Jules Renard

"CHACUNE DE NOS LECTURES LAISSE UNE GRAINE QUI GERME" - Jules Renard

Spéciale Usborne...


lundi 22 septembre 2014

Ma sorcière et moi

Giovanna Calvino
Illustré par Iris de Moüy

Gallimard Jeunesse
Traduit de l'italien par Diane Ménard
Paru en Septembre 2014
48 pages
13,90 euros

Album Jeunesse à partir de 5 ans
Thèmes : Confiance en soi, Grandir, Apprentissage

"Moi, j'ai une sorcière en moi, et c'est une vraie pipelette. Elle est toujours là, sur le qui-vive, prête à m'avertir des dangers qui me guettent. Dès que je veux me lancer dans quelque chose, elle me retient, me décourage, et me gronde quand je ne l'écoute pas. Je voudrais qu'elle prenne des vacances, juste pour voir comment c'est quand elle n'est pas là. Mais rien à faire, ma sorcière est un vrai pot de colle."

Les premières phrases de cet album surprenant et psychologique sont prononcées par une petite fille bien embêtée. Elle veut grandir, se lancer et faire de nouvelles choses mais à chaque fois une sorcière, sa sorcière apparaît et l'empêche d'avancer. Qui est-elle? Pourquoi est-elle si féroce, si stricte, si méchante dans ses propos ? Loin d'encourager la jeune fille à apprendre, à découvrir le monde, à se faire des amis, elle la braque et la gronde! Tétanisée, la petite fille n'ose plus rien faire avec cette voix traumatisante. Pourtant la fille aimerait bien savoir comment ça se passerait si sa sorcière ne la collait pas autant, voir si elle est capable de se débrouiller sans elle...

Ma sorcière et moi n'a cessé de m'étonner au fur et à mesure que je lisais l'histoire de cette petite fille qui voudrait grandir mais empêchée dans ses gestes par une sorcière. Une petite fille qui a une sorcière en elle, voilà une idée peu commune et subtile pour aborder le deuil de l'enfance et l'envie de voler de ces propres ailes. D'ailleurs le propos métaphorique est important et traité avec une grande justesse : pour faire taire les mots ravageurs de la sorcière, il faut dormir avec la lumière allumée (référence à la peur du noir), elle retient l'enfant qui a envie de faire pipi, en l'abreuvant de paroles décourageantes (honte de faire pipi au lit), elle l'empêche de jouer et d'aller vers d'autres enfants (peur des autres et du rejet). Puis un jour, la fillette finit par se rebeller et voit que sans sa sorcière, les choses se passent bien. Elle est heureuse, confiante alors que sa sorcière boude, se recroqueville dans un coin et rapetisse, elle qui était si impressionnante. Le texte et la manière d'aborder la prise de confiance en soi chez l'enfant est ici riche de sens, d'interprétations et de finesse psychologique. J'ai vraiment apprécié cette maturité et cette délicatesse.


Iris de Moüy donne vie aux personnages grâce à son trait appuyé, marqué et franc, à ses couleurs vives et fortes qui contrastent : rouge, jaune, rose vif, noir sur des pages blanches. Le tout ressort avec vigueur comme cet élan de courage qu'il faut pour quitter le monde de l'enfance et prendre confiance en soi. Les dessins sont accrocheurs et porteurs de sens, comme sur la plage, lorsque la jeune fille veut aller jouer avec d'autres enfants mais se retrouve enchaînée à sa sorcière. La mine boudeuse, la jeune fille regarde méchamment sa sorcière la gronder. Elle est prisonnière. Et cette sorcière n'est autre que la représentation significative des démons intérieurs des enfants, de leurs peurs qui les dominent, de ces petites voix qui les retiennent. La sorcière, un obstacle, une entrave au devenir de l'enfant, à son envie de grandir ? vous verrez que Giovanna Calvino apporte une solution pleine d'humour et de tendresse car finalement cette sorcière, il suffit de l'apprivoiser et de la connaître pour l'amadouer...


vendredi 19 septembre 2014

Balthazar s'habille - Les sons de Balthazar

Marie-Hélène Place
Caroline Fontaine-Riquier

Hatier Jeunesse
Collection Les histoires des petits
Paru en Juin 2014
De 32 à 40 pages
5,30 euros l'un

Album éveil dès 2 ans
Thèmes : Quotidien, Petite enfance, Découverte

Les meilleurs titres de Balthazar réédités en petit format et à mini prix!! On ne peut pas résister! 
Mais depuis peu, depuis que je connais ce héros de la petite enfance, j'essaie de trouver tous les albums de Balthazar que ce soit en grand format (qu'on arrive à trouver dans les brocantes, les librairies d'occasion) ou en petit format dont j'ai le coup de coeur. Cette collection de petit format me plaît énormément. Je trouve que c'est le format idéal pour les petits de deux ans : facile à manipuler, couverture souple, petits prix donc pour les parents, c'est parfait pour s'acheter toute la collection et un gain de place pour les petites chambres!

Les sons de Bathazar. Balthazar s'assoit sur la plage. Il est curieux et imaginatif. Il prend un coquillage et le colle contre son oreille pour écouter la mer. Au fil des pages, Balthazar va s'intéresser à divers sons : le vent, la pluie, le sifflet, le ronflement, les pleurs, le bisou... Balthazar entend dans son coquillage le son d'une histoire. Le coquillage lui raconte une histoire. Mais de quoi parle-t-elle ? 

Et ce que j'ai adoré c'est cette fin ; cette histoire qui va reprendre tous les éléments des pages antérieures en plaçant les images relatifs à ces éléments, pour que l'enfant retrouve les mots qui y sont associés. L'enfant en utilisant sa voix, ses mains, son imagination, sa curiosité, apprend à reconnaître et reproduire les sons qu'il a lui même rempli dans son coquillage.

Balthazar s'habille est un album très amusant et qui fera sourire les petites frimousses espiègles. Plein de malice, on suit Balthazar dans sa journée, du lever du jour au retour de l'école. Cet album est sympathique parce qu'il interpelle directement l'enfant en lui posant des questions, pour rythmer la lecture et le faire participer à l'histoire. Balthazar se lève, s'habille, que met-il? et son ami Pépin? Il déjeune, que mange-t-il? Il prend son cartable et il prend son imperméable parce qu'il pleut, que prend-il d'autre? Qui rentre à la maison déguisé en yeti? En plus de l'histoire, un jeu s'instaure qui permet à l'enfant de s'identifier à son quotidien, à sa scolarité. C'est ludique et drôle et le mieux c'est qu'on apprend plein de mots, de vocabulaire lié aux activités quotidiennes.

