lundi 28 février 2011

Pomelo rêve, Pomelo est amoureux


Ramona Badescu

Benjamin Chaud


Albin Michel Jeunesse
Albums Jeunesse dès 3 ans
Thèmes : Eléphant, Découverte du monde, Nature




Courgettes 7 %,
carottes 15 %,
amour 34 %,
salades 36 %,
grande musique 1 %,
radis 28 %,
fleurs bleues 0,01 %,
frissons 3 %,
100 % POMELO.




Pomelo, le héros des petits et des grands enfants est un petit éléphant rose qui vit sous un pissenlit!! Je l'ai connu avec le titre Pomelo grandit. Je continue mon aventure et découvre avec plaisir que Pomelo est toujours aussi rigolo, attendrissant, espiègle et poétique. Alors d'accord je fais tout à l'envers car les premiers Pomelo sont de petits albums alors que j'ai commencé avec le grand format, le Grand Pomelo mais la magie est toujours présente même dans le désordre. Puis Pomelo il est comme ça, imprévisible, farceur et coquin...

Pomelo rêve, Pomelo est amoureux, Pomelo VIT et avec lui il fait grandir les plus petits. Colorée, pimentée, sucrée, émerveillée, la vision du monde de Pomelo est empreinte de fraîcheur et d'optimisme. L'éléphant rose est amoureux des cailloux, des fraises, de la pluie, des salades, de Rita la grenouille... Il aime son jardin potager. Pomelo est amoureux des choses simples qui font sourire et qui vous mettent du baume au coeur. Pomelo fait des rêves parfois agréables parfois horribles, bizarres et doux...Pomelo est un héros qui croque la vie à pleine trompe!!! Les illustrations sont joyeuses et irrésistibles. Le texte mélange humour et poésie. Des aventures pétillantes d'enthousiasme et de malice. Des histoires pleines de fantaisie, de la malice et une touche de philosophie...Pomelo est à lui tout seul un instant de bonheur!


dimanche 27 février 2011

Hubert le chameau

Jean-Jacques Marimbert
Deborah Pinto

Seuil Jeunesse
Paru en Février 2011
30 pages
13 euros


Album Jeunesse dès 4 ans
Thèmes : Désert, Animaux, Différence


"Hubert le chameau connaît le désert comme sa bosse. Il est heureux et traverse depuis tout petit cet océan de dunes du nord au sud. Un jour, un petit bonhomme, qui peinait à monter sur son dos, lui dit : « Si seulement tu étais un vrai chameau ! » Fort vexé, Hubert parcourt le désert en demandant à tous ceux qu’il rencontre : « Ne suis-je pas un vrai chameau ? »Mais le nombre de bosses dont on est pourvu est-il si important ? Après tout, "quand on aime on ne compte pas" !



Hubert le chameau est un chameau bien heureux. Il roule sa bosse et le désert ça le connaît grâce à son maître Abdulaï. Un jour, un homme au chapeau blanc essaie de monter sur sa bosse. Mais impossible. Il monte, glisse, tombe, remonte et retombe. Enervé, frustré il accuse le chameau de ne pas en être réellement un et lui lance la pire remarque qui soit "Si seulement tu étais un vrai chameau!". Alors Hubert vexé puis un peu attristé demande au chien et au singe si il est un chameau...Hélas les deux compagnons ne peuvent l'aider...Une seule solution, traverser les dunes et partir au pays des chameaux...

Hubert le chameau sent bon les couleurs de l'été. C'est chaud, exotique, orangé. C'est plein d'enthousiasme, d'humour et de bonne humeur. Ca parle de différence : une bosse, deux bosses peu importe tant qu'on est heureux et qu'on aime. Dans sa quête de soi, Hubert le chameau va rencontrer Klémentine la dromadaire. C'est rigolo, pétillant et les illustrations sont humoristiques et nous rappellent celles de Marc Boutavant. Bref un petit coup de soleil en plein hiver...ça fait du bien!

vendredi 25 février 2011

Moi, Boy

Roald Dahl

Gallimard Jeunesse
Collection Folio Junior
Traduit de l'anglais par Janine Hérisson
Illustré par Quentin Blake
Paru en Novembre 2008
218 pages
6,70 euros


Roman Junior à partir de 10 ans
Thèmes : Enfance, Bêtises, Humour, Autobiographie


Quatrième de couverture : Que se passe-t-il quand on attrape une ratite ? Et quand on simule une crise d'appendicite ? Avez-vous jamais fumé du tabac de chèvre ? Vous a-t-on déjà affublé d'un costume qui vous donne l'air d'un employé des pompes funèbres pour vous rendre à l'école ? A travers le récit de ses aventures, découvrez un jeune Roald Dahl qui ressemble étonnamment aux héros de ses livres ! Roald Dahl se souvient avec tendresse de ses années d'enfance riches d'aventures et d'émotions et les raconte avec un humour inimitable.
A propos de l'auteur : Roald Dahl, d'origine norvégienne, est né au pays de Galles en 1916. Malgré la mort prématurée de son père et les mauvais souvenirs des pensionnats, il connaît une enfance heureuse et aisée. A dix-sept ans, rêvant d'aven- ture, il part pour Terre-Neuve, puis devient pilote de chasse dans la Royal Air Force pendant la Seconde Guerre mondiale. Encouragé par l'auteur C. S. Forrester, il se met à écrire des nouvelles pour adultes. C'est en 1961 qu'il se lance dans la littérature pour la jeunesse avec James et la grosse pêche, imaginé pour ses cinq enfants, à qui il raconte chaque soir une nouvelle histoire. Il connaît son premier grand succès avec Charlie et la chocolaterie et, dès lors, ne cessera, jusqu'à sa mort en 1990, de signer des livres qui donnent envie de lire à des millions d'enfants. A ses yeux, le jeune lectorat est le public le plus exigeant. Il a d'ailleurs expliqué : " J'essaie d'écrire des histoires qui les saisissent à la gorge, des histoires qu'on ne peut pas lâcher. Car si un enfant apprend très jeune à aimer les livres, il a un immense avantage dans la vie. " Selon lui, il faut pour cela " avoir préservé deux caractéristiques fondamentales de ses huit ans : la curiosité et l'imagination ". En 2005, la Grande-Bretagne lui a rendu hommage en inaugurant The Roald Dahl Museum et en instaurant une " journée Roald Dahl " le 13 septembre, jour de sa naissance.


