dimanche 28 août 2011

La belle au bois dormant


Jacob & Wilhem Grimm
Illustrations Adolie Day

Toucan Jeunesse
Paru en Octobre 2010
34 pages
17 euros


Album Jeunesse dès 5 ans



Il était une fois un roi et une reine dont le désir le plus cher était d'avoir un enfant. Leur voeu est exaucé et comblés de joie et de bonheur, les heureux parents célèbrent la naissance en invitant les treize fées à se pencher sur le berceau de l'enfant. Seulement il n'y a que douze fées présentes, le jour de la réception car la dernière est considérée comme mauvaise. Chaque marraine accorde un voeu pour la princesse. Elle aura la beauté, le talent, la bonté mais la treizième fée, pour se venger, jette une terrible malédiction sur la princesse...

Le conte des Frères Grimm revisité par l'imagination d'Adolie Day ! C'est une pure merveille empreinte de féérie, d'enchantement des décors, de couleurs subtiles et magiques...Les illustrations sont tout simplement magnifiques, lumineuses et éclatantes de beauté. Les détails fantaisistes sont frais et doux. Originalité et modernité font de cet album, une version très réussie qui plaira aussi bien aux petites filles qu'aux grandes!






Son premier album Le chasseur de papillons
A visiter le blog d'Adolie Day

samedi 27 août 2011

La Rêveuse d'Ostende

Eric-Emmanuel Schmitt

Le Livre de Poche
Paru en Mars 2010
246 pages
6,50 euros


Quatrième de couverture : Pour guérir d'une rupture sentimentale, un homme se réfugie à Ostende. Sa logeuse, une vieille dame solitaire et mystérieuse, Emma Van A, se confie peu à peu à lui et, un soir, finit par lui avouer son grand secret : une étrange et incroyable passion amoureuse. Fiction ou réalité ? Cinq histoires - " La rêveuse d'Ostende ", " Crime parfait ", " La guérison ", " Les mauvaises lectures ", " La femme au bouquet " - où Eric-Emmanuel Schmitt montre le pouvoir de l'imagination dans nos existences.
A propos de l'auteur : Né en 1960, normalien, agrégé et titulaire d'un doctorat en philosophie, Eric-Emmanuel Schmitt s'est d'abord fait connaître au théâtre avec Le Visiteur, devenu un classique du répertoire international. Rapidement, d'autres succès ont suivi. Plébiscitées tant par le public que par la critique, ses pièces ont été récompensées par plusieurs Molière et le Grand Prix du théâtre de l'Académie française. Son oeuvre est désormais jouée dans plus de cinquante pays. Sa carrière de romancier, initiée par La Secte des égoïstes, s'est entre autres poursuivie avec L'Evangile selon Pilate, La Part de l'autre, Ulysse from Bagdad... Son Cycle de l'Invisible (Milarepa, Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran, Oscar et la dame rose, L'Enfant de Noé) a remporté un immense succès en France et à l'international. En 2006, il écrit et réalise son premier film, Odette Toulemonde (sorti en février 2007). Grand amateur de musique, Eric-Emmanuel Schmitt est aussi l'auteur d'une autofiction : Ma vie avec Mozart. Il vit à Bruxelles et vient de réaliser son deuxième film, tiré d'Oscar et la dame rose.


La Rêveuse d'Ostende est la première nouvelle de ce recueil qui en comporte cinq. Un écrivain part en vacances à Ostende pour oublier un chagrin d'amour. Il fait la rencontre de sa logeuse, une vieille dame en fauteuil roulant, d'apparence froide et méfiante qui ne lit que des classiques de la littérature. Tout d'abord, fragile et timide, la dame confie progressivement son passé affectif avec un prince. Fantasme, réalité ou folie ? l'écrivain se pose milles questions sur cette femme énigmatique qui a caché à son entourage une histoire d'amour de jeunesse passionnée et merveilleuse...
"Crime parfait" est de loin une de mes nouvelles préférées car l'auteur y distille tout son art du récit sur le pouvoir de l'imagination. Alors qu'ils partent en randonnée, une femme pousse son mari du haut d'une montagne. Les autorités concluent à un tragique accident et la femme n'est donc pas soupçonnée d'avoir tuer son mari. Quelques mois s'écoulent avant qu'un témoin n'intervienne dans l'affaire et la dénonce. Mais la femme s'efforce de se souvenir de son passé heureux, de son mariage réussi et arrive à se défendre et à tromper les avocats. Le procès ne la condamne pas. Elle retrouve sa liberté mais s'efforce de se souvenir. Comment cette femme a-t-elle pu tuer son mari, convaincue qu'il la trompait et la dénigrait? Qu'est-ce qui a déclenché sa haine et sa colère envers lui?
"Guérison" met en scène une jeune infirmière, Stephanie, 25 ans qui grâce à un patient aveugle va apprendre à s'apprécier et à s'aimer.
"Mauvaises lectures" est l"histoire insolite d'un professeur bien intolérant qui juge les best-sellers et les thrillers comme des "mauvaises lectures" pour femmes au foyer ou célibataires. Jusqu'au jour où il commence la lecture de "La Chambre des noirs secrets" et s'identifie dangereusement à l'héroïne.
"La femme au bouquet" est une jolie nouvelle, poétique et mélancolique qui nous raconte que sur le quai de la Gare de Zurich, attend, depuis plus de quinze ans, chaque jour, une femme avec un bouquet de fleurs. Le narrateur se demande qui elle attend...


Dotée d'un humour insolite, la plume d'Eric-Emmanuel Schmitt arrive à emporter ses lecteurs dans des histoires tour à tour mystérieuses où le réel se confond avec le pouvoir de l'imagination et le rêve. Il y a de la poésie, de la nostalgie, de l'amour qui émane de ses récits et de ses personnages.
J'ai aimé la manière dont l'auteur nous amène doucement à réfléchir. Comment un "rien", une rumeur ou un fait anodin peut changer toute une vie et nous forcer à prendre une décision qui s'éloigne de notre personnalité, à l'image de cette femme qui tue son mari alors qu'elle réalise qu'elle l'aimait. De belles histoires, toute en simplicité et en émotion. Un recueil agréable à lire.


Le passeur

Lois Lowry

Ecole des Loisirs
Collection Medium
Traduit de l'anglais (USA) par Frédérique Pressmann
Paru en Mai 1993
288 pages
8,80 euros


Prix Newbery Medal 1994
Roman ados à partir de 12 ans
Thèmes : Mémoire, Société, Courage


Quatrième de couverture : Dans le monde où vit Jonas, la guerre, la pauvreté, le chômage, le divorce n'existent pas. Les inégalités n'existent pas, la désobéissance et la révolte n'existent pas. L'harmonie règne dans les cellules familiales constituées avec soin par le comité des sages. Les personnes trop âgées, ainsi que les Nouveaux nés inaptes sont " élargis ", personne ne sait exactement ce que cela veut dire. Dans la communauté, une seule personne détient véritablement le savoir : c'est le dépositaire de la mémoire. Lui seul sait comment était le monde, des générations plus tôt, quand il avait encore des animaux, quand l'œil humain pouvait encore voir les couleurs, quand les gens tombaient amoureux. Dans quelques jours, Jonas aura douze ans. Au cours d'une grande cérémonie, il se verra attribuer, comme tous les enfants de son âge, sa future fonction dans la communauté. Jonas ne sait pas encore qu'il est unique. Un destin extraordinaire l'attend. Un destin qui peut le détruire.



