lundi 31 octobre 2011

Les Tollins 2

Conn Iggulden
Illustré par Lizzy Duncan

NATHAN
Traduit de l'anglais par Rose-Marie Vassallo
Paru en Septembre 2011
188 pages
18 euros


Contes à partir de 8 ans

Quatrième de couverture : Sauvetage d'amis en détresse, courses de libellules, bataille à dos de chat sauvage, bricolage et super débrouille... Bienvenue dans les aventures merveilleuses des tollins, petit peuple magique et malicieux !


Après le premier recueil Les Tollins Contes explosifs pour enfants, que j'avais adoré pour son originalité et sa manière de mélanger le fantastique à la vie quotidienne, je me suis précipitée sur le deuxième opus, tout aussi magnifiquement mis en page que le précédent. Et quel tome!! Le retour des Tollins est tout simplement délicieux et leurs aventures sont tout aussi inventives et malicieuses. Il faut dire que Conn Iggulden a le don de mélanger les registres : des petits êtres ailés magiques fascinés par la réalité de la vie quotidienne humaine et ce à tous les points de vues. On retrouve notre ami Lucio, le petit génie des Tollins, qui n'a qu'une idée derrière les ailes : trouver l'invention qui va révolutionner la vie de son peuple. Lucio est toujours aussi gourmand de nos objets humains et dans le tome 1 cela commençait avec les livres. Cette fois-ci Lucio a découvert un livre écrit par un certain Shakespeare. Totalement emballé, il décide de jouer Roméo et Juliette au Palais du Haut Tollin : casting endiablé et fastidieux, Juliette zozoteuse, et absence de dernière minute... Dur dur de préserver la magie du théâtre chez les Tollins! Mais à peine ont-ils le temps de s'extasier sur le final de la pièce, que les Tollins doivent faire face à la menace de leurs cousins du Dorset : Les Ombreux. Ne paniquez-pas! Lucio, en farfouillant dans les garages des humains, a dégoté une vieille machine transmetteur d'ondes : une radio qui diffuse des bruits un rien menaçant! Et pour finir, un archéologue veut faire exploser la falaise dans laquelle vivent les pauvres Ombreux...Aussitôt Lucio arrive à la rescousse et à votre avis, quel est le meilleur moyen de régler cette affaire ?

Tous les ingrédients sont réunis pour faire de ce recueil une référence en matière de contes pour enfants. Les illustrations sont joyeuses, colorées, pleines d'énergie. Le style artistique de Lizz Duncan est original : un fameux mélange d'illustrations et de photographies de décors, de paysages, d'objets dans lesquels les Tollins, êtres expressifs et enfantins prennent vie. Les histoires sont inventives et ludiques. Leur curiosité pour nos objets et nos habitudes est tout simplement fascinante avec pour ce tome, un clin d'oeil à des références littéraires et historiques, lui donnant un air désuet tout à fait charmant! C'est un recueil réjouissant et enthousiasmant. Magie, humour et merveilleux se côtoient dans des histoires périlleuses. Difficile de s'ennuyer avec les Tollins : ils nous font sourire et rire. Petites créatures, grandes aventures, à découvrir et à offrir pour tous les enfants!


Lu dans le cadre du Challenge Halloween 2011, organisé par Lou et Hilde



Pour en savoir plus : sauvez les Tollins, le site du livre.

Le Troisième souhait - Série Jean de la Lande

Xavier Husson

Coop Breizh
Editeurs de Bretagne

Paru en 2007
50 pages
17 euros


Tout Public

"Il est des chemins à suivre,
il en est d'autres à vivre..."



C'en est ainsi du destin de Monsieur Jean de la Lande, un géant humain, qui pris dans un sortilège de Korrigan rouge, un méchant farceur, se retrouve aussi minuscule qu'un lutin... Ludd, le narrateur est un lutin conteur et nous raconte la suite de cette rencontre malheureuse. Mais c'est aussi l'occasion, pour Jean de la Lande de faire la connaissance du petit peuple : Maistre Piz-Bihan Petit-Pois et Tourmentine. Ce beau monde va parcourir la lande bretonne, emporté par le vent et le froid automnal, narrant les légendes sauvages et renouant avec la tradition de la taverne. Un récit qui se trouve vite parsemé d'embûches et de dangers car dans les marais et les hautes brindilles, les grenouilles aux langues visqueuses observent et guettent leurs proies...

Les illustrations traditionnelles nous plongent dans l'atmosphère mystérieuse et fantastique d'une région pleine d'Histoire et de légendes, entre luminosité des personnages et obscurité de la nuit spectrale. Les aquarelles miniaturistes de Xavier Husson sont magnifiques, pleines de détails nous invitant à découvrir la nature et les décors du peuple de l'herbe. Le texte est poétique, doux et respecte le style littéraire de l'ancien breton. Les lutins sont joyeux et heureux, malgré parfois le dramatique de certaines situations. Un récit qui prône les valeurs de l'amitié et de la solidarité sur fond d'aventures magiques et de quête personnelle. Quel sera le troisième et dernier souhait de Jean de la Lande ? Les coutumes bretonnes sont mises en avant : repos bien mérité dans une taverne où l'on festoie avec bon entrain et où l'on clame les chants traditionnels de la Bretagne. Il y a toute une ambiance à s'imprégner, une contrée à aimer et à admirer. Mais l'Ankou est là avec sa charrette, dehors il attend et veille sur Jean, menaçant notre bon ami d'une mort inévitable...


Lu dans le cadre du Challenge Halloween 2011, organisé par Lou et Hilde.

dimanche 30 octobre 2011

Tamanna, princesse d'arabesques


Françoise Jay

Illustrations de
Frédérick Mansot

Gallimard Jeunesse Giboulées
Paru en Octobre 2011
48 pages
16,50 euros


Album Jeunesse dès 5 ans
Thèmes : Inde, Peinture, Amour



Magnifique conte d'un amour impossible, contrarié par les règles injustes d'une société de caste, Tamanna, princesse d'arabesques est un album grand format superbement illustré et coloré. Tamanna peint de très belles et délicates arabesques sur le mur de sa maison. En même temps qu'elle peint, elle exprime et chante son amour pour Ksantu. Les deux amoureux désirent se marier mais le père du fils, riche marchand refuse le mariage car Tamanna est fille de pauvres. Les deux jeunes gens se promettent un amour fidèle et sincère, pour l'éternité, malgré la séparation et le refus des parents. Hélas, un prince arrive au village et voit Tamanna. Elle est belle, c'est une ardente artiste dont le talent est remarquable, elle chante si bien, elle a de beaux et grands yeux expressifs. Aussitôt il la demande en mariage et son père ne refuse point ce cadeau de la vie, car le prince accepte de la prendre en mariage sans dot. Malgré les suppliques et les pleurs de Tamanna, celle-ci est conduite dans le village de son nouvel époux. Avant de partir, elle chuchote un message à son petit frère et emporte avec elle ses craies de couleur, sans avoir pu prévenir l'amour de sa vie de ce départ prématuré qui la précipite dans le chagrin et la tristesse...

