Jules Renard

"CHACUNE DE NOS LECTURES LAISSE UNE GRAINE QUI GERME" - Jules Renard

Vive les vacances! Tous à la plage...


mercredi 30 juillet 2014

Le cinéma s'affiche - Et toc !

Alexandra Strauss
Illustré par Aseyn

Gulf Stream éditeur
Collection Et toc !
Paru en Octobre 2012
240 pages
12,50 euros

Documentaire Jeunesse dès 14 ans
Thèmes : Cinéma, Films, Abécédaire

Quatrième de couverture : Tu éclates de rire à chaque nouvelle scène. Tu essuies vite tes yeux pour ne pas montrer que tu as pleuré. Tu t'agrippes à ton voisin tellement tu as peur. Tu te décides enfin à embrasser ta voisine. Au cinéma, l'émotion se vit à l'écran... et dans la salle ! Le septième art est né en France il y a plus d'un siècle et, entre L'Arrivée d'un train en gare de La Ciotat et The Avengers, il a beaucoup évolué. Du muet à la technologie 3D, le cinéma a appris à parler, pris des couleurs et bénéficié d'effets spéciaux de plus en plus saisissants. Films cultes, réalisateurs visionnaires, actrices de légende, mais aussi cadrage, plan-séquence et montage... voici un panorama complet pour que tu saches tout cet art très populaire : le cinéma.

Dans la collection Et toc ! Le cinéma s'affiche est un documentaire sympathique pour tous les amateurs de ce septième art ou même pour ceux qui souhaitent en savoir un peu plus. Sous forme d'abécédaire, l'ouvrage est composé par rubriques, entrées, classées par ordre alphabétique. Ce que j'aime beaucoup dans la collection, c'est cet esprit décalé, drôle et intelligent à la fois, qui donne des pistes, des clés pour aborder un thème, laissant libre la curiosité et l'imagination s'exprimer. Le mode de lecture et d'utilisation se veut très libre, et l'on peut y revenir plusieurs fois, selon les découvertes. 
Dans Le cinéma s'affiche, pas beaucoup d'histoire (un peu quand même!), mais des rubriques plutôt pertinentes et très actuelles qui vont donner une vision moderne, dynamique et très jeune du cinéma. On va bien sûr, retrouver des classiques du genre à travers des rubriques autour des grands réalisateurs : Steven Spielberg, Stanley Kubrick, Hitchcock. On va aborder les grands studios tels que Ghibli mais aussi évoquer le cinéma Bollywood, Hollywood. On va rentrer dans le vif du sujet en abordant des questions techniques : B.O, VOST, VF, montage, trucages, dialogues. Puis il y a des entrées plus historiques, comme Chaplin, le cinéma en noir et blanc, le cinéma muet, les genres (comédie, fantastique, cow-boy). L'auteur évoque même les adaptations d'Harry Potter, de Twilight et étudier le star-system.

C'est donc un documentaire assez complet, ludique et proposant une vision contemporaine du cinéma tel que le connait les jeunes d'aujourd'hui avec les super-héros, le numérique, les réseaux sociaux, les sagas adolescentes. Il donne envie d'aller plus loin et parle d'un très grand nombre de films, qui vont du XIXe siècle au XXIe. C'est d'ailleurs l'objectif de l'abécédaire : "Si je pouvais te donner envie d'aller voir ne serait-ce que 10% des films dont je vais parler ici, j'aurais réussi à te faire mon cinéma!". Plutôt fun comme finalité! En annexe, on trouvera la liste des rubriques, un quizz, une bibliographie "Pour aller plus loin" traitant du cinéma, et des liens internet pour en savoir plus. Un bon titre qui m'a beaucoup plu!