C'est avec humour et tendresse que Roald Dahl nous raconte ses souvenirs d'enfance dans ce roman dit autobiographique mais dont l'auteur
se défend :

"Une autobiographie, c'est un livre qu'on écrit pour raconter sa propre vie et qui déborde, en général, de toutes sortes de détails fastidieux. Ce livre-ci n'est pas une autobiographie. L'idée ne me viendrait pas d'écrire pareil ouvrage. Par ailleurs, durant toutes mes jeunes années à l'école et juste après, ma vie a été émaillée d'incidents que je n'ai jamais oubliés. Aucun n'est très important, mais chacun d'entre eux m'a laissé une si forte impression que je n'ai jamais réussi à le chasser de mon esprit. Chacun d'entre eux, même après un laps d
e temps de cinquante et parfois même soixante ans, est resté gravé dans ma mémoire. Je n'ai pas eu à les rechercher. Il m'a suffi d'effleurer la couche supérieure de ma conscience pour les y retrouver avant de les consigner par écrit. Certains furent drôles. Certains douloureux. Certains déplaisants. C'est pour cette raison, je suppose, que je me les rappelle tous de façon aussi aiguë. Tous sont véridiques."

Avec humilité et modestie, Roald Dahl nous raconte ses années de jeunesse marquées par des souvenirs familiaux, des accidents médicaux, des bêtises faites après l'école...Tous les héros de Roald Dahl sont des enfants qui prennent leur revanche sur les adultes et grâce à Moi, Boy on comprendra mieux pourquoi l'adulte est aussi mal considéré. Qu'il prenne la forme d'une sorcière, d'un docteur, d'un dentiste, d'un directeur d'école ou même d'une surveillante, Roald Dahl puise son imagination dans ses souvenirs de petit garçon terrorisé par la méchanceté des adultes. Il nous raconte comme
nt il a été opéré des végétations sans anesthésie et comment il recevait les coups de canne et repartait en se tenant les fesses à deux mains! Ses plus beaux souvenirs sont évidemment ceux passés en compagnie de sa maman, de ses soeurs et de ses grands-parents en Norvège. Il nous raconte les moments dramatiques vécus par toute une famille avec une simplicité émouvante. Moi, Boy est le livre qu'il faut lire pour apprendre à connaître cet auteur hors du commun, qui a tellement oeuvré pour la littérature de jeunesse. On s'en rapproche. On rit de ses bêtises et de ses aventures amusantes. On ressent de la compassion pour les épreuves qu'il a dû affronter si jeune. Roald Dahl sait créer une complicité avec son lecteur en nous confiant ses souvenirs les plus intimes et les plus chers. C'est donc avec émotion que l'on ressort de cette lecture, avec cette envie toujours intacte de retrouver les héros espiègles d'un auteur que l'on continue de transmettre de générations en générations.


Lu dans le cadre d'une lecture commune avec Liyah.
Son billet se trouve ici et je file le lire.

jeudi 24 février 2011

Delirium

Lauren Oliver

Hachette Jeunesse
Collection Black Moon
Traduit de l'anglais (USA) par Alice Delarbre
Paru en Janvier 2011
452 pages
18 euros


Roman ados dès 13 ans
Thèmes : Société, Amour, Dystopie/ Anticipation




Quatrième de couverture : Lena vit dans un monde où l’amour est considéré comme le plus grand des maux.Un monde où tous les adultes de 18 ans subissent une opération du cerveau pour en être guéris. A quelques mois de subir à son tour « la Procédure », Lena fait une rencontre inattendue… Peu à peu elle découvre l’amour et comprend, comme sa mère avant elle, qu’il n’y a pas de plus grande liberté que laisser parler ses sentiments. Même si cela implique de quitter ses certitudes… " Ils prétendent qu’en guérissant de l’amour nous serons heureux et à l’abri du danger éternellement. Je les ai toujours crus. Jusqu’à maintenant. Maintenant, tout a changé. Maintenant, je préférerais être contaminée par l’amour ne serait-ce qu’une seconde plutôt que vivre un siècle étouffée par ce mensonge. "
A propos de l'auteur : Titulaire d’un diplôme de philosophie et de littérature à l’université de Chicago, Lauren Oliver a ensuite suivi une formation en arts à l’université de New York. Elle a brièvement travaillé comme assistante d’édition chez un éditeur new-yorkais, avant de se consacrer entièrement à l’écriture.


Magdalena est dans l'attente de son opération "Le Protocole", lobotomie partielle du cerveau pratiquée à l'âge de 18 ans, pour éviter aux jeunes gens de tomber amoureux. Nerveuse, inquiète elle refuse de suivre le même sort tragique que sa mère, morte à cause de la maladie. Morte parce qu'elle a été contaminée. L'"amor deliria nervosa" est le pire fléau de la société. Des mesures drastiques ont été prises par le Gouvernement et sont inscrites dans le Livre des Trois S : Sûreté, Santé, Satisfaction. Une société dans laquelle règne la sécurité et où les gens sont contrôlés. Si vous êtes jugés "amoureux" vous êtes immédiatement enfermés car cette maladie est contagieuse. L'Amour est-elle une maladie ? C'est ce que Lena ne cesse de réfléchir. Depuis son plus jeune âge, de nombreux exemples dramatiques lui confirment le danger qu'elle court. Il y a eu une guerre, puis le Gouvernement, pour le bien de tous, a instauré cette loi. Lena est impatiente. Elle veut subir l'opération au plus vite et être enfin soulagée de ce mal. Elle ne veut surtout pas être une Invalide et être rejetée de sa société ou pire enfermée dans une cellule. Pourtant elle repense aux mots de sa mère "Je t'aime. Souviens-toi. Ils ne peuvent pas nous enlever ça" comme un puissant leitmotiv qui vrille ses pensées et lui met le doute...ou plutôt l'espoir.