L'univers de Balthazar est idéal, je ne le dirai jamais assez, car ses aventures se passent dans le monde réel, un quotidien auquel les enfants peuvent facilement s'identifier, avec néanmoins toujours cette part de rêve, de poésie, d'imagination propre à l'enfance. Sans compter les illustrations qui sont superbes, adorables, mignonnes, pleines de vie et de couleurs.
Ne boudez pas votre plaisir et offrez à vos enfants toute la collection. Je vous promet qu'ils adopteront très vite Balthazar et Pépin, des amis d'apprentissage, des compagnons de lecture, entre douceur et joliesse.


jeudi 18 septembre 2014

Collection Bébé Balthazar - Caresse le chat - Ecoute le silence

Marie-Hélène Place
Caroline Fontaine-Riquier

Hatier Jeunesse
Collection Bébé Balthazar
Paru en Septembre 2014
12 pages tout carton
5,95 euros l'un

Album éveil dès 12 mois
Thèmes : Eveil, Découverte, Montessori

La nouvelle collection Bébé Balthazar de Hatier Jeunesse est une collection de premiers livres issus de la pédagogie de Maria Montessori. Destiné aux plus jeunes âges, dès 12 mois pour permettre l'éveil du bébé par la tendresse et la poésie des mots, par le toucher et le contact du livre. A partir de 6 mois, les pages tactiles, les matières à toucher, la fourrure du chat, toute douce et le hérisson qui pique, vont l'aider à se rendre compte de ce contact avec les choses. Il va prendre le livre entre les mains et mesurer son poids. Vers 18 mois, bébé va assimiler certaines images du quotidien de Balthazar avec ses propres journées. Vers 2 ans, il sera de plus en plus intéressé et captivé par l'histoire.

Ce cheminement progressif, ce parcours d'adaptation aux sens (toucher, vue, ouïe) va développer la curiosité des bébés pour les livres dits sensoriels, tout-cartons. De la naissance à trois ans, bébé construit sa vision du monde et cela passe par ses sens. Bébé Balthazar accompagne les touts-petits dans ce parcours car chaque livre allie visuel et sens tactile.

Ecoute le silence est un titre très pertinent car en faisant silence autour de soi, bébé va découvrir des sons, va capter son attention sur des petits bruits à peine distinctifs : le son des battements du coeur, le tape dans les mains, les chuchotements, les étoiles dans la nuit. Avec du carton ondulé, en passant le doigt dessus cela fait du bruit. Les illustrations sont sobres, délicates toujours aussi réussies grâce aux jolies couleurs, une image par double-page accompagné d'un texte court. Caresse le chat est absolument attendrissant. Balthazar commence par faire un bisous à son ours Pépin puis il voit le chat et le caresse. Bébé aussi peut en profiter et caresser la matière à toucher qui reproduit la douceur du pelage du chat. Puis il y a le hérisson...il pique!

Une collection idéale pour les touts-petits pour apprendre et découvrir dans un univers calme. Une méthode d'éducation qui s'appuie sur la douceur, l'encouragement et le respect de la petite enfance, en adaptant le rythme d'apprentissage à chacun et en invitant les bébés à jouer, à observer les jeux de cache-cache et les surprises qui se cachent au fil des pages. Beaucoup de tendresse, de moments câlins alternant avec des moments de concentration pour apprendre dans un climat rassurant et constructif, tout en confiance. Cette nouvelle collection favorise l'interaction entre bébé et sa maman qui lui lit l'histoire. Je vais adorer les redécouvrir avec mon bébé!

Le Trône de fer - Intégrale 2 et 3

George R.R MARTIN

J'ai Lu
Collection Imaginaire
Paru en 2010
Traduit de l'américain par Jean Sola
954 pages
17,50 euros

"Le royaume des Sept Couronnes est sur le point de connaître son plus terrible hiver : par-delà le mur qui garde sa frontière nord. Une armée de ténèbres se lève, menaçant de tout détruire sur son passage. Mais il en faut plus pour refroidir les ardeurs des rois, des reines, des chevaliers et des renégats qui se disputent le trône de fer. Tous les coups sont permis, et seuls les plus forts, ou les plus retors, s'en sortiront indemnes..."



Ces intégrales 2 et 3 du Trône de fer regroupent les tomes suivants : La bataille des rois, L'ombre maléfique, L'invincible Forteresse (pour l'Intégrale 2) et Intrigues à Port-Réal, L'épée de feu, Les noces pourpres, La loi du régicide (pour l'Intégrale 3).

Autant vous dire que la lecture de ces deux gros volumes est copieuse, captivante et pleine de rebondissements. En parallèle, je meurs d'amour pour la série HBO Game of Thrones, c'est pourquoi, de la série aux romans, il est intéressant de s'y plonger pour connaître les secrets, les intrigues, les trahisons, les alliances entre les personnages. La série TV est bien trop courte (des saisons d'une dizaine d'épisodes) et ne peut regrouper des volumes de 1000 pages (pour l'Intégrale 3 1150 pages!). C'est une saga épique, fantastique qu'il est bon de lire, installé au coin du feu, avec un chocolat chaud. Préparez vos après-midi et vos soirées d'hiver aux côtés d'Arya, Sansa, Bran, Jon, Tyrion et Daenerys. 

Les personnages déjà connus des premiers tomes poursuivent leur quête respective. Dans l'Intégrale 2 ils se sont dispersés aux quatre coins de Westeros, ils se croisent mais se ratent parfois de peu, ce qui est très frustrant! Ils évoluent autant psychologiquement que physiquement, affrontant les épreuves qui jalonnent leur chemin. De nouveaux personnages font leur entrée, c'est le cas, de la Vipère Rouge ou appelé Prince Oberyn. On découvre de nouveaux lieux :  l'île de Peyredragon, les Îles de Fer, une région vraiment fascinante et inquiétante et le château d'Harrenhal. Mais mon lieu préféré, fétiche, là où mon coeur bat c'est l'autre côté du Mur en compagnie de la Garde de Nuit, avec Jon et cette fascinante intrigue autour des Marcheurs Blancs.

Un tourbillon d'intrigues, de complots et d'alliances se forment à Port-Réal. On hait les Lannister même si Jaime se révèle plus ambigu et que Tyrion est un personnage sympathique à l'humour toujours mordant, entre sens de l'ironie et cynisme sarcastique. La guerre bat son plein dans les contrées, se généralise dans les campagnes et chacun se bat pour le trône des Sept Couronnes. Chaque personnage a une densité psychologique étonnante, ses motivations, ses ambitions et cela rend les relations complexes, les échanges passionnants. Pour ma part j'adore l'univers crée par l'auteur : des Royaumes énigmatiques, des territoires denses, un jeu de politique et de stratégie intense, conquêtes de pouvoirs, des personnages attachants, beaucoup d'héroïsme, des combats épiques et sanglants, des histoires d'amour tourmentées, doublés d'un monde inquiétant, au-delà du Mur, développant des croyances, des superstitions, des légendes. Il y a de la fantasy, du fantastique, du suspense à couper le souffle... c'est puissant et surtout très envoûtant, notamment le passage des Noces pourpres qui est à rendre fou!

Il y a tant de rebondissements, de trames, c'est tellement foisonnant qu'il est difficile de pouvoir faire le résumé mais je peux vous dire que pour les fans de fantasy, il est essentiel d'avoir cette saga dans sa bibliothèque. George R.R Martin réussit toujours ce coup de bluff, cette feinte incroyable qui consiste à détourner l'attention pour mieux créer la surprise. Il n'hésite pas à malmener ses personnages et parfois c'est une véritable torture pour nous lecteurs. Il arrive toujours à créer l'émotion, à nous rendre accro. Une saga époustouflante, je vous dis.