D'autres titres de la collection Et toc ! sur ce blog :
-Le Fric, c'est chic
-Derrière le petit Ecran
-La Toile et toi

Une famille aux petits oignons - Histoires des Jean-Quelque-Chose - L'Intégrale

Jean-Philippe Arrou-Vignod

Gallimard Jeunesse
Paru en Mai 2014
448 pages
18,90 euros

Roman Junior dès 10 ans
Thèmes : Famille, Humour, Amitié

Quatrième de couverture : Quand on est une famille de six garçons, impossible de s'ennuyer un seul instant. Entre Jean-A qui veut toujours être le chef, le club d'agents secrets de Jean-B, Jean-C qui ne comprend jamais rien, Jean-D alias Jean-Dégâts, les poissons rouges de Jean-E et le bébé Jean-F qui n'arrête pas de pleurer... Sans parler de la bande des Castors, des cousins Fougasse aux oreilles décollées et des boums mixtes de Jean-A... Heureusement que papa est un as du bricolage et que maman est très organisée ! 


      Je me souviens de ma première année en tant que libraire jeunesse. On m'avait dit que La famille aux petits oignons était un incontournable, un indispensable de la littérature jeunesse. Depuis le temps, je n'avais jamais eu l'occasion de me plonger dans ces histoires familiales, même si je connais la plume de Jean-Philippe Arrou-Vignod. Alors quand j'ai vu la sortie de cette nouvelle édition, regroupant L'omelette au sucre, Le camembert volant, La soupe de poissons rouges, Des vacances en chocolat et la toute dernière histoire parue en 2013 La cerise sur le gâteau, comment résister?

Une famille de six garçons, de sacrées rigolades, des baffes qui se perdent, une maman bienveillante et un papa attachant, des imprévus, des disputes, des idées farfelues, tout ceci ponctué par une vie quotidienne mouvementée, voilà ce que nous offre Jean-Philippe Arrou-Vignoud avec cette vision de la famille des années 70, une vision qui se veut universelle comme toute histoire de famille. C'est avec un humour un brin fantaisiste que l'auteur nous fait partager les situations cocasses, les anecdotes savoureuses et les dialogues sucrés-salés de cette famille typique, entre vie quotidienne domestique, récréations d'école, souvenirs de vacances, s'appuyant sur son propre vécu et son enfance. Et cela s'en ressent nettement à la lecture car impossible de ne pas voir le lien avec l'enfance de l'auteur tellement il y a cet esprit authentique, ce ressenti exprimé avec affection, parfois même avec nostalgie. 

Avec tendresse et charme de la vie française, Une famille aux petits oignons se déguste en moins de deux, une lecture entrecoupée de moments imprévisibles, pimentés d'un grain de folie! Des chroniques à savourer, sur un air de vacances, rappelant à quel point les évènements d'une famille nous rapproche inexorablement de nous : la rentrée des classes, la première boum, les relations tourmentées entre fratrie, l'amour et la tendresse de parents aimants, la chaleur et le réconfort d'un foyer, les fêtes de Noël, les déménagements, les vacances chez pépé et mémé... Autant de bons moments heureux et drôles que Jean-Philippe Arrou-Vignod partage en toute simplicité et dans une incroyable générosité... A conseiller dès 10 ans.


lundi 28 juillet 2014

Le souffle de l'Océan ♥ ♥ ♥

Laurie Cohen
Marjorie Béal

Balivernes Editions
Collection Calembredaines
Paru en Juin 2014
48 pages
14 euros

Album Jeunesse dès 4 ans
Thèmes : Nature, Découverte, Plage

"Dans la douce brise ou l'ouragan déchaîné, vague après vague, l'océan revient nous bercer. Ses coquillages nous chuchotent des secrets si précieux qu'ils restent dans nos coeurs à jamais. Venez flâner sur ses plages, nager à travers l'écume, écouter le chant du large..."



Après Et toute la ville s'éveille, A la campagne, Quand la montagne scintille, Le souffle de l'Océan retient toute mon attention, surtout en cette période d'été. Et Dieu que c'est grandiose! Je savais que je n'allais pas être déçue avec ce titre! J'adore l'été, j'adore le bleu de la mer, les dégradés de l'eau de la mer, les vagues, la douceur du soleil qui caresse la peau... J'ai donc ouvert cet album avec beaucoup d'attentes, de curiosité et d'envies.