Une héroïne qui naît et a vécu dans un univers où les règles sont fixées et inviolables. Un monde tenu pour dit où les choses semblent acquises et ne doivent pas être contestées. On ne sait pas si ce monde est vérité ou mensonge. Ce que l'on sait c'est qu'il fonctionne sur l'autorité et sur un régime totalitaire. Dans Delirium, la société est prédéterminée. Personne ne fait de choix, on subit le Protocole et tout le monde est heureux. C'est pour le bien-être et la satisfaction de vivre avec un partenaire choisi par des scientifiques. C'est infaillible. Après l'opération, la société vous dit avec qui vous vivrez, combien vous aurez d'enfants et quel métier vous ferez. Il n'y a pas de place pour les sentiments, et l'amour est chaos. Ennemi du bonheur, ce verbe est le grand fléau des trois S. Cette société, contre-utopie moderne est froide et totalement déshumanisée. Il faut se protéger contre ce qui fait le plus mal : les sentiments, être amoureux car dès lors vous êtes vulnérables.

Lauren Oliver a réussi un sacré coup de maître en prenant pour intrigue une chose aussi banale et quotidienne que l'amour. Ce qu'elle écrit est parfaitement plausible. L'amour fait mal et la manière dont elle établit une liste précise et rigoureuse des symptômes est troublante. Qui n'a jamais souffert par amour ? L'amour, une maladie ? OUI, OUI. C'est fort et en même temps d'une simplicité à couper le souffle. On se demande pourquoi cette idée n'a pas été décrite bien avant. Et l'intrigue marche. Elle plonge le lecteur dans ce questionnement grâce à des extraits avant chaque chapitre qui distillent puissamment un univers inventé avec brio. Comptines, extraits de manuels scientifiques, extraits de règlement, extraits bibliques et de livre d'histoire...tout ces détails nous permettent d'imaginer à la perfection cette société. Cette lecture palpitante m'a rappelé deux autres romans jeunesse La Déclaration et Uglies, qui sous des angles différents nous placent également dans le même schéma narratif. Une héroïne, adolescente va ouvrir les yeux sur le mensonge dans lequel elle a toujours vécu et ce grâce à un jeune homme qui fait partie du camp adverse autrement dit du camp des révoltés, des opprimés mais pas des plus faibles.

Emotions, actions, rebondissements et réflexion font de ce roman un coup de coeur. C'est à la fois un roman jeunesse, un roman d'apprentissage et un roman philosophique. Pour le vivre intensément et profiter de ses effets il faut baisser ses défenses et accepter que l'amour est source de maux, physiques et psychologiques. Il faut se laisser emporter par les pensées de Lena et découvrir avec elle les vices cachés d'une telle société destructrice des libertés fondamentales de l'être humain. Liberté d'aimer, de s'exprimer et de choisir. Lena va choisir. Delirium n'est certainement pas un roman pour midinettes en mal de romantisme. Ca non! C'est bien plus fort, bien plus profond et les passages de ce livre font écho à nos vécus, à nos sentiments. Oui l'amour nous rend vulnérable, oui il a des effets secondaires comme la boule au ventre et le coeur qui se serre mais l'amour est bon et nécessaire. Emballée par Delirium, je n'ai qu'une seule hâte lire "Le dernier jour de ma vie" (prévu le 6 avril 2011) car je vous le dis, la fin m'a scotchée et émue.


"Maman, maman, aide-moi à retrouver la maison,
Je suis perdue dans les bois, sans compagnon,
J'ai croisé un loup-garou, vilaine bête barbue,
Il a montré les crocs pour me dévorer toute crue.

Maman, maman, aide-moi à retrouver la maison,
Je suis perdue dans les bois, sans compagnon,
J'ai été attaquée par un vampire, vieux filou,
Il a montré les crocs pour les planter dans mon cou.

Maman, maman, borde-moi,
Je suis à demi morte, je ne rentrerai pas,
J'ai rencontré un Invalide, et il m'a eue, le beau parleur,
Il a montré son sourire, et s'est jeté sur mon coeur."
"L'enfant perdue", Comptines et contes populaires, réunis par Cory Levinson



Un immense merci à Cécile pour l'envoi surprise
La fiche du livre sur Lecture Academy

dimanche 20 février 2011

La cité bleue d'Icaria

Les agents de M. Socrate Tome 2

Arthur Slade

Editions du Masque
Collection MsK
Traduit de l'anglais par Marie Cambolieu
Paru en Février 2011
286 pages
12 euros


Roman Junior/Ado dès 11 ans
Thèmes : Aventure, Espionnage, Steampunk


Présentation de l'éditeur :
Londres, sous l’ère victorienne. Jeune orphelin devenu espion grâce à des pouvoirs de transformation dépassant l’entendement, Modo travaille pour le compte de M. Socrate. Aidé par la belle et redoutable Octavia, il va devoir enquêter sur un nouveau mystère. Au large de l’Irlande, une demi-douzaine de navires ont déjà coulé au même point précis. Selon les dires des rares survivants, les bateaux auraient été attaqués par un monstre marin inconnu. En s’aventurant sur place, ils savent ce qui les attend. Quand le vaisseau est attaqué, Modo passe par-dessus bord. Alors que le vaisseau regagne péniblement la côte, Octavia refuse de croire que son compagnon s’est noyé. En effet, Modo a été recueilli par le mystérieux monstre marin, qui n’est autre que L’Ictinéo, submersible ultra-perfectionné dirigé par une jeune femme, Delphine Monturiol. Celle-ci a construit une cité entière au fond de l’océan où toutes sortes d’hommes et de femmes cohabitent en parfaite égalité. Tout d’abord bouleversé par ce monde harmonieux où sa difformité ne fait pas de lui un paria, Modo comprend rapidement qu’il n’est ici qu’un prisonnier. Il doit tout faire pour fuir l’Ictinéo. Peut-il vraiment faire confiance à Colette, la jeune espionne française, captive, comme lui ? Comment prévenir Octavia du danger alors qu’elle se rapproche de la zone fatale ?


Emballée par le premier tome de cette tétralogie canadienne La Confrérie de l'Horloge, je n'ai pas été déçue par La cité bleue d'Icaria qui tient toutes ses promesses en matière de roman d'aventures et d'espionnage. Modo et Octavia, les agents de M. Socrate ont une nouvelle mission et pas des moindres. En partance pour New-York, sous la couverture de jeunes mariés, ils doivent rejoindre la côte islandaise où plusieurs navires ont sombré au même point précis. Etrange coïncidence ? M.Socrate n'y croit pas, surtout que La Confrérie de l'Horloge semble également s'intéresser de près à ces disparitions. Une seule piste pour Modo et Octavia : l'Ictinéo. Mais qu'est-ce que c'est ? Alimenté par des légendes et des rumeurs, l'Ictinéo serait une créature marine, un monstre des flots tel un kraken qui engloutirait les bateaux... En mer, les péripéties commencent et les deux jeunes agents sont séparés. Octavia, désespérée, pense que Modo s'est noyé...mais ce dernier est recueilli par le mystérieux Ictinéo qui n'est autre qu'un majestueux sous-marin, une prouesse technologique et fascinante...