On retrouve dans cet album les motifs traditionnels de l'Inde représentés dans les dessins de nature, les décors et les personnages. Frédérick Mansot nous offre de véritables tableaux, des peintures magnifiques et grandioses composées par un jeu des couleurs et des formes de toute beauté. Le conte continue et se poursuit avec la mission du petit frère qui doit prévenir Ksantu du mariage forcé de sa soeur mais n'arrive pas à échapper à la vigilance de son père. Le texte est écrit dans la tradition et le style du conte oriental, avec une touche de sensibilité et de subtilité. Il en ressort un album somptueux, vif et lumineux car derrière la tristesse de Tamanna, on sent tout l'espoir et le réconfort que lui procure son art. Un album aux dessins tout en douceur, aux contours arrondis, aux détails richement colorés et inspirés, qui nous plonge avec ravissement et contemplation dans un conte engagé en faveur de la condition féminine en Inde.


Copyright Droits Réservés : Gallimard Jeunesse/ Frédérick Mansot 2011



En savoir plus :

-le site de l'illustrateur : http://sitedefrederickmansot.hautetfort.com/

Un immense merci à
Myriam et à toute l'équipe de Gallimard Jeunesse pour la découverte.

Hex Hall - Tome 2 Le Maléfice


Rachel Hawkins

Albin Michel
Collection Wiz
Traduit de l'anglais (USA) par Raphaële Eschenbrenner
Paru en Septembre 2011
324 pages
13,50 euros


Roman ados dès 12 ans
Thèmes : Magie, Démons, Fantastique


Quatrième de couverture : Quand on apprend qu'on est une sorcière et que les vampires et autres loups-garous n'ont rien d'un mythe, il vaut mieux avoir l'esprit ouvert, comme Sophie. Mais quand on découvre que, bien plus qu'une sorcière, on est un démon au pouvoir phénoménal, convoité par une secte diabolique, c'est la catastrophe. Sans oublier que le garçon de vos rêves a failli vous tuer. Mais c'est un détail. Un tout petit détail. (N'est-ce pas. Sophie ?)


Après 50 pages difficiles où il a fallu que je me remémore les évènements dramatiques qui sont survenus dans le premier tome, je suis retombée sous le charme de la série Hex Hall qui mélange avec brio intrigues adolescentes et aventures fantastiques! Les vacances arrivent à Hex Hall, établissement scolaire qui accueille des jeunes créatures magiques qui ont abusé de leurs pouvoirs devant des humains. Vampires, loups-garou, sorcières repartent dans leurs familles respectives. Pour Sophie c'est différent. Plus qu'une sorcière, elle a découvert ses pouvoirs de lignée : Sophie est un démon, tout comme son père et sa grand-mère et cela ne l'enchante pas du tout. Elle décide donc de suivre le Rituel, pour entraver sa force. Mais son père, Directeur du Conseil, ne l'entend pas de cette oreille et lui propose de passer l'été en Angleterre, à l'Abbaye de Thorne, où sont recueillis des adolescents démoniaques. Accompagnée de Jenna, sa meilleure amie vampire et de son nouveau fiancé Alexander Callahan, Sophie va de surprises en surprises en découvrant les complots qui se trament entre Hex Hall et Thorne. Sans compter qu'elle se rapproche dangereusement d'une secte diabolique : L'Occhio di Dio, dont les membres veulent supprimer tous les Prodigium en commençant par la fille du Directeur! Et comme si tout cela ne suffisait pas, elle est toujours éperdument éprise de celui qui a voulu la tuer : Archer Cross!

Ce deuxième tome renoue avec la tradition du premier : une bonne dose d'humour sans prise de tête agrémentée par les répliques sarcastiques d'une héroïne qui a la langue bien pendue, beaucoup d'actions couronnées d'aventures palpitantes et dangereuses, une touche de trahisons et de plans maléfiques... bref on ne s'ennuie pas avec Sophie! Entre Cal, le gardien guérisseur de Hex Hall et Archer Cross, ennemi des Prodigium, Sophie ne sait plus où donner de la tête. Rajoutez à cela des démons manipulés, une revenante traversant les océans, des dons magiques qui vont crescendo, une belle montée d'adrénaline et vous serez comblés par cette suite délicieuse. Un agréable et excellent moment de lecture, dans la mouvance des romans young adults qui savent si bien conjuguer la magie à l'amour! Je n'ai qu'une hâte : lire le tome 3 et enfin savoir ce qu'il va arriver à Cal et Archer, car la fin du tome 2 nous laisse dans une situation critique...mais chut, c'est à découvrir de toute urgence!


Lu dans le cadre du Challenge Halloween 2011, organisé par Lou et Hilde.
Etape n° 5 du train fantôme : la tranquillité, la quiétude de l'école, du lycée, du campus.



Les avis de Hérisson, Laure, Radicale, Esmeraldae

samedi 29 octobre 2011

Apocalypsis - Cavalier blanc : Alice

Eli Esseriam

Editions Nouvel Angle
Collection Matagot
Paru en Octobre 2011
238 pages
14,90 euros


Public averti/ Adultes
Conseillé à partir de 17/18 ans
Si lecture avant cet âge, avisé les parents car certaines scènes peuvent heurter la sensibilité des jeunes.
Attention : ce roman n'est pas un roman pour adolescents car il n'est pas publié dans le cadre de la loi 1949 destinées aux publications jeunesse !


Quatrième de couverture : La fin du monde est proche. Ils sont quatre jeunes de 17 ans : Alice, Edo, Maximilian et Elias. Ils sont les Cavaliers de l'Apocalypse. Ils n'épargneront que 144 000 âmes. En ferez-vous partie ?

"Cela doit être très reposant, parfois, d'être une personne lambda, destituée de toute responsabilité, lovée dans l'ignorance de tout ce qui se joue dans des sphères plus élevées. Pour la première fois, je les regarde avec une sorte de jalousie contenue. La fin du monde, pour eux, se définit par une mauvaise note en latin, déchirer son pantalon au niveau des fesses ou se faire larguer devant tout le monde dans la cour du lycée" -
Alice Naulin, Cavalier Blanc.


Je suis totalement partagée après ma lecture de ce premier tome d'Apocalypsis. Je ne m'attendais pas du tout à cela et disons que la présentation de l'éditeur me laissait croire que l'on suivait quatre adolescents ordinaires qui découvriraient qu'ils étaient rien que moins que les quatre Cavaliers de l'Apocalypse autrement dit de la fin du monde. Je m'attendais donc à un roman young adults dans une version roman initiatique à la Percy Jackson en plus glauque puisqu'on parle de fin du monde et d'une destinée vouée à la douleur et à la mort. En fait pas du tout. En même temps surprise mais profondément perplexe, j'ai avancé dans cette lecture un brin déconcertée. On rencontre Alice Naulin, une jeune de 17 ans qui va au lycée, marginale, très intelligente, pas imbue d'elle-même mais qui prend les gens avec une certaine indifférence non feinte. Elle affiche le mépris de ses camarades de manière assez évidente en les évitant, en leur plaçant des remarques parfois cruelles. Alice est victime d'étranges hallucinations, des rêves éveillés qui la propulsent dans une sorte de léthargie dans laquelle elle est spectatrice de visions chaotiques : des gens qui meurent, un allié cavalier noir. Puis elle entend une voix qui semble provenir d'une entité supérieure qui l'aurait créée pour accomplir une mission emplie de souffrances et d'injustices. Alice comprend qu'elle a des pouvoirs, autrement dit tout ce qu'elle dit se réalise, provoquant les soupçons de ses camarades, puis de ses parents...

