samedi 25 février 2012

Les raccommodeuses des coeurs déchirés

Texte de Catibou
Illustrations de Géraldine Hary


Les petits pas de Ioannis
Collection P'tites bulles de vie
Paru en Septembre 2010
30 pages
12,90 euros


Album Jeunesse dès 3 ans
Thèmes : Maman, Bébé, Famille,Deuil







"Quand arrive la plus triste des choses, Poupée et ses amies pleurent puis se mettent au travail. Leur ouvrage, un raccommodage très précieux et particulier, est le plus beau et le plus utile travail qui existe au monde. Seul le temps aidera Poupée et ses amies à le mener à bien."



Voilà un album d'une infinie délicatesse qui nous parle avec des mots tendres et sobres de la perte d'un bébé et du deuil périnatal. C'est un sujet peu voire pas du tout présent dans la production jeunesse, sujet difficile et encore un peu tabou, c'est pourquoi on appréciera la justesse du ton et l'intelligence du propos tout en retenue et en douceur. Il en émane une poésie des images et du texte qui sont en parfaite harmonie. Le sujet est triste et douloureux, pourtant Les raccommodeuses des coeurs déchirés est un album lumineux, plein d'espoir et d'amour illustré par des couleurs chaleureuses et pétillantes.
Un album-doudou pour guérir le deuil d'un enfant, apprendre à sourire de nouveau à la vie.


L'avis de Thalie, grande fan des Petits pas de Ioannis.

Ephémère - Tome 1 Le dernier jardin

Lauren DeStefano

Castelmore
Traduit de l'anglais (USA) par Tristan Lathière
Paru en Août 2011
349 pages
12,90 euros


Roman ados à partir de 12/13 ans
Thèmes : Polygamie, Dystopie, Société


Quatrième de couverture : L'humanité croyait son avenir assuré. La science avait créé des enfants parfaits, immunisés contre toutes les maladies. Mais qui pouvait imaginer le prix à payer ? Car désormais, personne ne survit au-delà de vingt-cinq ans. Le monde a changé. Pour les jeunes femmes, la liberté n'est plus qu'un souvenir. Au nom de la survie de l'espèce, elles sont kidnappées et contraintes à des mariages polygames. Rhine a seize ans. Quand elle se réveille dans une prison dorée, elle n'a qu'une idée en tête : fuir. Qu'importe l'amour que lui portent son mari et ses soeurs épouses. Quand on n'a que quelques années à vivre, la liberté n'a pas de prix.
A propos de l'auteur : Lauren De Stefano est née à New Haven, dans le Connecticut. L'écriture est sa passion depuis qu'elle est enfant, si bien que même au restaurant elle ne pouvait s'empêcher d'écrire toutes sortes d'histoires sur les menus ! Maintenant qu'elle est adulte (enfin presque !), elle écrit des romans jeunesse... pour de vrai. Elle a été réceptionniste - la pire du monde -, serveuse dans un café, préceptrice et professeur d'anglais. Et quand elle ne travaille pas sur ses romans, elle passe son temps à crier des ignominies à sa Nintendo DS, à rendre son chat fou avec un stylo laser et à dépenser tous ses sous dans des friperies pour créer de nouvelles tenues qui tuent !


Les scientifiques ont réussi à repousser les limites du possible en créant des bébés parfaits, sans aucun défaut, immunisés contre les maladies. Parfait ? Certes mais les futures générations en subiront les conséquences. Les filles meurent à 20 ans et les garçons à 25 ans d'un virus que les médecins n'arrivent pas à déterminer. Dès lors, pour préserver et renouveler la race humaine, les femmes sont considérées comme une marchandise : des machines à enfanter. La polygamie est autorisée dans un monde qui a perdu sa moralité, qui vole les enfants à leurs mères pour faire des expériences. Les jeunes filles sont enlevées et mariées de force à de riches et beaux gouverneurs. Rhine n'échappe pas à la règle : kidnappée et mariée à Linden Ashby, prisonnière d'une demeure magnifique, traitée avec bien des égards ; il n'en reste pas moins qu'elle a perdu sa liberté, la chose la plus précieuse au monde. Elle n'a qu'une seule volonté : s'enfuir malgré l'amour que lui porte son mari et ses soeurs épouses, Cécily 13 ans et Jenna 19 ans.

Comment ne pas aimer ce roman ? Dans la lignée de La Déclaration et de Hunger Games, la nouvelle série imaginée par Lauren DeStefano nous embarque dans un monde qui a perdu toute m
oralité et où la notion du bien et du mal est occultée par la science et le progrès. C'est un roman dystopique sur la condition et le statut des femmes dans lequel Rhine, la narratrice et adolescente de 16 ans est arrachée à son frère pour vivre en tant qu'épouse d'un riche gouverneur. Si les trois nouvelles femmes de Linden Ashby sont traitées comme des reines, disposant d'une demeure somptueuse, entre luxe et richesse, il n'empêche qu'elles sont prisonnières d'où le paradoxe incroyable et saisissant entre cette prison dorée, où l'on a tout sauf l'essentiel. Rhine n'a de cesse d'imaginer un moyen de s'évader, fuir pour retrouver son frère, coûte que coûte. C'est sur ce fond d'espoir et de lumière, que tournent les pensées et les questions d'une héroïne qui est attachante et mature.

Dans ce premier tome, l'auteur pose les bases d'un monde en dérive, sous la figure impitoyable de Maître Vaughn, le père de Linden. L'heureux époux n'a pas conscience des circonstances dans lesquelles ses femmes sont devenues épouses. Son père est un homme sans scrupules, méprisable et sans aucune pitié pour les femmes qu'il traite comme des objets à manipuler. La jeunesse et l'insouciance sont volées. Les femmes doivent enfanter jusqu'à leur mort. Malgré les thèmes forts que sont l'injustice, les manipulations génétiques, l'isolement, la polyg
amie, Lauren DeStefano parvient à créer une bulle de douceur, de féminité et aussi d'une certaine sensualité. Son écriture est élégante, raffinée, romantique, délicate. La description des décors est emplie de fragrances, de parfums, de couleurs. On a l'impression d'être dans un conte de fées. Le roman prend également des allures de récit intimiste, où l'amour naît entre Gabriel le domestique et Rhine l'épouse insoumise. Une certaine complicité se développe entre Rhine et Linden, et entre les épouses. Rhine se pose des questions d'une justesse inouïe : comment peut-on aimer plusieurs femmes à la fois, comment penser qu'elles peuvent être heureuses... Roman intéressant, qui invite à la réflexion, Le dernier jardin est prometteur et touchant par son émotion. J'attends la suite avec impatience...