Commençons par le texte, toujours aussi fort et symbolique, onirique, personnifiant l'Océan jusqu'à le rendre personnage, héros ayant des sentiments, racontant une histoire. Il respire lentement, faisant chuchoter quelques vagues. Il observe les bateaux mais aussi les oiseaux et les poissons. Le soleil le rayonner de mille éclats. Dès les premières pages, Laurie Cohen nous inspire et nous invite à un voyage au coeur du monde marin. Avec poésie et tendresse, elle évoque les coquillages dans lequel on dépose des secrets. L'océan est joueur, coquin, et parfois même en colère, furieux, il fait fouetter les navires. Il peut devenir alors ouragan. 

 
L'océan est source de sensations et de multiples émotions : on respire l'air marin à pleins poumons, on se rafraîchit avec ses embruns, on aime le contact du sable et de l'eau sous nos pieds. Les enfants aiment jouer, se baigner, chercher des poissons, avoir la peau caressée par le soleil reflétant sa lumière sur l'eau. Laurie Cohen et Marjorie Béal nous font naviguer à travers dunes, plages et vagues, en nous éblouissant, l'une par son vocabulaire bien senti, l'autre par ses dessins évocateurs. 

La beauté de l'océan est ici magnifiée par de sublimes couleurs aux contrastes forts : beaucoup de bleu, de turquoise, de gris, de bleu marine, de dégradés bleu ciel, du blanc...des couleurs dites froides et pourtant si vivifiantes, si éclatantes à côté des teintes chaudes (oranger et jaune). Le graphisme est moderne, très coloré, créant des contrastes captivants. C'est réellement ce qui se démarque dans le duo Laurie Cohen/ Marjorie Béal. C'est presque un concept tellement ces albums sont superbes, inventifs, tant par le texte intelligent que par le graphisme étonnant. L'Océan a de multiples facettes mais on aime tout ce qui le rend si unique et merveilleux : ses grains de sable, son phare, ses étoiles de mer, ses bateaux, ses pêcheurs.
J'aime la manière dont Laurie Cohen en est venue à parler des loisirs, du rythme de vie autour de l'océan : les châteaux de sable, l'enfance bercée aux doux bruits de l'eau, les baignades endiablées, les explorations sous-marines, les jeux. C'est vraiment très chouette. Les illustrations de Marjorie Béal sont incroyables tellement elles sont en harmonie avec le texte. Très bel hommage à cet élément naturel fluctuant, changeant, fascinant...Le souffle de l'Océan nous fait rêver à des horizons lointains, au-delà des vagues enchanteresses. Un très bel album qui sent bon l'été et les vacances. Un coup de coeur forcément!


Quand la montagne scintille

Laurie Cohen
Marjorie Béal

Balivernes Editions
Collection Calembredaines
Paru en Juin 2014
48 pages
14 euros

Album Jeunesse dès 4 ans
Thèmes : Montagne, Nature, Saisons

"Quand la montagne scintille de mille feux, les étoiles viennent briller jusque dans nos yeux, allumées par ce paysage aux multiples facettes, avec ses vertes pentes et ses hautes crêtes. Venez rencontrez chamois, ours ou écureuils, sous le soleil ou sous la neige, au milieu des sapins..."


Après Et toute la ville s'éveille et A la campagne, le duo très créatif Laurie Cohen et Marjorie Béal revient avec un magnifique album sur la montagne. La Montagne, le matin, se soulève doucement, sûrement, et regarde vers l'horizon. Il y a déjà beaucoup de vie qui s'anime autour d'elle, à ses pieds : les voitures empruntent ses routes ombragées, la cascade coule dans son creux, les enfants l'escalade et la montagne sent leurs petites mains s'agripper.

La montagne est présentée sous tous ses plus beaux atours, vantant sa grandeur, son sommet scintillant de glace, ses vastes prairies d'été. Elle est décrite avec soin et subtilité au détour de chaque saison. Endroit de contrastes saisissants à l'instar des illustrations très visuelles, vives et dynamiques de Marjorie Béal, la montagne abrite également de nombreux animaux qui profitent des forêts et des eaux. J'ai aimé que Laurie Cohen prenne soin de personnifier la montagne en hiver, la rendant magique, majestueuse, tellement fascinante : la reine des neiges qui trône, grande et fière, recouverte d'un duvet blanc, car c'est en cette saison que la montagne se révèle, représentative de l'idée que l'on s'en fait quand on est enfant : géante, brillante et même mystérieuse. Endroit aux multiples paysages, aux décors exprimés avec énergie par les dessins de Marjorie : couleurs, contrastes, formes. C'est vraiment très fort du point de vue de la mise en scène.