Si parfois j'ai trouvé que le roman souffrait de quelques longueurs notamment dans les longues analyses personnelles d'Alice qui débordent trop sur de la philosophie existentielle, il n'en reste pas moins que ce premier tome se lit assez bien. Par contre ce qu'il inspire est moins plaisant dans la mesure où l'auteur présente un personnage peu sympathique, extrêmement complexe et peu attachant malgré un humour bien dosé. Il émane de ce roman un cynisme certain et un regard un rien audacieux sur notre société. Certaines scènes marqueront les esprits et sont assez violentes : meurtre involontaire, viol... autant d'actes qui rapprochent Alice de sa mission chaotique, loin de toute humanité. Il y aura également l'interprétation que le lecteur fera de cette voix qui vient à Alice, celle d'un Créateur omniscient et omniprésent, qui pèse sur la vie d'Alice, en tout cas sur ses choix. Le roman aborde donc une thématique religieuse à prendre avec précaution. C'est donc un roman spécial, tel que je n'en avais jamais lu auparavant et quand je dis spécial, cela ne veut pas dire mauvais. Il me laisse dubitative et pourtant je n'ai pas détesté. Il ne laissera pas indifférent certaines âmes sensibles. La fin est suffisamment efficace pour que l'on ait envie de connaître la suite : Cavalier rouge : Edo.


Je remercie Mathilde et les éditions Nouvel Angle/Matagot pour la découverte.

mardi 25 octobre 2011

Magnus Million et le dortoir des cauchemars

Jean-Philippe Arrou-Vignod

Gallimard Jeunesse
Paru en Mars 2011
356 pages
17,50 euros


Roman ados dès 11 ans

Thèmes : Rêves, Aventure, Solidarité



Quatrième de couverture : Un étrange pensionnat, Des élèves qui disparaissent. De terrifiantes créatures surgies du brouillard, 1341 heures de colle.... Voilà Magnus Million, 14 ans, confronté au plus sombre des complots : le monde des rêves menace d'envahir son pays, la Sillyrie, et c'est lui qui a été choisi pour l'en empêcher. Pourquoi ? Nul ne le sait, sinon peut-être la minuscule et renversante Mimsy Pocket, son garde du corps... Mais ce qu'ils vont découvrir ensemble dépasse de loin tout ce qu'ils ont imaginé. Peut-on triompher de ses pires cauchemars ?
A propos de l'auteur : Jean-Philippe Arrou-Vignod est né à Bordeaux en 1958. Boulimique de lecture depuis son plus jeune âge, il s'essaie très tôt à l'écriture et publie son premier roman en 1984 chez Gallimard. Il est aujourd'hui l'auteur de nombreux romans, tant pour la jeunesse que pour les adultes.


Coup de coeur et première rencontre réussie avec Jean-Philippe Arrou-Vignod. Quel bonheur!

Magnus Million, 14 ans est le futur héritier de la fortune Million, orphelin de mère et narcoleptique. Son père, richissime homme d'affaires est l'industriel le plus côté de toute la Syllirie, une ville industrielle bâtie sur un royaume imaginaire dans lequel pullule des tensions sociales et des injustices. Ce n'est pas pour autant que l'on traite Magnus avec les privilèges assortis à sa condition. Aussi lorsqu'il arrive en retard à son examen, au lycée des sciences de Friecke, il écope de 1341 heures de colle, manifestation de la colère d'un proviseur très strict. Même son cher papa ne l'aidera pas sur ce coup là : Magnus devra s'installer dans le dortoir des punitions autrement dit là où règne le clan des Ultras, mené d'une main de fer par Crachat. Mais bientôt Magnus comprend que les Ultras n'est pas le souci le plus immédiat. Une explosion a eu lieu dans Million Industries et depuis un gaz émeraude s'échappe toutes les nuits, en libérant la porte des cauchemars. Totem, le pauvre hibou a été attaqué par un Cerbère, chien à trois têtes. Magnus ne croit pas trop Crachat quand son camarade lui confie avoir assisté à cette scène pénible... Noël passe mais lorsque Magnus revient au lycée de Friecke, Crachat et la bande des Ultras ont tous disparu...

Roman mi-fantastique, mi-policier, Magnus Million et le dortoir des cauchemars est un petit condensé d'humour, de personnages attachants, d'aventures un rien steampunk. Imaginez un gaz émeraude qui ouvre la porte du monde des Rêves et avec elle, celle des cauchemars. Effrayant ! encore plus quand ce gaz est utilisé comme expérimentation sur des jeunes orphelins qui n'ont rien demandé, encore plus quand ce gaz est convoité par des personnes malintentionnées qui voudraient en faire une arme massive de guerre. Ainsi, toutes les nuits, Magnus et les citoyens de Syllirie découvrent des monstres et des créatures étranges venus des marécages qui ne sont censés n'exister que dans les livres et la mythologie : Cerbère, le monstre du Lockem, l'homme de Meung, le méchant des Trois Mousquetaires... nous offrant des scènes un poil alarmantes comme celle du cavalier errant dans le dortoir glacial du lycée à la recherche de notre héros qui a une trouille verte. Mais ce n'est pas tout et vous trouverez dans ce roman foisonnant, des moments drôles et palpitants, une ambiance dickensienne, délicieusement hivernale, agrémentée d'un charme désuet qui vous donneront envie de prolonger votre lecture. Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas ressenti un tel plaisir, car dès les premières pages c'est un univers loufoque, un rythme enivrant et une belle sincérité qui se dégagent des mots réjouissants d'un auteur jeunesse dont j'ai hâte de découvrir les autres romans.