La Confrérie de l'Horloge plongeait ses lecteurs dans l'Angleterre victorienne, en plein Londres du XIXe siècle, entre fog et sociétés secrètes terroristes...Arthur Slade, dans La cité bleue d'Icaria frappe encore plus fort et nous embarque pour un voyage fantastique à la Jules Verne. Ce qui est toujours impressionnant chez l'écriture d'Arthur Slade ce sont ces références multiples à notre patrimoine littéraire classique. Tous les grands romans anglais sont modernisés et remis au goût du jour : Griff, agent invisible ayant servi de cobaye pour des expérimentations scientifiques sort tout droit d'un Dr Jekyll et Mr Hyde alors que la cité d'Icaria, mythique et fantastique nous rappelle Les vingt mille lieues sous les mers. Promesse tenue donc pour cette série qui n'en finit pas de nous étonner grâce à une imagination fertile et une écriture aussi fluide que dynamique. Si le travail psychologique des personnages est cependant moins soigné, on sent qu'Arthur Slade s'est concentré sur la description d'une cité utopique Icaria, où chacun, aussi différent soit-il pourrait vivre en liberté et en toute égalité. Une cité au fond de la mer telle l'Atlantide qui s'appuie sur des idéaux visionnaires, inspirée par le progrès scientifique, loin de la surface où les hommes sont égoïstes et corrompus...La fondatrice n'est autre que Delphine Monturiol, le capitaine de l'Ictinéo qui semble bien déterminée à défendre ses valeurs et ses principes face à une Mlle Hakkandottir jusque là peu présente mais tenace jusqu'à la fin du roman. Roman d'espionnage à la steampunk, La cité bleue d'Icaria promet plaisir de lecture. Rebondissements, scènes de combats et d'actions feront la joie des jeunes ados. L'humour est intact sous forme de répliques cinglantes entre Modo agent britannique et Colette, jeune espionne française. Je regretterais simplement la lenteur dans l'évolution et la relation des personnages. Nous en sommes toujours aux balbutiements entre Octavia et Modo. Celui-ci est toujours préoccupé par son apparence hideuse et son physique désavantageux alors qu'il faudrait lui faire franchir un cap... Modo s'est révélé un héros décevant et trop naïf dans ce tome! J'ai nettement préféré le charme et le charisme de Colette, une vraie combattante! Qu'à cela ne tienne, je suis certaine qu'Arthur Slade nous réserve encore de belles surprises dans les prochains tomes!



Un énorme merci à Anne et aux éditions du Masque pour la surprise
Les avis d'Emmyne, Schlabaya, Laure
Ma chronique sur le tome 1 : La Confrérie de l'Horloge

samedi 19 février 2011

Wicca Tome 1

Cate Tiernan

Hachette Jeunesse
Collection Black Moon
Traduit de l'anglais (USA) par Aude Carlier
Paru en Février 2011
472 pages
17 euros


Roman ados dès 13 ans
Thèmes : Magie, Wicca, Amour


Résumé de l'éditeur : Morgan Rowlands est une adolescente comme les autres, dont la vie change le jour où Cal Blaire arrive au lycée. Beau, charmant et mystérieux, il est aussitôt adulé par toutes et tous. Lorsque Cal organise une soirée pour faire connaissance avec les autres élèves, le garçon leur explique qu’il pratique la Wicca. Cette forme de magie blanche est une religion ancestrale qui célèbre la nature. Megan se trouve irrésistiblement attirée. Cal propose aux intéressés de se voir régulièrement pour continuer à pratiquer la Wicca. La jeune fille se prend de passion pour ces rendez-vous et aiguise l’intérêt de Cal, qui voit en elle une possible sorcière.
A propos de l'auteur : Cate Tiernan est l’auteure de trois séries de romans pour jeunes adultes avec la magie comme point commun. Titulaire d’un diplôme de langue et littérature russes à l’université de la Nouvelle-Orléans, elle a travaillé au sein des éditions Random House avant de se consacrer entièrement à l’écriture. Cate Tiernan vit aujourd’hui en Caroline du Nord avec ses deux filles, son mari et ses beaux-fils.


Le premier tome de Wicca regroupe les trois premiers livres d'une série publiée il y a de cela 10 ans aux Etats-Unis et qui contient 15 livres. Elle arrive en France au rayon jeunesse avec la collection Black Moon qui déjà au mois de janvier publiait une autre série de Cate Tiernan : Immortels. Si l'on peut constater des points communs entre les deux romans, Wicca possède une force et une énergie qui m'a beaucoup plu. La Wicca est une religion ou une philosophie de vie qui est fondée sur le respect de la nature et puise sa source dans la magie blanche. Le Livre des Ombres est le livre de la Wicca autrement dit une sorte de journal intime où les sorcières et sorciers inscrivent leurs rituels et leurs sorts.

Basé sur cette intrigue palpitante, Wicca reste un roman jeunesse dans la lignée des classiques : histoire d'amour lycéenne, aléas de l'adolescence... Le roman est orienté vers les pensées intimes de Morgan. Discrète, passant inaperçue, timide et réservée, Morgan est plutôt bonne élève et bonne amie. Elle se laisse volontiers marcher dessus par sa meilleure amie Bree. Un nouvel élève arrive au lycée. Beau, charmeur, il devient très vite populaire et se fait remarquer par son originalité. Il invite le groupe d'amis de Morgan a une soirée et y compose un rituel de bienvenue. Si chacun réagit de manière différente à cette révélation, Morgan ressent une attirance pour la Wicca et pour Cal. Plongée dans les livres d'histoire de la Wicca, elle se sent prête pour une initiation plus poussée...