Une ode aux bienfaits de la montagne, voici ce que nous dévoile Quand la montagne scintille, partageant les senteurs de sapins, de pommes de pins, lieu de découverte de la nature, mode de vie sportif fait de randonnée, de promenade, de parapente et de ski. La Montagne est un personnage à part entière, elle vit, elle vibre, elle ressent, elle prend vie grâce au texte simple et fort de Laurie Cohen. Quand elle est triste, elle crache de la brume. Elle est douce et calme en été, sous un radieux ciel bleu.

Quand la montagne scintille nous invite à apprécier toute la splendeur de la montagne dans un esprit de bonne humeur, de jouissance de ses saveurs particulières, grâce aux illustrations accrocheuses, au texte qui utilise la personnification avec poésie. C'est un album que j'affectionne particulièrement et que je trouve excellent et de qualité première pour sa mise en image, son concept de personnifier un élément de la nature pour le rendre incroyablement beau et si significatif. C'est une autre manière de découvrir la nature, un autre regard porté par des couleurs fascinantes et des jeux de formes géométriques exceptionnels. Une vraie réussite!


 A l'occasion des 10 ans anniversaire des Editions Balivernes, un blog dédié "10 ans -100 livres"
 a été créé pour fêter cet évènement : www.laviedunlivre.fr. 
Balivernes vous propose de suivre la réalisation de deux livres devant paraître à la fin de l'année.

vendredi 25 juillet 2014

Les Déconnectés - Les Eclairés - Tome 2 et Tome 3 de la série Les Fragmentés

Neal Shusterman

Editions du Masque
Collection MsK
Traduit de l'anglais par Catherine Biros
Paru en Septembre 2013 et Mai 2014
500 pages
17 euros

Roman ados dès 13 ans
Thèmes : Société, Anticipation, Dystopie

Quatrième de couverture des Déconnectés : Dans une société traumatisée par la Seconde Guerre civile, une loi autorisant la fragmentation a été votée. Celle-ci stipule que tout parent peut décider de "résilier" son enfant rétroactivement. Réfugiés dans un cimetière d'avions de l'Arizona, Connor et Risa ont réussi à échapper à ce sort funeste. Au beau milieu du désert, ils accueillent des centaines d'adolescents qui, comme eux, ont décidé de résister. Peuvent-ils encore changer une société qui considère leur vie comme un bien de consommation ? Neal Shusterman signe une suite éblouissante aux Fragmentés, poussant encore plus loin sa réflexion sur le libre arbitre et le prix de l'existence dans un thriller à couper le souffle. Très attendu par les lecteurs, Les Déconnectés s'est classé dès sa sortie en tête de la liste des best-sellers du New York Times.

Quatrième de couverture des Eclairés :  Après une Seconde Guerre civile qui a ébranlé le pays, les Etats-Unis vivent une des plus grandes crises de leur histoire. Chômage, inégalités sociales, paupérisation des classes moyennes... Désoeuvrés, sans avenir, les jeunes envahissent les rues, tandis qu'un débat houleux sur le droit à l'avortement anime la population. La solution ? La charte de la Vie et la fragmentation. On peut désormais résilier l'existence d'un adolescent en réutilisant tous ses organes dans un but médical. Il continuera à vivre dans un "état divisé".Tel est donc le sort des orphelins, des adolescents difficiles, des bouches qu'on ne peut plus nourrir depuis des années. Pourtant, çà et là, des voix s'élèvent contre la fragmentation. Notamment, depuis la fuite de Connor, le célèbre évadé d'un des plus grands centres de fragmentation. Ou depuis la création de Cam, le premier adolescent entièrement composé de parties d'adolescents fragmentés. Ou est-ce l'arrivée d'un marché parallèle de la fragmentation, où le coeur, le foie ou les yeux d'un adolescent sont négociés comme du tabac ou du pétrole ? 