Les avis de Mylène, Jess, Muti, Karline, Bazar de la littérature, Acsylé




Cette lecture compte pour le Challenge Littérature de jeunesse/ Young Adult
organisé par Mélo, Hélène et Nodrey.

Vit un conte de fées : 19/24

La grande aventure des petits

Helen Stephens

Gallimard Jeunesse
Traduit de l'anglais par Anne Krief
Parution prévue le 1er mars 2012
40 pages
12 euros


Album Jeunesse dès 3 ans
Thèmes : aventure, enfance, doudou


A propos de l'auteur : Helen Stephens aime les livres, en particulier les albums. C’est pour cela qu’elle pense avoir le meilleur travail du monde… Elle a illustré de nombreux livres, pour les bébés, les tout-petits, les enfants plus grands, qui ont reçu de nombreuses récompenses. Elle a grandi dans une maison isolée, et dessine depuis toujours. Devenue adulte, elle passe 15 ans en ville avant de décider de s’installer, avec son mari et leur petite fille, à la campagne, au nord de l’Angleterre.
Les environs de leur maison sont une grande source d’inspiration pour elle. Elle travaille actuellement à un nouveau projet de livre avec Michael Morpurgo.


Le manoir des Petits est gigantesque. Dans ce manoir, il se passe toujours quelque chose d'exceptionnel. Hélas ce soir là, Paul et Lydie se préparent surtout à aller se coucher. C'est tout de même bien dommage lorsqu'on sait qu'il va y avoir une belle fête. La lumière filtre à travers la porte de la chambre des enfants et pique leur curiosité. Les rires, les discussions...Alors à pas de loup, les petits filous descendent le grand escalier et regardent le spectacle. Cela ne suffit pas à Monsieur Ploc, le doudou de Paul qui passe par dessus la balustrade et atterrit au milieu de la salle des convives! Il faut le retrouver...La promenade des petits Petits va virer à la grande aventure!

Helen Stephens sait parler de l'enfance et de l'excitation au moment du coucher lorsqu'enfant, on voudrait pouvoir veiller tard et rester avec les adultes. Au château, c'est la fête et l'aventure des petits Petits est de nous montrer les recoins cachés de leur maison, véritable terrain de jeu. Chevaliers en armure et passages secrets seront donc de mise dans cet album irrésistible d'humour et de bonne humeur aux couleurs chaleureuses, rehaussées d'un ton à l'anglaise. La couverture de l'album en dit déjà long sur les illustrations d'Helen Stephens : dorure et décors de conte de fées : élégante, brillante et raffinée. Les enfants adoreront découvrir des rabats à déplier et admirer les détails charmants décrivant une somptueuse scène de dîner. Nos petits sont malins et plein d'imagination : ils crapahutent sous les tables, se faufilent entre les chandeliers, se suspendent au lustre. Un album pétillant qui ravira les petits!


N'hésitez pas à aller faire un petit tour sur le site d'Helen Stephens :
www.helenstephens.com
Un grand merci à toute l'équipe de Gallimard Jeunesse.

dimanche 19 février 2012

Journal d'un ange gardien

Carolyn Jess-Cooke

JC Lattès
Traduit de l'anglais (Grande-Bretagne) par Denyse Beaulieu
Paru en Février 2012
378 pages
12,50 euros




Quatrième de couverture : Lorsque Margot Delacroix meurt à quarante ans, elle est renvoyée sur terre comme ange gardien : le sien ! Contrainte par mandat divin de revivre les pires moments de son existence et ses regrets les plus amers, Margot reçoit l'ordre de ne rien changer, mais simplement de tirer la leçon de ses erreurs. Tandis qu'elle veille sur ses proches, Margot rêve pourtant de modifier le cours de son destin. Jusqu'où sera-t-elle prête à aller pour se racheter ?
A propos de l'auteur : Née à Belfast en 1978, Carolyn Jess-Cooke écrit depuis son plus jeune âge. Journal d'un ange gardien, succès international traduit dans une vingtaine de langues, est son premier roman.


Margot Delacroix meurt à 40 ans, assassinée dans des circonstances qui restent à définir. Renvoyée sur terre comme ange gardien, Margot devient Ruth et doit protéger la petite Margot qui vient de naître. Et là Ruth comprend : elle devient son propre ange gardien. Chargée de veiller sur elle-même et de revivre les pires moments de sa vie, Ruth s'interroge et ne cesse de vouloir changer le destin, son destin. Mais Ruth doit s'en tenir aux quatre principes des anges : observer, protéger, enregistrer et aimer et doit laisser Margot faire ses propres choix. De mauvaises décisions en remords partagés, Ruth ne peut laisser faire un destin qui ne conduira qu'à une succession d'échecs et de drames. Où est la limite entre le libre arbitre quand on veut changer sa vie et modifier le cours de son destin? Comment ne pas intervenir lorsqu'on observe une vie qui se répète avec les mêmes erreurs? Comment le fils de Margot en est-il arrivé à se retrouver en prison pour meurtre? Autant de questions auxquelles Ruth veut répondre...

Notre destin est déjà tracé et chaque choix que l'on fait nous prédestine à tel chemin, à telle conséquence. Premier roman remarquable de justesse, Journal d'un ange gardien nous propose de plonger dans la vie de Margot, vue d'en bas par son ange gardien qui connaît tout le vécu de cette petite fille qui va grandir et passer par l'alcool, la drogue, les déboires et la violence. De fait, assister à la naissance et aux premiers pas d'un bébé est émouvant. Ca l'est encore plus quand tout est vu par soi-même et que l'on sait que cet enfant va vivre des expériences douloureuses. Humains et anges gardiens se rencontrent et s'entrecroisent pour affronter le destin, aider les humains à avancer dans la douleur, dans les épreuves en suggérant des berceuses apaisantes. Et qu'est ce qui vous réchauffe le coeur quand tout semble au désespoir? Une voix inconsciente, impalpable qui vous incite à voir la lumière, des souffles qui percutent notre esprit. Tantôt suivies, tantôt ignorées, les voix de nos anges gardiens nous guident. Si l'auteure prend le parti pris de cette mystique de l'au-delà, il s'ensuit que Journal d'un ange gardien est réaliste et plein de fougue. Ce qui saisira le lecteur c'est justement cette osmose parfaite entre l'au-delà et l'ici-bas comme si la frontière n'existait plus et pourtant les anges ne peuvent influer sur nos actes. Il en ressort un roman incroyablement bouleversant, émouvant et magnifique. Histoire d'amour, histoire d'une vie, suspense et fantastique sont mêlés à l'infini dans un récit touchant et étonnant sur la quête du bonheur.