Livre lu dans le cadre du Challenge Halloween 2011 de Lou et Hilde.
Etape n° 5 du train fantôme : la tranquillité, la quiétude de l'école, du lycée, du campus.



dimanche 23 octobre 2011

Frida et Diego au pays des squelettes

Fabian Negrin

Seuil Jeunesse
Paru en Septembre 2011
38 pages
16,50 euros


Album Jeunesse à partir de 7 ans
Thèmes : Fête, Rituel, Mexique





Frida et Diego nous invite à la découverte d'
El dia de los muertos, la fête des morts du 1er novembre, sorte de Toussaint mexicaine et fête la plus importante dans la tradition mexicaine. Chaque culture célèbre ses morts et nous convie à des fêtes traditionnelles mais ma foi, cet album original et insolite n'a rien à voir avec Halloween! Point de sorcières, ni de vampires... Frida et Diego se préparent à célébrer la fête des morts qui se déroule au cimetière, sur la tombe des défunts disparus. C'est un rituel sacré, joyeux et festif, Frida est donc tout occupée à disposer les mets traditionnels mexicains, les tacos, les gâteaux, les bougies et les friandises en forme de têtes de mort en sucre pour célébrer la veillée comme il se doit ! En parlant de gourmandises, son amoureux Diego, a toujours la bouche pleine mais pas que de sucreries, si vous voyez bien ce que je veux dire! Surpris en flagrant délit d'embrassade avec la voisine Rosa Spinoza, Frida tout feu tout flamme, se met dans une colère noire ! Oh le vilain garnement ! Elle lui fonce en plein dedans visant le ventre bedonnant de son fiancé infidèle. Diego prend la fuite et c'est une poursuite effrénée qui commence. Diego trébuche et s'écroule dans une tombe bien fraîche. Frida n'hésite pas. Elle saute...



Quel rythme endiablé ! Quel album extraordinaire ! Un vrai pari artistique que Fabian Neg
rin a relevé avec brio grâce à un graphisme richement inspiré des peintures mexicaines et surréalistes, nous offrant une ambiance luxuriante, des décors prodigieux. Frida Kahlo et Diego Rivera sont représentés enfants, mais l'on sait que ce sont tous deux des artistes mexicains renommés graveurs du début du XXe siècle, connus également pour leurs frasques amoureuses dont on reconnaît les caractéristiques dans cet album passionné. Dans Frida et Diego au pays des squelettes, on retrouve leur style exubérant et leur palette extrêmement colorée. Les illustrations de Fabian Negrin sont époustouflantes et l'on tourne les pages avec exclamation, surpris tellement tant de maîtrise (le format de l'album est un format spectaculaire) et d'ambition. Une veillée tumultueuse qui offre une aventure nocturne des plus exotiques...au pays des squelettes et du xoloitzcuintle, le célèbre chien nu du Mexique. Frissonante descente dans le monde des morts qui eux aussi font la fête à coups de péronés et qui voudraient bien que Frida et Diego restent pour toujours parmi eux... Un album remarquable, aussi plantureux qu'impétueux qui en fait un conte macabre et enthousiaste, idéal à lire en cette période de la Toussaint.



Lu dans le cadre du Challenge Halloween 2011 de Lou et Hilde.
Etape N°3 du train fantôme : L'inégalable Cimetière et sa Crypte!
L'article de Fantasia


samedi 22 octobre 2011

Comme un pou et Monsieur Scarlatine

Eric Battut

Gulf Stream Editeur
Collection Les p'tites balades
Sortie le 20 octobre 2011
32 pages chacun
9,50 euros l'album


Album Jeunesse de 3 à 5 ans
Thèmes : Education, Société, Sciences


A propos de l'auteur-illustrateur : Eric Battut est né à Chamalières, où il vit et travaille. Après six années d'études en économie et en droit, il a étudié à l'Ecole Emile Cohl de Lyon. En 1996, ses premières illustrations pour La Chèvre de Monsieur Seguin sont montrées à Bologne. En 1997, il a reçu le prix « Figue Future » de Montreuil, ainsi que le Prix Octogones 2000 du CIELJ. Il a depuis publié chez Didier jeunesse, Milan, Bilboquet, Autrement jeunesse et Bohem Press.



Comme un pou

Theophile est un petit pou. Il vient de naître et ses parents s'exclament "C'est extraordinaire! Comme il est moche!" Moche comme un pou quoi! Pauvre petit Théophile. Il est très triste et décide de devenir le pou le plus séduisant qui soit! Il prend son balluchon et s'en va en quête de lui-même...Sur sa route, il rencontre de belles créatures : un papillon, une libellule, une coccinelle, un puceron, une abeille et prend les caractéristiques qu'il aime chez chacun d'entre eux. Mais sitôt revenu, ses parents le grondent. Theophile n'est plus un pou avec cet affreux déguisement tout bizarroïde. Heureusement, Brigitte, petite pou trouve que Theophile n'est pas beau mais dis donc, qu'est-ce qu'il est rigolo!

Un album attendrissant sur le thème bien connu des albums jeunesse : l'acceptation de soi et le droit à la différence. Cette comptine est brillamment mise en image par Eric Battut qui, grâce à ses dessins expressifs et aux couleurs qu'il exploite, facilite la compréhension de ce petit pou qui cherche à ressembler aux autres, tout en trouvant son propre chemin. Le message final est toujours aussi charmant : Theophile et Brigitte forment un couple de pou, avec des enfants pas beau du tout mais ils sont heureux comme tout! Un régal!






Monsieur Scarlatine
est un vilain microbe qui vit dans une mare, en plein coeur de la savane. Tout seul, Monsieur Scarlatine attend...mais me direz-vous? il attend quoi? Et c'est là que l'on comprend que Monsieur Scarlatine est vilain, mais alors vraiment vilain. Il attend d'être mangé pour contaminer les poissons. Ca commence par le ver, mangé par le poisson, mangé par un crocodile, dans lequel un oiseau picore les petits morceaux de nourriture coincés entre ses dents. Ca continue jusqu'au zèbre et au lion puis Monsieur Scarlatine, expulsé, car décidément tous les animaux en avaient assez, s'en retourne dans la marre, où après tant d'aventures scientifiques et biochimiques, a grand faim. Hop, il avale tout rond un petit quelque chose vert, et voilà que Monsieur Scarlatine chope la varicelle...

J'adore!! Encore une belle comptine éducative, à la fois intelligente et drôle qui raconte le cheminement des microbes dans l'alimentation, pour appréhender les notions de contamination, de contagion et l'écosystème. Grâce aux illustrations et au texte rythmé d'Eric Battut, l'enfant arrivera à comprendre les détails subtils de la chaîne alimentaire! Les couleurs utilisées par Eric Battut sont vivantes pour un graphisme très visuel, à la fois sobre et enfantin.



A noter :
Les p'tites balades est une collection destinée aux enfants de maternelle. Les albums sont des comptines éducatives, qui font rire et abordent des thèmes forts en littérature de jeunesse. Lu, approuvé et plébiscité par des classes de primaire!
Plus d'infos sur le site des éditions Gulf Stream :
http://www.gulfstream.fr/
Un grand merci à Angela pour la surprise!

vendredi 21 octobre 2011

Fablehaven - Tome 1 Le Sanctuaire Secret

Brandon Mull

Editions Nathan
Traduit de l'américain par Marie-José Lamorlette
Paru en Juin 2011
340 pages
14,90 euros


Roman ados dès 12 ans
Thèmes : Créatures, Forêt, Magie


Quatrième de couverture : Depuis des siècles, les créatures fantastiques les plus extraordinaires se cachent dans un refuge secret, à l’abri du monde moderne. Ce sanctuaire s’appelle Fablehaven. Kendra et Seth ignorent tout de ce lieu magique, dont leur grand-père est pourtant le gardien. Un jour, ils découvrent l’incroyable vérité : la forêt qui les entoure est peuplée d’êtres fabuleux – fées, géants, sorcières, monstres, ogres, satyres, naïades… Aujourd’hui, l’avenir de Fablehaven est menacé par l’avènement de puissances maléfiques. Ainsi commence le combat des deux enfants contre le mal, pour protéger Fablehaven de la destruction, sauver leur famille... et rester en vie.