Le passeur est le premier roman d'une trilogie qui comporte également L'élue et Messager. Il s'adresse à un public jeune même si j'ai trouvé le propos hautement approfondi et complexe sur le thème de la perte de la liberté individuelle.
Dans une société futuriste et utopique, les individus sont formatés pour ne plus ressentir aucune émotion, aucun sentiment pour le bien être de la collectivité. Le comité des Sages attribue à chacun un rôle et une cellule familiale. Des règles de bienséance et de fonctionnement sont établies afin que la communauté puisse vivre en harmonie. Jonas, 11 ans vit avec ses parents et sa petite soeur Lily. Chaque année, au mois de décembre, les enfants doivent participer à une cérémonie. Il y a en tout douze cérémonies qui commencent dès l'âge de un an où l'enfant se voit attribuer sa famille et son nom. Jonas attend avec appréhension son rite de passage à l'âge adulte, c'est-à-dire à l'âge de 12 ans. C'est à ce moment là qu'il recevra son statut au sein de la société, autrement dit son rôle, son devoir et son futur métier pour qu'il trouve sa place dans ce monde. Jonas se pose beaucoup de questions sur sa future appartenance alors que sa soeur Lily est très excitée à l'approche de ses huit ans où on lui donnera un vélo. Quel travail Jonas va-t-il hériter ? Sera-t-il à la hauteur tout comme son père ?
C'est alors que le comité des Sages lui donne une fonction très importante : celle de passeur. Très vite Jonas va apprendre que devenir passeur est un parcours douloureux car c'est le
dépositaire de la mémoire de toutes les générations précédentes. Etre passeur c'est être seul car Jonas ne doit en aucun cas partagé ce secret avec sa famille et son entourage. C'est un rôle difficile et lorsque Jonas comprendra à quel point les règles de sa communauté sont injustes, choisira-t-il la voie de son coeur ou celle du citoyen ?

Roman d'apprentissage par excellence, Le passeur est une magnifique histoire d'initiation où l'enfant apprend ce que sont les émotions dans une société qui a tout contrôlé. Le monde dans lequel vit Jonas n'a pas de couleurs. Ses parents sont fiers de lui mais ne l'aiment pas car les individus ne connaissent pas les sentiments. La vie est policée et lissée au rythme des règles convenues par les sages, au nom du bien être public, de la citoyenneté. Toute subjectivité est annihilée grâce à une pilule. Il y a aussi le thème de la mort, du refus de cette société qui se traduit par l'élargissement qui n'est autre qu'une mise à mort clinique et médicalement assistée. En tant que futur passeur, Jonas est le dépositaire d'une mémoire faite de rêves communiqués par son mentor. Il apprend ce qu'est la souffrance, la guerre, la douleur physique et les quelques consolations de bonheur ne sont rien comparé au vol de la mémoire. Jonas porte un poids qu'il ne peut partager et découvre les couleurs, la neige, la sensation du soleil sur la peau. J'ai trouvé ce roman très beau et bien écrit. L'intrigue s'étend progressivement vers un récit existentiel, teinté de nostalgie et d'une profonde mélancolie. Que ferait-on d'un monde sans saveurs, où tout est fade et sans goût ? Faut-il oublier pour être heureux ? ou au contraire se souvenir malgré la douleur et avancer ?

lundi 22 août 2011

Entre ciel et mer, les défis d'Auguste Piccard

Sophie Humann (Auteur)
Vincent Dutrait (Illustrateur)

Gulf Stream Editeur
Collection L'histoire en images
Préface de Bertrand Piccard
Paru en Avril 2010
54 pages
15 euros


Album Jeunesse à partir de 11 ans
Documentaire (Sciences)
Thèmes : Exploration, Progrès technique, Physique.


Quatrième de couverture :
Un album pour revivre les exploits scientifiques d'un chercheur hors du commun. Dépasser les plus hauts sommets et flotter dans la stratosphère ; inventer le premier bathyscaphe et plonger au coeur des océans... A la fois savant et explorateur, ce sont autant de défis qu'Auguste Piccard a su relever en conjuguant les forces de la nature et la recherche scientifique pour réaliser les plus fous des rêves de l'homme. Une quête passionnée que poursuivront son fils Jacques et son petit-fils Bertrand.



Auguste Piccard était un physicien suisse. Grand explorateur de la verticalité, il inventa plusieurs appareils scientifiques qui permirent à l'homme d'explorer le ciel et la mer : le ballon à hydrogène pour la stratosphère et le bathyscaphe pour les plongées sous-marines. Il obtint plusieurs records du monde pour ses inventions et fut le premier homme à observer la courbure terrestre... Ingénieur passionné, l'album Entre ciel et mer raconte la biographie de cet homme hors du commun, toujours déterminé à réaliser ses rêves malgré les difficultés. Ce n'est là qu'un tout petit aperçu de la richesse de cet album qui relate avec force et précision toute l'oeuvre de ce scientifique. La préface de Bertrand Piccard, le petit-fils d'Auguste est mémorable et m'a beaucoup émue. Elle donne réellement l'envie de connaître les exploits de son grand-père et surtout de comprendre comment il n'a eu de cesse de repousser les limites de la physique et d'expérimenter la notion de progrès, en la rendant possible.

Alors pour tout vous dire je ne suis pas une férue de sciences et de physique, parce que je n'y ai jamais rien compris et que ce n'est pas ma tasse de thé. Mais paradoxalement, j'ai apprécié la lecture de cet album qui oscille entre romanesque et récit historique. Ponctué de graphiques, de détails, de dates et d'annexes, on pourrait se perdre dans les explications scientifiques et il est vrai que la démarche d'Auguste Piccard est complexe. Cependant, même si à mon sens, le jeune lecteur ne suivra pas tout, il saura se retrouver et retenir l'essentiel grâce à un texte accessible et bien raconté. La vie du savant Auguste est vraiment passionnante et d'emblée l'enfant sera curieux. Le point positif de l'album étant le côté narratif, qui traduit les expériences scientifiques en illustrations attrayantes. L'enfant pourra utiliser l'album selon ses propres besoins : soit en admirant les dessins révélateurs et en lisant l'histoire comme un récit autobiographique sans s'attarder sur les dates historiques, soit en se focalisant sur la notion d'avancée technologique et en se posant des questions, avide de savoir comment tout cela fonctionne.

Il y a même des anecdotes sympathiques à découvrir : Auguste Piccard inspira le personnage du Professeur Tournesol au créateur de Tintin! Entre ciel et mer, les défis d'Auguste Piccard est avant tout une merveilleuse aventure d'exploration. C'est fascinant et surtout magique car l'album débute avec Auguste, tout jeune, sur une montagne des Alpes suisses, en train d'admirer un ballon à hydrogène. Entre émerveillement et curiosité, il voudrait monter encore plus haut ! Son destin était déjà tout tracé. C'est l'histoire d'une passion qui est retranscrite avec sensibilité et Sophie Humann a su rendre hommage à cet homme avec des mots simples et accessibles. Les illustrations rendent cet album agréable à regarder et les dessins de Vincent Dutrait collent parfaitement à l'époque grâce à leur charme suranné.

Pour terminer ce billet, je voudrais revenir à la préface de Bertrand Piccard. Elle est excellente car elle explique la motivation et la raison d'être de cette publication réussie à plus d'un titre :


"Au-delà des mots et des faits, se trouvent des valeurs universelles aussi utiles aux enfants qu'aux adultes : la curiosité, la confiance dans l'inconnu, le désir de repousser les limites communément admises, l'esprit de pionnier et d'exploration. Des valeurs qui ne sont pas seulement utiles pour explorer le ciel et les abysses, mais qui sont aussi indispensables dans la vie de tous les jours."




Je remercie sincèrement Angela et les éditions Gulf Stream pour la découverte.

dimanche 21 août 2011

SAM


Jérôme Noirez
Aurélien Police

Gulf Stream
Hors Collection
Paru en Novembre 2009
56 pages
16,50 euros


Album Jeunesse dès 5 ans
Thèmes : Sorcière, Famille, Fantastique


Quatrième de couverture : Sam a (deux cent) douze ans. C'est une sorcière. Sam a le pouvoir de donner vie à des créatures qu'elle découpe dans de la " peau de nuit ". Accablée de solitude, elle se façonne un jour une petite soeur, mais elle rate son coup de ciseaux et donne naissance à " ça ", une ombre aussi méchante qu'envahissante... Une ombre dont il va falloir se débarrasser, quitte pour cela à lui découper un " papa d'épouvante ".