Un grand merci à l'équipe des éditions J'ai Lu.

Contrecoups

Nathan Filer

Michel Lafon
Traduit de l'anglais par Philippe Mothe
Paru en Août 2014
349 pages
19,95 euros

Quatrième de couverture : « Je vais vous raconter ce qui s’était passé, parce que ce sera l’occasion de vous présenter mon frère. Il s’appelle Simon. Je pense que vous allez l’aimer. Vraiment. Mais d’ici quelques pages il sera mort. Et, après ça, il n’a plus jamais été le même. »
Matthew a 19 ans, et c’est un jeune homme hanté. Par la mort de son grand frère, dix ans auparavant. Par la culpabilité. Par la voix de Simon qu’il entend partout, tout le temps…
Matthew a 19 ans et il souffre de schizophrénie, une maladie qui « ressemble à un serpent ». Pour comprendre son passé et s’en libérer, Matthew dessine, écrit. Il raconte l’enfance étouffée par la perte, la douleur silencieuse de ses parents ; l’adolescence ingrate brouillée par les nuages de marijuana ; la lente descente dans la folie, l’internement… Mais aussi, avec un humour mordant, le quotidien parfois absurde et toujours répétitif de l’hôpital psychiatrique, les soignants débordés, l’ennui abyssal… Et le combat sans cesse renouvelé pour apprivoiser la maladie, et trouver enfin sa place dans le monde. Bouleversant, tourmenté, souvent drôle, Contrecoups est un roman tendre et courageux, porté par une voix absolument unique.

           Contrecoups est un roman déstabilisant et touchant sur les difficultés psychologiques d'un adolescent, Matthew, 19 ans ayant perdu son jeune frère Simon. Traumatisé par l'accident qui survint lors de son enfance, par les réactions maladroites d'une mère possessive et ultra-protectrice, Matthew développe une maladie mentale : la schizophrénie. Dès lors, pas facile de parler de cette maladie car la schizophrénie est un sujet vaste, complexe, profond et retranscrire par l'écriture tout ce qui peut être liée à cette maladie est loin d'être un pari réussi. Pourtant Nathan Filer, infirmier psychiatrique pendant dix ans à Bristol a su apporter à son roman les émotions qu'il fallait pour nous convaincre et nous expliquer le processus de la maladie, comment elle s'installe insidieusement à l'insu de soi-même : drogues, alcool, phénomène héréditaire, perte de connaissance, altération de la réalité, perception des choses, hallucinations. Matthew a un but et est conscient de beaucoup de choses autour de lui jetant un regard peu reluisant, plein d'humour grinçant sur le quotidien d'un hôpital psychiatrique, les réactions des soignants, l'ennui, la répétition des journées, des nuits, les traitements qui l'abrutissent. Comment trouver sa place dans ce monde quand tout semble absurde ? Matthew, avec son humour bien à lui, mène un combat dont on a l'impression qu'il ne sortira pas.

A la fois drôle, tendre, tourmenté, courageux, lumineux et porteur d'espoir... Contrecoups c'est un récit contradictoire avec une maladie qui s'installe progressivement, qui "ressemble à un serpent", qui fait que l'on perd son identité. Matthew est hanté par Simon, il l'entend partout, le voit, lui parle et toutes ses actions sont tournées vers le passé, vers l'accident, vers une culpabilité qu'il a caché à ses proches. Tout ceci est brillamment décrit par un procédé propre et original employé par l'auteur : il use de répétitions, de correspondances, de réflexions jetées en vrac et tout cela a un côté brouillon, une confusion entre rêves, souvenirs, réalité qui exprime très bien ce que dicte la maladie. Comment l'esprit raisonne -t-il ? Comment trouve-t-il sa logique pour survivre ? 

Puis il y a ce "suspense", que s'est-il passé le jour de l'accident ? Comment est décédé Simon ? Il y a quelque chose de terriblement déchirant pour ces parents qui ont perdu pas un mais deux fils, en quelque sorte. On comprend leurs angoisses, leurs doutes, leurs peurs : un fils décédé et un fils qui tombe dans le handicap mental...sans que, parents, puissions faire quelque chose pour l'empêcher. Sans compter que les réactions "contre" sa mère de Matthew peuvent briser le coeur d'une mère et d'un père qui, le dit en toute simplicité, a honte. Qu'ont-ils fait de mal ? A quel moment ça a dérapé ?

L'écriture est incroyable, unique, aboutie, subtile et sensible. Elle nous emporte dans les méandres d'un esprit compliqué grâce à son style oral, qui percute de plein fouet le lecteur et démontre la détresse, les obsessions de Matthew. Les choses sont dites, sans fioritures, c'est parfois cru mais authentique. Non la schizophrénie n'est pas synonyme de psychopathes, au contraire, c'est une maladie difficile à cerner et Nathan Filer essaie de nous la faire comprendre par sa vision intimiste, introspective.
Un huis-clos perturbant, un tête à tête audacieux, Contrecoups est un roman d'une profondeur psychologique rarement inégalée, qui à plus d'un titre, fait réfléchir, dérange, déroute et émeut par son côté humain et sa dimension émotionnelle. Une belle leçon de vie, d'humilité, de tolérance et de respect pour tous. 


En savoir plus :
Sélection Rentrée littéraire de la Fnac
Sélection Rentrée littéraire des Maisons de la Presse
 Sélection Rentrée littéraire de Cultura
Prix COSTA 2013
- site des éditions Michel Lafon

mercredi 17 septembre 2014

La danse des ombres

Yelena Black

Pocket Jeunesse
Traduit de l'anglais par Maud Ortalda
Paru en Juillet 2014
334 pages
17,90 euros

Roman ados dès 14 ans
Thèmes : Ecole, Danse, Disparition, Fantastique

Quatrième de couverture :  Vanessa vient d'être admise à la prestigieuse académie du New York Ballet... après sa soeur, brillante élève, disparue il y a trois ans. Un drame qui hante chaque instant, chaque pensée, chaque geste de Vanessa. Entre deux répétitions acharnées de L'Oiseau de feu, la jeune ballerine n'a plus qu'une idée en tête : se lancer sur les traces de Margaret. Au risque de se perdre elle-même en chemin...

La danse des ombres est un roman prenant et captivant mettant en scène une jeune femme Vanessa Adler qui suit les traces de sa soeur, disparue il y a trois ans. Comme sa soeur, elle aime danser. Comme elle, elle vient d'être admise à l'académie du New York Ballet. Depuis la disparition de sa soeur, Vanessa n'a qu'une idée en tête, suivre ses pas, refaire son chemin pour comprendre ce qu'il s'est passé. Comme sa soeur, Vanessa est choisie pour incarner le rôle principal dans L'Oiseau de feu de Stravinsky. Les répétitions sont dures à tenir, aussi bien physiquement que psychologiquement, rythmées par l'impressionnant chorégraphe Josef Zhalkovsky. Au milieu de tout ça, il y a ses sentiments pour Zep, ses amitiés, la disparition mystérieuse d'autres jeunes filles, les drames et les disparitions non expliquées. L'école de danse semble cacher bien des secrets. A qui faire confiance ?