Kendra, 14 ans et Seth, 11 ans doivent passer quinze jours de vacances chez le grand-père Stan Sorenson. Autant dire qu'ils ne sont pas trop enchantés parce que les enfants ne connaissent pas très bien leurs grands-parents et qu'ils vivent dans un coin paumé, en pleine nature. A leurs yeux, leur séjour va sembler bien ennuyeux, surtout qu'arrivés sur place, le grand-père commence à leur fixer des règles qui ne sont pas au goût de Seth, désobéissant à souhait. Malgré l'interdiction de s'aventurer seul dans la forêt, Seth s'empresse d'explorer les lieux, alerté par l'air mystérieux de Stan, qui semble cacher bien des choses. Bientôt les enfants vont découvrir que la réserve naturelle est en réalité bien plus que ça : une forêt qui abrite des créatures merveilleuses mais dangereuses...

Des personnages attachants, un Seth au caractère bien trempé et une aînée pleine de ressources, des aventures frissonnantes, une forêt interdite, une panoplie de créatures fantastiques et un avertissement : Qui entre ici en ressortira changé à jamais... il n'en faut pas plus pour donner le ton à ce premier tome d'une série qui en compte cinq. Nous sommes dans le registre du merveilleux mais attention car les fées magnifiques qui habitent Fablehaven ont un vice caché et peuvent devenir d'affreuses créatures, assoiffées de vengeance. Il y sera question d'une vilaine sorcière qui ronge des cordes, d'une poule Boucle d'Or, d'une vache laitière, de naïades déchues, de la Reine des fées, de trolls, d'un démon et de la menace de L'Etoile du Soir. Se balader dans Fablehaven n'est pas de tout repos, surtout pour nos deux héros, dont les sentiments alternent entre fascination, peur, courage et solidarité car la réserve de leur grand-père, gardien de Fablehaven est en danger et chacun se prépare à un rôle mouvementé. Brandon Mull déploie tout son talent de conteur d'histoires de magie, de mystère en y employant un ton humoristique et très dynamique. On se rapproche d'ailleurs des Chroniques de Spiderwick. Les chapitres sont courts et alimentent le suspens tout au long du roman. L'univers féérique est drôlement bien ficelé et la fin du tome 1 apporte encore son lot de questions et de rebondissements.


Livre lu dans le cadre du Challenge Halloween 2011, de Lou et Hilde,
Etape N°4 du train fantôme : La forêt interdite !



Plus d'infos :
-le site du livre : http://www.fablehaven.fr/
-les billets de Laure, Jess, Mya Books, Mélo, Mina,
Bladelor, Clarabel, Celsmoon

lundi 17 octobre 2011

Possession

Elana Johnson

Editions Michel Lafon
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Sylvie Cohen
Paru en Octobre 2011
378 pages
15,95 euros


Roman ados dès 13 ans
Thèmes : Société, Interdit, Dystopie


Quatrième de couverture : Dans le monde de Violette, personne n'imagine transgresser les règles des Penseurs. Eux seuls décident des lois et ont le pouvoir d'influencer les esprits. Mais Violette refuse de se soumettre. Alors qu'un soir de couvre-feu elle rend secrètement visite à Zenn, celui qu'elle aime depuis toujours, elle est envoyée en prison. Là-bas, elle fait la connaissance de Jag, un membre actif des Rebelles. Elle va vite comprendre que ce jeune homme aussi mystérieux qu'irrésistible peut la conduire vers de nouveaux horizons affranchis de l'emprise des Penseurs. Mais elle découvre également le prix de la liberté. Violette saura-t-elle affronter la vérité sur les siens ?


Contrôler ou être controlé, voici la phrase d'accroche de ce nouveau roman dystopique, sorti le 13 octobre en librairie. Ce genre est de plus en plus répandu actuellement en littérature young adults et chaque éditeur publie la série dystopique et certains réussissent le pari plus ou moins bien. Mon avis est plutôt partagé concernant Possession, dont on sait déjà qu'il aura une suite grâce à une fin qui est sensationnelle produisant un effet quasi hystérique du lecteur qui se pose mille questions et n'en revient pas d'un tel retournement de situation.

Violette vit dans un monde où tout est contrôlé par les Penseurs qui ont le pouvoir et la capacité d'écouter et lire l'esprit des citoyens et d'intervenir en influençant leurs actions. Une des règles à ne pas enfreindre est celle de s'approcher des garçons et d'entretenir des relations amicales ou affectives avec eux. Mais difficile de se retenir lorsqu'on est folle amoureuse de Zenn. Dépassant le couvre-feu, elle le rejoint et pour cela se fait arrêter par les Gris. Elle est emprisonnée dans une cellule avec Jag, un Rebelle de la Résistance où elle attend avec une appréhension compréhensible la décision de l'Autorité Suprême. Aux premiers abords, l'entente n'est pas franchement cordiale. Vi se méfie de ce jeune homme qui la nargue mais elle réalise très vite qu'il sera son unique chance de s'enfuir pour les Terres Rebelles. Elle n'a donc pas d'autre choix que celui de lui faire confiance...

C'est un roman d'action, plus que de réflexion et c'est bien dommage lorsqu'on veut faire de la dystopie. Pourtant, Possession est un bon roman de divertissement dans lequel l'intrigue se tisse autour de trois personnages essentiels, un futur trio amoureux : Violette, Jag et Zenn. Les deux garçons sont totalement différents, l'un travaille pour les "méchants", l'autre est rebelle et charismatique, attirant et repoussant pour Vi, qui ne sait plus où donner de la tête. L'univers social dans lequel évolue l'action aurait pu être plus étoffé, surtout qu'il y a d'excellentes idées à travailler. Peut-être l'auteur aurait-elle dû mieux décrire le cadre de cette société totalitaire et extrémiste, dirigée par un seul homme. Et justement, quel homme ? Les liens familiaux s'imbriquent dans l'intrigue et Vi doit faire face à une pression redoutable. J'ai beaucoup aimé le personnage de Violette, même si elle ne m'est pas attachante, elle reste intelligente et s'efforce de réfléchir à la voix qui veut la contrôler. Nous allons de révélations en surprises, le rythme est alerte et haletant. On ne s'ennuie pas certes entre trahisons, double-jeu, rebondissements et autres péripéties, cependant le tout reste confus et l'on se perd facilement dans les méandres de la Tech.