Sam dit aux gens qu'elle a douze ans. Mais elle ment. Elle a deux cent douze ans, ce qui est normal même si elle a l'apparence d'une petite fille. C'est une sorcière! Une sorcière avec un chat mais sans balai. Sa spécialité : découper des formes, créer des choses juste avec de l'ombre! Son chat c'est un chat d'ombre qu'elle a découpé dans une "peau de nuit". On appelle ça la magie des découpules. Ce n'est pas que Sam se sente seule mais comme elle ne sort pas dehors, elle s'ennuie et voudrait un peu de compagnie! Elle décide de créer une "petite soeur". Il y a comme un hic! Pas facile de découper un patron de soeur, Sam s'énerve, s'embrouille les ciseaux et le résultat est chaotique : la petite soeur a des couettes! Ce qui, entre nous, ne lui va pas très bien car la soeur en question est cruelle et violente. Bref, c'est une soeur ratée qui s'appelle Cà avec un C cédille. Sam retente l'expérience et elle réussit à créer une petite Sa, parfaite et mignonne. C'est la copie conforme de Sam et fait tout comme elle. Mais Ca, la méchante soeur ratée est méchante et ignoble. Maléfique et diablesse dans l'âme, c'est un monstre terrorisant tout le monde à coups de pieds et de tonnerre. Elle s'en prend à Sa, la maltraite tout comme le chat. Ce n'est plus possible, aussi Sam a une autre idée! Brillante?! Créer un "papa d'épouvante" rien que pour Ca...




Un format grandiose, des illustrations magnifiques et lumineuses, un graphisme ambitieux et original...ce ne sont là que des arguments de taille pour dire de cet album que c'est une belle réussite. Le texte est poétique et fait écho à des images de toute beauté. Le choix du graphisme est fascinant : les illustrations sont un mélange de dessins, de collage de papier, de photos. Aurélien Police est l'illustrateur des couvertures des romans de la collection "Courants noirs". Son style accroche le regard tout comme la couverture de SAM qui provoque curiosité et émerveillement. Une sorte de bricolage artistique qui agrémente harmonieusement l'esprit décalé et fantasmagorique de la jeune sorcière qui elle aussi pratique le mélange pour créer des animaux dans une substance faite d'obscurité. Le ton est à l'humour, à la fois loufoque et fantaisiste. L'imaginaire est sombre, macabre, empreint d'onirisme. On pense à Tim Burton, bien sûr mais aussi à Mathias Malzieu et à Neil Gaiman. Alors oui, Sam n'est pas un conte de fées et l'histoire est un brin flippante! Parce que le ça n'est autre que le pendant machiavélique et le côté obscur que chacun a en soi. Mais on se régale et surtout le lecteur appréciera la recherche esthétique d'une création qui vole très loin de ce qu'on peut voir en albums destinés aux enfants.



Un IMMENSE merci à Angela pour ce chouette cadeau et
aux éditons Gulf Stream
Un coup de coeur pour MyaRosa, l'avis d'Adalana
Un petit tour sur le blog d'Aurélien Police, vous ne serez pas déçus!



COPYRIGHT/ Droits réservés Aurélien Police/ Gulf Stream Editeur

samedi 20 août 2011

Attaques nocturnes

Thierry Lefèvre

Gulf Stream Editeur
Collection Courants noirs
Paru en Septembre 2008
223 pages
12,50 euros


Roman ados dès 13/14 ans
Thèmes : Policier, Enquête, Journalisme


Quatrième de couverture : Paris, 1867. Venu vendre ses bœufs aux abattoirs de La Villette, un éleveur limousin est assassiné par une nuit de janvier dans le XIXe arrondissement, l'un des coupe-gorge de la capitale. Prévenu par un informateur à la morgue, Jean-Eustache Delteil, directeur du quotidien L'Aube de Paris, charge Victor Hyvert d'une enquête sur la recrudescence des ces " attaques nocturnes ". Assisté du jeune Jules Mercoeur, le garçon de courses du journal, Victor s'enfonce dans les marges obscures de la ville. Surineurs, vagabonds et ajusteurs de coins de rues y prospèrent. C'est dans un Paris secret, inquiet et souterrain, que Victor et Jules vont suivre la piste de Sang-de-Fer, celui qui sème la terreur dans l'Est parisien. Pour le démasquer, ils miseront leur vie...
A propos de l'auteur : Auteur de polars pour la jeunesse et de poésie, Thierry Lefèvre dirige la collection " Courants noirs ". Passionné par Paris, il en a fait le décor privilégié de plusieurs de ses romans pour adolescents.


Attaques nocturnes est un bon polar, bien noir, bien sombre comme beaucoup les aime. C'est un roman policier d'époque qui se déroule dans le Paris du XIXème siècle, théâtre de crimes organisés et des attaques dites nocturnes, véritables coupes gorges orchestrés d'une main experte. Une série de meurtres dans le 19ème arrondissement interpelle deux journalistes du journal "L'Aube de Paris" : Victor Hyvert et Jules Mercoeur, un gaillard adolescent, encore apprenti. Les deux compères sont priés d'enquêter sur ces assassinats qui, dès lors,
apparaissent comme de banales affaires de bandits, des attaques plutôt crapuleuses, sans aucun lien entre elles. Les deux victimes ne se connaissent pas. Seulement l'enquête des deux journalistes mène tout droit à la corporation des bouchers où tous les faits se rejoignent. Il semblerait que ces attaques nocturnes soient des assassinats déguisés pour cacher un complot plus vaste et personnel. Trimballés du cimetière juif, au quartier de La Villette et au parc des Buttes-Chaumont, Victor et Jules prennent en filature un dénommé Sang-de-Fer...

La collection Courants noirs est une collection qui propose des textes denses et approfondis à destination des adolescents dont le genre reste le policier mais aussi le roman d'aventure et d'apprentissage. Avec Attaques nocturnes, le lecteur découvre un Paris mal famé et les décors des différents quartiers sont décrits à la perfection. Ambiance garantie donc. L'auteur a fait un travail remarquable de recherches que l'on retrouve en annexe à la fin de l'ouvrage. L'écriture est riche en vocabulaire ; les expressions verbales de l'époque sont restituées avec goût et le style est perfectionné. L'atmosphère est sombre mais l'enquête est vraiment prenante et bien menée avec du mystère, des rebondissements, de l'action et un dénouement sympathique. Les relations entre Victor et Jules sont empreintes de méfiance, de non-dits et cela participe également au climat étrange de ce polar. Le roman est enrichissant puisque l'intrigue se place dans le contexte historique de la politique de Napoléon III. J'ai aimé le fait que les attaques nocturnes ont réellement existé, comme expliqué en annexe avec un article de journal qui relate le procédé et la technique : étrangler la victime jusqu'à évanouissement, lui faire les poches et l'abandonner. Le seul bémol c'est le vocabulaire spécifique et beaucoup de détails qui font perdre parfois le fil de l'histoire et auquel les adolescents auront un peu de mal à se repérer. Dans les annexes, le lexique des mots difficiles est judicieux mais les ados auront-ils envie d'arrêter leur lecture pour y venir chercher la définition ? Destiné aux adolescents, Attaques nocturnes peut très bien s'adresser aux adultes qui seront plus sensibles à toute cette recherche, tout comme j'ai été particulièrement intéressée par les annexes et les plans de Paris au XIXe siècle. Un bon polar du genre, peut-être encore un peu difficile pour les jeunes ados de 12 ans. A conseiller à partir de 13 ans ou pour lecteurs avertis.