Et ces secrets sont bien loin d'être faciles à deviner. En résumé, l'auteur m'a mené par le bout du nez, du début jusqu'à la fin. Alors que tout commence comme un thriller à la Black Swan ou même faisant penser à Obsession de Catherine Kalengula, le lecteur a du mal à discerner la réalité du fantasme. Le suspense est tellement bien maîtrisé, l'intrigue tellement imprévisible que le lecteur ne saura pas si il est question de folie. D'une enquête d'apparence normale, quête de la vérité et recherche d'informations sur les disparitions, Yelena Black nous plonge progressivement vers quelque chose de plus obscur, quelque chose d'impalpable et d'énigmatique. L'ambiance devient glauque, angoissante, sombre, oppressante et on flippe pour Vanessa. On imagine une secte, des rites initiatiques qui ont mal viré, une affaire de chantage ou de vengeance, un complot mais on est loin de se douter de la tournure des évènements...

Grâce à une intrigue mystérieuse et envoûtante, à une héroïne bien campée quoique naïve, l'ambiance confinée, close et cette impression que le piège se referme sur les personnages, La danse des ombres est un roman entre thriller psychologique et fantastique qui ne cesse de tenir en haleine.

Récit plein de surprises, totalement fascinant pour les descriptions des scènes dansées : le corps en mouvement devient poésie et Yelena Black a su retranscrire tout le lyrisme de la gestuelle artistique, roman initiatique aux valeurs young adult : courage, amitié, romance, La danse des ombres est un roman ado très réussi, addictif et divertissant. Si une suite est prévue, je trouve cela dommage car La danse des ombres se suffit à lui-même, un vrai page-turner contemporain. La fin répond à nos questions, certes, de manière inattendue. Il faudra voir si Yelena Black arrive à donner à sa suite autant de charisme et d'élégance à ce premier tome que j'ai trouvé pour le coup parfait.


mardi 16 septembre 2014

Mauve

Marie Desplechin

Ecole des Loisirs
Collection Neuf
Paru en Septembre 2014
204 pages
8,70 euros

Roman Junior dès 9 ans
Thèmes : Sorcières, Solidarité, Famille

Quatrième de couverture : Mais… Mais qu’est-ce qui se passe, en ce moment ? Pome est d’une humeur terrible, Verte va s’enfermer dans sa chambre. On les connaît pourtant, cela ne leur ressemble pas du tout. Une crise d’adolescence ? Ce serait trop facile. La fatigue ? Certainement pas. Lorsque Pome revient des cours avec un bleu au visage, le doute n’est plus permis : quelque chose ne va pas. Depuis l’arrivée d’une nouvelle au collège, tout semble détraqué. Une nouvelle… quelle nouvelle ? Verte et Pome ne veulent absolument pas en parler. Dès que l’on prononce son nom, une scolopendre surgit ! Et que fait la police dans ce cas-là ? Et que font les sorcières ? 

A propos de Verte : " Bourré d'un humour succulent, nous faisons la connaissance de personnages hauts en couleurs. Tour à tour, l'auteur dresse le portrait de chacun des personnages en nous offrant le point de vue de chacun, ce qui rend l'intrigue drôle, délirante et un brin délurée."

Après Verte et Pome, nos deux héroïnes sorcières reviennent pour une ultime aventure. Elles ont grandi et le spectre de l'adolescence semble planer sur leur caractère. Pome est d'une humeur maussade, Verte claque les portes et s'enferme dans sa chambre. Qu'est-ce qui se passe ? Les deux amies sont pourtant des jeunes filles pleines de gaité et de joie de vivre. Cela ne leur ressemble pas. Tout de suite, les adultes pensent à un souci au collège. En plus, Soufi, le meilleur ami de Verte fait sa scolarité dans un autre établissement. Les filles se sentent seules. Puis Pome revient avec un bleu au visage. Là quelque chose cloche à l'école et il faut mettre la main dessus. Le rapprochement est vite fait avec une nouvelle qui a fait sa rentrée : Mauve. Depuis tous les enfants mènent une vendetta contre Verte...et Pome qui la défend.

Sur fond de harcèlement scolaire, Marie Desplechin nous invite à nous replonger dans l'ambiance fantaisiste de Verte et Pome. La magie y tient encore une grande place surtout que Mauve et son père veulent anéantir la famille et les amis de Verte. Cette blondinette sur la couverture a un air méchant et sournois avec son côté mystérieux. Bientôt c'est tout l'immeuble, tout le quartier qui veut la peau de la maman de Verte. Des serviteurs des Ténèbres, des non-morts, de la sorcellerie, des scolopendres qui sortent d'on ne sait où... l'intrigue fantastique de Mauve est captivante et prenante même si pour le lecteur, ravi de retrouver l'écriture pimpante et rafraîchissante de Marie Desplechin, pourra regretter le manque d'approfondissement du personnage de Mauve. On sait qu'elle est méchante et qu'elle a ligué tous les camarades de classe contre Verte...mais qui est-elle? pourquoi s'en prendre à la famille de Verte? Qui est son père ? Elle est trop effacée dans un roman qui porte pourtant son nom.

La narration du roman est la même que pour les deux premiers tomes : l'alternance des points de vues et le récit à plusieurs voix où chaque personnage va raconter les faits avec sa personnalité dynamise le rythme de lecture. On retrouve les personnages hauts en couleurs : les grands-mères, les mamans, Soufi. Marie Desplechin parle de la différence, de la violence faite à autrui, de l'intolérance. Cependant il règne une ambiance très chaleureuse, lumineuse sur fond de solidarité et d'amitié, même si les choses sont plus dramatiques. C'est drôle, amusant à lire et on est bien pris par l'histoire. Un brin de sorcellerie dans un quotidien mouvementé, trois romans drôles et attachants, une trilogie incontournable...Verte, Pome, Mauve, trois noms de filles pas comme les autres, idéales pour la collection Neuf de L'école des Loisirs.

Mon petit monde des animaux

Delphine Badreddine
Séverine Cordier

Editions Tourbillon
Paru en Août 2014
48 pages
11,99 euros

Album Jeunesse dès 2 ans
Thèmes : Animaux, Imagier, Nature

       J'avais adoré Mon petit monde en couleurs, impossible de laisser passer Mon petit monde des animaux. Cet imagier des animaux est vraiment chouette pour ses illustrations délicates et fines qui partent à la rencontre des animaux les plus connus aux plus exotiques. Animaux familiers, animaux du jardin, animaux de la ferme, animaux de la mer, animaux de la montagne, animaux du monde...6 classements permettent de découvrir l'univers des animaux du plus proche (la maison, le jardin) au plus lointain (qu'on peut observer en vacances, au parc, au zoo). Cela permet à l'enfant de comprendre où et quand on peut rencontrer certaines espèces en les visualisant dans un espace défini. Il pourra faire des rapprochements, des différences, des comparaisons grâce aux thèmes indiqués. J'aime la présentation soignée de cet imagier joyeux, la classification, les dessins amusants, légers et plein de vie, l'environnement quotidien dans lequel est présenté l'animal, la police d'écriture. Un album intelligent qui mise sur le visuel plus que sur le texte car seuls les noms d'animaux sont écrits.

