samedi 30 avril 2011

La Révélation

Gemma Malley

Naïve
Collection Naïveland
Traduit de l'anglais par Nathalie Peronny
Paru en Avril 2011
334 pages
18 euros


Roman ados dès 14 ans
Thèmes :Anticipation, Société, Science-Fiction




Résumé : Royaume-Uni 2142. Peter et Anna coulent des jours tranquilles en Ecosse avec leur fille Molly, vivant à une adresse secrète pour leur protection. Pendant ce temps à Londres, un événement affole la puissante société Pincent Pharma qui commercialise les pilules de Longévité: une étrange épidémie provoque la mort subite de centaines, puis de milliers de gens semant consternation et affolement dans cette société qui avait occulté toute idée de mort...


La Longévité, cette pilule miracle a préservé la vie humaine depuis plusieurs décennies. Créée pour reculer la vieillesse et permettre aux humains de conserver leur jeunesse et leur force, la pilule de Longévité a eu des répercussions philosophiques insoupçonnées : puisque l'homme devenait immortel, les bébés ne devaient plus naître. Les enfants nés illégalement étaient des Surplus autrement dit des indésirables, relayés et parqués au rang d'esclaves. C'est ainsi qu'Anna et Peter ont fait connaissance, se sont appréciés et ont combattu aux côtés de Jude, membre du Réseau souterrain, un mouvement de résistance contre la Longévité. Mais le cercle de la vie ne peut perdurer sans la mort. Inévitablement, la naissance et la mort sont complémentaires et liés pour préserver l'essence même de l'humanité...

Pincent Pharma connaît une crise majeure. Richard, le directeur de l'entreprise essaie depuis quelques semaines de camoufler une épidémie qui assèche et provoque la mort de nombreuses personnes. Ce virus très puissant est un véritable fléau et les pilules de Longévité n'immunisent pas contre la maladie. La maladie, la mort... des mots que l'on avait banni, des mots qui sonnent creux dans les mentalités toutes bouffies de sécurité et d'éternité. Mais de plus en plus de gens meurent et Richard ne connaît pas le remède. Les Autorités décident alors de faire porter le chapeau au Réseau souterrain, immédiatement accusé d'avoir empoisonné des lots de pilules. Alors qu'Anna et Peter coulaient des jours heureux en Ecosse, la rage et le fanatisme de Richard Pincent oeuvrent à leur recherche.

Le dernier tome de cette trilogie remarquable est brillant et pertinent. Gemma Malley a imaginé une fin percutante et originale, digne d'une réflexion aboutie et bien menée. La Longévité avait une Loi : supprimer la jeunesse et ne plus féconder. Mais le cercle de la vie se devait d'être protégé. La mort fait partie du cycle. Avec La Révélation, Gemma Malley nous offre une belle leçon de vie grâce à un roman d'apprentissage époustouflant. Je ne suis pas déçue par ce dernier tome que j'ai trouvé émouvant et extrêmement attachant. Gemma Malley a su dynamiser son intrigue en y distillant de nombreux rebondissements qui tiennent le lecteur en haleine. Les évènements s'enchaînent grâce à une écriture rythmée, fluide et prenante. Cette trilogie sera à retenir parmi l'une des meilleures en littérature de jeunesse : la réflexion proposée par Gemma Malley est excellente. Réflexion sur l'avenir de la société, sur son rapport à la consommation, sur les manipulations psychologiques et politiques, sur le renouvellement du cycle de la vie et de la jeunesse et sur notre rapport à la Nature. Réflexion d'ordre théologique et déontologique : sous couvert de repousser la mort, doit-on cesser de respecter la vie ? Réflexion scientifique sur les déviances et les limites éthiques de la science...en la personne de Richard Pincent dont la soif de pouvoir et de conquête le conduisent à se prendre pour Dieu. Inévitablement Gemma Malley touche à tous les domaines idéologiques, religieux et moraux en abordant le thème de l'Humanité et de son devenir si celle-ci était amenée à être immortelle. Jamais une trilogie n'aura été aussi brillante, savamment écrite avec sensibilité et profondeur, couvrant un large champ de réflexion. Une fiction certes futuriste mais terriblement convaincante, du début à la fin.



Le site de l'auteur : http://www.gemmamalley.com/
Le premier tome La Déclaration
et le deuxième La Résistance

mardi 26 avril 2011

Bashô Le fou de poésie

Françoise Kerisel
Frédéric Clément

Albin Michel
Paru en Septembre 2009
62 pages
18 euros


Album Jeunesse à partir de 5 ans
Thèmes : Poésie, Japon, Zen


Quatrième de couverture : Bashô sera-t-il samouraï? Lui qui aime tant la paix, les pinceaux, la neige... Il choisit les chemins vagabonds et devient au Japon l'illustre auteur de ces courts poèmes de trois vers, les haïkus. Bashô ouvre des ateliers de poésie. Et chacun, homme ou femme, jeune ou vieux, dans le japon des villes et des campagnes de ce XVIIe siècle, rit, s'instruit, s'initie aux haïkus... Frédéric Clément a préparé ses propres couleurs et choisi ses papiers japonais pour peindre l'histoire véridique de Bashô, contée par Françoise Kerisel.


C'est une excellente libraire jeunesse qui m'a conseillé cet album grandiose. Quand elle m'en a parlé, elle était tellement emportée et subjuguée que je me suis laissée convaincre, bien que le travail de Frédéric Clément me soit totalement inconnu.