Un grand merci à Angela et aux éditions Gulf Stream pour cette découverte et ce tout nouveau partenariat qui fait du bien! C'est toujours un plaisir de promouvoir des éditeurs indépendants, d'enrichir nos compétences en littérature de jeunesse et d'avoir la chance de pouvoir lire leurs publications.

vendredi 19 août 2011

Vampire Kisses - Tome 1


Ellen Schreiber

Castelmore
Traduit de l'anglais (USA) par Nenad Savic
Paru en Juin 2011
250 pages
12,90 euros


Roman ados dès 12 ans
Thèmes : Gothique, Différence, Adolescence, Vampire
, Lycée

Quatrième de couverture :
Raven, 16 ans, est une originale, avec son look gothique et son esprit rebelle. Elle vit à Dullsville, la ville de l'ennui. C'est bien simple: il ne s'y passe jamais rien et tout le monde se connaît depuis toujours. Enfin, c'était vrai avant l'événement du siècle: de nouveaux habitants emménagent au sommet de la colline, dans le manoir étrange et prétendument hanté qu'on croyait abandonné depuis des lustres. Qui sont ces gens ? Et surtout, qui est le beau, sombre et insaisissable Alexander Sterling? Si les rumeurs disent vrai, ce sont des vampires. Raven, qui rêve d'un baiser avec un vampire depuis la maternelle, est prête à risquer sa vie pour découvrir la vérité.
A propos de l'auteur : Ellen Schreiber a été comédienne et humoriste. Elle a eu une révélation au cours d'un voyage en avion : elle deviendrait écrivain. Pour travailler, elle pose son ordinateur sur une nappe en forme de toile d'araignée. De cette façon, l'inspiration ne lui fait jamais défaut.


Raven, 16 ans vit à Dullsville, la ville de l'ennui autrement dit là où il ne se passe jamais rien de bien croustillant. Le seul point d'intérêt c'est le manoir dont on dit qu'il serait hanté et qui donne un peu de piquant aux soirées initiatiques de quelques jeunes. Raven a un style bien à elle : le look gothique et une passion pour les vampires. Elle y croit dur comme fer et rêve d'une idylle avec un vampire qui la mordrait et la transformerait. Habillée et maquillée de noir, elle affiche son originalité et sa différence, sans aucune gêne même si elle se sent exclue du lycée. Considérée comme une marginale, elle n'a qu'une seule amie, connue en maternelle, Becky et ses journées de cours sont rythmées par des chamailleries avec Trevor, le mec le plus populaire du lycée, véritable cliché ambulant du playboy pas très futé. La vie est ainsi faite et Raven ne s'en formalise pas. Ses week-ends, elle les passe à regarder des DVD de Dracula et films d'horreur en tout genre, en pensant sans arrêt au baiser de son prince charmant. Jusqu'au jour où le miracle arrive! La famille Sterling, arrivant d'Europe, s'installe au manoir. Les rumeurs vont bon train, surtout que le fils de la famille, Alexander, n'en sort pratiquement jamais! Les petits curieux des coins alentours qui ont la rare chance de croiser le majordome ou le père évoquent le terme de "vampire" pour qualifier les membres de la famille Sterling. EUREKA! Il n'en faut pas plus à Raven pour mener sa petite enquête et s'introduire en douce, en pleine nuit de surcroît chez les Sterling, en espérant y rencontrer Alexander...Mais à trop vouloir l'impossible et l'incroyable, Raven ne risque t-elle pas de prendre ses rêves pour réalité...

Début prometteur pour cette série que je trouve originale avec un ton assez décalé puisque Vampire Kisses ne parle pas explicitement de vampires mais ne fait qu'évoquer la possibilité qu'ils existent en la famille Sterling. Tout est donc suggéré par les ragots et le jugement que portent les habitants de Dullsville autour des Sterling. Et c'est très drôle parce que ça change énormément de ce qu'on trouve en séries pour young adults. On ne part pas du postulat que les vampires sont là. Dans Vampire Kisses, la confusion sert l'intrigue et mène le lecteur sur le bout du nez. Vampire, pas vampire ?! Le récit est fondé sur ce questionnement qui sonne comme un leitmotiv. Très vite, l'obsession de Raven devient un espoir démesuré, une envie irrésistible de croire qu'Alexander est bel et bien un vampire, son désir le plus cher. Intrépide, au caractère bien trempé et nullement effrayée, elle n'hésite pas à mener son enquête. Le lecteur s'attend donc à ce que la jeune fille rencontre Alexander et en tombe amoureuse. Et bien sûr, sur ce coup là, c'est prévisible. Mais l'intérêt de Vampire Kisses ne réside pas dans une énième love story pour midinettes car l'intrigue prend le contre-pied de tout ça pour nous orienter vers une fin génialissime et qui ne manquera pas de laisser les lecteurs perplexes. Le roman est certes beaucoup trop court et l'écriture reste simple mais c'est un vrai régal car l'auteure nous gratifie d'une héroïne pleine de mordant dont les répliques sont vraiment tordantes. Ce tome 1 exploite à merveille l'humour et nous rappelle le côté étonnant de "Comment se débarrasser d'un vampire amoureux". C'est une parodie qui est bien construite. Une très bonne surprise puisque j'avais peur de me lancer dans une nouvelle série vampirique. Finalement, je suis conquise, surtout par cette fin qui m'a bluffée ! Alors à votre avis? Alexander? Vampire ou pas???

dimanche 14 août 2011

Le protectorat de l'ombrelle Tome 1 - Sans âme - Une aventure d'Alexia Tarabotti

Gail Carriger

Orbit
Traduit de l'anglais (USA) par Sylvie Denis
Paru en Janvier 2011
312 pages
16,50 euros


Littérature pour adultes
Genre: Science Fiction, Fantastique, Fantasy,
Bit-lit, Steampunk


Quatrième de couverture : Alexia Tarabotti doit composer avec quelques contraintes sociales. Primo, elle n’a pas d’âme. Deuxio, elle est toujours célibataire et fille d’un père italien, mort. Tertio, elle vient de se faire grossièrement attaquer par un vampire qui, défiant la plus élémentaire des politesses, ne lui avait pas été présenté. Que faire ? Rien de bien, apparemment, car Alexia tue accidentellement le vampire. Lord Maccon – beau et compliqué, Écossais et loup-garou à ses heures – est envoyé par la reine Victoria pour enquêter sur l’affaire. Des vampires indésirables s’en mêlent, d’autres disparaissent, et tout le monde pense qu’Alexia est responsable. Découvrira-t-elle ce qui se trame réellement dans la bonne société londonienne ? Qui sont vraiment ses ennemis, et aiment-ils la tarte à la mélasse ?
A propos de l'auteur : Gail Carriger écrit pour oublier qu’elle a été vaguement élevée par une expatriée de l’Empire britannique et un incurable grincheux. Elle s’est enfuie d’une petite ville pour rejoindre l’Europe et y a acquis par inadvertance une éducation et quelques diplômes. Elle a ensuite arpenté les principales villes d’Europe, se nourrissant exclusivement de biscuits fournis par son sac à main. Elle vit à présent dans les colonies avec un harem d’amoureux arméniens et du thé directement importé de Londres. Elle se dit influencée par Jane Austen, P.G. Wodehouse, Gerald Durrell, des années d’études d’histoire (elle a été archéologue) et les costumes de scène de la BBC.


Nous sommes à Londres en pleine époque victorienne, au XIXe siècle. Les êtres surnaturels, les vampires, les loups-garous, les métamorphes, les fantômes se sont révélés aux humains. Le Bureau du registre des non-naturels (BUR), un service administratif, a été créé par Sa Majesté pour régulariser toutes les allées et venues des êtres paranaturels. Alexia Tarabotti est une paranaturelle, autrement dit une des rares mademoiselle à ne pas avoir d'âme. Célibataire, avec du sang italien de surcroît, elle n'a pas vraiment la côte auprès de la haute société londonienne notamment à cause de son manque de diplomatie. Intelligente, pratiquant l'ironie et l'humour décalé, elle possède également un caractère bien trempé. Aussi lorsqu'un vampire l'attaque sans s'être même présenté dans les règles de l'art, elle est agacée et le tue avec son ombrelle dont elle se sert comme d'un pieu. Ce petit incident n'est pas au goût de Lord Maccon, un loup-garou écossais, qui contrôle le BUR et doit donc rendre des comptes à propos de ce fâcheux concours de circonstances. L'enquête commence car parallèlement, Alexia Tarabotti découvre des disparitions suspectes au sein de la communauté vampirique. Malheureusement elle devra composer avec le beau Lord Maccon et se retrouvera malgré elle, entraînée dans un vaste complot politique et scientifique...