Le roman en soi est tout à fait original et convaincant. Revivre sa vie, pouvoir agir en conséquence. Dans ce roman qui alterne joies, peurs, doutes, illusions, déboires, larmes, espoirs, épreuves et réjouissances, la vie humaine se confond avec la vie spirituelle d'un ange qui lui aussi est en proie aux mêmes sentiments contradictoires. Sans compter sur les démons, les ombres qui planent sur nos vies et le fameux combat du bien contre le mal. Pourtant pas de manichéisme religieux dans Journal d'un ange gardien, où le récit s'engage sur un chemin bien plus difficile : celui du libre-arbitre, de nos choix qui pèsent sur la balance : un récit qui interroge sur le sens du destin.

Livre-doudou, Journal d'un ange gardien sera pour ceux et celles qui ont perdu un être cher, un roman fait d'espoir, un roman qui fait du bien et nous amène à réfléchir sur la mort, le poids de la vie, l'amour. Rempli de bienveillance, de tendresse malgré la dureté de certains passages, l'écriture de Carolyn Jess-Cooke est apaisante et salvatrice. COUP DE COEUR et très belle surprise!


Un immense merci à Masse Critique de Babelio et à JC Lattès pour la découverte.


samedi 18 février 2012

La Promesse des Immortels - Les vampires de Manhattan Tome 6

Les vampires de Manhattan Tome 6

Melissa de la Cruz

Albin Michel
Collection Wiz
Traduit de l'anglais (USA) par Valérie Le Plouhinec
Paru en Novembre 2011
387 pages
13,50 euros


Roman ados dès 13 ans
Thèmes : Vampire, Fantastique, Amour


Quatrième de couverture : De New York au Caire, du Paradis aux Enfers. A peine unie à Jack Force,Théodora doit déjà le quitter. Direction Le Caire, et la véritable porte de la Promesse ouvrant aux enfers. Mais en Egypte, une terrible révélation l'attend, une vérité cachée menaçant tous les sang-bleu ... mettant une nouvelle fois son histoire d'amour en péril.
A propos de l'auteur : Melissa de La Cruz est écrivain, chroniqueuse pour la presse et pour la télévision... Depuis la tétralogie Un été pour tout changer et la série Les Vampires de Manhattan (Wiz), elle est devenue un écrivain à succès comme Meg Cabot, à qui on la compare désormais.


Jack et Theodora se sont enfin mariés, bravant ainsi la loi du Conclave. Jack a renié sa promise, son âme soeur Mimi Force. La relation de Jack et Theodora est donc toujours interdite. Pour être libre, Jack et Mimi doivent inévitablement s'affronter. Un duel qui conduira à la mort de l'un ou de l'autre. Pour l'heure Jack et Theodora sont obligés de se quitter, l'un suivant son destin d'ange immortel alors que l'autre doit chercher la Porte de la Promesse ouvrant sur les Enfers. Direction l'Egypte et le Caire. Dans les années 90, à Florence, on retrouve la mère de Theodora, Allegra qui tombe éperdument amoureuse de son familier alors qu'elle est promise à Charles Force. La même histoire d'amour ? La même destinée ? Elle rejette le lien sacré au risque de payer très cher ce choix. Des siècles plus tard, Theodora, sa fille suivra-t-elle le même chemin alors que se dirigeant vers la porte des Enfers, le combat ultime entre les sang-bleu et Lucifer doit s'achever ?

Que dire de ce sixième tome si ce n'est qu'il est terriblement long et qu'il traîne autour des réflexions, pensées et descriptions de chaque personnage. Que nous fait Melissa de la Cruz et comment tout ça va se finir ? C'est un peu le leitmotiv qui m'a parcouru tout le long du roman. L'auteur prend des chemins alambiqués et je me suis complètement perdue dans une série qui démarrait pourtant très fort par son originalité, son action, sa manière de concilier mythologie vampirique à un panthéon religieux.

Cependant, il y a des points forts à la Promesse des Immortels même si il manque un peu d'action. Tout d'abord, on aimera le changement surprenant de Mimi Force qui descendue dans le Glom avec Oliver, veut retrouver son amour Kingsley. Elle plaque tout à New York pour le rejoindre au point de passer un pacte dangereux avec la Reine des Enfers. Hélas, les retrouvailles sont plutôt froides. Monsieur Kingsley Martin se plaît aux Enfers et snobe la Mimi qui ne sait plus où donner de la tête. J'ai craqué pour ce personnage : Kingsley, bad boy au grand coeur, fait tourner la tête et est vraiment so sexy. Il met du peps et du piquant dans cette aventure. Ensuite, nous avons Theodora au Caire : elle comprend son héritage et la série avance à petits pas, suscitant toujours l'envie et le suspense (bien qu'il soit fastidieux). La saga a su déjouer la superficialité relative au glamour et les derniers tomes ne ressemblent plus aux premiers épisodes des lycéens adolescents vampires. Melissa de la Cruz développe une intrigue étonnante où les vampires laissent place à une mythologie richement exploitée avec des anges. Certes, c'est prenant mais ce dernier tome est difficile à cerner et à apprécier. Joli exploit pour cette saga dont la fin sera, pour le coup, imprévisible et impossible à deviner!


J'en ai déjà trop dit! La menace de Lucifer se précise et l'on sent que le sacrifice ultime va avoir lieu! Oui mais quand ? (Je désespère) Dans le 7eme et DERNIER (oui! ouf!) tome prévu pour janvier 2013. Un avis en demi teinte donc et en cela je partage l'avis de Radicale.


Blanche

Anne Cortey et Françoise de Guibert
Illustré par Nathalie Choux

Hélium
Paru en Septembre 2011
46 pages
13,90 euros


Album Jeunesse à partir de 6 ans
Thèmes : Voyage, Amitié, Guérison


Quatrième de couverture : Voici cinquante-quatre jours que Nô est au lit sans bouger, le regard perdu dans le vide. Personne ne sait comment cela a commencé, ni pour quelle mystérieuse raison. Alors Blanche décide de partir affronter l'inconnu, pour trouver le remède qui guérira son ami. Ce sera sans doute un long voyage, mais elle est prête...