J'ai beaucoup aimé ce premier tome tout comme j'avais apprécié Immortels. Cate Tiernan possède un talent monstre pour développer une ambiance et nous faire profiter d'une atmosphère propice à l'intrigue, au suspense et au mystère. Ici le lecteur aura bien le temps et le loisir de s'imprégner de tous les éléments grâce à des extraits à chaque début de chapitres. Citations de sorciers, extraits de livres, rituels, sorts, extraits de journal intime...tout concourt à nous plonger dans cet univers de sorcellerie empreint de secrets. Si l'histoire d'amour entre Morgan et Cal est prévisible, l'intrigue quant à elle reste surprenante et progressive grâce à un effet de montée en puissance. Le Livre des Ombres présente les personnages, l'héroïne et la découverte encore délicate et fragile d'un mouvement de pensée qui séduit par son originalité et par l'effet positif qu'il produit sur les êtres. Inspiré de la nature, la Wicca célèbre la Déesse et exerce une attraction irrésistible encore plus quand celui qui vous initie vous fait craquer!!! On comprend pourquoi Morgan veut en savoir plus. Les deux autres parties Le Coven et Sorcière de sang sont plus pénétrants et introspectifs. Morgan prend conscience de ce que la magie implique, elle fait des choix et va de révélations en rebondissements. Quête initiatique, touche fantastique et développement personnel font de Wicca un bon roman d'apprentissage qu'il faut prendre pour ce qu'il est : un roman jeunesse de divertissement.



Un très grand merci à Cécile et aux éditions Hachette pour la découverte
La fiche du livre sur Lecture Academy avec des extraits et des critiques
Un article très intéressant que je vous invite à lire, celui de Mélo qui propose une excellente réflexion sur la Wicca en matière de littérature de jeunesse notamment sur un possible danger d'endoctrinement et l'influence du message wiccan sur la jeunesse d'aujourd'hui. Elle a fait un grand travail de recherche et pose des questions pertinentes. C'est ICI

vendredi 18 février 2011

Bloody Valentine

Melissa de la Cruz

Albin Michel
Collection Wiz
Traduit de l'anglais (USA) par Valérie Le Plouhinec
Paru en Février 2011
146 pages
10 euros


Roman ados dès 13 ans
Thèmes : Fantastique, Vampires, Bit-lit pour ados










Une petite gourmandise ce Bloody Valentine !! Un petit plaisir rien que pour les fans de la saga des Vampires de Manhattan et pour cause on y retrouve trois personnages phares : Oliver, le familier humain de Theodora, Allegra Van Allen et surtout le scoop évènement en attendant le grand final ( dernier tome à paraître en 2011) sur Theodora et Jack. Les amours maudites et bien souvent tumultueuses de nos personnages favoris n'ont pas fini de nous étonner. Bloody Valentine se lit très vite, il se dévore même et après le tome 5, il nous fait patienter...Melissa de la Cruz commence par un héros solitaire, romantique : Oliver. Obsédé par le départ de Theodora qui a choisi l'amour de sa vie Jack ; Oliver est perdu et n'a qu'une seule idée en tête : le baiser sacré, entre familier humain et vampire. Vous rencontrerez la femme qui a réussi à le remettre sur le droit chemin... Allegra est promise à Michel depuis leur tout premier cycle. C'est comme ça et pas autrement, pourtant une vision lui montre qu'elle aura un enfant d'un humain... Melissa de la Cruz chouchoute son public car ceux qui liront Bloody Valentine auront droit à une fin magnifique, entre sensualité, romantisme et élégance. La cerise sur le gâteau... Jack et Theodora à Florence, à la veille de leur séparation. A la fin du tome 5, Jack décide de repartir pour New-York pour affronter Mimi Force et le Conclave, alors que Theodora continuera sa quête en Italie. Mais que leur réserve cette dernière nuit à Florence ? Une lecture vraiment agréable, qui m'a réconcilié avec le Secret de l'Ange que j'avais trouvé négligé. Je repars sereine et prête pour la révélation finale. Vivement le dernier tome...

jeudi 17 février 2011

Apolline en mer

Chris Riddell

Milan Jeunesse
Traduit de l'anglais (USA) par Amélie Sarn
Paru en Février 2011
175 pages
11,50 euros


Roman Cadet
Lecture dès 7 ans



Vous le savez tous, je ne peux résister à la série Apolline de Chris Riddell. J'aime ses illustrations british et enfantines, son humour un brin fantasque, ses aventures délirantes, ses personnages atypiques tel M. Munroe. Bref j'adore. Dans ce troisième tome, le récit commence dans l'immeuble Poivrier. Apolline est surexcitée! Ses parents lui propose des vacances!! Collectionneuse en tout genre, elle va voguer sur la voie de ses parents chercheurs d'objets insolites! Il ne lui reste plus qu'à choisir la destination de son choix. Mais pendant ce temps-là elle ne voit pas le subtil changement chez M.Munroe. Il voit des trolls partout et a le mal de son pays natal : la Norvège... Apolline ne se rend compte de rien, aussi M.Munroe part seul...

J'ai adoré ce troisième tome d'Apolline parce qu'il invite au voyage. Hop!! On quitte l'Angleterre et on goûte un peu de la mer. En sous-marin, en hydravion, tous les moyens sont bons et loufoques pour découvrir les profondeurs océanes! Pour ceux qui sont fans de la série, il n'y a rien à redire. Tout y est : touche de couleur verte, le rebondissement tellement imprévu qu'il nous laisse perplexe. Une lecture très très agréable!


L'avis de Radicale, une grande fan!!

mardi 15 février 2011

Légendes de la Garde Hiver 1152

David Petersen

Gallimard Jeunesse
Traduit de l'anglais (USA) par Corinne Daniellot
184 pages
20 euros


BD Tout Public/ BD Jeunesse
Thèmes : Fantasy, Moyen-Age, Héroï
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sumé de lditeur : En ce rude hiver 1152, la Garde doit faire face aux pénuries qui menacent l'existence des souris. Saxon, Kenzie et Lieam, trois gardes parmi les meilleurs, partent à travers les territoires recouverts de neige. Mené par le vieux Celanawe, ils font office de diplomates et tentent d'améliorer les relations entre les différentes cités et la Garde. Mais cet hiver-là pourrait bien être fatal à certains gardes.