Suite d'une grande série de science-fiction Les Fragmentés, Les Déconnectés (tome 2) et Les Eclairés (tome 3) nous replongent dans un univers post-apocalyptique, une dystopie dans laquelle les corps des adolescents valent plus que la vie. On retrouve nos héros notamment Connor, Lev et Risa luttant pour leur liberté, pour rester vivants, espoirs d'un avenir meilleur dans une société paupérisée. Ils ont changé depuis la fin du premier opus. 

L'auteur a su développer sa réflexion, dans une série d'anticipation qui fait froid dans le dos et qui ne laisse pas indemne. En effet, de nombreuses scènes sont révoltantes, poussant l'horreur et les dérives sociales, médicales, déontologiques à leur paroxysme. Le corps n'est qu'une vulgaire marchandise. Si Les Fragmentés m'a rappelé la série La Déclaration de Gemma Malley, dans les deux autres tomes, Neal Shusterman va plus loin, offrant des réflexions universelles qui dépassent parfois bien le stade de la littérature Young Adults. Ses romans dérangent et posent des questions essentielles sur la notion de responsabilité, d'autorité parentale, de libre-arbitre et des choix, bons ou mauvais, sur la moralité. De nouveaux personnages apparaissent, tel que Cam cet adolescent recomposé à partir de morceaux d'autres fragmentés. Ainsi Cam, est un personnage très touchant qui se pose beaucoup de questions : les morceaux d'humains qui le composent ont-ils encore une âme ? Est-il vraiment un être humain, lui cet être hybride restitué à partir de 100 jeunes ?

Dans Les Déconnectés, la charte de la Vie prend une ampleur inimaginable, allant jusqu'à dévier la fragmentation, en l'appliquant à tous les adolescents "défaillants" et aux prisonniers. Cette généralisation de la fragmentation est effrayante, rendant le climat tout en tension, en suspense. Les citoyens Pro-actif sont devenus une milice, avec les Frags, instaurant un régime totalitaire.

Ce que j'ai aimé dans ces tomes de transition, c'est la place accordée à l'alternance des points de vue, aussi bien du camp des gentils, des victimes, que celui des bourreaux, autrement dit de ceux qui instrumentalisent la fragmentation et en font l'apologie. La psychologie des personnages est complexe et bien travaillée. Ils sont tous très attachants et on se surprend à s'inquiéter pour nos héros.

Si il y a moins d'action dans le tome 3, le lecteur est vite rattrapé par les idées de l'auteur, qu'il rend avec un réalisme saisissant. Nous sommes dans le domaine de la fiction et de l'anticipation, pourtant toute cette théorie sur la fragmentation est tellement bien exploitée, avec finesse et pertinence, qu'on sent à quel point tout ceci pourrait devenir réel, notamment autour des sujets comme l'avortement, les banques d'organes, la procréation. Pour conclure, avec les Déconnectés et les Eclairés, nous passons un très bon moment de lecture avec de l'action, du suspense, de la tension, sur un rythme qui se veut efficace et prenant.


A propos du Tome 1 Les Fragmentés : " Le thème du trafic d'organes devient sous-jacent et donne à l'intrigue sa dimension spirituelle. Roman de réflexion philosophique sur le droit et la liberté de disposer librement de son corps, d'aller où bon nous semble, Les fragmentés est desservi par une écriture alerte, vive entrecoupée des récits alternatifs de chaque personnage. Tour à tour, on aura à vif les sentiments de Connor, de Risa et leur manière respective de vivre ce destin."

jeudi 24 juillet 2014

La cité des âmes - Tome 3 - La Trilogie des Illumières

Neal Shusterman

Editions du Masque
Collection MsK
Traduit de l'anglais par Marianne Roumy
Paru en Janvier 2014
510 pages
17 euros