Blanche est très inquiète pour Nô. Voilà 54 jours que son ami a le regard perdu dans le vide, n'a plus le goût de sortir, de se promener, de manger, de rire. Nô n'a plus le goût de vivre et reste là couché et prostré dans une lente et triste torpeur. Blanche a décidé d'aller chercher de l'aide, de partir en voyage en quête d'un remède, d'un miracle qui guérirait son meilleur ami. Prête pour le voyage à l'extérieur, elle sait que celui-ci ne sera pas de tout repos. Sur sa route semée d'embûches et de détours alambiqués, elle croise une cascade qui pleure, une famille de fennecs, des volcans plein de haine, des éclairs de pierre et des animaux de la jungle...Arrivera-t-elle à temps pour guérir son ami?


Blanche est un conte étrange, particulièrement porteur de sens. Faisant appel aux contes traditionnels de l'enfance, Blanche est un voyage à la fois extraordinaire et mystérieux faisant référence au Petit Chaperon rouge, à Jack et le haricot magique, à Blanche-Neige, à Alice au pays des merveilles et à Hansel et Gretel. Il y règne une ambiance mélancolique quoique pleine d'imagination et de réflexion, empruntant des chemins oniriques pour nous parler d'amitié, de persévérance, de partage.

Conte d'apprentissage s'il en est car Blanche, courageuse et téméraire fait de petites enjambées pour mieux grandir. Affrontant l'inconnu, la haine et la colère, elle n'a de cesse que de suivre son coeur, armée de courage et lançant des "J'aime, J'aime" aux volcans en colère. De fait, cet album écrit à quatre mains est riche en originalité, sensibilité et subtilité. Les illustrations de Nathalie Choux sont tendres, délicates, fraiches. L'émotion de la petite Blanche est saisie par un crayonné doux, des tons gris ponctués par des touches de couleurs pastelles. Nathalie Choux est douée pour saisir la sérénité qui émane de la nature, des forêts, des lacs, des cascades, des prairies.

Voyage initiatique, histoire poétique et métaphorique
, Blanche surprendra ses lecteurs à plus d'un titre, non seulement pour son texte qui interpelle que pour l'univers de Nathalie Choux. Cet album fait du bien dans la littérature jeunesse par son ton résolument différent et unique, où l'aventure, le rêve et les émotions se côtoient dans une harmonie apaisante. Un album vibrant et engagé, une réussite.


A visiter :
- le blog de l'illustratrice : http://nathaliechoux.blogspot.com/

Arthur Ier et le trône à trois pieds

Eric Battut

Gulf Stream Editeur

Collection Les p'tites balades
Paru en Février 2012
32 pages
9,90 euros


Album Jeunesse dès 3 ans
Thèmes : Art, Histoire, Meuble


Quatrième de couverture : Un soir, Baptiste l'ébéniste se fâche : le Roi refuse encore un de ses trônes ! Alors pour changer, il fabrique un tabouret, un tabouret à trois pieds. Mais le petit tabouret ne plaît ni au pêcheur qui l'a acheté, ni à la laitière, ni au brigand... Ils l'envoient tous " au diable " ! Et il finit par y atterrir vraiment chez le diable, qui n'est autre que le polisson Olivier 1er... qui trouve enfin un trône qui lui sied !
A propos de l'auteur : Eric Battut est né à Chamalières, où il vit et travaille. Après six années d'études en économie et en droit, il a étudié à l'Ecole Emile Cohl de Lyon. En 1996, ses premières illustrations pour La Chèvre de Monsieur Seguin sont montrées à Bologne. En 1997, il a reçu le prix " Figue Future " de Montreuil, ainsi que le Prix Octogones 2000 du CIELJ. Il a depuis publié chez Didier jeunesse, Milan, Bilboquet, Autrement jeunesse et Bohem Press.


Notre histoire remonte loin, à l'époque des chevaliers, des châteaux et des rois. En parlant de roi, Baptiste l'ébéniste est furieux contre le sien car il a encore rejeté le trône confectionné pour son seigneur. Baptiste en a assez et ce soir-là il décide de fabriquer un meuble spécial, quelque chose de différent : un tabouret à trois pieds. Aussitôt vendu au pêcheur, le tabouret à trois pieds joue de vilains tours qui fait manquer sa prise à notre ami. Et c'est ainsi que jeté, le tabouret un peu spécial passe entre les mains de la laitière et même d'un brigand et se retrouve de mal en pis capturé lors d'une bataille. Le tabouret est perdu mais doit encore passer devant le roi pour être gracié. Qui voudra de lui alors que tout le monde l'envoie au diable?!!!




L'histoire d'Arthur Ier et le trône à trois pieds est étonnante et pleine d'humour. Il s'agit bien d'évoquer le thème de la différence, du rejet et de la place dans la société à travers l'image d'un tabouret à qui il manque un pied et qui fait capoter toutes les activités du pêcheur et de la laitière en les faisant tomber! Ce tabouret s'exprime et est bien vivant! On nous parle aussi d'Histoire, de Baptiste l'ébéniste qui a fabriqué un meuble en bois qui perdure, témoin des époques passées et qui se transmet de génération en génération. Puis le tabouret tombe aux mains d'un drôle de petit diable : un bébé bien polisson qui n'est autre que le roi Arthur Ier.!Les illustrations d'Eric Battut sont toujours aussi appréciables par leur sobriété, les traits enfantins et expressifs, les couleurs usitées sur fond blanc. Un album qui possède une petite âme d'antan! Une bien jolie idée!


Un grand merci à Angela et à Gulf Stream éditeur pour la jolie découverte.


mercredi 15 février 2012

Coccinelles cherchent Maison

Davide Cali
Marc Boutavant

Editions Sarbacane
Paru en Octobre 2011
28 pages
16,50 euros


Album Jeunesse à partir de 5 ans
Thèmes : Maison, Nature, Humour





Une autre idée de l'aide au logement!