Bashô le fou de poésie raconte la véritable histoire d'un poète destiné à devenir soldat et samouraï de par ses ancêtres. Mais Bashô n'aspire pas à une vie guerrière. Il affectionne l'art de la poésie et compose des haïkus, des courts poèmes de trois verts. Fou de pinceaux, d'art et de lecture, Bashô rend hommage à un vieil ami et décide de sillonner le Japon du XVIIe siècle pour initier le peuple à cette tradition...
Bashô Le fou de poésie est un livre d'art à lui tout seul. Rythmé au fil des quatre saisons, l'album raconte l'histoire de cet homme hors du commun, artiste dans l'âme, poète, écrivain, enseignant et maître bouddhiste. Accompagné de son fidèle Hikaku, apprenti disciple, Bashô va enseigner cet exercice de style qu'est le haïku et apprend aux hommes mais aussi aux femmes et aux enfants de tout âge comment s'harmoniser avec la nature, comment l'écriture peut retranscrire la réalité et sublimer la méditation. Les illustrations de Frédéric Clément sont époustouflantes par l'élégance qui s'en dégage. Raffinement des papiers japonais, harmonie des couleurs pastelles, beauté des aquarelles et présence des éléments végétaux et floraux : c'est là tout le talent de Frédéric Clément qui donne à la poésie japonaise sa maturité, sa sensualité et sa sensibilité. Bashô le fou de poésie est un album contemplatif qui saura vous émouvoir par sa finesse et sa délicatesse. Je n'en dirais pas plus parce qu'il faut le découvrir, le vivre et le sentir...



L'avis de Ricochet, Notes de Chevet
Merci à Patricia pour le conseil!

lundi 25 avril 2011

Super Sauvage

Dorothée de Monfreid
Tony Truant

Gallimard Jeunesse
Collection Gallimard Jeunesse Musique
Paru en Avril 2011
32 pages et un CD
22 euros


Album Jeunesse dès 5 ans
Livre/ CD Audio
Thèmes : Aventure, Humour, Musique




Super Sauvage
sous-titré Histoire d'un bichon libre, c'est l'histoire d'un petit chien qui veut quitter la ville et affronter la forêt. Les rues, les supermarchés, les salons de coiffure, le confort de la vie urbaine...STOP! Pipo quitte sa maîtresse et erre dans la rue à la recherche de sa liberté. Il veut être Super sauvage et être le roi de la nature. Seulement Pipo est vite rattrapé par sa petite taille et son poil frisé. Il ne fait pas peur à une mouche et il n'a pas vraiment l'air d'un dur. Heureusement qu'il croise le chat Attila! Le félin est super sauvage et il n'a peur de rien...

Super Sauvage est un album CD grand format (250 x 290 mm) écrit et illustré par Dorothée de Monfreid, auteure et illustratrice phare de L'Ecole des Loisirs. Elle offre à Gallimard Jeunesse un album drôle, original, où l'humour côtoie la nonchalance et l'aventure. Sur des airs d'ukulélé (instrument à cordes pincées traditionnel des îles d'Hawaii) Super Sauvage est un album rock'n roll qui vogue sur la vague de l'aventure grâce à des personnages pleins de vie et de fougue. Il se dégage des compositions de Tony Truant une belle énergie, une envie de communiquer une passion musicale et un goût pour la jeunesse. Le chien qui plaque tout et veut voir la vraie vie, car il en a assez d'être enfermé dans un appartement, assez de la vie domestique ; aidé par Attila, le chat rageur, un brin fantasque qui chipe dans les supermarchés et détale lorsqu'il voit les policiers est un thème qui a du peps et possède une certaine modernité ! Dorothée de Monfreid et Tony Truant signent là un album imposant où l'aventure jongle avec un humour très populaire. Pipo part sur les routes et c'est sur un air de blues et de jazz qu'il décide de vivre la grande aventure. Un western moderne, sorte de "Wanted alive" insolite et transformé en "Recherche chien disparu" qui nous fait sourire et chanter. Les rythmes des 13 chansons ukulélé accompagnent harmonieusement une bande dessinée tour à tour poétique, nostalgique et pleine de fraîcheur. Super Sauvage Histoire d'un bichon libre pourrait largement être adapté en comédie musicale pour l'enfance et ferait un spectacle idéal pour les petits et les grands! Un album réussi!




Un grand merci aux éditions Gallimard Jeunesse pour la découverte.
Le blog Super sauvage

dimanche 24 avril 2011

La septième vague

Daniel Glattauer

Grasset
Traduit de l'allemand par Anne-Sophie Anglaret
Paru en Avril 2011
348 pages
18 euros


Quatrième de couverture :
Leo Leike était à Boston en exil, le voici qui revient. Il y fuyait la romance épistolaire qui l'unissait en esprit avec Emmi. Elle reposait sur trois principes : pas de rencontres, pas de chair, pas d'avenir. Faut-il mettre un terme à une histoire d'amour où l'on ne connaît pas le visage de l'autre ? Où l'on rêve de tous les possibles ? Où l'on brûle pour un(e) inconnu(e) ? Où les caresses sont interdites ? "Pourquoi veux-tu me rencontrer ?" demande Léo, inquiet. "Parce que je veux que tu en finisses avec l'idée que je veux en finir" répond Emmi, séductrice. Alors, dans ce roman virtuose qui joue avec les codes de l'amour courtois et les pièges de la communication moderne, la farandole continue, le charme agit. Léo et Emmi finiront de s'esquiver pour mieux... s'aimer !
A propos de l'auteur : Daniel Glattauer, né à Vienne en 1960, écrit depuis 1989 des chroniques politiques et judiciaires pour journal Der Standaard. Il est l’auteur entre autres de Quand souffle le vent du nord (Grasset, 2010), vendu à plus de 800.000 exemplaires en Allemagne, traduit dans le monde entier.

Emportée par l'élan de la blogosphère, je découvrais il y a un an Quand souffle le vent du Nord et tout comme mes camarades blogueuses, ce fut un coup de coeur pour deux personnages Leo et Emmi et leur histoire si intense. Après une erreur d'adresse mail, Emmi et Leo ont instauré un échange de messages progressif mais de plus en plus fréquent et fort. Abordant leur vie privée, une complicité et une intimité se sont créées, et les liens bien que virtuels sont exacerbés. Si rien n'est dit, tout est suggéré et c'est là la prouesse de Daniel Glattauer. Les sentiments sont limpides et naturels. Alors la fin du livre a été un choc : Leo mettait un terme à cette relation en partant pour Boston et en laissant Emmi désemparée, tout comme les lectrices !