Roman ados dès 12 ans
Thèmes : Fantastique, Mort, Au-delà

Quatrième de couverture : Rivalités, luttes de pouvoir : l'éternité n'est décidément pas de tout repos. Depuis une ancienne cité maya, le roi de la Cité des âmes tente d'étendre sa domination. Au même moment, les accidents et coups du sort meurtriers se multiplient dans le monde vivant. En effet, les fidèles de Mary Tourcéleste, ancienne reine de l'Eternéant, lui créent une armée d'âmes perdues pour la servir et lui permettre d'atteindre son but ultime : faire basculer la totalité du monde vivant dans l'Eternéant. Avec La Cité des âmes, Neal Shusterman signe le dernier opus d'une trilogie fantastique consacrée à l'au-delà. Son écriture originale et son sens de l'aventure ont fait de lui l'un des écrivains préférés des adolescents.

 
                L'Eternéant, nom masculin signifiant un Monde situé entre la vie et la mort où se perdent les enfants sur la route de l'au-delà. J'adore cette définition et cela résume assez bien tout l'univers de la Trilogie des Illumières. La Cité des âmes est le dernier opus de cette saga sur l'immortalité, nous entraînant dans un monde "enchanté" où les frontières se sont estompées. Le réel et le surnaturel, la vie et la mort, tout se confond et se mélange, si bien qu'on a l'impression de se retrouver dans un film de Tim Burton.
Tout a changé dans l'Eternéant. Mary Tourcéleste, ancienne reine du lieu repose désormais dans un cercueil de verre, impuissante. En son honneur, son armée d'enfants perdus, ses fidèles serviteurs investissent le monde des vivants et créent des accidents, multipliant les coups du sort. Et tout ça pour réaliser le but ultime de leur Reine : brouiller les deux mondes. Il sera question aussi d'une vieille cité maya, de la conquête du Roi de la Cité des âmes, du combat d'Allie contre une locomotive...

        Après un second tome qui m'avait déçue, mon engouement pour cette trilogie revit! Neal Shusterman conclut avec brio une saga vraiment magique et brillante pour toutes les questions existentielles qu'elle implique : l'emprise du pouvoir, la vie, la mort, le lien entre les deux dans l'Au-delà, la mémoire, la loi du plus fort, la raison. L'auteur nous invite à une réflexion sur la question de l'éternité, des âmes. Sur fond d'aventures haletantes, de bonnes idées aussi inventives que divertissantes, la Trilogie des Illumières reste unique en son genre. Comme dans un ultime au-revoir, on retrouve tous les personnages principaux de la série : Mary, Allie-la-Sans-Caste, Nick, Mickey, Milos. Les personnages ont beaucoup évolué depuis le premier tome et sont tous très attachants. On a notre petite dose de révélations, de surprises et une fin magnifique qui termine une saga passionnante et fascinante. 
 Il y a tant de choses à découvrir : son ambiance fantasmagorique, pleine de suspense, ses scènes d'actions, ses créatures imaginaires et symboliques, ses réflexions philosophiques sur le Bien et le Mal, ses légendes urbaines. Cet univers onirique et poétique est enthousiasmant et prenant. Neal Shusterman a su se démarquer dans la littérature Young Adults. Une trilogie à découvrir sans plus tarder.


A propos du Tome 1 L'Eternéant : "Dans ce "nulle part", ce néant revisité, le magique côtoie le suspense et l'aventure avec des histoires de "monstre" à faire peur, la figure du Hanteur initiateur des "Arts criminels" autrement dit posséder un vivant, pouvoir déplacer des objets...Savoureux mélange de légendes urbaines, de mythologie, aux allures de contes, L'Eternéant promet une série captivante et passionnante."