Un grand merci à Camille et à Michel Lafon de m'avoir retenu pour ce partenariat.
La page Facebook du livre : http://www.facebook.com/Possession.Elana.Johnson
Les avis de Thalie, Mycoton, Karline, Le mammouth
Lecture commune proposée par Herisson, retrouvez
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dimanche 16 octobre 2011

1Q84 - Livre 1 Avril-Juin

Haruki Murakami

Belfond
Traduit du japonais par Hélène Morita
Paru en Août 2011
533 pages
23 euros


RENTREE LITTERAIRE 2011


Quatrième de couverture : Le passé - tel qu'il était peut-être - fait surgir sur le miroir l'ombre d'un présent - différent de ce qu'il fut ? Un événement éditorial sans précédent. Une oeuvre hypnotique et troublante, un roman d'aventures, une histoire d'amour, deux êtres unis par un pacte secret. Dans le monde bien réel de 1984 et dans celui dangereusement séduisant de 1Q84 va se nouer le destin de Tengo et d'Aomamé...
A propos de l'auteur : Né à Kyoto en 1949 et élevé à Kobe, Haruki Murakami a étudié la tragédie grecque à l'université, puis a dirigé un club de jazz, avant d'enseigner dans diverses universités aux Etats-Unis. En 1995, suite au tremblement de terre de Kobe et à l'attentat du métro de Tokyo, il décide de rentrer au Japon. Son premier livre, Ecoute le chant du vent (1979, non traduit), lui a valu le prix Gunzo. Suivront, notamment, Chroniques de l'oiseau ci ressort (Le Seuil, 2001), Au sud de la frontière, ci l'ouest du soleil (Belfond, 2002 ; 10/18, 2003), Après le tremblement de terre (10/18, 2002), Les Amants du Spoutnik (Belfond, 2003 ; 10/18, 2004), Kafka sur le rivage (Belfond, 2006 ; 10/18, 2007), Le Passage de la nuit (Belfond, 2007; 10/18, 2008), La Ballade de l'impossible (Belfond, réédition en 2011 ; 10/18, 2009), adaptée au cinéma par Tran Anh Hung, L'éléphant s'évapore (Belfond, 2008 ; 10/18, 2010) et Autoportrait de l'auteur en coureur de fond (Belfond, 2009 ; 10/18, 2011). Plusieurs fois favori pour le prix Nobel de littérature, Haruki Murakami a reçu le prestigieux Yomiuri Literary Prize, le prix Kafka 2006 et le prix Jérusalem de la Liberté de l'individu dans la société en 2009. Livre phénomène au Japon, les deux premiers tomes de 1Q84 se sont vendus à plus de trois millions d'exemplaires et le troisième, à paraître chez Belfond en 2012, à plus d'un million d'exemplaires en un mois.


Tokyo 1984. Aomamé est prise dans les embouteillages. Le chauffeur du taxi dans lequel elle se trouve lui propose de descendre le pont en passant par une rampe d'accès qui la mènera en périphérie d'une gare. Bien que ce passage soit interdit, Aomamé se laisse tenter et décide de suivre le conseil du chauffeur. Mais sur le chemin, un phénomène étrange se produit et Aomamé ressent comme une distorsion du temps, un profond décalage entre le moment où elle était dans le taxi et le moment où elle atteint le lieu de son rendez-vous. Aomamé est professeur d'arts martiaux et de sport. La rencontre avec une de ses élèves, une quinquagénaire déterminée dans la protection des femmes et des enfants contre les violences conjugales, va changer la vie d'Aomamé, qui deviendra tueuse à gages...Tengo est un homme solitaire, professeur de mathématiques et écrivain en quête d'inspiration. L'éditeur de Tengo lui propose un contrat peu ordinaire. En vue d'obtenir le Prix des Nouveaux Auteurs, Tengo doit remanier un texte écrit par une jeune lycéenne de 17 ans, La Chrysalide de l'air dont la force évocatrice et symbolique est riche mais le style trop maladroit. Malgré les implications morales et déontologiques que cela implique, Tengo, avec l'accord de la lycéenne accepte de se plonger dans cet univers imaginaire...


1Q84, référence à l'oeuvre de George Orwell 1984 est un roman énigmatique et mystérieux, l'un des plus aboutis de l'auteur après Kafka sur le rivage. Le récit p
résente deux personnages, tout deux solitaires, en quête d'un quelque chose qui leur manque. Tengo et Aomamé n'ont aucun lien, le lecteur les suit dans un destin qui leur est distinct et pourtant, au fur et à mesure que l'on avance dans la narration, Haruki Murakami fait enfin surgir la clarté de son intrigante histoire, puzzle infiniment subtil de relations humaines.

Le texte d'Haruki Murakami nous engage dans une lecture onirique et poétique, mélange habile de l'étrange à l'humanité dans un tourbillon de mots et d'émotions. Les interrogations fusent, le suspense demeure autour de cette jeune lycéenne et de sa Chr
ysalide de l'air qui évoque les Little People (clin d'oeil à "Big Brother is watching you"). Ce premier tome met en place cette "inquiétante étrangeté" qui plane sur les personnages. C'est un texte dense et créateur dans lequel Haruki Murakami développe toute son imagination à la fois nostalgique et frémissante et dont la plume conjugue plusieurs thèmes : l'Histoire, la religion, la mort, la sexualité, la violence. L'intrigue pose doucement en traits captivants, une matière trouble et interlope : Qui dirige cette secte?, Que sont devenus les parents de la lycéenne? Qui sont ces Little People?

Lire
1Q84 c'est faire une exploration littéraire et insolite dans laquelle les mots ne sont qu'apparence et dévoilent des messages symboliques, interprétatifs plongeant le lecteur dans une errance onirique. Le lecteur fait l'expérience d'une rationalité singulière qui existe hors de la conscience des choses car même les personnages n'ont qu'une vague compréhension de ce qui les entoure. A la fois roman d'aventures, roman d'amour, dont la plume sait si bien nous bercer d'une atmosphère intimiste et fantastique, 1Q84 n'échappe pas à cet effet fascinant qu'il produit sur ses lecteurs, lorsqu'ils referment ses dernières pages. Un roman double, saisissant d'intelligence et de lucidité qui trouvera, j'en suis sûre, sa cohérence dans les prochains tomes : Livre 2 Juillet-Septembre (disponible) et Livre 3 Octobre-Décembre (à paraître en mars 2012).