Un imagier facile et agréable à manipuler, à admirer grâce aux jolis dessins colorés ; un album qui plaira aux plus petits pour sa fraîcheur et sa tendresse.









Les stickers de Mortelle Adèle

Tourbillon

D'après l'univers original de Mortelle Adèle
Mr Tan et Miss Prickly
Paru en Août 2014
70 pages
9,50 euros

Après le Mortel Journal et le cahier Extra Mortelle Adèle, un nouveau produit dérivé est arrivé en librairie le 11 septembre : Les stickers de Mortelle Adèle
Plus de 780 stickers issus de l'univers original de Mortelle Adèle sont présentés avec Ajax, les personnages de la série : Geoffroy, Fizz, le papa et la maman d'Adèle. On y trouvera des cercueils, des monstres, des zombies, des inventions déjantées d'Adèle, des objets de torture...Des autocollants de toutes les tailles, rigolos et super sympas à regarder, manipuler, coller.

De quoi décorer les agendas de la rentrée, les cahiers d'école, le bureau, la chambre, l'ordinateur, le calendrier ou même les BD de Mortelle Adèle, bref, tout ce qui vous passera par les mains et que vous souhaitez customizer. 


Une superbe photo empruntée au créateur de la série :

- le site de Mortelle Adèle
- le site d'Antoine Dole



lundi 15 septembre 2014

Vampire Academy - Tome 3 - Baiser de l'ombre ♥ ♥ ♥

Richelle Mead

Castelmore
Traduit de l'anglais par Karen Degrave
Paru en Juin 2013
408 pages
15,90 euros

Roman ados dès 14 ans
Thèmes : Vampire, Fantastique, Amitié

Quatrième de couverture : Pour Rose, l'heure de vérité approche. L'entraînement et de plus en plus difficile et ses cauchemars l'empêchent de dormir. Est - ce un effet secondaire du lien qu'elle partage avec son amie. Lissa ou est - elle en train de devenir folle ? Alors qu'elle fait de son mieux pour remplir les missions que lui assignent ses professeurs, la jeune fille doit surmonter le plus terrible des dilemmes : les Strigoï menacent l'école et protéger sa meilleure amie doit être sa priorité... quitte à perdre ce qu'elle a de plus précieux.


AHHHHHHH AHHHHHHH ARFFF OH NON C'EST PAS POSSIBLE!!!! NON MAIS NOOOOON          
Voilà mon état d'hystérie à la fin de ma lecture de Baiser de l'ombre. J'ai hurlé de frustration, de frénésie, d'émotion, de peur... Richelle Mead m'a achevé! J'ai cru défaillir! Non mais ce n'est pas possible de finir un livre comme ça, sur une telle claque pour les fans. Vous l'aurez compris, je suis toujours autant accro de cette saga.

Le moment tant attendu pour Rose est arrivé. L'heure des examens ultimes pour obtenir le diplôme de dhampir accompli approche. Les entraînements sont d'un niveau supérieur et demandent effort constant, attention de tous les instants et grande maîtrise de soi et de ces capacités physiques. Rose vit comme une trahison son test final qui lui confie Christian comme Moroï à protéger alors qu'elle aurait juré que c'était Lissa. Puis il y a ses cauchemars qui la perturbent et ses hallucinations dans des moments peu opportuns qui l'empêchent de mener à bien ses missions. D'abord sûre d'elle, un poil arrogante et audacieuse, Rose a beaucoup changé depuis les derniers évènements. Elle est plus sage et posée et essaie de faire au mieux. Les Strigoï menacent de pénétrer au sein de Saint-Vladimir et d'attaquer les élèves Moroï. Rose est tiraillée entre son devoir de dhampir et sa loyauté envers Lissa. 

Richelle Mead choisit d'explorer le personnage de Rose en profondeur c'est pourquoi dans la première partie du roman, il ne se passe pas grand chose. Rose est inquiète et pour la première fois, on la sent très vulnérable, sans aucune emprise sur ses insomnies. Devient-elle folle ? Tout ceci a-t-il à voir avec son lien psychique avec Lissa ? Elle en apprend plus sur le baiser de l'ombre et les liens sacrés qui unissaient le Moroï Saint Vladimir à sa dhampir Anna. Elle se pose des questions sur le rôle du gardien. Doit-il tout sacrifier pour protéger son Moroï ? Quel est son avenir ? Quels choix doit-elle faire pour être heureuse et être en parfaite harmonie avec ce qu'on lui demande ?

Partagée entre peur, doutes, colère et vengeance, Rose a dû mal à affronter son état mental. Difficile aussi de garder tout ceci secret, notamment avec Dimitri qui s'inquiète pour elle. Leur histoire d'amour prend des allures surprenantes et le moment tant espéré pour nous, lecteurs arrive enfin. On découvre les sentiments de Dimitri, que l'on devinait déjà mais là tout explose au grand jour. Dans Baiser de l'ombre, il est attentionné, attentif, passionné, charismatique. Il est aussi tourmenté que Rose concernant leur amour, leur avenir. Peuvent-ils concilier leur amour tout en restant les gardiens de Lissa ?

L'ambiance est plus dramatique, placée sous le signe de l'introspection, même si l'auteur distille toujours un humour pimpant et attachant. Mais il y a dans le Baiser de l'ombre une tonalité sombre, sournoise et oppressante qui détruit les espoirs, laissant présager une fin poignante. Le personnage de Rose a beaucoup évolué : sage, mature, blessée, responsable, tendre, elle n'en devient que plus touchante. La transition est choquante, déchirante, émouvante,  et remet tout en question, même le lien important Lissa/Rose. J'ai comme un goût amer, une boule dans la gorge et une envie irrésistible de me jeter sur le tome suivant, tout en ayant peur de ce que je vais y découvrir. 

Vampire Academy - Tome 2 - Morsure de glace ♥ ♥ ♥

Richelle Mead

Castelmore
Traduit de l'anglais par Karen Degrave
Paru en Mars 2014
315 pages
14,90 euros

Roman ados dès 14 ans
Thèmes : Vampires, Fantastique, Amitié

Quatrième de couverture : Quand l'ennemi est à votre porte, les fêtes de Noël deviennent mortelles. Les vacances de fin d'année ont débuté à Saint-Vladimir, mais Rose n'a pas la tête à s'amuser. Une attaque strigoï a mis l'école en alerte rouge et des gardiens viennent renforcer la sécurité. Les élèves sont envoyés dans un chalet à la montagne pour les éloigner du danger. Or la menace se rapproche... et Rose doit faire preuve, une fois de plus, d'un courage hors du commun. Mais l'héroïsme a un prix !