La famille Coccinette, un couple de coccinelles souhaite déménager! M'est avis qu'il doit y avoir un bébé à naître là-dessous. Ils sont donc à la recherche d'une nouvelle maison! Mais pas facile dans la jungle immobilière de trouver son logement idéal à moindre coût. et surtout sans petits défauts...cachés. Pas de panique, Mr Balanin, de son état agent immobilier, va se charger de repérer les "bonnes affaires" et de leur faire visiter pleins de belles maisons. On a hâte! C'est parti pour un parcours fastidieux! Mr Balanin propose tout : champignon pourri, coquille d’escargot claustro et étroite, bouchon-péniche instable, château de sable en mal d'équilibre, pomme moisie avec ver en prime, terrier surpeuplé, bouteille de verre cassée mais stylée "loft contemporain" avec de grandes baies vitrées. Avec Monsieur Balanin, tout logement comporte quelques petits défauts, entre les problèmes de voisinage, de commodités, d'humidité, de propreté, d'éclairage et de chauffage... Le couple de coccinelles arrivera-t-il à trouver un nouveau nid où se loger?





Cet album est un coup de coeur, un bijou d'album jeunesse où chaque page est un pur bonheur d'humour, de drôlerie, de fantaisie et de couleurs pétillantes. Pour ne pas vous perdre dans la visite, il faudra suivre les petits pointillés qui représentent le parcours alambiqué du couple Coccinelle et de leur agent immobilier. A la recherche de la maison parfaite, il y a des détours qu'il faut prendre pour réaliser à quel point il est difficile, en pleine nature, de trouver un logement potable.

Cet album exprime avec joyeuseté et un enthousiasme persévérant la recherche d'un nouveau chez soi, avec tout ce que cela implique d'espoirs, de déceptions et de patience. Marc Boutavant nous régale d
e détails qui fourmillent, à potentiel hautement amusants, de couleurs époustouflantes, de décors foisonnants, de motifs expressifs. On aimera suivre les pointillés et découvrir à chaque nouvelle page, tout un environnement naturel : la forêt, la mare, la plage, la campagne et même la ville... Davide Cali surprend en construisant sa narration et son histoire uniquement avec des dialogues qui commencent dès la page de garde. Chaque dialogue est représenté par une petite bulle ronde et on aimera rencontrer des personnages nouveaux : les locataires, les voisins, les amis. C'est original, plein de fraîcheur et de gaieté. Chaque page est un vrai plaisir. Le grand format de l'album permet ainsi une mise en perspective prodigieuse : des arrière-plans, les tailles des insectes, des oiseaux, des escargots par rapport à la végétation. Tout est fait pour attirer l'oeil, capter l'attention et susciter la curiosité.

Une recherche croustillante et vitaminée qui promet un moment de lecture délicieux et savoureux. Plus qu'une réussite, un coup de génie!





A lire les articles de Gaëlle, Fantasia

lundi 13 février 2012

Splat dans deux nouvelles aventures : Splat chante faux ! et Bonne nuit, Splat !




Bonne nuit, Splat !
Auteur : Natalie Engel
Illustrateur : Robert Eberz, d'après les créations de Rob Scotton
Nathan
Paru en Janvier 2012
28 pages
5,80 euros


Album Jeunesse dès 4 ans
Thèmes : Nuit, Peur, Aventure, Amitié


Splat est tout excité et tout content. Il fait nuit, c'est l'heure d'aller camper dans le jardin! Youpi!!!! Il a tout préparé comme il faut : la lampe, le sac de couchage. Et maman a même une surprise pour lui : deux copains viennent dormir sous la tente avec lui. La joie de Splat tombe à l'eau, il déteste Grouff. Pourtant sa maman lui explique que s'il passe plus de temps avec lui, peut-être finira-t-il par l'aimer un peu. Mouais, Soit... Splat n'a pas le choix. Mais Grouff gâche la soirée : il avale toutes les provisions, se moque de ses amis lorsqu'ils comptent les étoiles, déchire le sac de couchage de Plume. Pas sympa le Grouff. Trop c'est trop mais Splat est trop fatigué pour se disputer. Chut! On éteint les lampes et on s'endort quand...soudain Grouff sursaute et hurle, il a senti quelque chose grimper le long de sa jambe...

Bonne nuit, Splat! est un album rigolo qui joue sur les fameux clichés de la peur du noir et de la nuit à la belle étoile. Sur un rythme endiablé, les aventures s'enchaînent avec des gags typiques de la silhouette terrifiante qui se profile à la clarté de la lune derrière le rideau de la tente, des araignées qui grimpent sur le corps, des bruits angoissants qui font marcher l'imagination. Bref, la nuit de Splat n'est pas de tout repos! Au-delà de l'humour, des situations drôles et décalées, Bonne nuit Splat! évoque aussi les valeurs de l'enfance, de l'amitié, de la tolérance et de l'acceptation des autres tels qu'ils sont avec leurs défauts. Un album petit format bien sympathique dans lequel on rit, on s'amuse, on s'exclame, plein de suspense et d'aventures folles.


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Splat chante faux!
Auteur : Chris Strathearn
Illustrations : Robert Eberz d'après les créations de Rob Scotton

Nathan
Paru en Janvier 2012
28 pages
5,80 euros


Album Jeunesse dès 4 ans
Thèmes : Ecole, Famille, Chant, Timidité


Ce matin, la maîtresse de Splat annonce à tous les élèves chats qu'ils vont faire une chorale pour la fête de l'école. Super, tout le monde est enthousiaste et content...Tous sauf Splat! Il est timide, il a peur, il se sait pas chanter. Pourtant Miss Mioufett l'invite à essayer. Tout le monde se met à chanter...Sauf Splat! Arrivera-t-il à dépasser sa gêne avant la fête de l'école?

Sur le thème de la timidité, du dépassement de soi, cet album dédramatise les moments insurmontables de l'enfance et de la jeunesse. Chanter devant tous les parents, ne pas être sûr de soi, avoir peur de faire mal les choses, de se ridiculiser... les enfants doutent et cet album va les rassurer. Avec son humour caractéristique, ses illustrations qui font sourire et sa dose de bonne humeur, Splat notre héros séduira les petits et les grands par son ton léger. Splat chante faux et alors?? On l'aime comme ça! Après tout personne n'est parfait. Une belle leçon de vie et de tolérance.



samedi 11 février 2012

Les aventures de Léon


Alex T.Smith


Milan Jeunesse
Milan Poche Hors Collection
Traduit de l'anglais par Amélie Sarn
Paru en Février 2012
97 pages
9,90 euros


Lecture/ Roman cadet dès 8 ans
Thèmes : Animaux, Aventure, Humour


Quatrième de couverture : Quand ses maîtres partent travailler, un chien vit des tas d'aventures. Dans les magasins, au musée, au restaurant : à chaque journée ses découvertes ! Vous ne me croyez pas ? Demandez plutôt à Léon, ce drôle de chien au béret et au joli pull rouges...
A propos de l'auteur : Jeune illustrateur britannique de 26 ans, Alex T.Smith a déjà publié plusieurs albums, tous remarqués et primés. Un premier album a été traduit en français en 2011, chez NordSud. Il vit à York, en Angleterre, avec son épouse et ses trois chiens.