"Ecrire c'est comme un rêve éveillé. Une expérience hors norme dont on ne pénètre pas toujours la logique." Haruki Murakami



Je remercie Rémi et l'opération Match Littéraire PriceMinister 2011 pour la découverte




vendredi 14 octobre 2011

Ella l'ensorcelée

Gail Carson Levine

Ecole des Loisirs
Collection Neuf
Traduit de l'américain par Diane Ménard
Paru en 1999
278 pages
10 euros


Roman Junior à partir de 11 ans
Thèmes : Récits et contes merveilleux, Aventure



La fée Lucinda a eu la bonne idée de se pencher sur le berceau d'Eleanor et de lui octroyer le merveilleux don de l'obéissance. Ella sera obligée d'obéir à quiconque lui donnera un ordre, héritant d'une malédiction quelque peu contraignante! Sa maman lui fait promettre qu'elle ne doit en aucun cas révéler ce talent, et qu'il doit à tout prix rester secret et bien gardé. Car utilisé par un esprit mal intentionné, le don d'Ella pourrait très vite devenir un enfer. Puis la maman d'Ella décède et la jeune fille est livrée à un père distant qui n'a de yeux que pour ses affaires. Il l'envoie donc dans un pensionnat où Ella apprendra toutes les règles de bonne conduite et de bienséance. Seulement, Ella n'y va pas seule! Hattie et Olive, les filles de Mme Olga l'accompagnent. Hattie, perspicace et redoutable; comprend vite le pouvoir qu'elle peut prétendre sur Ella et en profite copieusement pour déverser sa jalousie. Certains de ses ordres mettent Ella dans des situations déconvenues et bien malheureuses. N'y pouvant plus, Ella décide de retrouver la fée Lucinda afin qu'elle annule son "mauvais" sort et s'enfuit en pleine forêt peuplée de terribles ogres...

J'ai beaucoup aimé Ella l'ensorcelée, un conte de fées qui sous sa forme narrative en est un, sauf pour notre héroïne, contrainte d'obéir aux ordres les plus mesquins. Un cadeau pas très folichon et dont les conséquences sont désastreuses. Très vite, le lecteur comprend les clins d'oeil multiples à Cendrillon, et s'en réjouit par la touche d'originalité avec laquelle l'auteur réussit à s'en inspirer. C'est une lecture divertissante, amusante et pleine de fraîcheur dans laquelle on aimera les personnages de Mandy, la cuisinière extra-ordinaire, le prince Charm (de son vrai nom Charmont) et la fée Lucinda, bien maladroite dans la formulation de ses voeux! C'est un récit drôle et attachant dans lequel on trouve des fées, des ogres, des centaures et d'autres créatures fantastiques. Et même si le suspense est quelque peu atténué car on se doute bien que tout ceci se finira en "Et ils vécurent heureux...", les jeunes lecteurs seront enchantés par ce Cendrillon revisité.


Découvert chez Maribel
Lu dans le cadre du Challenge Halloween 2011, organisé par Hilde et Lou


dimanche 9 octobre 2011

Pauline contre Humbaba et les sorcières amputeuses

Sabrina Mullor

Ecole des Loisirs
Collection Neuf
Paru en Mars 2011
167 pages
9,50 euros


Roman Junior à partir de 11 ans
Thèmes : Fantastique, Magie, Courage




Quatrième de couverture : « Un élixir est une petite créature qui n’a qu’un but dans la vie : montrer la beauté du monde ». Une nuit, un petit élixir décide de faire de Pauline son Porte-Elixirs. Il fuit les sorcières-amputeuses qui sont à ses trousses. Ce petit élixir est particulier : il est le préféré d’Humbaba, la plus vieille des sorcières amputeuses. Derrière sa loupe spéciale, Humbaba est capable de voir tous les petits élixirs et elle a repéré l’endroit où se cache son favori. Il se trouve dans la poitrine de Pauline, au niveau du cœur. Pauline sait qu’elle ne pourra pas échapper à la terrible Humbaba. Mais elle veut protéger le petit élixir, à n’importe quel prix.


Première rencontre avec Sabrina Mullor et c'est une rencontre réussie...Un coup de coeur pour ce conte moderne et original, d'une inventivité et d'une création provenant d'un imaginaire surprenant. L'histoire de Pauline contre Humbaba et de ces sorcières amputeuses est assez déconcertante. Pauline vit avec sa tante. Un soir, elle lui raconte des histoires de son enfance et la tante Lily lui confie un livre intitulé "Le monde des petits élixirs". Pauline apprend qu'elle est un "Porte-Elixirs". A côté de son coeur, il y a un noyau qui accueille pleins de petits élixirs. Les élixirs sont des créatures fantastiques dont le but est de nous montrer la beauté du monde. Les sorcières amputeuses volent les élixirs et les donnent à Humbaba, la plus vieille des sorcières amputeuses. Mais Humbaba a un elixir préféré et c'est justement celui qui a choisi Pauline : Le murmure des étoiles s'est réfugié auprès de la petite Pauline. Heureuse, la fillette peut voir les étoiles briller, danser, virevolter... Mais Pauline ne tarde pas à apprendre que son élixir est le favori de Humbaba et que derrière sa loupe, la plus puissante des sorcières voit tout, la menaçant de lui ôter ce qu'il y a désormais de plus précieux...

Pauline contre Humbaba et les sorcières amputeuses est une histoire magique, pleine de poésie et de symbolisme. C'est tout de même assez effrayant et violent car les sorcières amputeuses dépossèdent les gens de leur âme, de leur capacité à voir la beauté du monde. Les petits élixirs expriment une très jolie métaphore : celle de l'innocence de l'enfance, l'innocence d'un regard émerveillé sur le monde qui permet d'en apprécier la beauté à l'instant présent... Alors que lorsqu'on devient adulte, on a perdu ce regard neuf. C'est un conte imaginatif et porteur de sens qui nous offre un moment d'exception entre aventure merveilleuse et peurs enfantines. C'est une très belle histoire, riche en sensibilité car la petite Pauline veut absolument protéger son élixir (une part d'elle-même), elle est pleine de compassion pour lui et ne veut pas qu'il soit livré à Humbaba qui l'emportera dans son igloo pour l'avaler. Un roman unique, qui m'a totalement séduite grâce à sa poésie enchanteresse et à son rythme qui joue entre peur et suspense. Un roman intelligent, un univers à découvrir car il invite à une lecture intuitive et à de multiples pistes d'interprétation. Une belle lecture dont la fin, magnifique, magique et pleine de charme vous fera battre le coeur de mille petites bulles d'espoir et de joie.


Les avis de Fantasia et Clarabel
Livre lu dans le cadre du Challenge Halloween 2011, organisé par Hilde et Lou



Le magicien d'Oz

Lyman Frank Baum

Gallimard Jeunesse
Collection Folio Junior

Traduit de l'anglais par Mona de Pracontal
Illustrations de William Wallace Denslow
188 pages
6,10 euros



Roman Junior à partir de 10 ans

Classiques Jeunesse

Thèmes : Magie, Amitié, Solidarité


Quatrième de couverture : Emportée par un cyclone avec son petit chien. Dorothée se retrouve dans un étrange pays. Accompagnée d'un épouvantail qui parle, d'un bûcheron de fer-blanc et d'un lion poltron, elle se met en route vers le palais du mystérieux et puissant magicien d'Oz. Lui seul a le pouvoir de l'aider et rentrer chez elle, au Kansas. Mais à quel prix acceptera-t-il de secourir Dorothée et ses amis ? Le chemin est long et périlleux, et bien des épreuves les attendent...
A propos de l'auteur : Lyman Frank Baum (1856-1919) est né à Chittenago dans l'Etat de New York. Fils d'un magnat du pétrole, il a été successivement éleveur de volailles, comédien, courtier en pétrole, rédacteur et journaliste avant de publier en 1897 son premier livre pour enfant, Mother Goose in Prose, composé de contes qu'il avait inventés pour ses quatre jeunes fils. Une des histoires qu'il leur avait racontées donna naissance au Magicien d'Oz. Le Magicien d'Oz connut un succès prodigieux dès sa parution en 1900. Il a donné lieu à de nombreuses adaptations, notamment à un film de Victor Fleming, rendu mémorable par l'interprétation de Judy Garland (1939). Durant les vingt dernières années de sa vie, bien que malade, Frank Baum publia une centaine de livres. On dit qu'il avait l'allure de Groucho Marx, qu'il vivait dans l'imaginaire et qu'il ressemblait beaucoup au magicien d'Oz.