               Rose doit se rendre à un examen dont le jury n'est autre qu'un grand dhampir, à quelques heures de route de l'Académie. Elle se réjouit que ce soit Dimitri qui l'accompagne malgré le stress de l'épreuve, cela lui permettra de partager un moment de complicité seul à seul avec l'homme de sa vie. Arrivés sur les lieux, ils font une découverte macabre : une famille décimée, des gardiens assassinés sauvagement, signé du clan des Strigoï. Des décisions s'imposent. Tous les bâtiments publics du pouvoir Moroï doivent être sécurisés. Rose doit redoubler d'effort, surtout à l'arrivée de sa mère, une femme exigeante et négligente. Lissa essaie de remonter la pente après l'attaque pernicieuse de son oncle Victor. Elle maîtrise un élément bien plus dangereux que l'air, la terre, le feu ou l'eau. Il s'agit de l'esprit qui lui permet de suggérer des choses, de manipuler l'esprit de qui elle veut en s'en emparant. Mais si elle ne fait pas attention, elle pourrait basculer dans la folie. Seule, elle ne peut partager ses pouvoirs avec son petit ami Christian... L'école, en état d'alerte maximale ne sait plus comment protéger les élèves. Les gardiens ont renforcé la sécurité mais la menace Strigoï est toujours omniprésente au point d'alarmer la Reine. Les élèves sont envoyés, pour les vacances, dans un chalet luxueux à la montagne.

Mon avis positif sur Soeurs de Sang, le premier tome m'a convaincu de continuer la série et ce sans trop tarder. En fait j'ai un véritable coup de foudre pour la love story Rose/Dimitri. Ces deux personnages me plaisent énormément et c'est curieuse et pleine d'envie que j'ai dévoré ce second tome.
Cette série est addictive et géniale. Ne cherchez pas la profondeur psychologique ni les messages des romances dystopiques, Vampire Academy c'est de l'action, des répliques bien lancées, de l'amour, du romantisme, une bonne dose de rebondissements, des pouvoirs magiques et surtout c'est du pur divertissement.

Ce second tome m'a encore plus convaincue que le premier. J'ai eu un déclic. A la fin, je n'ai eu qu'une envie, me procurer toute la série pour enchaîner au plus vite. J'aime le caractère de Rose, son impulsivité, sa franchise, son côté "j'agis selon ce que dicte mon coeur et je réfléchis après". Ca rend les dialogues pimentés avec Dimitri, le tout sur une tension palpable, d'autant plus que Rose est décidée à faire réagir son homme, par tous les moyens. Richelle Mead est plutôt douée pour nous faire ressentir l'attirance, la romance passionnée qu'il y a entre les deux personnages. Leur relation m'intéresse beaucoup et c'est ce qui donne un côté accro et intéressant à Vampire Academy. En parallèle, bien qu'on suit les aventures de la princesse Lissa Dragomir, de son amour pour Christian dont la famille a choisi d'être des Strigoï...je suis plus conquise par le sort de Rose et Dimitri. C'est ce qui me motive le plus dans cette saga avec l'intrigue des Strigoï.

Un nouveau personnage fait son entrée. Il s'agit d'Adrian. Un vampire Moroï riche et mystérieux qui possède le pouvoir de maîtriser l'esprit, au grand désespoir de Rose car il s'insinue dans ses rêves. Il est très intéressé par le sort de Rose et de Lissa.
On change d'ambiance et j'ai bien aimé ces vacances de Noël à la montagne : le froid, l'hiver, la neige...tout ceci donne aux rencontres de Rose et de Dimitri un côté romantique. Les bras protecteurs et musclés de Dimitri sont réconfortants et chaleureux pour Rose. Mais ils résistent encore sous nos soupirs de frustration! Au point que Rose se laisse aller avec Mason, garçon drôle et attachant qui n'a de yeux que pour notre héroïne.

Côté action et suspense, on en a pour notre grade car Richelle Mead n'hésite pas à malmener ces personnages. Le récit tout en tension. D'ailleurs la fin est inattendue et efficace, créant le choc chez le lecteur ahuri et bouleversé. La particularité de ce tome est d'alterner des moments calmes de réflexion, de discussion, de tendresse pour mieux nous captiver avec des rebondissements. Après le tome 2, plus rien ne sera pareil entre les personnages. De vieilles rancunes disparaissent face aux épreuves de la vie. Un tour nouveau est pris qui changera la donne dans les prochains romans.

Intrigue prenante, magie et romance brillamment dosée, avec dans ce second tome une note plus obscure et sombre à la toute fin...Vampire Academy n'a pas fini d'attiser mon engouement. J'adore!


Insatiable - Tome 1 ♥ ♥ ♥

Meg Cabot

Hachette Jeunesse
Collection Black Moon
Traduit de l'anglais par Luc Rigoureau
Paru en Mai 2011
567 pages
18 euros

Roman ados dès 14 ans
Thèmes : Vampires, New-York, Fantastique

Résumé de l'éditeur : Dialoguiste pour la série TV « Insatiable », Meena Harper possède un don : elle prédit la mort des gens. Ce qui lui permet de sauver la vie de certains d’entre eux. Son rêve de devenir rédactrice en chef de la série se voit réduit à néant quand la place est donnée à sa rivale Shoshona. Manquant de se faire dévorer par des chauves-souris, Meena est sauvée par Lucien Antonescu, le prince des ténèbres, venu à New York mettre fin à une série de meurtres impliquant certains de ses sujets. Lorsque Meena l’apprend, il est trop tard : elle est déjà amoureuse. Partagée entre le doute et l’épouvante, elle est forcée de se rendre à l’évidence quand elle se retrouve impliquée dans une véritable guerre de clans. 

         J'avoue avoir connu Meg Cabot, lorsque j'étais libraire, pour ses romans girly, sa série Journal d'une princesse. Alors lorsqu'elle a publié une histoire de vampires, de soap opera et surfé sur la vague actuelle des romans bit-lit pour adolescents, cela m'a intrigué. Qu'est-ce qu'elle allait bien pouvoir en faire de ces vampires ? Loin d'être déçue, je suis totalement subjuguée et le tome 1 d'Insatiable est un vrai coup de coeur. Après Twilight, Vampire City (que j'ai lâché en cours de route), Vampire Kisses (autre coup de coeur), la saga True Blood (La communauté du Sud), j'ai cru en finir avec les vampires. Je me suis dit que le reste ne pouvait être que du déjà vu. Quelle erreur!  C'était avant de lire Vampire Academy et le tout dernier en date, Insatiable.

Meena Harper est dialoguiste pour une célèbre série TV "Insatiable". Le milieu de la TV n'est pas simple, les relations sont parfois alambiquées et chacun essaie de tirer son épingle du jeu. Aussi Meena est déconfite lorsqu'elle apprend qu'elle n'est pas retenue pour le poste de rédactrice en chef de la série. A la place, une opportuniste nommée Shoshona lui vole la vedette tout en ayant l'idée d'inventer un soap opera avec des vampires. Hors les vampires, Meena en a marre. A la TV, au cinéma, dans les livres...ils sont partout. C'est l'invasion. En plus de ça, Meena a un don : elle peut prédire la mort des gens, quand et comment ils vont mourir. Ce don lui a valu d'être exclue par ses parents et Meena ne peut compter que sur sa meilleure amie et son frère. Côté hommes, c'est le désert. Alors quand sa voisine l'invite à dîner et qu'elle rencontre le séduisant et mystérieux Lucien Antonescu...elle se laisser aller et lâche prise avec son quotidien chaotique. Meena est loin de se douter que Lucien est le descendant direct du comte de Dracula...un vampire héritier d'un empire, venu à New York pour résoudre une affaire de meurtres.