Léon est un petit chien tout blanc, aux longues oreilles noires qui porte un béret et un pull rouge. Léon est un chien bien sage qui dort toute la journée dans son panier. Vous pensez ? Pas tout à fait! En mal d'aventures, il attend patiemment que ses maîtres partent travailler pour décider de ce qu'il va faire de sa journée. A quoi s'occupe un chien pendant l'absence de ses maîtres ? Alex T.Smith vous répond dans ce premier épisode des aventures de Léon. Ainsi notre héros sur pattes accompagné de son meilleur ami Mister La Chaussette-Boulochée, partent dans la vie pour y vivre des aventures folles et rigolotes...

Avec humour et fantaisie, cette nouvelle série destinée aux enfants de 8 ans présente un héros pas comme les autres. Léon va vivre deux aventures, l'une en ville et l'autre à l'hôpital, car son doudou Monsieur La chaussette-Boulochée tombe malade, d'une de ces maladies étrange et imprévisible. Il va donc découvrir plusieurs univers quotidiens notamment celui de la rue en se promenant joyeusement et en visitant restaurants, magasins et musées. Il renifle les odeurs des pavés, s'exclame des différents bruits qu'il entend. Au musée, Léon va aider à arrêter une voleuse. A l'hôpital, Léon se fait passer pour un médecin et apprend à se servir du stéthoscope. On appréciera le graphisme "so british", des lignes épurées, des contrastes blanc/noir avec des touches de rouge, le look décalé et rétro de Léon, le mélange frenchie/british, l'ensemble formant un objet-livre élégant et terriblement tentant ! Des aventures loufoques, drôles, riches de rencontres variées, de dialogues délirants (vous connaissiez la onzeurite aigüe ?), de quiproquos et de situations farfelues. Un nouveau héros à adorer, une nouvelle série sur le marché français à suivre!






Un grand merci aux éditions Milan Jeunesse pour l'envoi surprise.
Visitez le site d'Alex T.Smith : http://alextsmith.blogspot.com/




Et en plus d'être particulièrement mignon, Alex T.Smith a déjà publié plusieurs albums fort prometteurs
qui ne demandent qu'à être traduit, alors avis aux éditeurs français! Il y a du talent!

vendredi 10 février 2012

Je m'appelle Mina

David Almond

Gallimard Jeunesse
Traduit de l'anglais par Diane Ménard
Paru en Janvier 2012
320 pages
14,50 euros


Roman Junior/Ado à partir de 11 ans
Thèmes : Différence, Deuil, Ecole


Quatrième de couverture : Mina joue avec les mots, invente des histoires, raconte sa vie de tous les jours, le bonheur d'aller se percher dans son arbre et de regarder la vie d'en haut, parmi les oiseaux, loin du monde d'en-bas, où elle a eu si peur. C'est d'amitié et de liberté que nous parle Mina. Ecrire lui permettra-t-il de nous confier son secret et de s'ouvrir enfin au monde?
A propos de l'auteur : David Almond a d'abord été postier, vendeur de balais, éditeur et enseignant ! Un beau jour, il a quitté son travail, vendu sa maison et a rejoint une communauté d'artistes pour se consacrer entièrement à l'écriture. Il publie des livres aussi bien pour les adultes que pour la jeunesse qui lui valent aujourd'hui la réputation de véritable classique. Skellig, son premier roman pour la jeunesse, a remporté un immense succès et a reçu la Carnegie Medal et le Whitbread Children's Book of the Year. Le Sauvage, son dernier titre paru, a reçu le prix Sorcières en 2011. Le prix Hans Christian Andersen lui a été décerné à Bologne, en 2010, pour l’ensemble de son oeuvre.


"Ecrire sera comme un voyage, chaque mot sera un pas qui m'emmènera vers une terre inconnue..."


Mina McKee, petite fille charmante, du haut de ses 9 ans, commence déjà à écrire son journal intime dans lequel elle confie toutes ses émotions, ses découvertes, ses inventions. Vivant seule avec sa maman depuis le décès prématuré de son papa, Mina raconte son histoire en laissant développer son imaginaire foisonnant et mystérieux. Mina aime l'école mais on ne peut pas dire que l'école le lui rende bien : ses camarades la perçoivent comme étant étrange et même folle, sa maîtresse et le directeur parlent d'une enfant perturbée. Je peux vous l'assurer, cependant, dans la tête de Mina, tout va bien! C'est seulement le travail de deuil qui fait son effet. Où les mots de Mina vont-ils l'emmener? Perchée sur son arbre, Mina préfère regarder les autres de loin et se pose mille questions. Ses pensées vagabondent, sa plume virevolte et joue avec les mots. Jolie petite Mina, perdre un papa c'est dur et violent et pourtant ses idées sur la vie, sur la mort, sur le monde sont magiques et empreints d'une infinie douceur.

Avec sobriété, créativité et émotion,
David Almond parvient à créer un roman jeunesse d'une grande richesse interprétative. Mina est une petite fille terriblement attachante, intelligente, curieuse et pimpante. Avec elle, pas le temps de s'ennuyer, les mots prennent vie, les lettres se dessinent aux confins de l'imaginaire. Hymne touchant à la vie, Je m'appelle Mina est une oeuvre vibrante de tendresse, de simplicité, de légèreté et de fraîcheur tout en abordant, pourtant, des sujets délicats et tristes : le deuil, la différence, la solitude, l'inconnu, le regard acerbe des autres, la fuite de l'enfance. Le journal intime
de Mina est tout simplement un hommage au pouvoir salvateur de l'écriture, aux émotions qui sont source d'inspiration et d'inventivité. Mina ne se donne aucune limite, aucune frontière, oscillant entre rêve et réalité, réflexions pleines de justesse et errance philosophique. A mon sens, ce roman de David Almond est essentiel et original. Il n'aborde pas le deuil de manière frontal, et l'exprime différemment selon le point de vue d'une petite fille qui grandit, qui vit, qui sourit, qui doit apprendre à s'ouvrir au monde et à communiquer. Découvertes littéraires, mots surprenants, histoires extraordinaires, l'imagination de Mina est comblée, couchée sur un journal intime aussi mystérieux que poétique. C'est apaisant, libérateur, sans fioritures. Le lecteur sera d'autant plus agréablement surpris que l'adéquation entre le texte et la mise en page est parfaite, proposant une typographie singulière et aérienne, suivant les mêmes chemins que l'esprit de Mina.