"Le héros tombe, le héros saigne, le héros ploie
Il sèche ses larmes amères et repart au combat
Souvent à se défendre, en deuil presque chaque jour
Un héros doit savoir seul établir sa bravoure
Ce n'est qu'après sa mort qu'on chantera ses exploits
Travail, devoir, abnégation, jamais ne trébuchera
Pourtant, il en est toujours un pour croire que le nom suffira
Et partir ou périr sera son seul choix"

Avertissement au Héros, poème du scribe Roibin


Gwendolyn, la matriarche de Lockhaven envoie cinq équipes de gardes dans les différentes villes du Territoire pour une mission urgente : ramener des vivres et des médicaments. Le but : renouer des liens et engager une diplomatie entre Lockhaven et les cités plus lointaines. Les conflits règnent toujours, menés par des espions et des traîtres... Saxon, Kenzie et Lieam, trois soldats parmi l'élite de la Garde sont déjà sur le chemin du retour, accompagné par le vieux Celanawe : la Hache Noire. Mais leur route est semée d'embûches et de dangers. L'équipe se retrouve vite séparée par les aléas de l'hiver. Affrontant le froid et la neige, Lieam, la souris vaillante au grand coeur doit écouter les conseils de sagesse de Celanawe ; alors que Saxon et Kenzie, deux tempéraments opposés tombent dans Darkheather, le royaume oublié des furets...

Digne d'un Tolkien, Légendes de la Garde Hiver 1152 est la bande dessinée d'héroïc-fantasy que l'on aurait aimé lire étant plus jeune. Destinée aux enfants, la série est tout aussi remarquable pour les adultes grâce à un graphisme élégant et époustouflant. J'étais déjà conquise par le premier opus Légendes de la Garde Automne 1152, mais là c'est prodigieux de talent. Un travail de grand artiste. Il n'y a absolument rien à redire quant à l'atmosphère de l'album. La Garde affronte l'hiver et les illustrations s'harmonisent avec force pour une saison héroïque. Si les routes sont envahies par des tonalités glaciales (bleu nuit, violet sourd, blanc, gris...) il y a toujours une chaleur miraculeuse sortie d'une lanterne ou d'un feu improvisé au coeur du danger. Le premier tome affichait beaucoup de scènes de batailles, d'actions et de combats épiques, ici l'ambiance est moins festive, plus contemplative. L'ennemi ne se bat pas, il est plus sournois et rusé... Légendes de la Garde Hiver 1152 retranscrit singulièrement l'univers du Seigneur des Anneaux grâce à des décors sublimes et saisissants tels que le royaume souterrain Darkheather, sorte de Moria, cimetière souterrain de souris mortes au combat. Sens du détail et de la précision, récit au suspense haletant, maîtrise impeccable de l'univers médiéval avec ses enluminures, ses légendes, ses cartes et gravures...tels sont les ingrédients d'une série qui vaut son pesant d'or ! Bravoure, vaillance, courage, solidarité, amitié et amour sont les valeurs de la Garde et d'une saga d'héroïc-fantasy à découvrir de toute urgence. (Je vous le rappelle a reçu deux Eisner Awards en 2008 (Prix de la Meilleure publication jeunesse et Prix du Meilleur graphisme).



Un énorme merci aux éditions Gallimard Jeunesse pour ce beau cadeau
Pour admirer des planches c'est ici
Mon billet sur Légendes de la Garde Automne 1152

samedi 12 février 2011

Crimes au Clair de lune

Présenté par Charlaine Harris

Michel Lafon
Paru en Février 2011
Traduit de l'anglais (USA) par Florence Mantran
444 pages
15,95 euros


Thèmes : Fantastique, Crimes, Anthologie

Quatrième de couverture : Disparitions en série, visions dérangeantes, attaques terroristes antivampires, e-mails de l'Au-delà, métamorphoses imprévues... Qui n'a jamais souhaité avoir un fantôme ange gardien pour veiller sur lui, ou une grand-mère psychique qui recevrait les morts sur le pas de sa porte ? Les héros de ces nouvelles franchissent la frontière vers le monde de l'étrange... et vivent des histoires à vous glacer le sang.




Charlaine Harris, l'auteure de La communauté du Sud présente une anthologie de nouvelles inédites qui réunit les plus grands auteurs de la Mystery Writers of America. Ce recueil de 20 nouvelles dont le thème est le surnaturel, le fantastique et le paranormal est certes de qualité inégale (beaucoup de textes, des nouvelles de 10 à 30 pages, des auteurs très différents) mais promet un moment captivant de lecture. L'anthologie débute avec un texte de Charlaine Harris qui dès les premières pages nous met dans une ambiance avertie. Dahlia Underground démarre fort avec un attentat terroriste antivampires perpétré par la Communauté du Soleil. Leur message est clair : détruire les vampires, ces créatures du mal, un fléau de la nouvelle société. Les vampires sont à découverts et s'alimentent grâce à du sans synthétique nommé le True Blood. Mais loin de se cantonner au monde vampirique et au genre de la bit-lit, Crimes au clair de lune met en scène des histoires alléchantes ponctuées d'humour et sachant créer le suspense là où l'on s'y attend pas. Des disparitions en série, des apparitions mystérieuses et annonciatrices d'évènements bizarres, des enquêtes sur des maisons hantées, le thème du recueil est le crime sous toutes ses coutures : kidnapping, attentat, affaires de vol...Le polar côtoie le surnaturel et le mélange des deux genres est palpitant. Fantastique et policier s'imbriquent avec originalité et propose des textes divertissants, relativement bien menés malgré le fait qu'ils soient trop courts. Je ne suis pourtant pas amatrice de roman policier mais ce recueil a su me plaire et j'ai passé un très bon moment de lecture. Amateurs de sensations, Crimes au Clair de lune devraient vous satisfaire. Frissons garantis!


Je remercie Silvana et les
éditions Michel Lafon pour la découverte.