Dorothée vivait avec sa tante Em et son oncle Henri au Kansas lorsqu'un terrible cyclone emporta tout sur son passage, et transporta la maison dans un pays étrange et merveilleux. Dorothée s'y trouvait avec son chien Toto et lorsqu'elle sortit, elle rencontra les Grignotins. C'est là qu'elle apprit qu'elle était au Pays d'Oz et que sa maison avait écrasé la méchante sorcière de l'Est. Mais Dorothée, très inquiète, n'a qu'une seule envie : retourner au Kansas et rassurer sa famille. Oui mais pour ça elle doit rencontrer le magicien d'Oz, le plus grand magicien et le seul qui puisse l'aider à rentrer chez elle! Sur le chemin de briques jaunes menant à la Cité d'Emeraude, elle affrontera de multiples embûches. Heureusement elle rencontrera l'épouvantail, le bûcheron au fer blanc et le lion poltron...Chacun doit demander une faveur à Oz...

Le magicien d'Oz est un classique de la jeunesse bien guilleret qui invite à un voyage fabuleux dans un monde farfelu, un pays magique peuplé d'êtres surprenants et drôles. Evidemment, il y a les méchantes sorcières de l'Est et de l'Ouest et leur fin est plutôt inattendue et rigolote! Les illustrations sont charmantes bien que surannées : on imagine Dorothée comme une belle petite fille potelée aux joues bien roses! Une quête pour l'amitié où les bienheureux compagnons apprennent les valeurs du courage, de la solidarité et beaucoup d'aventures qui se terminent bien. Un conte qui m'a bien plu et qui m'a beaucoup amusé!


Lu dans le cadre du Challenge Halloween 2011 organisé par Hilde et Lou



mercredi 5 octobre 2011

Rencontre avec Cate Tiernan (30/09/11)



Vendredi 30 septembre dernier, nous avons rencontré Cate Tiernan : l’auteure des séries Wicca et Immortels. Avec ma complice Thalie du blog Parfums de livres, nous avons pu l’interviewer sur près d’une heure, avant sa séance de dédicace à la Librairie Decitre Part-Dieu. Malgré la barrière de l’anglais, nous avons pu facilement l’écouter et comprendre sa démarche d’auteur. Après quelques secondes d’intimidation, nous avons démarré en expliquant à Cate que Wicca et Immortels étaient des livres « that feels good ». Des livres qui littéralement nous font du bien et qui nous invitent au développement personnel.

Il y a une énergie positive qui se dégage de ses histoires. En effet, Cate a été dans notre sens en nous expliquant à quel point c’était important pour elle d’écrire des romans qui font grandir. Le sentiment d’appartenance à la communauté est très fort. Dans Immortels, Nasty apprend à vivre avec elle, à s’accepter (Thème du Apprendre à vivre avec soi). Roman de quête identitaire, dans le deuxième tome elle apprend à vivre avec les autres (Thème du Apprendre à vivre en communauté, s'ouvrir aux autres), et dans le trois, elle développe cette idée en allant plus loin (Ouverture d'esprit et tolérance). Très à l'aise, Cate a enchaîné de manière spontanée sur le message d'Immortels et l'importance du retour à la Nature. Nasty a vécu des moments difficiles, elle se sent très mal au début du livre. C'est l'occasion d'un retour sur soi, le moment pour se ressourcer. Ce sont des romans introspectifs qui invitent à la recherche de soi, à développer un sentiment de bien-être.

Dans Wicca, ce qui a motivé Cate Tiernan c’était de pouvoir faire évoluer et décrire une adolescente qui puise en elle la force de prendre ses propres décisions. Cate adore Morgan. Pouvoir faire ces choix, prendre son indépendance, s’affirmer et tout ceci même si Morgan est amoureuse de Cal. C'est la volonté de s'affirmer, de l'aider à se construire, à penser par elle-même. Que ceux qui ont vu dans Wicca, un livre de propagande se rassurent. Nous avons invité Cate à développer sur les débats et controverses que suscitaient Wicca particulièrement dans les milieux documentalistes et scolaires. Cate n’est pas wiccane. Elle a choisi le thème de la sorcellerie, parce qu’aux Etats-Unis c’est un courant attirant, positif, qui invite à la réflexion mais dans sa série, ce n’est là que le prétexte, le cadre idéal pour placer l’accomplissement de Morgan. C'est une philosophie de vie qui sert à aider. Grâce à la Wicca, Morgan se sent forte et prête à affronter sa vie de jeune adulte. Elle est capable de faire des choix. La Wicca est donc un moyen mais pas une finalité en soi. La Wicca est un courant très intéressant pour Cate mais ce n’est nullement l’occasion de faire son apologie !

Même si elle aborde le thème délicat de la religion contre la sorcellerie, elle invite surtout à la réflexion, au fait que les jeunes peuvent choisir leur voie, leurs croyances et leur foi. Wicca « help them grow ». Ses livres ont la volonté de faire grandir et de nous apporter un sentiment d’épanouissement. Wicca n’est pas à ses yeux un roman d’initiation.

A propos de l’accueil de ses livres en France, elle est ravie de son succès qu’elle n’imaginait pas. Elle est très désireuse de rencontrer ses lecteurs. C’est une femme souriante, accessible, agréable et humaine. Elle nous a beaucoup donné, beaucoup apporté et s’est livré en toute sincérité, avec une très belle générosité et sensibilité que l'on ressent à chacun de ses mots qu'elle choisit avec soin. C’est d’ailleurs, ce qui m’a le plus touché. Lorsqu’elle nous a parlé de Morgan, qu’elle aimait réellement son héroïne car Wicca est sans doute le roman qu’elle aurait voulu lire étant plus jeune. Cette discussion a été très intéressant,e autant pour elle que pour nous. Nous en garderons un superbe souvenir.


Un beau moment pour lequel je remercie Cate, Cécile et Faustine, attachées de presse à Black Moon et Thalie, ma partenaire et complice pour cet échange mémorable, dont voici le lien vers ses impressions.