Que de rires pour ce titre délicieux, savoureux et carrément addictif. J'ai tout aimé : l'intrigue, le contexte et les personnages. Meg Cabot revisite le mythe du vampire, de Dracula à sa sauce et le transpose en plein XXIème siècle. La modernité, la technologie...les vampires sont à la mode et n'ont pas perdu une ride! Pauvre Meena. Elle a le chic pour se mettre dans des situations rocambolesques, éprise du vampire le plus convoité de la hiérarchie. Côté personnages, Meg Cabot nous offre des personnages copieux et attachants, qui ont chacun un caractère qui fait sourire : le frère Jon, au chômage, paumé, blasé, tombeur nous paraît sympathique car il sait se montrer protecteur même s'il ne brille pas par son intelligence. Il m'a fait pensé au beau gosse Jason, le frère de Sookie dans True Blood. Je crois que mon personnage préféré est Alaric, le chasseur de démons, de créatures fantastiques, à la solde du Vatican. Sûr de lui (un peu trop), un brin snob, pragmatique, indomptable, il est d'abord antipathique mais évolue grandement au contact de Meena. Il adore tuer des vampires et s'en prend à Meena lorsqu'il comprend, que bien malgré elle, elle est tombée amoureuse d'un vampire. 
Les voilà embarqués dans une affaire de meurtres, une enquête qui prend des ampleurs de guerre des clans. Le statut hiérarchique de Lucien est contesté. Son personnage est lui aussi réussi : le prince Lucien est ténébreux, tourmenté, envoûtant, charmant avec des airs de parfait gentleman, à l'humour rafraîchissant et plein de fougue quand il faut. De quoi faire succomber toutes les lectrices!

On aime les clins d'oeil amusants et pétillants tendance vampirique : les succès actuels sont tournés en dérision comme Twilight. Le fait d'insérer une histoire de vampires au sein de ce contexte moderne et dans le milieu de la TV est une excellente idée. On est pris par l'intrigue. On n'en démord pas. Sur fond de comédie romantique, Insatiable a su me faire rire et me rendre accro par son suspense savamment dosé, pimenté par des scènes d'amour, d'action et de rebondissements inattendus. Un régal!


vendredi 12 septembre 2014

Mots rumeurs, mots cutter ♥ ♥ ♥

Charlotte Bousquet
Stéphanie Rubini

Gulf Stream éditeur
Collection Les Graphiques
Paru en Septembre 2014
72 pages
15 euros

BD à partir de 14 ans et +
Thèmes : Adolescence, Scolarité, Amour, Collège


"Je me suis levée, les mains tremblantes. J’entendais des chuchotements, des rires dans mon dos. J’ai pris le morceau de craie, regardé les chiffres inscrits sur le tableau. Des fractions qui auraient dû être faciles, des fractions qui se délitaient devant moi, des chiffres bizarres, monstrueux, qui me frappaient comme les insultes et les ricanements, comme la vérité qui me sautait au visage..."

Après le très remarqué Rouge Tagada,  le duo Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini revient avec ce que j'appellerais la claque de cette rentrée 2014. Le coup de coeur est là pour cette bande dessinée décriant une vérité qui fait de plus en plus rage dans les cours d'école. C'est la rentrée des classes. Léa est assise à côté de Mattéo. Il est canon et plaît à beaucoup de filles. Ca commence par des petits mots passés en douce pendant les cours "Il t'a dit quoi?" "Trop de la chance d'être assise à côté de Mattéo!"... Léa se prend au jeu, ne voit pas le mal. Et un jour, Léa sort avec Mattéo et les petits mots deviennent des rumeurs pas sympas! "Il paraît qu'il ne reste pas longtemps avec la même, Prépare-toi à tomber de haut" et les mots rumeur prennent la tête de Léa. Ils s'insinuent dans son coeur, lui volent son bonheur des premiers amours, lui inflige doutes et inquiétudes. Lors d'une soirée entre filles, Léa, embarquée, enthousiaste, se lâche dans un Action ou vérité. Le deal : faire un streap tease! Sauf que Léa n'était pas au courant qu'elle était photographiée. Piégée ! La photo sera lâchée publiquement le lendemain par jalousie, par vengeance. Les mots doux du début d'année deviennent lancinants, douloureux...de vrais maux qui déchirent la poitrine et rendent malade...

Mots rumeurs, mots cutter, est un titre pertinent, accrocheur pour évoquer ce qu'il y a dans cette bande dessinée. On retrouve toute l'ambiance, de la plus anodine à la plus sournoise, d'une cour de récré et du monde ingrat des adolescents. A travers l'idée d'une photo de classe, les auteures ont voulu parler de l'Adolescence : sa beauté, son innocence, ses rires mais aussi sa violence, ses différences, son intolérance. Les adolescents ont des relations compliquées, ils ont leurs problèmes, leur vie et leurs sentiments, leurs aventures qui font sourire ou pleurer...

Des messages privés lancés en douce en classe, des graffitis sur les bancs d'école, petits coeurs ou insultes taguées dans les toilettes, des mots d'amour glissés dans les agendas, des photos de classe dédicacées par tous les camarades, des disputes et des réconciliations... cette BD c'est tous les souvenirs des années collège et lycée que l'on retrouve en vrac.

Roman graphique sur les réalités actuelles du collège et des liens entre adolescents, entre amitié, trahison, coups bas et messes basses, Mots rumeur, mots cutter exprime ce qu'il y a de plus poignant et révoltant dans le microcosme d'une scolarité. D'adolescente discrète mais heureuse, Léa, jusque là sans histoires devient le bouc émissaire gratuit. Sa vie au collège devient un enfer : insultes, brimades, gestes cruels, violences physiques. Elle est prise dans un engrenage qui l'entraîne au plus bas. Les parents impuissants voient bien que leur enfant a un mal-être mais comment l'aider quand il refuse d'en parler ?

Toujours avec cette justesse des propos et cette retenue des sentiments, les deux auteures montrent la mise en place subtile du harcèlement scolaire grâce à une alliance parfaite entre des mots durs et des illustrations tendres et modernes avec des couleurs pétillantes, vives. La rondeur des traits de Stéphanie Rubini contraste avec le texte introspectif et grave de Charlotte Bousquet. Les mots sont simples, comme si la simplicité n'épargnait en rien la dureté du récit, la violence de scènes crues. Les mots sont blessants et incisifs. Une histoire acide, pas très glorieuse traitée avec beaucoup d'esprit, de délicatesse.

C'est une entrée très remarquée pour ce deuxième titre, à la fois sensible et touchant, Mots rumeur, mots cutter ne laissera pas indifférent. On y retrouve toujours cette pointe de nostalgie car l'adolescence a beau être ce qu'elle est avec ses contrastes, ses forces, ses faiblesses, on aime à la regretter parfois, devant les photos de classe qu'on ressort à l'occasion, les souvenirs qui nous reste. C'est aussi un appel au dialogue scolaire pour sa lecture ouverte qui permettra le débat. Parce que le harcèlement scolaire, il faut en parler, pas le classer dans des faits divers...