Les mammouths, les ogres, les extraterrestres et ma petite soeur

Alex Cousseau
Nathalie Choux

Editions Sarbacane
Paru en Septembre 2008
32 pages
14,90 euros


Album Jeunesse à partir de 6 ans
Thèmes : Imaginaire, Enfance, Questionnement






Que font un mammouth, un ogre, un extraterrestre et une petite soeur dans une seule et même histoire ? Tout commence par "Papa dit que les mammouths, ça n'existe pas. C'est comme les ogres, ça peut exister dans les histoires, mais pas en vrai. -Sauf que les ogres, ça n'a jamais existé, dit maman. Alors que les mammouths ont existé il y a très, très longtemps." Petit mammouth se pose énormément de questions. Des questions existentielles et philosophiques. Alors il part avec Papa mammouth pour une longue promenade et sur le chemin, ils croiseront des créatures réelles ou imaginaires, dessinées par une dame, qui existent ou n'existent pas. Cet album est plein de fantaisie et de poésie...accompagné par un texte qui met en avant les petites voix enfantines, ces voix qui posent des questions aux adultes, des voix emplies de curiosité... Mais attention, pas question de mentir ou d'entourlouper le petit lecteur : dans cette histoire Alex Cousseau évoque l'étroit lien entre réalité et imaginaire. Ainsi les mammouths ont bel et bien existé alors que les ogres sont inventés et dessinés par des auteurs et des illustrateurs. Des clins d'oeil judicieux aux contes de fées , une promenade conçue comme un parcours rempli de détails, de personnages attachants et tout rondouillards sous les couleurs pleines de vie de Nathalie Choux, c'est ce que nous propose cet album plein de fraîcheur et qui respire le doux parfum de notre enfance. Un album divertissant, qui invite à la réflexion, au lien qui existe entre l'objet-livre et son lecteur, amusant et rigolo...

lundi 7 février 2011

Elle et le cadeau de l'arbre

Nicole Snitselaar (Texte)
Lydie Baron (Illustrations)

Les 400 coups Editions
Paru en Avril 2010
30 pages
11,90 euros


Album Jeunesse dès 6 ans
Thèmes : Poésie, Automne, Nature



Et je la vois de ma fenêtre
Claquer la porte derrière elle,
Descendre les escaliers
Et aux dernières marches sauter.
Petite fée aérienne
Dans son manteau de laine.
Soudain, dans son élan arrêté
Elle regarde, émerveillée...



Elle et le cadeau de l'arbre est un album tendre et poétique sur la saison de l'automne, le temps qui passe et le bonheur de l'enfance. Une petite fille qui coure, saute, rit au gré des feuilles qui tourbillonnent. Une petite fille, heureuse et insouciante qui recueille au creux de ses mains un peu de nature et beaucoup de joie. On le nomme le "cadeau de l'arbre", toujours présent dans le coeur et la mémoire d'un enfant qui grandit. L'automne est ici célébré avec douceur grâce aux illustrations délicates de Lydie Baron. La poésie d'une saison et la magie de l'enfance sont illustrées avec une belle harmonie de couleurs orangées et mordorées. Il en ressort une impression mielleuse, des paysages qui rappellent des souvenirs. Et quelle saison est plus propice à cette symbolique du temps qui passe, des feuilles qui tombent. Une saison mélancolique mais pleine de chaleur et d'amour. Un très très joli album à lire les longues soirées d'automne, au coin d'une fenêtre, en attendant l'hiver...

samedi 5 février 2011

Bal de Givre à New York

Fabrice Colin

Albin Michel Jeunesse
Collection Wiz
Paru en Janvier 2011
293 pages
13,50 euros


Roman ados dès 12 ans
Thèmes : Fantastique, New-York, Amour


Quatrième de couverture :
Depuis l'accident, je ne me souviens plus de rien. Je sais juste que je m'appelle Anna. Tout est blanc, beau, léger autour de moi. Pourtant, je sens qu'il y a quelque chose qui ne va pas. Que je suis en danger. Il faut que je me souvienne.

" Et si j'erre en ceci, si mon tort est prouvé,

je n'ai jamais écrit, nul n'a jamais aimé."



Bal de Givre à New York est un roman étrange, insolite et déroutant. Je serais bien incapable de vous dire si j'ai aimé car je suis ressortie de cette lecture étourdie et perplexe. Anna Claramond est une jeune lycéenne, amnésique suite à un accident de voiture qui lui a valu une rencontre enchanteresse avec Wynter Seth-Smith. Ce jeune homme est beau et riche et ce dernier comme dans un conte de fées l'invite au Bal de Givre, un bal très prisé. Très vite, ils tombent amoureux mais cette histoire d'amour parfumée à l'eau de rose est teintée de mystère. Anna sent que quelque chose ne va pas. Un prince charmant sorti tout droit d'un rêve, parfait mais la perfection ne cache-t-elle pas le mensonge et la manipulation ? Entouré d'un voile d'illusion, le charme de Wynter Seth-Smith dérange et fait peur. Anna Claramond est aussi une jeune fille riche : son père architecte de renommée semble avoir construit une ville atypique et féérique tout en transparence et en jeu de lumières. Le contraste est fort pour un New-York transperçant le ciel de ses tours de verre, jouant sur des décors baroques et saisissants. Tout est beau, blanc et cotonneux... Un New-York glacial, empreint d'onirisme et de poésie : magnifique, majestueux dominé par la puissance d'une seule famille, à l'image d'un hiver marmoréen et imposant. Puis il y a le Masque, un kidnappeur de jeunes filles qui sévit depuis quelques temps et qui a décidé de jeter son dévolu sur Anna...

Il n'y a rien à redire quant aux décors imaginés par Fabrice Colin. Le lecteur est happé par cette inquiétante étrangeté que l'on retrouve dans le personnage de Wynter et dans ce New-York à la froideur imperturbable. Wynter est fascinant et sa personnalité échappe encore à Anna et aux lecteurs séduits mais soucieux. Fabrice Colin distille ça et là des indices pour une fin de choc. Une enquête difficile, pleine de doutes qui nous mène sur une vague d'irréalité, entre rêve et confusion où tout semble étonnamment fugitif et éphémère. Mais Anna veut la vérité sur Wynter, sur ce rêve éveillé, sur ses parents...Bal de Givre à New York offre une lecture troublante grâce à une intrigue originale et une écriture légère et évaporée qui nous emporte dans un univers fantastique où l'inconscient rejoint une réalité qui se veut dramatique. Un roman réussi et surprenant.



mercredi 2 février 2011

Radiance Tome 1

Ici et maintenant

Alyson Noël

Michel Lafon
Traduit de l'anglais (USA) par Maud Desurvire
Paru en Janvier 2011
199 pages
12,95 euros


Roman ados dès 12 ans
Thèmes : Au-delà, Mort, Fantastique


Quatrième de couverture : Après l'accident, Riley Bloom n'a pu se résoudre à suivre ni sa soeur Ever qui regagnait le monde des vivants, ni ses parents qui partaient pour celui des morts. Elle est restée coincée entre les deux, dans un espace indéfini qu'on appelle Ici. Riley y retrouve son chien et peut rendre visite à Ever quand elle le souhaite. Jusqu'au jour où elle est convoquée devant le Conseil qui lui fait remarquer que la vie après la mort ne consiste pas à prendre du bon temps pour l'éternité... On lui assigne donc une fonction, celle de Passeur d'âmes, ainsi qu'un étrange guide : Bodhi. Ensemble, ils doivent convaincre les esprits égarés de rejoindre l'autre monde. Leur première mission : un garçon, un Rayonnant, qui hante un château anglais depuis des siècles. Beaucoup de Passeurs ont essayé de lui faire traverser le pont, sans succès. Pour y parvenir, Riley va devoir découvrir le secret qui l'étouffe et affronter ses plus grandes peurs.

