dernière, tout mon univers s'est écroulé. Et j'ai dû mettre les voiles. Disparaître. Incy est allé trop loin. Lui, mon meilleur ami, celui avec qui j'ai fait les quatre cents coups. D'habitude, je ne donne pas dans le sentiment. Mais cette fois, c'est différent. Il n'avait pas le droit d'agresser ce type sans raison. Et surtout, jamais il n'aurait dû voir cette marque dans mon cou, que je cache depuis des siècles. Parce que j'ai oublié de vous dire : j'ai 459 ans. Voilà comment je me retrouve à River's Edge. Vous m'imaginez, moi, dans un centre de redressement pour immortels qui veulent filer droit ? Passer mes journées à avoir des pensées positives et une alimentation équilibrée... très peu pour moi. Pourtant, je dois rester. Je le sens. Ce type, Reyn, je l'ai déjà croisé quelque part, j'en suis sûre. Mais où ? Et quand ?
A propos de l'auteur : Cate Tiernan est l’auteure de trois séries de romans pour jeunes adultes avec la magie comme point commun. Titulaire d’un diplôme de langue et littérature russes à l’université de la Nouvelle-Orléans, elle a travaillé au sein des éditions Random House avant de se consacrer entièrement à l’écriture. Cate Tiernan vit aujourd’hui en Caroline du Nord avec ses deux filles, son mari et ses beaux-fils.



Premier tome d'une trilogie, Immortels présente une Immortelle âgée de 459 ans mais qui en paraît 18. Appelée Nastasya, elle fréquente un groupe d'immortels dont son meilleur ami : Incy. De fêtes arrosées aux déboires incontrôlables, Nastasya boit pour fuir son ennui et sillonne les boîtes branchées. Nastasya s'est perdu après tant de siècles à voir les êtres chers mourir. A quoi bon s'attacher ? Mais lorsqu'Incy tue un homme d'un seul coup, Nastasya comprend qu'elle ne peut rester là et acquiescer au pire, au meurtre gratuit. D'autant plus qu'Incy a aperçu sa marque à la nuque. Marque symbolique, cicatrice de ses origines. Elle décide de s'enfuir aux Etats-Unis et rejoint River's Edge : un centre new-âge, un lieu de recueil pour les Immortels qui ont le mal de vivre. Un lieu de ressource et de bien-être où chacun peut puiser la force, celle du bien-être et de l'accord avec soi-même. Pour cela Nastasya doit se plier à quelques règles de communauté. Fondées sur la tolérance et l'acceptation de soi, ces règles sont le travail, le courage, la volonté et le respect. Nastasya doit travailler au sein du groupe, apprendre à communier avec la nature, à puiser sa magie non pas en détruisant mais en captant l'énergie environnante. Nastasya apprendra beaucoup de ses professeurs mais le massacre de sa famille, son passé douloureux sont autant de souvenirs qui la ramènent sur la voie de la haine et de la colère. Surtout en présence d'un dénommé Reyn...

Si j'ai aimé Immortels, c'est parce que ce premier tome pose les traits d'une intrigue palpitante et bien amenée. Ce sont 400 pages de pensées, de magie, de pouvoirs ancestraux, de relations ambiguës et de questionnements existentiels. Ce qui est très intéressant c'est la philosophie de vie inspirée de la maison River's Edge qui permet à l'héroïne d'évoluer, de se remettre en cause et d'avancer. Voilà un roman dont l'intrigue ne stagne pas et ça fait du bien. Cate Tiernan tire sur la corde fantastique en distillant ça et là des rituels de magie positive : la magie blanche inspiratrice de visions, puisant sa source dans la Terre et les chants. Mais il y a aussi une belle part de psychologie qui fait d'Immortels un bon roman d'apprentissage. Si l'héroïne a un caractère bien trempé et répond de manière cinglante et sarcastique, c'est aussi une personne en pleine quête identitaire, qui apprend ce qu'est la détermination. En tout cas Immortels contient tous les ingrédients d'un roman divertissant : la romance, l'humour, l'action et le suspense. Que demander de plus ?


Je remercie Cécile des éditions Hachette Jeunesse pour l'envoi surprise.

Les avis de Laure, Francesca, Esmeraldae
Pour lire les premiers chapitres du roman : http://www.lecture-academy.com/immortels-tome-1

samedi 1 janvier 2011

Terrienne

Jean-Claude Mourlevat

Gallimard Jeunesse
Date de parution prévue le 13/01/2011
400 pages
16 euros




Roman ados à partir de 13 ans
Thèmes : Science-Fiction, Amour, Monde parallèle, Liberté


Quatrième de couverture : Après avoir reçu un étrange message de sa soeur Gabrielle, disparue depuis un an, Anne se lance à sa recherche. Accompagnée d'un vieil écrivain en mal de création, rencontré sur la route, elle passe alors brusquement de l'autre côté. Et découvre un monde parallèle, un univers blanc, aseptisé, glacial. Là-bas, les habitants ne respirent pas, ne sourient pas, et les humains sont esclaves. Au milieu d'eux, elle comprend vite que sa soeur est retenue prisonnière, quelque part, et qu'elle est en danger. Anne va tout tenter...jusqu'au péril de sa vie.
A propos de l'auteur : Jean-Claude Mourlevat est l'un des plus grands auteurs français de littérature de jeunesse. Depuis son premier roman publié en 1998, les livres se succèdent, plébiscités par les lecteurs, la critique et les prix littéraires.