Six mois ont passé et Emmi n'a pas cédé. Forte de sa ténacité et motivée par ses sentiments toujours intacts, elle envoie des mails à Leo. Elle ne reçoit pour seule réponse : un navrant message d'alerte "Attention. Adresse mail modifiée. Le destinataire ne peut plus regarder cette boîte". On a envie de le renvoyer à la figure ce mail d'erreur!! On a envie de crier et de jeter l'ordinateur contre un mur parce que nous on veut Leo, on ne veut pas de ce message automatique. Puis l'inespéré arrive. Plusieurs mois après, Leo répond. HOURRA !
Parce que tout comme Emmi, on commençait à avoir peur. Leo, notre cher Leo, cet homme qui sait parler comme nul autre, qui s'exprime avec tant d'ardeur contenue et d'élégance et se révèle fin psychologue, poète et terriblement beau. Emmi quant à elle, nous énerve et provoque Leo, en même temps qu'elle nous éblouit par ses décisions. Elle formule un dernier voeu : une rencontre. Cette rencontre sonne étrangement comme un exorcisme de toutes ces émotions enivrantes et passionnées. Mais Daniel Glattauer nous réserve de belles surprises...

La septième vague est un roman pétillant et la suite est à la hauteur de nos espérances. Un ouragan qui survient dans les vies de Leo et Emmi. Les mails sont toujours aussi captivants et saisissants. On lit avec frénésie, on tourne les pages et on s'exclame, on rit, on pousse des couinements. Assurément La septième vague est une lecture réjouissante et étourdissante. Emportés par cette vague, celle de l'amour virtuel qui devient réel, celle de deux mains qui se touchent, celle du coeur qui envahit les corps d'une passion folle et déraisonnable mais là encore Emmi a su nous surprendre. Les mots roulent sous nos yeux et pénètrent au plus profond de notre âme. Daniel Glattauer arrive à se mettre dans la peau de chacun de ses deux personnages et les met en scène dans une correspondance jamais rompue mais toujours succulente, rythmée par une finesse psychologique et une sensibilité acerbe. D'ailleurs on n'assiste pas à la rencontre de Leo et Emmi. L'idée de la faire vivre par mails est encore plus grandiose car l'on ressent les doutes, les peurs, les joies, les envies et les frustrations. Une lecture forte puisqu'elle permet au lecteur d'imaginer les visages tour à tour souriants ou crispés de Leo et Emmi attendant impatiemment une réponse. Jamais la relation virtuelle n'a été décrite avec autant de précision, d'humanité et de vraisemblance. Jamais une relation virtuelle n'a jamais été aussi puissante, aussi vibrante qu'une histoire d'amour classique. Leo et Emmi forme un couple inoubliable et leur correspondance restera ancrée dans les mémoires. Bravo Daniel Glattauer !


mardi 19 avril 2011

Le chaperon rouge

Sarah Blakley-Cartwright
David Leslie Johnson

Editions Michel Lafon
Introduction de Catherine Hardwicke
Traduit de l'anglais (USA) par Arnaud Regnauld
Paru en Avril 2011
347 pages
15,95 euros


Roman ados à partir de 13 ans
Thèmes : Loup, Amour, Adaptation de conte


Quatrième de couverture : Le village de Daggerhorn semble sommeiller au creux de la vallée. Depuis des générations, le Loup qui menace sa tranquillité est tenu à l’écart grâce à un sacrifice mensuel. Mais aujourd’hui, plus personne n’est à l’abri. Et la peur rôde… Depuis la mort de sa sœur, la plus douce des jeunes filles, Valérie est inconsolable. Henry, le superbe fils du forgeron, tente de gagner ses faveurs, mais le cœur indompté de la belle bat pour un autre garçon : Peter, le bûcheron exclu du groupe, qui lui offre des escapades palpitantes loin du cocon familial. Un beau jour, un chasseur de loups de passage dans la région fait une terrible révélation qui provoque la stupeur des villageois : la Bête qui les terrorise depuis des années vit parmi eux. Tout le monde devient suspect. Bientôt, on comprend que seule Valérie peut entendre la voix du Loup. Et celui-ci exige qu’elle le rejoigne avant que le sang coule… et que tous ceux qu’elle aime disparaissent.


Mercredi 20 avril sort en salles Le chaperon rouge, une adaptation cinématographique signée par la réalisatrice de Twilight (Fascination) Catherine Hardwicke. Les éditions Michel Lafon publie le livre tiré du film, écrit par Sarah Blakley-Cartwright, diplômée en "écriture créative" inspiré du script de David Leslie Johnson.

Cette version moderne du classique est sombre et nous rappelle le folklore assez obscur des frères Grimm. Une version moderne parce qu'elle est très actuelle, très tendance et plaira aux adolescents à coup sûr, mais qui reste traditionnelle notamment dans les décors. Le village de Daggerhorn abrite plusieurs générations traumatisées par une malédiction : celle du Loup. Cette créature effrayante et meurtrière a soif de sang et exige des sacrifices en échange d'une trêve. Valérie est la seule enfant a avoir croisé le Loup et à s'en être échappée vivante. Elle conserve ce souvenir, cette voix qui l'appelle comme une présence étrange comme si elle était en connexion avec la bête. Valérie a grandi depuis et est devenue une magnifique adolescente dont les parents ont décidé de la marier à Henry Lazar. Mais Valérie est déjà follement amoureuse de Peter, garçon sauvage et passionné qui n'a de cesse de convoiter la demoiselle et ce feu ardent qui les anime n'est pas sans rappeler l'obscure liaison qui unit Valérie au Loup. Peter avait disparu. Le voilà qui réapparaît alors que Daggerhorn sonne les cloches de l'alerte...Le Loup a rompu la trêve et a tué Lucie, la soeur de Valérie. Tout le village est en émoi. Les vieilles rancunes ressurgissent. Le prêtre appelle à l'aide et fait venir un chasseur de loups aussi impitoyable qu'au dessein dévastateur. La sentence est tombée : le Loup n'est autre qu'un être humain, un villageois. Tous les sens en éveil, Valérie s'interroge, partagée entre le chagrin et l'amour...Se pourrait-il que Peter soit le loup tant redouté ?