Radiance est un spin-off de la série Eternels écrite par Alyson Noël. Alors que dans Eternels le personnage central est Ever, Radiance présente Riley Bloom, sa petite soeur de 12 ans, emportée par un accident de voiture. Ever est la seule survivante et dans Eternels elle évoque les frasques de Riley qui même morte, vient toujours l'embêter. Riley se retrouve dans l'Eté perpétuel, un espace entre-deux, entre la Terre et l'Ici. Elle refuse de passer de l'autre côté alors que ses parents et son chien Caramel s'y sont habitués. Riley pense qu'elle est trop jeune pour mourir et elle a choisi tardivement de rejoindre sa soeur...si bien qu'elle est restée bloquée dans cet ailleurs qui n'est ni paradis, ni purgatoire, juste une dimension parallèle où elle est capable de voir ce qui se passe sur Terre mais reste invisible. Riley ne peut continuer sur cette voie. Elle doit évoluer et passer dans l'Ici et maintenant, là où les âmes sont heureuses et en paix. Pour cela, le Conseil lui confie une mission qui pourra la guider : celle de Passeur d'âmes. Direction l'Angleterre et le château hanté de Warmington...

J'ai beaucoup aimé ce premier tome de la nouvelle série Radiance, annoncée en trilogie. Je trouve l'idée sympathique de traiter le personnage de Riley car l'on peut suivre la route prise par les deux soeurs au moment où leur destin bascule. Il y a un lien. Pour ceux qui auront lu Eternels, les souvenirs de Riley seront plus forts, plus compréhensibles, surtout ceux passés en compagnie de sa grande soeur. On comprend mieux pourquoi Ever avait parfois du mal à la supporter. Riley est un personnage très attachant malgré son côté "rentre-dedans" : une vraie peste, toujours collée aux basques d'Ever, prête à critiquer tout ce qui l'entoure et un vrai sens de la répartie, à la fois cinglant et provocateur. Ah ça!! Riley a son chic pour nous faire sourire. J'ai beaucoup apprécié la manière dont Alyson Noël traite de la mort, de la vie dans l'Au-delà et cette manière d'imaginer l'Ici et maintenant. Grâce à Riley, Radiance gagne en légèreté et en fraîcheur mais aussi en fantaisie et en charme. Puis le côté roman "anglais/gothique" m'a bien plu : les fantômes, les châteaux hantés, c'est plaisant même si la tonalité reste celle de l'humour et de l'ultra-modernité!! Le récit est certes un peu court mais c'est positif car à la différence d'Eternels, on peut considérer Radiance comme une nouvelle. D'ailleurs le thème du Passeur d'âmes nous met sur la voie : Riley va encore connaître de belles aventures...


Je remercie Silvana et les éditions Michel Lafon pour la découverte

mardi 1 février 2011

Night World Tome 5

L'élue

Lisa Jane Smith

Michel Lafon
Traduit de l'anglais (USA) par Isabelle Saint-Martin
Paru en Janvier 2011
260 pages
14,95 euros


Roman ados dès 12 ans
Thèmes : Bit-lit, Fantastique, Vampires


Quatrième de couverture : Rashel n'a qu'une obsession : venger sa mère et son frère tués par des vampires alors qu'elle n'avait que cinq ans. Depuis lors, elle hante les ruelles sombres et les entrepôts déserts du port de Boston à leur recherche. Armée d'un pieu de bois, de sa maîtrise des arts martiaux et de sa volonté si puissante qu'elle résiste à tous les envoutements, elle tue les membres du Night World un par un. Avec ses cheveux noirs et ses yeux verts, elle est aussi dangereuse que belle. Un jour, alors qu'elle enquête sur la disparition d'une jeune fille, Rashel découvre une porte secrète qui mène à un territoire méconnu des humains : celui où les créatures de la nuit les gardent en esclavage. Quinn en est le gardien. C'est lui qui décide qui peut la franchir. Quand Rashel regarde dans ses yeux, elle ressent un trouble qu'elle n'avait jamais connu auparavant. Mais elle devine aussi qui il est vraiment : celui qu'elle a toujours voulu détruire.

Rashel n'a que cinq ans lorsqu'elle assiste au massacre de son petit frère et de sa mère sous ses yeux, dévorés par une créature effrayante. Vidés de leur sang, le corps pantelant, Rashel comprend qu'elle vient de perdre sa famille. Alors qu'il tente de l'attraper, Rashel réussit à se sauver in extremis mais la créature s'acharne...Des années plus tard, Rashel voue une haine aux vampires et prend plaisir à tuer toutes les créatures du Night World. Un seul but : exterminer ce mal et venger la mort de tous ceux qu'elle aimait. Alors qu'elle enquête sur les disparitions de jeunes adolescentes, Rashel rencontre Quinn, un vampire du clan des Redfern. Comme foudroyée, elle le laisse s'échapper...Comment peut-elle éprouver de tels sentiments contradictoires ? Rashel ne peut tuer Quinn...comment tuer son âme soeur ?

Ce tome 5 revient aux vampires et aux lamies du Night World. Cette fois-ci j'ai bien aimé l'histoire de Rashel qui commence violemment. D'emblée le lecteur est pris par sa quête de vengeance, son envie de faire justice...si la tournure des évènements est prévisible, L'élue offre une lecture agréable, motivée par des personnages attachants et une histoire d'amour pimentée, pleine de rebondissements et d'actions. J'ai bien aimé l'intrigue développée dans ce tome autour de l'esclavage des adolescentes. On en apprend plus sur le clan Redfern et le fameux Cercle de l'Aube. Un tome réussi qui ne manquera pas de combler les midinettes en quête de romantisme.


L'avis de Francesca
Je remercie vivement Silvana et les éditions Michel Lafon pour l'envoi