"On entre dans un roman de Jean-Claude Mourlevat comme dans un rêve." LIRE


Anne Collodi, 17 ans, sillonne la D8 entre Saint-Etienne et Monbrison. Elle va à Campagne. Etienne Virgil, vieil écrivain en quête d'inspiration, la prend en stop. La jeune fille est vive, désinvolte, curieuse mais étrangement Etienne se sent bien et répond à toutes les questions d'Anne. Le courant passe bien, ils discutent. Lorsqu'Anne descend, Etienne la regarde s'éloigner. Quelques jours plus tard, il repassera à l'endroit où il avait déposé la jeune fille mais aucun signe de sa destination. Aucun panneau...Campagne semble n'avoir jamais existé. Anne est passée de "l'autre côté", là-bas, un lointain qui nous est finalement proche. Anne est à la recherche de sa soeur disparue depuis un an. Après son mariage avec un homme étrange, angoissant et mystérieux, Gabrielle n'a plus donné de nouvelles, laissant sa famille inquiète et impuissante. Mais alors qu'elle écoute la radio, Anne décrypte un message de détresse...

Jean-Claude Mourlevat revisite la SF et nous offre avec Terrienne un roman époustouflant et bouleversant à l'intrigue impeccable. Dès les premières pages, le lecteur est saisi par le talent de conteur de cet auteur qui sait créer de l'originalité dans n'importe quel genre littéraire. Commençons par le contexte où se déroule l'intrigue : Campagne. Une route insensée située sur la D8 entre Saint-Etienne et Monbrison, un lieu-dit qui mène au "très lointain", à un ailleurs improbable. Loin d'être un monde merveilleux, ce "là-bas" se nomme Estrellas : un monde aseptisé, hermétique aux microbes, qui n'accepte nul virus, nul éternuement et pour cause les gens n'y respirent pas. Ce monde parallèle est blanc, glacial, transparent et ses habitants ne vivent pas, ne rient pas, ne pleurent pas, ne soupirent pas. C'est un monde qui fait peur, comme coupé du bonheur. Les femmes ne mettent pas au monde des bébés. Les familles sont fondées grâce à des programmes informatiques. C'est un monde manipulé par la technologie et le pouvoir.

Et tout ceci semble d'autant plus effrayant que ce monde se trouve à proximité de la Terre. Des hybrides nés d'une Terrienne et d'un Estrellien peuvent passer de l'autre côté et capturer des humaines. C'est le cas de Gabrielle, la soeur d'Anne, qui a épousé un hybride, dont la mission est de l'emmener là-bas et de la livrer comme esclave. Après un an, Anne recherche sa soeur et se retrouve à l'Hôtel Légende. Elle crée des liens avec Madame Stormiwell, des liens qui passe par la respiration, ce mouvement incroyable et provocateur d'émotions contradictoires pour les gens de ce monde inhospitalier et stérile. L'intrigue passe de l'effroi à l'émotion et nous force à imaginer ce que serait la vie sans la respiration qui apparaît dès lors comme la chose la plus essentielle et la plus symbolique qui soit. Terrienne est donc un hymne éclatant à la liberté, à l'amour qui donne la vie, à notre Terre. Car "là-bas" il n'y a pas d'oiseaux qui chantent, il n'y a pas de vent, il n'y a pas de nature réjouissante, rien qui nous fasse sentir vivant et heureux, conscient d'être présent ici et maintenant. Les humains sont considérés comme des animaux, on force les femmes humaines à enfanter et le simple fait de soulever sa poitrine pour prendre de l'air est un blasphème. La respiration, source de bonheur et de bonne santé chez nous est chez eux une infection, un risque de contamination. Jean-Claude Mourlevat a parfaitement maîtrisé ce thème avec sobriété et sensibilité.

Les hybrides sont formés aux sentiments. Ils apprennent à éprouver des émotions : la peur, l'amitié, la honte... mais comment apprendre à ressentir alors que c'est quelque chose de naturel, d'inné. C'est juste bluffant. Pari réussi par cet auteur qui voulait écrire de la science-fiction. Car en créant un monde très loin de la Terre, très loin de ce qu'on est, Jean-Claude Mourlevat nous offre un roman essentiel qui nous rappelle que chaque instant, chaque bouffée d'air est magique... On ressort de Terrienne, grandit, fort et chanceux...



Un immense merci aux
éditions Gallimard Jeunesse et à toute l'équipe pour cette découverte en avant-première!
Pour lire le début du roman, allez sur le site Onlitplusfort, l'actu des romans Gallimard Jeunesse ICI
Le site de l'auteur : www.jcmourlevat.com
Et je le dis rarement mais il ne faut pas l'oublier : Merci à Jean-Claude Mourlevat pour ce magnifique roman.