Le chaperon rouge est une adaptation réussie grâce à une intrigue prenante et à une ambiance poétique et métaphorique. Les thèmes abordés sont typiques des thèmes de romans ados à savoir le passage à l'âge adulte et les émois amoureux. Il faudra oublier la version originale du conte et la transposer à un univers plus jeune voire plus ancré dans les préoccupations des ados. Valérie se pose énormément de questions sur Peter, sur son amour et leur avenir. Elle devra faire des choix. Les fans de Twilight ne seront pas dépaysés car Le chaperon rouge offre un trio amoureux que l'on commence bien à connaître. Un amour impossible entre Henry et Valérie, une passion presque destructrice avec Peter. Evidemment vous l'aurez compris Henry est le gentleman bien élevé et prêt à se sacrifier pour la belle alors que Peter est énigmatique et agressif. La figure du Loup est ici très symbolique car elle est sombre, plus fouillée et elle représente le côté obscur de tout être humain. Valérie l'entend et le comprend. Quant au loup, il est complètement obsédé par elle. Pour Valérie, céder au Loup ce serait comme céder à la tentation d'un amour enflammé. Il représente la peur, l'angoisse, l'inconnu mais aussi d'une certaine manière la sexualité. C'est un danger pour les villageois. Un danger pour l'âme et le corps de la jeune fille.

Côté écriture, les décors sont splendides et l'on imagine très bien ce que peut être un village tel que Daggerhorn : sombre, au coeur d'une forêt, renfermé sur lui-même. Lieu où circule des vieilles rancunes, des présomptions de sorcellerie, des ragots... Un climat qui se prête bien à une tension presque paranoïaque. Le personnage de Valérie est assez classique : une héroïne qui cherche la vérité et veut affirmer son amour et ses choix. L'intrigue est bien menée même si l'on sent une manière d'écrire très visuelle, tout dans l'esthétisme et la mise en images d'un scénario. Le chaperon rouge est un roman agréable à lire, très prenant et la fin m'a totalement convaincue car elle est imprévisible et étonnante. Il ne reste plus qu'à aller voir le film !



Un grand merci à Camille et à Michel Lafon pour la découverte.


dimanche 17 avril 2011

Une histoire toute bête

Eléonore Thuillier (Texte)
Clotilde Goubely (Illustrations)

Editions Frimousse
Collection Maxi'Boum

Paru en Mars 2011
24 pages
13 euros


Album Jeunesse dès 3 ans
Thèmes : Animaux, Imagination, Aventure


"On ne partage pas qu'avec les oreilles et les yeux... On peut toucher, tourner les pages. On se perd dans les illustrations et on a un vrai grand album dans les mains... Un trésor ! "

Une histoire toute bête!! Oui et c'est bien dommage pour notre cher héros! mais chut! ne dévoilons pas la fin de cet album drôle et pétillant!
Qui est notre héros? Et bien au départ c'est un rat! Et tout commence par un "Youhou". Le rat émet une remarque tout à fait anodine à son illustrateur. En fait il n'aime pas être un rat. Non! Il préfèrerait être un lion. Donc il faudrait lui rajouter une longue crinière...Exigeant, pénible, pointilleux, capricieux, opportun...notre héros nous offre un album qui n'est pas de tout repos !

Dans Une histoire toute bête, c'est simple : il y a des bêtes ! Enfin des animaux : un rat, un lion, des gazelles, un poisson et même des dinosaures. Le héros prend la parole et vient déranger l'illustrateur dans son grand art à savoir rendre vivant tout ce petit monde en distillant ça et là des détails photographiques réalistes. Rajouter les petites bêtes dessinées par Clotilde Goubely et ça donne un album original, frais et vivifiant. Drôle, printanier, aux couleurs naturelles et apaisantes, cet album est une création pleine de fantaisie. On aimera les décors, le culot du protagoniste, les illustrations humoristiques et surtout une fin pleine d'ironie. J'adore!


Copyright Tout Droits Réservés Clotilde Goubely/ Editions Frimousse 2011


Le site d'Eléonore Thuillier : http://eleillustrations.blogspot.com/
Le site de l'illustratrice : http://goubliboulga.canalblog.com/

Poucette

Illustré par Charlotte Gastaut
D'après le conte de Hans Christian Andersen

Flammarion/ Père Castor
Collection Les albums du Père Castor
Paru en Mars 2011
32 pages
13 euros


Album Jeunesse dès 5 ans


Quatrième de couverture : Poucette est une petite fille pas plus haute qu'un pouce. Elle a pour berceau une coque de noix et se baigne parmi les pétales de fleurs. Une nuit, la fillette est enlevée par une vilaine grenouille. Aidée des poissons, elle parvient à s'échapper. Mais Poucette est loin d'imaginer toutes les épreuves qu'elle devra traverser avant de faire la plus merveilleuse des rencontres...



Poucette est une petite fille, une minuscule jeune fille, gracieuse et radieuse. Tellement belle qu'elle brille par sa bonté et sa douceur et attire la convoitise d'une vilaine grenouille. Aussitôt enlevée et promise au fils de cette dernière, Poucette se fait de nouveau kidnappée par un grand hanneton qui l'effraie. Mais celui-ci la dépose au milieu de la forêt. Seule, elle se cherche un nouvel abri pour affronter l'hiver...et devient amie avec un rat des champs qui lui offre un refuge dans les galeries souterraines de la taupe...



Poucette est un grand classique de la littérature d'enfance, écrit par Hans Christian Andersen qui nous offre un conte sur l'importance de trouver un foyer, un cocon dans lequel on se sent en sécurité et protégé. Poucette affronte de nombreux obstacles avant de rencontrer le prince des fleurs alors qu'elle-même vivait parmi les pétales de rose. Remis au goût du jour par les illustrations de Charlotte Gastaut, Poucette est un album poétique et magnifique. Les motifs ornementaux dessinés avec minutie et précision sont époustouflants. L'harmonie des couleurs rend cet album frais et rayonnant. Après Le grand voyage de Mademoiselle Prudence, Charlotte Gastaut nous régale encore de ses petites touches de rose fluo, des détails qui poussent naturellement à la contemplation. Superbe!