A la fois satire des codes vestimentaires du XIXe siècle et parodie des récits actuels que l'on peut lire sur les vampires et les loups-garous, Sans âme nous plonge dans un univers décapant où l'humour raffiné côtoie brillamment une plume jusqu'ici inhabituelle et pimentée. Tout d'abord le choix du personnage d'Alexia Tarabotti est tout simplement délicieux. Elle est l'anti-héroïne par excellence. Vieille fille, italienne, intello pince sans rire, elle n'hésite pas à utiliser ses atouts les plus efficaces : une ombrelle magnifique, symbole de bourgeoisie et de haute élégance, transformée comme arme de défense, un sens de la répartie à toute épreuve et un côté "rentre-dedans" assez téméraire pour l'époque. Sans oublier qu'elle est unique dans son genre puisque son pouvoir de sans âme lui permet d'annihiler les capacités surnaturelles de ses adversaires. On se régale, on rit et on s'amuse beaucoup des joutes épiques entre Lord Maccon, l'alpha de la meute, grossier, un brin sauvage et enflammé et Mlle Alexia qui fait toujours dans la finesse. Le couple explosif dégage un potentiel érotique qui n'est pas sans rappeler un duo bien connu des amateurs de bit-lit : McKayla Lane et Barrons. Lord Maccon est mystérieux et sa nature de loup-garou prend le dessus sur les règles de bonnes conduites notamment lorsqu'il se trouve en présence d'Alexia. Gail Carriger mélange les registres et les genres pour notre plus grand plaisir en distillant ça et là des passages dignes des romans de Jane Austen. Le lecteur sera à coup sûr ravi de cette enquête fantastico-policière sur fond de steampunk et d'intrigue amoureuse aussi rythmée que charismatique! Fallait oser! C'est réussi!




La Nuit des démons

Sarah Rees Brennan

Albin Michel
Collection Wiz
Traduit de l'anglais (Irlande) par Raphaële Eschenbrenner
Paru en Septembre 2010
310 pages
13,50 euros


Roman ados dès 12 ans
Thèmes : Fraternité, Démons, Fantastique


Quatrième de couverture : Des démons vivent dans un monde parallèle au nôtre. Avides des sons, des sensations et de tout ce qu'il y a de beau sur cette Terre. A moins qu'un cercle de magiciens crée un pont pour eux, ils ne peuvent pénétrer dans notre univers. Pourtant, certains d'entre eux savent quelque chose que nous ignorons. Et ils nous poursuivent, mon frère et moi, sans relâche. Alors restez à l'abri. Restez loin des magiciens. Restez loin de nous.
A propos de l'auteur : Sarah Rees Brennan est née en Irlande en 1983. Fascinée par la littérature fantastique, elle a écrit durant son master d'écriture créative La Nuit des démons, premier livre d'une trilogie qui a rencontré un succès immédiat.



La Nuit des démons est le premier tome d'une trilogie fantastique dont la trame romanesque tourne autour des démons et de la magie. Nick Ryves et son frère Alan ont vu leur père mourir et défendre sa famille face aux magiciens qui les traquaient suite à un talisman volé par Livia. La mère des deux frères est, depuis ce jour, folle et dangereuse puisque c'est elle qui a pris pour amant un terrible magicien Black Arthur, au risque de les entraîner dans un cercle vicieux. Elle a dérobé un talisman sacré et les sorciers de Black Arthur veulent le récupérer et pourchassent la famille Ryves, sans relâche. Nick ressent du mépris, de la honte et de la colère envers cette mère imprévisible et peu aimante. Alan, quant à lui est un jeune homme posé et d'un tempérament plus calme. Libraire érudit qui souffre d'un handicap à la jambe, il s'efforce d'éduquer son frère car lui seul a le pouvoir de le raisonner. Nick est un adolescent au caractère bien trempé, qui use d'ironie et d'humour noir. C'est un garçon fougueux, impétueux, qui sait manier les épées, aime se battre et tuer les ennemis. Aussi lorsque Jamie, le frère de Mae est marqué par trois symboles par des démons, Nick n'a nulle envie d'aller au secours d'un condamné. Alan, le "bon samaritain" n'hésite pas à leur venir en aide en transposant un des symboles de Jamie sur son propre corps ce qui l'expose au danger et à une mort certaine...

La Nuit des démons est un roman sympathique et qui change de narration. Ca fait du bien d'avoir un protagoniste masculin qui nous raconte son histoire! Nick possède une énergie, certes négative mais qui rend l'intrigue excitante. C'est un personnage que j'aime beaucoup parce que tout en tension, en colère, en solitude. C'est vraiment très intéressant. Il n'est vraiment pas sociable et son frère a une personnalité assez fade même si lui aussi cache des secrets! Dès les premières pages, le ton est donné. Les magiciens sont avides de pouvoirs, ils en veulent toujours plus, pour conquérir le monde et dominer les humains. Ils fricotent avec les démons, les seuls êtres capables d'assouvir leur soif de puissance. Les magiciens doivent capturer des humains et les livrer aux démons qui sont sans pitié. Les humains sont possédés puis meurent. D'emblée, le lecteur est pris dans une réalité sombre et pesante, où le danger est omniprésent et les frères toujours sur le qui-vive. Nick est un personnage au caractère tranchant et ses relations avec les autres sont toujours assez violentes. Il provoque le conflit et s'en amuse. Et pourtant c'est un personnage attachant car on sent qu'il souffre, qu'il s'inquiète pour son frère. S'ajoute à cela un triangle amoureux dont l'intensité "physique" n'a rien à voir avec les états d'âme d'un roman pour midinettes! L'intrigue est bien menée grâce à un rebondissement de taille à la fin du récit. Je n'ai rien vu venir! Une bonne découverte donc.


Découvert chez Clarabel

samedi 13 août 2011

Wicca - Tome 2

Cate Tiernan

Hachette Jeunesse
Collection Black Moon
Paru en Juillet 2011
Traduit de l'anglais (USA) par Aude Carlier
448 pages
17 euros


Roman ados à partir de 12/13 ans
Thèmes : Magie, Sorcellerie, Amour


Résumé :
Morgan est désormais une sorcière de sang accomplie, dotée d’un puissant pouvoir. Après l’affrontement entre Cal et Hunter auquel elle a participé, elle se sent en danger. Elle a poussé le corps de Hunter dans le fleuve pour protéger Cal, et son corps n’a jamais été retrouvé. Quand Sky, la cousine de Hunter, se met à la surveiller de près, et que Selene, la mère de Cal, se fait de plus en plus intrusive, Morgan comprend qu'elle doit plus que jamais rester sur ses gardes. D’autant que sa relation avec Cal prend un tournant qu’elle n’avait pas prévu. Elle ne le reconnaît plus.
A propos de l'auteur : Cate Tiernan est l’auteure de trois séries de romans pour jeunes adultes avec la magie comme point commun. Titulaire d’un diplôme de langue et littérature russes à l’université de la Nouvelle-Orléans, elle a travaillé au sein des éditions Random House avant de se consacrer entièrement à l’écriture. Cate Tiernan vit aujourd’hui en Caroline du Nord avec ses deux filles, son mari et ses beaux-fils.



J'avais beaucoup apprécié le tome 1 de cette série fantastique où l'auteur mêle avec brio une histoire d'amour adolescente sur un fond de sorcellerie. Le second tome regroupe trois autres parties de la série à savoir Magye noire, L'éveil et Ensorcelée. Après la montée d'adrénaline puisée dans ses tous nouveaux pouvoirs et grisée par sa puissance magique, Morgan redescend sur terre suite au terrible accident qui est survenu entre Cal, l'amour de sa vie et Hunter. Morgan n'a pas hésité une seule seconde à défendre Cal et a utilisé un sort pour attaquer Hunter, l'obligeant à chuter dans la rivière. Le corps a disparu, Morgan est traumatisée et ne cesse de se traiter de meurtrière, même si Cal juge qu'elle a agi en état de légitime défense. Seulement l'attitude de Cal et surtout celle de sa mère Selene se font de plus en plus pressante envers Morgan qui ressent comme une pression, un certain malaise qui s'accroît lorsque Cal incite Morgan à pratiquer la magie noire. Selene est une sorcière très puissante et voudrait Morgan dans son coven. Cal se montre distant, parfois autoritaire et Morgan s'éloigne progressivement d'une influence qu'elle juge néfaste...