Un grand merci à Frédérique et à toute l'équipe de Gallimard Jeunesse pour ce partenariat.




Cette lecture compte pour le Challenge Littérature de Jeunesse/ Young Adult,
organisé par Mélo, Nodrey et Hélène.
Vit un conte de fées : 18/24

dimanche 5 février 2012

Celandine

Steve Augarde

Albin Michel Jeunesse
Collection Wiz
Traduit de l'anglais par Jean Esch
Paru en Janvier 2012
445 pages
20 euros


Roman ados dès 12 ans
Thèmes : Fantasy, Aventure, Amitié


Quatrième de couverture : Après la disparition de son frère à la guerre, Celandine s'enfuit dans la forêt pour trouver un peu de paix. Et rencontre un peuple minuscule déchiré par les conflits, qui vit à l'écart des humains. Seule la légendaire Pierre de Touche pourrait guider les Minuscules vers leur terre d'origine, et les sauver. Une quête qui va bouleverser la vie de Celandine.
A propos de l'auteur : Steve Augarde est né à Birmingham. Il a écrit et illustré plus de soixante-dix livres d'images pour enfants, et travaillé à la conception de livres pop-ups. Il a également créé des dessins animés pour la chaîne BBC. Celandine est le deuxième volet d'une trilogie jeunesse qui a remporté le prestigieux Nestlé Children's Book Prize (2003).


Après Le Peuple des Minuscules, Steve Augarde nous régale de sa plume florissante et nous raconte l'histoire de Celandine, l'arrière grand-tante de Midge qui bien avant elle, avait déjà le pouvoir de communiquer avec les Tribus des Minuscules...

Nous sommes en Angleterre, en 1915, Celandine est une jeune fille solitaire et mystérieuse qui ne s'entend pas du tout avec sa préceptrice. Alors que Celandine perd son cheval bien aimé, une remarque désobligeante de sa gouvernante la met hors d'elle et incite la jeune fille à un geste jugé extrêmement violent. Un vrai drame pour ses parents qui ne savent plus quoi faire pour comprendre leur fille. Envoyée dans un pensionnat, Celandine est rejetée par ses camarades. Elle tente plusieurs fois de s'enfuir mais échoue. Attristée, elle se sent complètement en décalage avec son environnement et repense à sa rencontre avec le peuple de la forêt. Lorsqu'elle apprend la mort de son frère, soldat en guerre, Celandine s'enfuie et se cache chez les Minuscules. Très vite, Celandine s'aperçoit que ce peuple aussi merveilleux et enchanteur qu'il puisse être est également en plein conflit, menacé par des rivalités tribales et la dispute de la Pierre de Touche...

Moins léger que Le Peuple des Minuscules, Celandine nous plonge, à la manière du Monde de Narnia dans une atmosphère pesante et mélancolique d'un monde en guerre dont il faut s'éloigner pour retrouver la sérénité. Celandine affronte des épreuves douloureuses : le rejet de sa famille, le mépris de sa préceptrice, la mort de son frère, la solitude dans un pensionnat où on la traite de sorcière...Celandine est une héroïne difficile à cerner, intelligente et réaliste, qui n'a pas peur de sa part d'ombre. Dans un monde fait de violence et d'injustices, Celandine fait le choix de s'impliquer dans le destin des Minuscules. Elle s'aperçoit que le peuple de la forêt n'est pas toujours synonyme de merveilleux. Au contraire les clans se forment et s'affrontent par convoitise, par jalousie, par conquête du pouvoir, nous éclairant sur les évènements survenus dans le premier volume. Celandine est une héroïne attachante, qui recherche la quiétude et la paix du coeur. On retrouve le thème de la fuite de l'imaginaire, le rôle important qu'il joue au niveau psychologique et à leur manière, le peuple des Minuscules réussira à réconforter Celandine pour que de nouveau elle puisse retrouver sa place au sein des humains et à suivre sa destinée. La fin du tome 2 laisse notre héroïne devant une décision importante. Steve Augarde, très habilement, convainc son lectorat d'attendre la suite. Malgré les propos durs, Celandine reste une magnifique et palpitante aventure empreinte de mystère, de magie et de beauté.


Merci à Anne et à toute l'équipe de la collection Wiz et Albin Michel Jeunesse pour ce partenariat.



Cette lecture compte pour le Challenge Littérature de Jeunesse/ Young Adult,
organisé par Mélo, Nodrey et Hélène.
Vit un conte de fées : 17/24

Le Passage des Lumières - Tome 1 Espoirs

Catherine Cuenca

Gulf Stream Editeur
Illustré par Raphaël Beuchot
Paru en Janvier 2012
192 pages
12 euros


Roman Junior dès 9 ans
Thèmes : Histoire, Aventure, Révolution


Quatrième de couverture : Zélie, une collégienne dont son historien d'oncle a fait une incroyable découverte, se retrouve coincée au 18e siècle après avoir pénétré dans une grotte pour le moins mystérieuse. En pleine période révolutionnaire, elle rencontre le père Joseph, Albine la bonne, Fanchon la petite malade et surtout Léandre, qui va enflammer son cœur. Mais ce n'est pas facile de se faire passer pour une jeune fille respectable quand on est habituée au jean - sweat-shirt et aux baskets, qu'on a la langue bien pendue et des idées modernes ! Un mois au 18e que Zélie n'est pas prête d'oublier et qui lui donne envie dès son retour de replonger dans le passé, aussi vite que possible...
A propos de l'auteur : Catherine Cuenca est diplômée d'Histoire et auteur de romans historiques pour la jeunesse. La Guerre des ombres, éd. Flammarion Castor Poche (2010), a obtenu le prix du roman historique jeunesse de Blois en 2010. Catherine Cuenca a également publié chez Oskar et Hachette jeunesse. Elle habite à Mons, dans la région lyonnaise.