Copyright DR Charlotte Gastaut/ Père Castor 2011

Pour visiter le site de l'illustratrice : http://charlottegastaut.blogspot.com
A lire : l'avis de Marie

samedi 16 avril 2011

Challenges 2011

Challenges 2010 reconduits pour l'année 2011 :

-Le challenge Une année en Russie organisé par Pimpi : déjà 5 titres lus





-L'objectif PAL qui est en très mauvaise posture!


Nouveaux challenges pour l'année 2011 :


-Le challenge Women BD organisé par Theoma : 1 titre lu



-Le challenge Nature Writing, catégorie Le promeneur du dimanche, organisé par Folfaerie



-Le challenge du 1% littéraire 2010 organisé par Schlabaya : 3 romans adultes lus et 4 romans jeunesse

Qui es-tu Alaska ?

John Green

Gallimard Jeunesse
Collection Scripto
Traduit de l'anglais (USA) par Catherine Gibert
Paru en Octobre 2007
364 pages
13 euros


Roman ados dès 15 ans
Thèmes : Adolescence, Amour, Deuil, Lycée


Quatrième de couverture : Miles Halter a seize ans et n'a pas l'impression d'avoir vécu. Assoiffé d'expériences, il décide de quitter le petit cocon familial pour partir loin, en Alabama au pensionnat de Culver Creek. Ce sera le lieu de tous les possibles. Et de toutes les premières fois. C'est là aussi, qu'il rencontre Alaska. La troublante, l'insaisissable et insoumise, drôle, intelligente et follement sexy, Alaska Young. Qui es-tu Alaska ? est LE roman de l'adolescence : les amitiés fortes, l'amour, la transgression, la soif de connaissance et la fondamentale quête de sens.
La vie explose dans ce livre qui fait rire et fondre en larmes l'instant d'après et qu'on voudrait ne jamais finir. Le premier roman d'un jeune écrivain brillant, lauréat de nombreux prix littéraires aux Etats-Unis et traduit en dix langues.

A propos de l'auteur : John Green a grandi en Floride avant de partir pour l'Alabama, en internat. Diplômé de l'université, il a travaillé pendant six mois comme aumônier étudiant dans un hôpital pour enfants. Il a ensuite vécu quelques années à Chicago, où il a été critique littéraire et présentateur radio. Il vit aujourd'hui à Indianapolis.

Miles Halter a seize ans et est un adolescent normal, qui a l'impression de n'avoir pas vécu assez d'expériences. La fête organisée avant son départ pour le pensionnat de Culver Creek en Alabama est un fiasco. Miles n'a pas d'amis et se sent déconnecté de l'adolescence, tout blotti qu'il est dans son cocon familial. Il voit cette nouvelle année loin de sa famille comme une belle occasion de repartir de zéro, de trouver son "Grand Peut-Etre" et essayer d'être quelqu'un. En rencontrant la sexy, drôle et pétillante Alaska Young, il apprendra ce qu'est la vie et surtout ce qu'est l'adolescence.

Qui es-tu Alaska ? est un roman vibrant, émouvant et brillant par sa pertinence et son originalité. John Green peint un portrait percutant et réaliste d'une adolescence moderne marquée par un profond désir de s'affirmer et une envie de vivre, éclatante de fougue. C'est un roman d'apprentissage et d'affirmation de soi, un roman qui nous parle des émois de l'adolescence : construction identitaire, transgressions des règles et des inter
dits, amitiés, amours, sexualité...Ce livre est fort et sublime à la fois. Alaska Young est une jeune fille passionnée, pleine de vie, qui aime cultiver le mystère, entretient les secrets, est follement sexy et rebelle. Elle attire en même temps qu'elle énerve. La rencontre d'un tel charisme avec Miles Halter, jeune homme plutôt discret est explosive et nous offre des scènes réjouissantes, des répliques cinglantes, des délires et autres manifestations d'une jeunesse insouciante et désinvolte, une jeunesse qui boit de l'alcool, fume, se drogue, fait le mur et parle franchement de sexe, se moque des interdits et en rit. Miles Halter et Alaska Young sont des lycéens érudits, l'un connaît par coeur les dernières paroles des personnes célèbres alors que l'autre entasse les livres. Rien ne laisse penser que tout ceci va s'arrêter subitement à cause d'un accident. Le choc est d'autant plus violent lorsque la culpabilité s'installe ainsi que les questionnements. Ce drame vient frapper de plein fouet tout ce petit monde : Miles fou amoureux d'Alaska, son camarade de chambre "Le Colonel" ; un drame qui écrase le sentiment d'invulnérabilité. Qui es-tu Alaska c'est aussi un roman dur, qui évoque la mort, le deuil, la perte soudaine d'un être avec lequel on aurait pu continuer de vivre... d'aimer. John Green écrit avec subtilité, singularité et sensibilité. A lire et à classer parmi les meilleurs romans ados.


Merci aux éditions Gallimard Jeunesse pour la version poche, sortie le 17 mars 2011 en librairie, dans la collection Pôle fiction.
Sortie simultanée en Hors Série du nouveau roman de John Green : Will&Will
Le site de l'auteur : www.johngreenbooks.com
Les avis de Clarabel, Adalana, Clochette, Midola, Acsylé, Radicale, Marylène, Eolune, Claire
Mon avis sur le deuxième roman de John Green : La face cachée de Margo

lundi 11 avril 2011

Les Bouteilles à la mer

Hubert Ben Kemoun
Olivier Latyk

Editions Flammarion
Collection Les albums du Père Castor
Paru en Août 2010
30 pages
10 euros


Album Jeunesse dès 4 ans
Thèmes :Solitude, Amitié, Correspondance


Quatrième de couverture : Depuis qu'il a confié le plus tendre des messages à une bouteille lancée à la mer, Théo surveille l'horizon... Il vit au rythme des marées puis des saisons. Mais l'Océan a ses mystères et réserve bien des surprises au petit garçon...