J'ai adoré ce second tome, tout aussi palpitant que le premier car si dans le tome 1 on découvrait la Wicca, ses origines, ses rituels, son Livre des Ombres, ses coven en mettant en place les personnages, l'arrivée de Cal dans la vie de Morgan... la suite révèle son lot de surprises et de rebondissements. Alors que le premier tome était très introspectif, orienté vers les pensées de Morgan et son apprentissage de la magie, le tome 2 est dynamique et l'action joue un rôle majeur. On découvre la magie noire et on en apprend plus sur les liens entretenus entre Selene et le père de Hunter grâce aux extraits de journaux intimes de divers protagonistes de l'histoire. On comprend mieux certaines affinités qui se créent. Les apparences sont parfois trompeuses et Morgan s'aperçoit qu'elle a été bercée d'illusions et de belles paroles. Cal était le personnage majeur, le héros de Wicca 1 et du coeur de Morgan. Le tome 2 retourne complètement la situation et laisse le lecteur subjugué par une auteure qui n'a pas peur d'inverser les points de vue et de semer la confusion. C'est très prenant et très intéressant car le personnage de Hunter qui inspirait méfiance et mépris devient de plus en plus important. Si Wicca reste un roman de divertissement de qualité, Cate Tiernan aborde des thèmes encore inhabituels en littérature de jeunesse : la religion contre les pratiques dites "païennes", le poids du christianisme, le choix de l'adolescent en ce qui concerne la foi et la croyance en Dieu, l'homosexualité et la sexualité avant le mariage. Cela reste encore peu exploité, ce qui est bien dommage. Mais ne gâchons pas notre plaisir avec ce petit détail car Cate Tiernan réussit à nous divertir grâce aux principes de la Wicca et à une intrigue captivante.


Je remercie Cécile et les éditions Hachette pour l'envoi et me permettre de continuer cette série!
Le tome 3 sortira le 21 septembre en France.

Cate Tiernan sera en tournée dédicace dans les librairies de Toulouse, Paris, Bordeaux, Besançon et le 30 septembre à la librairie Decitre Part-Dieu à partir de 17h30.

vendredi 12 août 2011

Les Penderwick - Tome 1 - L'été de quatre soeurs, de deux lapins et d'un garçon très intéressant

Jeanne Birdsall

Pocket Jeunesse
Traduit de l'anglais (USA) par Julie Lopez
Illustrations de David Frankland
Paru en Décembre 2008
251 pages
14,50 euros


Roman ados dès 10 ans
Thèmes : Vacances, Famille, Amitié


Quatrième de couverture : Envie de vacances inoubliables ? Dépaysement garanti avec les sœurs Penderwick ! Cet été, une surprise attend les quatre filles et leur père adoré. Au lieu du pavillon délabré prévu, la famille se retrouve dans une magnifique propriété. Les filles ne tardent pas à découvrir la magie des vastes jardins, des greniers remplis de trésors, deux lapins timides, et le meilleur pain d'épice au monde. Mais leur plus intéressante trouvaille, c'est Lucas Tifton, le fils de la glaciale propriétaire des lieux. Un parfait et mystérieux compagnon pour des vacances de rêve...



C'est la catastrophe! La maison en bord de mer à Cape Cod, louée chaque année par M. Penderwick vient d'être vendue à la dernière minute! C'est la déprime! Les petites filles Penderwick s'imaginent déjà s'ennuyant et tournant en rond pendant deux mois! Heureusement M. Penderwick a eu vent d'une belle propriété de campagne dans les monts du Berkshire, libre tout le mois d'août! Hop! Sitôt dit, sitôt embarquées les quatre filles Penderwick : Linotte la plus jeune, Skye l'impulsive, Jeanne la douce et Rosalind l'aînée. Tout ce petit beau monde est parti pour passer des vacances inoubliables, accompagné de Crapule le chien. Sur les lieux tout n'est que splendeur! Les jardins sont magnifiques, la maison est bordée d'une véranda et les filles font la rencontre du beau Thomas, le jardinier de Mme Tifton dont la réputation est déjà bien entamée : glaciale. C'est un personnage infecte, râleur, snob...et lorsque Skye tombe nez à nez avec Lucas et lui balance les ragots entendus qui ne tarissent pas d'éloge à propos de cette "casse-pieds", elle ne s'imagine pas qu'elle parle de sa mère dont il est le fils unique...

Quiproquos, course poursuite, gâteau cramé, jardin piétiné et cris d'une propriétaire excédée...c'est un peu le cocktail pétillant et bon enfant que nous réserve Les Penderwick. Un été mouvementé fait de belles rencontres, de nouvelles amitiés, de disputes sororales, de bêtises inavouées et d'un premier amour pour l'aînée. C'est frais, rempli de bonne humeur et l'on pense inévitablement à la version française de La Comtesse de Ségur Les Vacances avec une touche des Quatre filles du Docteur March. Les quatre filles Penderwick ont chacune leur caractère, leur personnalité. Elles sont soudées, se chamaillent mais elles sont toutes attachantes, rigolotes. Rajoutez à cela les excès de joie d'un chien qui arrive toujours au bon moment et d'un papa qui a du mérite grâce à une patience à toute épreuve et ça vous donne un été où l'esprit de famille rime avec gaieté et optimisme. L'ambiance est à la campagne, au jardin anglais, à une dame à l'esprit bien étriqué mais qui est malmenée par une Skye qui n'hésite pas à défendre sa famille et qui a du répondant. Le tout reste empreint de bons sentiments, avec cet air d'insouciance qui parfume tendrement le récit d'une pointe d'humour. Un été qui a du charme! Suffisamment sympathique pour que j'ai envie de lire le deuxième tome!


Tome 2 : Les Penderwick et compagnie - La rentrée de quatre filles, d'un papa célibataire adoré

et de nombreuses amoureuses.

lundi 8 août 2011

La nuit...quand tu dors...

Kim Eun-ha
Illustrations Jérôme Ruillier

Editions Le Pommier
Collection "Les bouts d'choux explorent le monde"
Traduit par Sohee Kim
Paru en Juin 2011
32 pages
12 euros


Album Jeunesse dès 5 ans
Thèmes : Nuit, Documentaire, Exploration


La nuit, tout change : mais pourquoi fait-il noir ? Et froid ? Et où va le Soleil pendant la nuit ? Et la Lune, pourquoi n'éclaire-t-elle pas comme le Soleil ? Et les chats, les chouettes, les chauve-souris, comment voient-ils la nuit ?



A propos de l'auteur : Diplomée de littérature allemande à Yonsei Université, Kim Eun-ha cherche constamment à créer des livres accessibles aux des enfants. Elle souhaite qu’ils puissent minutieusement observer ce qu'ils voient et découvrir eux-mêmes le fonctionnement des choses. Elle est l’auteur de plusieurs titres pour enfants.
A propos de l'illustrateur :
Jérôme Ruillier est né le 3 mars 1966 à Fort-Dauphin (Madagascar). Il a suivi des études aux Arts Décoratifs de Strasbourg en atelier d'illustration. Plus passionné des montagnes et d'alpinisme que de dessin, il est renvoyé en première année, puis reprend l'année suivante. Aujourd'hui il publie de nombreux albums pour la jeunesse, notamment chez Bilboquet, Albin Michel, Nathan, Autrement jeunesse.