28 avril, 21h, de nos jours, Zélie attend son oncle, professeur d'histoire, dans un jardin abandonné d'une maison en ruines. Il est en retard mais Zélie, piquée par la curiosité a très envie de vérifier l'histoire mystérieuse que lui a raconté son oncle. Il serait possible de remonter le temps. Zélie aperçoit une grotte et se demande si son oncle est déjà parti explorer l'intérieur. Elle entre et... se retrouve en mars 1789! C'est le père Joseph qui l'accueille et lui explique le phénomène étrange dont elle vient d'être témoin. Zélie ne peut repartir avant un mois (elle sera absente dans son monde seulement une demi-heure!). Mais pour passée inaperçue, Zélie va devoir être prudente et se plier aux bienséances de l'époque. Ainsi Zélie s'appelle désormais Marie-Azélie...

Le passage des Lumières est une nouvelle série fantastico-historique qui comptera 5 tomes et qui met en scène une jeune collégienne qui se retrouve propulsée en pleine époque de la naissance des Lumières et de la Révolution. Ce premier tome pose des ingrédients efficaces et prometteurs : une intrigue simple, une histoire d'amour entre passion et raison, une héroïne intrépide, enthousiaste qui découvre ce que sont les cahiers de doléances et les revendications de la société du XVIIIe siècle. Zélie est troublée et découvre les injustices de l'époque. Contrainte de se taire même si elle connaît l'avenir, Zélie apparaît comme une jeune fille pleine de fraîcheur et étonnante, surtout aux yeux du beau Léandre. Séduite par ce premier tome, les jeunes lecteurs le seront tout autant pour son histoire sympathique et prenante, son contexte historique instructif et pédagogique sur fond d'aventures. A noter que le roman est magnifiquement mis en page : illustrations en couleurs de Raphaël Beuchot, couverture soignée et titre en dorures, médaillons à chaque début de chapitre...


Un immense merci à Gulf Stream éditeur pour l'envoi surprise et la découverte
L'avis de Fantasia

vendredi 3 février 2012

L'Enfant et la Nuit


Texte d'
Olivier Balazuc
Illustré par Emmanuel Polanco
Musique par Franck Villard


Gallimard Jeunesse
Hors Série Giboulées
Paru en Janvier 2012
64 pages
22 euros


Album/CD Jeunesse à partir de 7 ans
Thèmes : Aventure, Conte, Nuit



A propos de l'auteur : Olivier Balazuc est écrivain, metteur en scène et comédien. Issu du Conservatoire national supérieur d'art dramatique, il collabore aux créations d'Olivier Py depuis plusieurs années. Il met en scène Walser, Genet, Labiche, et ses propres pièces, publiées chez Actes Sud-Papiers. Il est également l'auteur de scénarios et d'un roman, Le labyrinthe du traducteur, paru aux Belles Lettres/Archimbaud en 2010.
A propos de l'illustrateur : Emmanuel Polanco est auteur et illustrateur. Il travaille pour la presse, l'édition et le théâtre. Il a publié Les Animaux dans la neige chez Gallimard Jeunesse Giboulées en 2010.


L'Enfant et la Nuit est un spectacle musical créé pour sensibiliser le jeune public à l'art lyrique. Magnifique conte en sept scènes et quatre tableaux, il travaille sur l'imaginaire nocturne en présentant deux enfants, un frère Virgile et sa petite soeur, seuls dans leur chambre, à l'heure du coucher. Les enfants s'attristent de la maladie de leur mère. Le ton est mélancolique. Virgile chante doucement pour réconforter sa petite soeur, prise d'angoisse par la peur de la mort et la peur du noir. Virgile lui promet de faire revenir la lumière dans leurs coeurs et décide de braver la nuit noire. Dans sa traversée, il rencontre Noctilia la Reine de la nuit, accompagnée de son dévoué, le docteur machiavélique Evariste. Elle propose à l'enfant de pénétrer au coeur de son monde et de lui rendre la liberté et le bonheur si celui-ci réussit les multiples épreuves qu'elle lui prépare. Dans son palais de glace, Virgile entend des voix d'enfants, des gémissements craintifs qui le mettent en garde car Noctilia capture les enfants et vole leurs larmes de terreur et de désespoir. Evariste les récolte et fabrique un élixir de jouvence pour que sa reine ténébreuse reste toujours jeune et belle...

L'Enfant et la Nuit est un conte grandiose par la richesse et la diversité de son contenu ainsi que par sa verve artistique qui mélange plusieurs registres : choeurs d'enfants, voix chantées, illustrations jouant sur le clair-obscur, des motifs ombre-lumière, théâtre, opéra lyrique. Mis en musique par Franck Villard, avec 4 musiciens (pianistes et percussionnistes), des acteurs, des chanteurs dont les enfants de la Maîtrise de la Perverie à Nantes, cet opéra a été créé en Suisse en octobre 2010. Il a été repris en France à Angers Nantes Opéra, fin janvier 2012 puis tournera en Province.

Gallimard Jeunesse choisit de publier ici une oeuvre originale dont la place reste assez restreinte dans la littérature de jeunesse, en dehors des classiques musicaux tels que Pierre et le Loup... Pari osé mais défi brillamment relevé car L'Enfant et la Nuit est un réel enchantement des sens. De fait, la qualité est telle qu'elle séduira les adultes et les parents qui y verront des interprétations foisonnantes, des sources provenant de l'imaginaire collectif, des références à Walt Disney (Noctilia est un mélange de Cruella et de la Reine de Blanche-Neige), aux contes de Grimm, à la Reine des Neiges, aux textes de Perrault.

Initiation artistique, littéraire et musicale, le conte fait appel à toute une réflexion universelle autour de la peur de la mort, de la quête du bonheur et de la joie. Tous les personnages sont symboliques et représentent un thème, un univers : les enfants sont l'innocence, Noctilia est la peur du noir, expression violente et vampirique de l'angoisse de la mort, Evariste est la lâcheté. Virgile rencontrera Mister W, un chasseur de rêves et de sommeil et un clown en mal de création, qui essaye de nous faire rire en ratant son suicide. Virgile arrivera bien sûr à sortir la lumière de l'ombre grâce au pouvoir mystique du rire.

En privilégiant la sensibilité et l'expressivité, en usant de décors et d'ambiances, ce conte aborde des sujets parfois difficiles : la mort, le suicide, le vol de l'enfance mais il ramène toujours à l'essentiel : le désir, l'optimisme, l'enthousiasme, la vie. Texte touchant, engagé et inventif,
L'Enfant et la Nuit oscille entre comédie burlesque et drame, fantastique et humour pour nous embarquer dans un voyage plein de sens et de dualité à travers la nuit. Surprenant et magique!



Un très grand merci à Eléonore et à toute l'équipe de Gallimard Jeunesse
pour cette sublime découverte.