Théo est bien seul sur cette immense plage. Il écrit un message, le glisse dans une bouteille et la jette loin dans la mer...en espérant que le vent et les vagues mènent la bouteille vers un autre rivage. Théo est patient. Il compte les jours, les semaines et attend une réponse. Rien ne vient mais il n'est jamais trop tard pour rencontrer l'amitié...

Les Bouteilles à la mer est un album extrêmement attachant. Théo a sept ans. C'est un petit garçon plein d'espoir, de tendresse et qui a un coeur gros pour l'amitié. Les Bouteilles à la mer apporte un brin de poésie à la vie, un brin de fantaisie à l'enfance où tous les rêves sont possibles. Un album doux signé par deux grands de la littérature jeunesse : Hubert Ben Kemoun au texte et Olivier Latyk aux illustrations. Douceur, parfum d'innocence et force de l'océan nous offre un album aux illustrations sobres mais magnifiques par l'intensité des couleurs. Olivier Latyk peint de beaux tableaux, des paysages inspirés et le texte d'Hubert Ben Kemoun est optimiste avec cette petite touche d'humour qui nous fait sourire et rend notre Théo attendrissant. Un bel album.


L'avis de Thalie qui adore, Esmeraldae

samedi 9 avril 2011

Un, deux et...trois ans de Sous le feuillage!

Nous sommes le dimanche 10 avril 2011. Il est 8h41.

"Il fait beau dans le coeur, ça donne envie de rêver pour vivre en liberté..." et fêter un
joyeux anniversaire à Sous le feuillage. Trois ans !! Encore une année de bonheur à lire, à partager nos coups de coeur.

Une PAL qui s'agrandit, une passion qui loin de s'éteindre ne fait que s'épanouir au grès des partenariats avec les éditeurs, des rencontres littéraires et des salons. Je remercie les éditeurs qui m'accordent leur confiance et leur att
ention. Je vous remercie pour vos commentaires et votre présence. Cette année a été belle avec néanmoins de nombreux moments difficiles mais jamais je ne délaisserais ce blog, jamais je n'abandonnerais cette passion qui m'anime et me fait sentir "différente", "vivante" et "fière". Pas de chiffres mais juste un immense merci qui vient du coeur. Le rythme de mes publications diminue, mes visites chez vous également, mais je ne vous oublie pas et continuerais à faire vivre Sous le feuillage. D'autres projets commencent à germer dans mon esprit : une maison, un couple, une famille... Mais une chose est sûre, mon blog sera toujours là et c'est une idée qui me rassure. Parce que l'on doit grandir, parce que l'on doit avancer et affronter l'inconnu pour vivre le bonheur et trouver son chemin...les livres sont là. Ils guident nos pas et nous accompagnent, amis et bienveillants, toujours présents dans notre soif de découverte. C'est ce que je veux pour ce blog : un lieu d'échanges, de partage, de découverte, un lieu éclatant d'énergie.




A très bientôt. Je vous souhaite, amis lecteurs, un excellent dimanche emplit de joie et de soleil.
Bien à vous Bises

vendredi 8 avril 2011

La lignée

Guillermo del Toro
Chuck Hogan

Pocket
Traduit de l'anglais (USA) par Hélène Collon
Paru en Octobre 2010
565 pages
7,90 euros


Quatrième de couverture : Depuis son atterrissage à l'aéroport de JFK à New York, un avion en provenance de Berlin ne répond plus à la tour de contrôle. Le spectacle qu'Ephraïm et son équipe d'épidémiologistes découvrent à bord a de quoi glacer le sang : tous les passagers, sauf quatre, sont morts, en apparence paisiblement. Ont-ils été victimes d'un attentat au gaz ? D'une bactérie foudroyante ? Lorsque, le soir même, deux cents cadavres disparaissent des morgues de la ville, Ephraïm comprend qu'une menace sans précédent plane sur New York. Lui et un petit groupe décident de s'organiser. Et pas seulement pour sauver leurs proches, car c'est la survie de l'humanité tout entière qui est en jeu...
A propos des auteurs : Le réalisateur Guillermo Del Toro a signé des films aussi différents que Hellboy, Made 2 ou encore Le Labyrinthe de Pau, récompensé par trois oscars.
Chuck Hogan a quant à lui publié plusieurs thrillers salués par Stepheh King, dont Face à face (Albin Michel, 1997) et Le Prince des braqueurs (Seuil, 2007).


Si j'ai été attiré par La lignée c'est tout d'abord par le nom de l'écrivain Guillermo del Toro. J'avais beaucoup aimé son Labyrinthe de Pan. Intriguée, j'avais envie de découvrir ce dont il était capable côté écriture, même si le livre a été coécrit avec Chuck Hogan. Je partais donc sur aucun a priori et je me suis laissée tenter par le résumé très alléchant du roman : angoisse, horreur et bien évidemment vampires.

Un boeing 777 atterrit à JFK Aéroport de New-York, sans incident, sans drame. Quelques minutes auparavant, la tour de contrôle témoignait d'une excellente liaison avec l'appareil. Posé, l'avion n'émet aucun signe de vie. Il semble vide et tous les hublots sont baissés. Un avion "fantôme" dont le silence est immédiatement sujet aux plus tragiques hypothèses : accident bactériologique, attentat, prise d'otage, défaillance du système de climatisation... En fait rien de cela. Les passagers de l'avion en provenance d'Europe sont morts. Ils semblent ne pas avoir été conscients de ce qu'ils leur arrivaient car les visages sont sereins, les attitudes normales. Rien n'est logique, rien de traduit une mort violente mais ce dont on est sûr c'est qu'elle n'a rien de naturelle. Toutes les analyses effectuées ne signalent rien qui puisse présager la propagation d'un virus. Le lendemain, une éclipse totale plonge New-York dans la nuit et laisse le champ libre à une créature...celle qui est restée dans la soute de l'avion, dormant dans un cercueil et attendant patiemment que l'heure soit venue de contaminer toute une population.

