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Sous le feuillage est un blog spécialisé en littérature de jeunesse né en avril 2008. Pour vous parler de mes coups de coeur, partager ma passion pour cette littérature si vivante et productive. Un blog à l'image de ma passion pour la littérature de jeunesse : simple, engagé, enthousiaste.
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Kill all enemies

4
Melvin  Burgess

Gallimard Jeunesse
Collection Scripto
Traduit de l'anglais par Nathalie Peronny
Paru en Septembre 2012
368 pages
15,50 euros

Roman ados à partir de 14 ans
Thèmes : Délinquance, Education, Adolescence, Violence

Quatrième de couverture : Billie, quatorze ans, n'apporte que des problèmes. Une bagarreuse. Un danger pour sa famille et ses amis. Mais son éducatrice la voit différemment. Son copain de classe, Rob, est un gros costaud. Il peut prendre soin de son frère comme de lui-même. Mais il est le souffre-douleur d'un beau-père violent, qui l'humilie. Et Chris a du mal avec le collège. Il n'a tout simplement aucune envie d'être là. Mais pour son père, c'est un minable. Héros malgré eux, Billie, Rob et Chris nous racontent leur histoire.... Le grand Melvin Burgess nous aide à comprendre la violence de ceux que l'école et la société rejettent, avec tout l'humanisme et l'authenticité qui le caractérisent. Un roman qui prend aux tripes. 
A propos de l'auteur :  Auteur de Junk , devenu LE roman de référence sur la drogue, Melvin Burgess est reconnu comme le précurseur de la littérature pour adolescents en Grande-Bretagne, et l'un des meilleurs écrivains contemporains pour les jeunes. Grand spécialiste du réalisme social, il s'attaque à des sujets durs, voire tabous (la sexualité, la pédophilie, la chirurgie esthétique, la délinquance...), avec une honnêteté et un humanisme sans faille.


Billie a quatorze ans et est déjà une adolescente écorchée vive, agressive et volontiers bagarreuse. Se baladant de centres sociaux en famille d'accueil, Billie est rejetée par une mère alcoolique qui ne sait plus comment gérer sa violence parfois gratuite et sans raison. Billie se défoule et frappe pour oublier sa désillusion, celle d'une mère qui ne veut plus d'elle. Rob est fan de heavy-metal, ce qui lui vaut pas mal de déboires scolaires. Et il tend volontiers le bâton pour se faire battre. Le pire c'est que Rob, grand gaillard costaud est capable de prendre soin de son petit frère mais se laisse frapper, souffre-douleur d'un beau-père violent qui l'insulte et le rabaisse, dès lors que la maman de Rob a le dos tourné. Cela fait des années que cela dure mais Rob s'est réfugié dans la musique pour accepter. Chris, quant à lui, en a marre de l'école, il n'a pas envie d'y aller et refuse de bosser. Pourtant Chris est sacrément doué et intelligent mais ses parents pensent que c'est un moins que rien et un fainéant.  

Ces trois ados sont tous renvoyés de leurs collèges respectifs et se retrouvent dans un centre social de réinsertion pour ados à problèmes et difficultés. Quelque soit leurs raisons ou leurs blocages : violence, décrochage scolaire, problème d'autorité et de respect des règles sociales, ils vont se retrouver et se lier d'amitié sous l'oeil parfois inquiet mais bienveillant d'Hannah, l'assistante sociale qui tente par le dialogue de les ramener à la surface.

Melvin Burgess, dont on dit qu'il est le spécialiste du réalisme social pour adolescents, signe un roman coup de poing, voire même carrément coup de gueule puisque le thème est la délinquance, la violence physique et verbale. Roman fort car il ne laissera pas indifférent son lecteur, qui aura un peu de mal (c'est la première fois que j'entre dans l'écriture rude, âpre et sans retenue de Melvin Burgess) à se familiariser avec la dureté des personnalités et des contextes sociaux. Pourtant, progressivement, comme ces adolescents dont il faut apprivoiser parfois la peur, la colère, le chagrin et le désespoir, on comprend où veut nous emmener l'auteur. Car comprendre l'histoire de chacun des trois adolescents c'est comme naviguer en eaux troubles, dénouer les pièges, même si le ton est direct et brut. Rien n'est facile pour ces adolescents, rien sauf la violence et/ou la fuite. Les émotions sont intenses, les paroles tombent et plombent teintées de désir de vengeance et d'amertume. 

Pas évident de comprendre la violence qui cache derrière elle une grande détresse. Pas simple de lire l'écriture de Melvin Burgess tellement ils secouent et vous rendent coups pour coups. Pourtant c'est avec un humanisme non dissimulé et une grande maîtrise de son sujet que l'auteur réussit à nous rendre attachants ces trois personnages, victimes incomprises dont il est plus simple pour une société égoïste de rejeter et d'exclure car ils dérangent. Melvin Burgess aborde donc les thèmes tabous du marginalisme, d'une société et notamment d'un système scolaire particulièrement acerbe et injuste, prêt à stigmatiser les jeunes en décalage scolaire. Et justement, si ces adolescents étaient finalement des héros? Un roman puissant pour des héros modernes, bien malgré eux mais héros quand même!


Un grand merci à Gallimard Jeunesse pour la découverte.

Commentaires

  1. J'avais bien aimé son précédent (le titre m'échappe). Mais le titre de celui-ci est un peu provoquant, non ?

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  2. Marquée par ma lecture de Junk, j'ai très envie de lire celui-ci.

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  3. Midola : ma lecture n'a pas été simple. J'aurais voulu que ce soit un coup de coeur mais c'est un sujet qui heurte. J'ai pourtant encaissé et suis prête à découvrir un nouveau roman de Melvin Burgess.

    Alex Mot-à-Mots : Provocant, oui, sûrement. Pas autant que la critique qui en découle derrière. C'est surtout une métaphore, je pense. Kill all enemies comme pour vaincre le mal être adolescent

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  4. j'ai moi aussi été remuée par ce livre et le recommande sans hésiter!

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