Le soir, le soleil se couche et la nuit apparaît. La nuit est source de questionnements multiples et variés et touche également à l'imaginaire. Mais qu'est-ce que la nuit? La nuit se caractérise par l'obscurité, la lune et le froid. Un petit garçon interroge son papa : Où va le Soleil lorsque la lune survient ? De fil en aiguille, le père expliquera quelques notions clés de l'astronomie et de sciences en abordant notamment la rotation de la Terre autour du Soleil, l'alternance du jour et de la nuit en fonction de sa position... C'est l'occasion aussi d'évoquer toutes les particularités qui sont affiliées au monde nocturne : les animaux nyctalopes tels que le chat, le hibou, la chauve-souris et leur aptitude à chasser lorsqu'il fait sombre. L'album conclut sur une note que je trouve personnellement très intelligente. Le jeune Léo est enthousiaste et voudrait pouvoir jouer la nuit et posséder une excellente vue dans le noir. Le papa, à juste titre, lui expliquera le rôle physiologique essentiel que joue le sommeil réparateur. Et oui! Il est important de bien dormir pour récupérer des forces et bien grandir. Une note positive qui permet de dédramatiser l'heure du coucher qui, pour certains enfants peut être traumatisante et source de stress (cauchemars, monstres du soir).

A l'instar des albums jeunesse qui fonctionnent sur l'imaginaire et le conte autour de ce thème bien exploité, La nuit...quand tu dors... répond de manière plus pragmatique grâce à une exploration scientifique. Malgré un texte court, ce documentaire explique avec simplicité et efficacité tous les aspects de la nuit. C'est donc une excellente initiation au phénomène de la nuit, à la fois accessible et attrayante grâce aux illustrations de Jérôme Ruillier. Les dessins sont enfantins, les traits sobres et les couleurs contrastées pour une tonalité pleine d'humour et de tendresse. Un album qui, je pense, reste complémentaire et devrait s'ajouter à la lecture d'autres histoires dites "du soir", pour faire du moment du coucher, un instant de détente, certes, mais aussi d'apprentissage ludique, en répondant à toutes les questions issues de l'esprit éveillé et curieux de nos bouts de choux!


Je remercie Vincent du site des Agents littéraires et les éditions Le Pommier pour la découverte.

dimanche 7 août 2011

Un Jeu interdit

Lisa Jane Smith

Michel Lafon
Traduit de l'anglais (USA) par Isabelle Saint-Martin
Paru en Juin 2011
632 pages
22,50 euros


Roman ados dès 13 ans
Thèmes : Fantastique, Jeu, Cauchemar


TRILOGIE : Tome 1 Le chasseur, Tome 2 La poursuite, Tome 3 L'affrontement

Quatrième de la couverture : Jenny a toujours mené une vie de rêve : des parents aimants, plein d'amis, et l'opportunité de faire tout ce qu'elle veut. Afin d'organiser la fête d'anniversaire la plus éblouissante de l'année pour son amoureux, elle décide d'offrir à ses invités une aventure dont ils se souviendront. Dans le nouveau magasin d'un quartier obscur, l'énigmatique vendeur aux yeux bleus la dirige immédiatement vers " le Jeu ", une expérience unique... Alors qu'elle construit le plateau avec ses camarades, Jenny en comprend, trop tard, les véritables règles. Ils vont devoir franchir une par une les pièces d'une demeure maléfique, affrontant au cours de ce voyage infernal leurs pires cauchemars. S'ils n'y parviennent pas avant l'aube, ils resteront emprisonnés dans la maison pour toujours.



Je commence à bien connaître Lisa Jane Smith, tout d'abord parce que j'ai pu comparer Le Journal d'un vampire, la série des Night World et le tome 1 du Cercle Secret. Si la série Night World est réussie ainsi que l'excellent Cercle Secret, Journal d'un Vampire est passable et ne parlons pas de ce Jeu interdit qui pour ma part, en tant que professionnelle du livre me paraît de qualité mineure. Je ne peux m'empêcher de penser que le concept de "la trilogie en un", montre ici quelques lacunes hormis le gros coup commercial déjà initié avec Prémonitions, l'été dernier. Il est vrai que de réunir les trois tomes d'une série en un seul volume est judicieux et agréable pour les lecteurs qui n'auront pas attendre la suite mais lorsque les dits trois tomes sont de valeur inégale, on ne peut qu'être déçus. Il faudra reconnaître que l'équation auteur à succès + couverture accrocheuse tente énormément les lecteurs qui ne peuvent qu'être séduits par une quatrième de couverture follement aguicheuse : "Rester maître du jeu ou perdre la vie". Et je l'avoue la première, j'ai été tentée. Seulement à la lecture du Jeu interdit, mon enthousiasme est vite retombé.

Jenny doit préparer la fête d'anniversaire de son petit ami Tom et la jeune adolescente s'y prend à la dernière minute. La pluie sera en plus au rendez-vous alors Jenny prévoit un plan B. Elle voudrait un "truc spécial" pour surprendre Tom et ses amis et leur offrir une soirée inoubliable. Elle a choisi de se rendre dans un quartier peu fréquentable et rentre dans un magasin de jeux. Le vendeur, d'une beauté étrange et fascinante avec ses yeux bleus lui conseille une boîte blanche appelée "Le Jeu" où sept personnes peuvent participer. Enchantée, elle repart avec la boîte bien qu'elle ne sache pas précisément ce qu'elle contient. La soirée est arrivée et tout le monde s'installe, attirés par le Jeu qui déjà exerce une curiosité peu commune sur ses futurs joueurs. Ils y découvrent un plateau représentant une manoir de poupée et des figurines. Il y a L'Homme de l'Ombre, le Rôdeur et le Rampant et le jeu est simple : le Bien contre le Mal. Mais très vite, Jenny se rend compte que L'Homme de l'Ombre n'est autre que Julian, le vendeur à la beauté renversante et celui-ci mène la danse avec des règles cruelles et machiavéliques. Le Jeu prend vie et Jenny ainsi que ses amis sont prisonniers d'un cercle sournois tant qu'ils n'auront pas affrontés et vaincus leurs pires cauchemars. Si ils ne gagnent pas, ils resteront emprisonnés à vie dans la maison et Jenny sera le trophée de Julian qui est tombé fou amoureux d'elle...

Si le premier tome est excellent, le tome 2 souffre de longueurs et de passages totalement inutiles alors que le tome 3, conclut enfin un divertissement qui s'avère parfois bien ennuyeux. Le chasseur met en place l'intrigue et ne laisse aucun temps mort puisque l'action en est le maître mot. Jenny et ses amis rentrent dans un labyrinthe infernal où les portes restent closes pour mieux s'ouvrir inopinément vers des cauchemars sombres et terrifiants. Chaque cauchemar détient une part d'originalité et est attaché à la personnalité de chaque joueur. S'ensuit une course contre la montre effrénée, où les règles changent en fonction des états d'âme de l'Homme de l'Ombre. Je ne parlerais pas de La poursuite qui pour ma part n'a aucune utilité pour l'évolution des personnages qui, au demeurant, sont bien fades et peu attachants. L'affrontement a remotivé mon intérêt et surtout parce que j'étais curieuse de la fin apportée par l'auteur à tout ce remue-ménage et j'ai été agréablement surprise puisque finalement on apprend que Julian n'a pas autant de pouvoir décisionnaire et qu'il est livré à des choix complexes et ancestraux. En un mot, seul le tome 1 aura su me convaincre et provoquer une certaine envie.Il faut prendre ce roman pour ce qu'il est : du fantastique pour young adults, sans profondeur. Nous sommes dans du divertissement pur et simple. L'impression générale reste tout de même marquée par une déception. Je suis dubitative quant à la qualité de ce concept. J'ai Prémonitions dans ma PAL, peut-être alors que je réviserais mon jugement...



Les avis de Mylène, Aperto libro, Thalie, Francesca,
Noodrey, Book en stock, Argali
Ce roman ayant fait l'objet d'une massive opération de presse sur Facebook,
vous trouverez de nombreux autres avis sur la blogosphère notamment sur
Livraddict.