La lignée est le premier tome d'une trilogie vampirique qui tient plus du scénario à sensations que d'un bon roman d'angoisse. L'écriture de Guillermo del Toro est très visuelle. Les scènes ressemblent fortement à des plans de caméra et les personnages sont assez stéréotypés. Pourtant j'ai totalement adoré. J'en ai eu des frissons et des sueurs froides. Les créatures imaginées par Guillermo del Toro sont laides, horrifiques et repoussantes : un aiguillon qui sort d'une bouche et vous happe la gorge, pompant le sang humain. Un virus qui se transmet, une contamination à grande échelle : tout cela tient du scénario catastrophique, un film d'horreur aussi angoissant que flippant. J'ai passé un agréable moment même si le roman souffre de défauts. Les personnages sont caricaturaux : le docteur Ephraïm, scientifique de nature et d'âme n'arrive pas à réaliser ce qui se trouve face à lui, le vieux professeur sorti des Balkans, qui a étudié le "Maître" et qui ne vit que pour le supprimer, une sorte de Van Helsing moderne... Il y a de l'action, du rebondissement, des scènes cinématographiques où le sang gicle, la tension monte. Il y a de la peur, de l'effroi et de l'adrénaline. Il y a même les petites anecdotes sur la vie privée du personnage principal : son divorce, sa relation avec son fils... dont d'ailleurs on se passerait bien! Tout tient du script. Alors oui ça marche pour ceux qui sont comme moi, amateurs de frissons. Oui on passe un moment de lecture électrisant mais ce n'est pas de l'écriture : c'est du consommable!


Lire l'article très critique du Cafard cosmique
L'avis de Book en Stock, Hecate, et Stephie

mardi 5 avril 2011

Mee Petite fille du matin calme

Marie-France Chevron
Illustré par Agnès Domergue

Editions Limonade
Paru en Mars 2011
32 pages
11,50 euros


Album Jeunesse dès 4 ans
Thèmes : Adoption, Parents, Amour





Mee signifie "beauté" en coréen. Mee est une petite fille, douce et merveilleuse. Elle vit seule près d'un arbre qui veille sur elle. Un matin, l'arbre lui dit de partir à la rencontre de ses nouveaux parents. De l'autre côté de la Terre, un papa et une maman attendent Mee pour l'aimer et la protéger. Sur son chemin, Mee sent les fleurs, marche sur des bambous, s'endort dans la nature bienveillante et se demande à chaque fois si la voix qu'elle entend est celle de sa maman.
Le vent murmure des appels d'amour et de joie. Mee est là avec son coeur battant d'un bonheur tout proche :

"Mee, qui cherche,
Mee qui court,
Mee qui veut trouver le chemin de l'amour...
Tous les enfants viennent des étoiles,
des étoiles qu'il y a dans les yeux de leurs parents.
Ton étoile est là, Mee,
regarde et accroche-toi ! "



Puis la fin du chemin arrive. Les parents de Mee l'accueillent dans leurs bras. Pour Mee, c'est une nouvelle vie qui commence... et pour ses parents, Mee est le plus précieux des cadeaux.

Mee, Petite fille du matin calme est un
album magnifique qui traite d'un thème difficile et délicat : celui de l'adoption. Le texte de Marie-France Chevron est beau par sa simplicité. Les mots sont poésie, doux, sobres, choisis avec le coeur. Il émane de cet album une grande sensibilité, riche de métaphores : celle des racines de la petite Mee qu'elle gardera toujours en elle, celle de la nature comparable à la bienveillance des parents, celle de l'adoption qui est une seconde naissance. Les illustrations sont en complète harmonie avec le texte : des tons pastels, un voile de délicatesse et une infinie tendresse. Une belle découverte...un coup de coeur.



Raoul Taffin cow-boy

Gérard Moncomble
Illustré par Frédéric Pillot

Milan Jeunesse
Collection Raoul Taffin
Paru en Mars 2011
32 pages
11,90 euros


Album Jeunesse dès 5 ans
Thèmes : Aventure, Humour, Héros


"Raoul Taffîn est cow-boy. Un vrai de vrai. Il a un chapeau et il mâche du chewing-gum. En plus, il n'a peur de rien. Même pas des terribles Pieds-Panés. Ils enlèvent sa soeur chérie ? OK ! Ils vont le regretter, ces faces de prout ! Ca va faire mal..."


Raoul Taffin cow-boy c'est l'histoire mouvementée et trépidante d'un petit garçon qui s'invente tout un monde. Horreur!! Léa, la petite soeur de Raoul a été enlevé par les terribles Pieds-Panés. Raoul Taffin n'hésite pas à se lancer dans l'aventure et à chevaucher son fidèle Clafoutis pour partir à la poursuite des Indiens. Sur sa route...que d'embûches : du troupeau de bisons aux coyotes affamés en passant par la chaleur torride d'un désert cerné par les vautours, ça va mal mais Raoul tient bon !

Un western bien mené, rempli d'humour et d'actions. Poursuite des Indiens, capture puis sauvetage de la petite soeur, les aventures imaginées au rythme des animations de la ville sont originales et pleine d'entrain, surtout la fin qui ne manquera pas de faire sourire! La dernière double-page se déplie grâce à des rabats et confronte ainsi le "rêve" imaginé par l'enfant à la réalité des animations qui constituent son environnement. Sur fond de Grand Ouest, Raoul Taffin cow-boy est un album dynamique et coloré, aux illustrations drôles et vives.