En savoir plus :
- Une 3eme tome intitulé Ames soeurs est prévu pour février 2015

jeudi 11 septembre 2014

Scarlett mène l'enquête

Fleur Hitchcock

Flammarion
Traduit de l'anglais par Catherine Guillet
Paru en Septembre 2014
286 pages
13 euros

Roman ados dès 11 ans
Thèmes : Policier, Amitié, Famille

"Mon père était-il vraiment un voleur ? Pourquoi me disait-il toujours de "regarder en haut"? Quand Scarlett reçoit une boite ayant appartenu à son père, célèbre voleur de bijoux, elle découvre qu'elle est pleine d'indices. Si elle parvient à les comprendre, peut être pourra-t-elle trouver la clé du mystère qui entoure la vie de son père disparu. Avec l'aide d'Ellie, sa nouvelle amie, Scarlett mène une enquête parfois effrayante mais le plus souvent amusante !"

       J'avoue, je suis faible car c'est bien la couverture charmante qui m'a fait aller vers ce roman. Je la trouve très jolie et les différents objets attachés à l'arbre brillent d'un vernis sélectif. L'écriture de Fleur Hitchcock est également très sympathique et agréable à lire si bien qu'on est vite happé par l'énigme de Scarlett. Le ton alerte d'un récit à la première personne, voix de la jeune Scarlett est alerte et fluide. Scarlett a eu 11 ans. Une semaine après, un notaire sonne à sa porte, lui laissant une mystérieuse boîte léguée par son père, décédé cinq ans auparavant. Scarlett sait peu de choses de son père, hormis sa réputation de cambrioleur. Elle est d'ailleurs très surprise de trouver dans cette boîte des crochets, des outils étranges parmi des photos et des lettres. Avec son amie Ellie, elle va mener l'enquête et découvrir que son père était en fait un agent secret travaillant pour le gouvernement britannique. Elle décide de résoudre la dernière enquête de son père : arrêter le gang des Queenie et retrouver, s'ils existent, les diamants, rémunération du travail de son père...


Une enquête policière, une énigme personnelle à résoudre, une quête d'identité, une histoire d'amitié, pas toujours évidente, Scarlett mène l'enquête est un petit roman possédant de nombreux ingrédients alléchants. La jeune Scarlett est attachante, drôle et pimpante. D'abord, elle n'arrive pas à se lier d'amitié avec Ellie, la fille d'un policier qui fréquente sa mère depuis peu. Elle ne la supporte pas. On comprend ses raisons, elle qui voudrait parfois profiter de sa mère pour elle seule. Mais les brimades subies à l'école, les remarques méchantes de l'institutrice sur les rondeurs d'Ellie et la réputation du père de Scarlett, finissent par rapprocher les deux jeunes filles qui deviennent inséparables et complices. Fortes de leur amitié fructueuse, elles vont suivre leurs idées maladroites, même si cela passe, aux yeux des adultes, pour de vraies bêtises! Situations rocambolesques et comiques, enquête amusante et pleine de suspense, répliques cyniques...c'est un roman bourré d'action et de rebondissements parfois peu crédibles mais hilarants. Comme quoi, parfois, se fier à une couverture gourmande, ça marche!!!


mercredi 10 septembre 2014

On vole des arbres ! - Monsieur Pan - Collection Fil rouge chez Autrement

On vole des arbres ! 
Arthur Geisert
Paru en Août 2014
40 pages
5,20 euros

Album Jeunesse dès 4 ans
Thèmes : nature, énigme, vol, famille

  "Les Jambonneau possèdent un petit commerce familial d'arbres décoratifs. Leur spécialité: la taille en forme de dinde! Mais un beau matin, tous les précieux spécimens ont disparu. Les voilà lancés dans une enquête minutieuse pour découvrir le voleur..." 

Dans un petit village français, Ed, Lisa et leur famille de douze enfants cultivent de nombreux arbres et des citrouilles géantes. A l'approche de l'automne, les enfants taillent les arbres et en font des dindes, mais cette année il y a comme un hic. Tous les arbres ont disparu. Le champ est vide et le commerce familial est menacé... Une aventure policière menée par la famille Jambonneau avec des rebondissements, du suspense. Il y sera question de cochons rondouillards et débrouillards qui enquêtent avec un humour rondouillard et une certaine cocasserie! Il y aura des dindes, de toutes les hauteurs mais qui disparaissent du jour au lendemain. Il y aura des subterfuges chichement bien inspirés pour attraper les voyous. Le récit est drôle, captivant et amusant. Ce qui attire dans cet album ce sont les illustrations à la gravure d'abord classiques mais très vives et joyeuses, pimpantes et très automnales, fourmillant de détails insolites. D'ailleurs à la fin on fête Halloween comme il se doit, tout en orange! Une collection d'albums à petits prix, c'est ce que j'aime dans Fil rouge chez Autrement Jeunesse. De très jolis albums au petit format souple et facile à ranger.

      *                               *                                     *


Monsieur Pan
Kressmann Taylor/ Princesse Camcam
Paru en Août 2014
40 pages
5,20 euros

Album Jeunesse dès 5 ans
Thèmes : solitude, peur, enfance, vie

          "Tous les matins, lorsqu'il se réveille, Monsieur Pan a peur pour sa vie. Il a peur de se noyer, peur des insectes aux piqûres mortelles, peur de la maladie qui, croit-il, le ronge... peur de tout! Et cette pensée l'obsède, jusqu'à en oublier que le monde autour de lui existe, jusqu'à en oublier l'essentiel... Un conte délicat et sensible, par l'auteur du best-seller Inconnu à cette adresse."

Voici une très belle et émouvante histoire, racontée sur le mode d'une fable, d'un conte ancien plein de sagesse et de philosophie. Monsieur Pan a une santé fragile. C'est ce qu'il croit et à chaque pas, il ne voit que le danger. Aussi il reste reclus chez lui, s'empêchant d'agir, faisant preuve d'irrationalisme en ce qui concerne son état de santé. Chaque geste, chaque objet, chaque situation qu'il rencontre est étudié avec minutie, avec méfiance car il croit que sa mort est imminente. Mais le danger de mort si fantasmé frappe à la porte de Monsieur Pan d'une autre manière. La maladie emporte sa soeur, laissant trois orphelins. Monsieur Pan s'armant de courage et d'affection recueille les enfants pour leur apporter réconfort, amour et éducation. C'est ainsi que petit à petit ses angoisses s'estompent, au fur et à mesure que la vie et le bonheur remplissent sa vie.

L'histoire poétique et tendre de ce Monsieur Pan hypocondriaque qui a peur de vieillir et s'empêche de vivre, de croquer la nature à pleine dent est bouleversante et touchante. Kressmann Taylor aborde avec délicatesse les thèmes de la solitude, de la vieillesse, de la mort à travers une écriture raffinée et sensible. Les illustrations aériennes, légères et pleines de finesse de Princesse CamCam sont en parfaite harmonie avec le message rassurant de cet album d'une grande qualité émotionnelle. La nature est ici un point important, apaisant : les bambous, les jardins asiatiques, les bassins de poissons rouges, les fumées d'encens permettent de relativiser. Kressmann Taylor nous embarque pour un voyage spirituel pour retrouver la sérénité, une quête initiatique où courage et force sont les bienvenus pour affronter ce qui empoisonne la vie et nous prive de l'instant présent. Un très beau titre.