Le Diable vit à Notting Hill

Rachel Johnson

Le Livre de Poche
Traduit de l'anglais par Daphné et Henri Bernard
Paru en Mai 2011
380 pages
6,95 euros


Chick-lit/ Littérature sentimentale

Quatrième de couverture : L'argent ne fait pas le bonheur... même quand on habite un square privé de Notting Hill, l'adresse la plus branchée, la plus recherchée, la plus snob de Londres. Prenez Clare et Mimi. Elles ont moins de quarante ans, sont mariées, copines, voisines, mènent une existence de rêve. Jusqu'au jour où débarque un milliardaire américain, célibataire, la tentation incarnée. Chassés-croisés amoureux et intrigues immobilières se succèdent alors sur la verte pelouse et ce coin de paradis si cher payé se révèle infernal. Notting Hill ? Notting Hell plutôt ! La tranquillité des beautiful people vole en éclats. Et le lecteur, lui, éclate de rire.


Le square de Notting Hill est le quartier le plus côté, le plus huppé de Londres et bien sûr le plus coûteux. Les résidents des pavillons qui entourent le jardin privé font partie d'un monde élitiste et luxueux même si tous ne peuvent suivre le rythme effréné des fêtes mondaines. Dans ce roman où la futilité et le snobisme sont érigés en culte, le lecteur suit le quotidien de Clare et Mimi, deux habitantes de Notting Hill, mariées et voisines. L'une est riche alors que l'autre se bagarre avec son mari pour garder l'appartement qu'ils ont de plus en plus de mal à financer. Et comme dans tout bon roman du genre chick-lit qui se respecte, le lecteur est témoin de petites mesquineries, d'arnaques immobilières, de chassés-croisés coquins et insolents, tout ce petit monde se succèdant sur la belle pelouse verte du jardin communautaire. En apparence, le square est censé être privé mais les multiples intrigues et entourloupes qui y surviennent font de Notting Hill un endroit surexposé aux commérages, surtout lorsque le célibataire et richissime homme d'affaires Selim Kasparion rompt la tranquillité de ce lieu bien délicieux!

Comme le veut la chick-lit, le ton est donné à l'humour et l'intrigue est légère. Si je m'attendais à rire de bon coeur, il n'en est cependant rien puisque les intrigues amoureuses nous arrachent guère plus qu'un faible sourire. C'est une lecture cependant sympathique, qui ne se prend pas au sérieux. Les héroïnes ne sont pas si attachantes que ça et les MNH, les Mothers of Notting Hill n'ont pas le charisme et la fraîcheur des Desperate Housewives. Il reste que Rachel Johnson décrit avec précision et ironie un univers qui se veut chic et glamour, jouant sur les apparences pour cacher au mieux des relations impitoyables largement fondées sur l'intérêt et l'argent... Notting Hill où le jardin anglais devient source d'exotisme urbain!

samedi 6 août 2011

Oksa Pollock - Tome 1 L'Inespérée

Anne Plichota
Cendrine Wolf

XO Editions
Paru en Mars 2010
489 pages
17,90 euros


Roman ados dès 11 ans
Thèmes : Imaginaire, Magie, Fantastique


Quatrième de couverture : Oksa Pollock, 13 ans, pensait être comme tout le monde, mais ce soir tout a changé... Un peu angoissée par la rentrée dans son nouveau collège, Oksa déclenche tout à coup des phénomènes étranges dans sa chambre. Un coin de son bureau prend feu, ses cartons de déménagement pas encore défaits explosent... Elle qui a toujours rêvé d'être une ninja, voilà qu'elle se découvre des dons surnaturels ! Perdue et terrifiée, elle se garde bien d'en parler. Mais ce n'est pas fini. Le même soir apparaît sur son ventre une mystérieuse empreinte. Mise dans la confidence, sa grand-mère, l'excentrique Dragomira, lui avoue le secret de ses origines : la famille Pollock vient d'Edéfia, un monde invisible caché quelque part sur Terre. Oksa est leur Inespérée, leur seul espoir d'y retourner. Oksa ne sera plus jamais la même. Et malgré l'aide de son meilleur ami Gus, il va lui être bien difficile de concilier sa vie de collégienne ordinaire avec l'accomplissement de son stupéfiant destin.
A propos des auteurs : L'histoire de ce livre est aussi extraordinaire que son contenu. A l'origine autoéditées, les aventures d'Oksa Pollock imaginées par Anne Plichota et Cendrine Wolf ont suscité l'adhésion immédiate des jeunes lecteurs qui se sont transmis leur enthousiasme, faisant peu à peu de cette série exceptionnelle un succès jamais vu. La Pollockmania ne fait que commencer...


Oksa Pollock est une collégienne de 13 ans de St Proximus, un établissement scolaire français en Angleterre. Suite au déménagement de la famille Pollock, préférant quitter la France pour l'Angleterre, Oksa se sent un peu anxieuse. Heureusement son meilleur ami Gus l'a également suivi dans le voyage et suivra les mêmes cours qu'Oksa. La rentrée des classes est néanmoins très mouvementée et Oksa ne s'imaginait pas s'évanouir face au terrible professeur Monsieur McGraw. Depuis Oksa n'arrive pas à contrôler ses étranges pouvoirs qui s'affirment : elle jette des boules de feu allant jusqu'à incendier les murs de sa chambre. La baba Pollock, la grand-mère excentrique Dragomira ne manque pas d'être mise dans la confidence et bientôt Oksa apprendra qu'elle est l'Inespérée. La famille Pollock a dû fuir un royaume magique, un monde parallèle se situant sur la Terre mais invisible aux yeux des Du-Dehors. Après le Grand Chaos, la famille Pollock et d'autres survivants ont quitté Edéfia pour s'installer sur Terre et se protéger des ennemis. Ils sont devenus des Sauve-qui-Peut et doivent s'intégrer socialement tout en essayant de rester discrets sur leurs pouvoirs magiques. Oksa est leur Gracieuse, autrement dit celle qui pourra les aider à retrouver Edéfia...

Pour un public adolescent, Oksa Pollock réunit tous les ingrédients d'un bon roman de fantasy jeunesse et L'Inespérée met habilement en place un scénario qui peut paraître original et personnel grâce à une empreinte franco-russe jusque là inexploitée. Et le début du roman est prenant : dans le monde réel, où tout paraît normal, une adolescente découvre qu'elle possède des pouvoirs insoupçonnés, des pouvoirs magiques et accède ainsi à tout un héritage familial, un patrimoine fondé sur l'apprentissage de la sorcellerie et l'histoire de son peuple. Le tome 1 met en place les décors, les personnages et l'intrigue avec de très bons éléments qui sauront séduire un public jeune. La personnalité d'Oksa est téméraire, elle agit avant de réfléchir, elle est impulsive, curieuse avec un tempérament vif et dynamique. Elle s'imagine être une ninja, aime le rock mais elle a également un coeur tendre, adore son meilleur ami Gus, n'hésite pas à le réconforter. Dotée d'une bonne dose d'humour, elle prend les choses comme elles viennent et semble fascinée par Edéfia. La galerie des personnages présente de nombreux autres personnages tout aussi attachants, le tout formant "un esprit communautaire" omniprésent et un sens de la famille très développé. L'univers est intéressant avec toute une panoplie de créatures magiques et incroyables dont les Foldingots, des créatures vivant en couple et s'occupant de la gestion du foyer. Ils sont adorables et l'on ne peut avoir qu'un coup de coeur pour leur langage fantaisiste et inventif. Il y a aussi les Gétorix, les Gélinottes, la Goranov...

Malgré tous ces éléments positifs, un "je ne sais quoi" me gêne dans cet univers qui s'inscrit dans la lignée des grandes séries fantasy Harry Potter, Tara Duncan parce que je n'y ai pas retrouvé toute l'originalité, le charisme et le potentiel qui ferait d'Oksa Pollock un classique de la jeunesse. Il n'a pas du tout la même saveur. Loin d'user de nouveauté, Oksa Pollock reproduit quelques scènes qui ont un air de "déjà vu" tout comme des éléments qui sont largement empruntés à Harry Potter. Je pense à L'Inespérée et au fameux Secret que l'on ne doit pas révéler qui ne sont pas sans rappeler L'élu et Celui dont on ne doit pas prononcer le nom. Malgré des rebondissements et une action à toute épreuve, je n'ai pas été emballée par l'intrigue qui me semble parfois bien prévisible... Une petite déception donc.



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