Je remercie tout particulièrement les éditions Milan Jeunesse pour la découverte.

samedi 2 avril 2011

Rivage Mortel

Carrie Ryan

Gallimard Jeunesse
Traduit de l'anglais (USA) par Alice Marchand
Paru en Mars 2011
528 pages
17,50 euros


Roman ados à partir de 14 ans
Thèmes : Zombies, Amour, Horreur




Résumé de l'éditeur : Non loin de la mer, Gabry, 17 ans, vit en sécurité avec sa mère, Mary, dans une ville protégée des Mudos (revenus de la mort, affamés de chair humaine) par la Barrière. Un soir, Gabry et ses amis bravent l'interdit, franchissent la Barrière et se font attaquer par un Brisant (Infecté devenu bien plus rapide qu'un Mudo). Catcher, l'amoureux de Gabry est mordu et reste caché attendant sa fatale mutation, tandis que sa meilleure amie, Cira, est capturée par les Miliciens. Le jour où Gabry apprend par sa mère qu'elle l'a trouvée dans la Forêt des Damnés vers l'âge de 4 ans, elle est anéantie mais se décide à fuir par l'océan pour retrouver Catcher.
Elias, un étranger, l'aide à le retrouver et à combattre des Mudos. Mary décide de retourner dans la Forêt sur les traces de son passé mais Gabry refuse de la suivre, terrorisée. Elle l'y retrouve plus tard alors qu'elle fuit les Patrouilleurs avec Catcher, Elias et Cira. C'est là que Gabry apprendra enfin d'où elle vient.

A propos de l'auteur : Carrie Ryan est née en Caroline du Sud. Ancienne avocate, elle est aujourd'hui écrivain à temps plein et vit en Caroline du Nord avec son fiancé. Rivage Mortel est la suite de La Forêt des Damnés.


Gabrielle vit sur le rivage, de l'autre côté de la Forêt. Petite, à l'école, on lui a enseigné que les villageois étaient protégés grâce à la Barrière. Puis sa mère, Mary, est la gardienne du phare, gardienne du rivage où viennent s'échouer les Mudos, lors des marées. Mary veille à ce qu'ils ne se relèvent pas car rien ne peut les tuer hormis la décapitation. Gabry se sent en sécurité et grandit loin de la peur qu'inspire les Damnés...les Mudos, les muets. Avec sa bande d'amis : Catcher et Cira, elle franchit la Barrière. Curiosité ? Envie de frissons ? Défi de l'adolescence ? Ls jeunes ne ressentent pas le danger. Jusqu'au moment où un Brisant attaque le groupe et infecte plusieurs d'entre eux. Impuissante, apeurée, paralysée, Gabry observe et tente du mieux qu'elle peut de sauver ses amis, mais Catcher est blessé. In extremis, elle arrive à s'enfuir et à retourner au phare, épuisée. Le lendemain, les Miliciens ont capturé ces jeunes jugés comme des inconscients. Alors que les infectés seront condamnés, les autres attendent la sentence. Désespérément seule, Gabrielle est partagée entre la culpabilité et la honte de s'en être sortie, en abandonnant derrière elle sa meilleure amie et l'amour de sa vie. Mais il est hors de question qu'elle soit lâche et décide de retrouver Catcher même si pour cela il faut une fois de plus franchir la Barrière et risquer le pire...


La Forêt des Damnés instaurait une atmosphère pesante et lourde de sensations. On faisait connaissance avec Mary, 17 ans, jeune fille téméraire, curieuse qui voulait comprendre le monde fou dans lequel elle évoluait. Obnubilée par ses désirs d'océan, persuadée que l'eau serait le seul échappatoire aux zombies. On quittait Mary alors qu'elle atteignait le rivage...une plage, dernier rempart pour protéger la Ville. Dans Rivage Mortel, c'est Gabry qui raconte son univers. La ville dans laquelle elle a grandit est protégée et les habitants ne ressentent pas ce sentiment d'urgence. Les Patrouilleurs veillent et font des rondes pour tuer les Mudos. Le Conseil est strict et l'organisation pour la survie de l'espèce humaine est assidue. Gabry est une adolescente qui vit donc dans une relative insouciance, engluée par les règles et rassurée par la Barrière. Très différente de sa mère, qui à son âge, était plus alerte, consciente des limites du Grillage et des lois instaurées par les Soeurs, prête à braver l'interdit et à s'enfoncer dans la Forêt. Alors que Gabry évolue dans cette atmosphère plus légère, épargnée par l'horreur et la peur de se battre pour survivre, le destin va la rattraper... Les Mudos ne sont jamais loin, toujours prêts à attaquer. Leurs gémissements ne s'éteignent jamais, toujours attirés par la chair humaine. Au moment où Gabry franchit la Barrière, le lecteur retrouve cette peur instinctive. L'appel de la Forêt est là, ancré dans les mémoires, et Gabry, tout comme Mary, devra la traverser, en quête de vérité et de questions sur ses origines...

Il y a de nombreuses similitudes entre La Forêt des Damnés et Rivage Mortel tant sur le plan narratif que sur le déroulement de l'intrigue. Le décalage des deux générations est intéressant et original. Mary est toujours présente mais un regard nouveau nous la présente. Deux générations différentes à vingt années d'intervalle : l'une maladroite, autoritaire qui s'appuie sur des règles désuètes, l'autre plus moderne et organisée. La lecture est envoûtante et toujours aussi prenante. Gabry semble moins courageuse que Mary, mais elle n'est pas lâche. C'est un personnage qui suit une belle progression psychologique. Entre épouvante et horreur, Carrie Ryan sait créer une ambiance captivante, emplit de suspens, d'angoisse mais aussi de romantisme. Ce second tome confirme tout le talent de cette jeune auteure, contenant sa part de révélations et de réponses à nos questions pressantes. Carrie Ryan a inventé un monde peuplé de zombies, un monde apocalyptique qui prend toute sa puissance dans la fin du roman car après "La Forêt des mains et des dents", le monde continue vers un inconnu plus tragique encore. Néanmoins l'espoir demeure dans ce roman d'apprentissage qui nous propose une réflexion sur la place du malheur dans nos vies, le bonheur et nos erreurs...Malgré le chaos qui règne, le chemin est toujours le même : celui du coeur. Carrie Ryan signe encore un roman époustouflant, moins sensationnel et menaçant que le premier mais toujours aussi séduisant et persuasif.



Pour plus d'infos : l'article du blog de Gallimard Jeunesse (On lit plus fort) ICI
Mon billet sur la Forêt des Damnés
Je remercie sincèrement les éditions Gallimard Jeunesse pour ce partenariat.