A propos du Tome 2 Le voyage des âmes perdues : "On retrouve cette ambiance étrange, éphémère où les choses sont, les âmes errent. Neal Shusterman fait des références multiples à des contes et des mythologies : Le Magicien d'Oz, l'Ogre-chocolat qui dévore les âmes, le terrible Mc Gill, tout ceci n'étant que les figures imaginaires de la peur enfantine. Ce mélange des genres est appréciable et donne une dimension fantastique à la fois riche et foisonnante."

mercredi 23 juillet 2014

Les Fuyants de Maxfield Academy

Robison Wells

Editions du Masque
Collection MsK
Traduit de l'anglais par Anne-Judith Descombeys
Paru en Octobre 2013
286 pages
17 euros

Roman ados dès 13 ans
Thèmes : Pensionnat, Thriller, Anticipation

Résumé de l'éditeur : Après avoir fui la Maxfield Academy avec Becky, Benson Fisher parvient au village qu'ils avaient aperçu depuis le lycée. Mais peuvent-ils faire confiance à ses habitants ou sont-ils eux aussi à la solde des dirigeants de l'école? La plupart d'entre eux sont d'anciens élèves de Maxfield que l'on croyait morts ou disparus. Comment sont-ils arrivés ici? Qui les y retient ? Véritable maître du suspense, Robison Wells livre une conclusion éblouissante à l'un des thrillers les plus originaux de ces dernières années.
A propos de l'auteur : Robison Wells est diplômé en psychologie. Vendus dans une dizaine de pays Les Variants et Les Fuyants ont passionné les lecteurs grâce à un étonnant sens du suspense et une intrigue à couper le souffle.

Dans Les Variants, nous étions plongés dans un huis-clos, un pensionnat dans lequel régnait un climat de paranoïa et de tension angoissante. La fin des Variants nous laissait avec des questions en suspens. Benson a réussi à s'enfuir de Maxfield Academy avec son amie Becky qui est bien mal en point. Progressivement, il va vite découvrir qu'il a quitté une prison pour une autre. En effet, tous les membres de ce village sont d'anciens élèves du pensionnat et ces derniers sont retenus par une autorité dont on ne sait rien. Très vite, Benson comprend qu'en fait, les habitants de ce village sont les modèles des clones rencontrés au lycée. Car en fait la Maxfield Academy est une organisation secrète qui livre des expériences avec des clones roboïdes...

Que penser de ce tome 2 ? A mon sens, il est parfois inutile de faire des séries, lorsqu'on a une idée de départ assez bonne et originale qui peut être exploitée en un seul tome. Pourquoi s'acharner après un très bon premier tome, pourquoi ne pas partir dès le départ sur la base d'un one shot ?  Pour moi Les Fuyants est une suite décevante car l'intrigue tourne en rond, et revient au point de départ, à savoir au Tueur, à la Maxfield Academy. Si le lecteur trouve une logique à tout ça, il n'en reste pas moins que Les Fuyants se conclut avec tout de même une impression de non achevé. On a découvert l'identité de l'organisation, le pourquoi du comment, le réseau est démantelé. Mais qu'adviennent tous ces adolescents? Ont-ils retrouvés une vie normale après cette expérience traumatisante? Nous n'avons pas toutes les explications bien que l'intrigue a de l'action, du suspense et toujours cette violence sous-jacente. On aime le scénario de base à savoir l'endoctrinement des masses, la capacité à se faire obéir, à suivre la foule et se laisser influencer lorsqu'on est enfermé. Les Fuyants m'a semblé moins inventif, moins travaillé comme la nécessité de faire une suite mais le rythme s'essouffle malgré les bons éléments psychologiques et des personnages attachants.


A propos du Tome 1 Les Variants : "A mi-chemin entre une réflexion à la Hunger Games sur la survie, le combat pour la vie et la liberté et Sa Majesté des mouches, développant le quotidien d'adolescents livrés à eux-mêmes, Les Variants est un roman/ thriller de science-fiction et d'anticipation qui évoque la fragilité humaine et l'angoissante régression de l'homme face à une société endommagée."

Game - Tome 2 - I Hunt Killers

Barry Lyga

Editions Le Masque
Collection MsK
Traduit de l'anglais par Marie Cambolieu
Paru en Novembre 2013
485 pages
17 euros

Roman ados dès 15 ans
Thèmes : Serial killer, Enquête, Action

Quatrième de couverture : Jazz est le fils de Billy Dent, le plus sanglant tueur en série que les Etats-Unis aient connu depuis longtemps. Après avoir aidé la police de Lobo's Nod à capturer l'Impressionniste, un redoutable meurtrier, Jazz accepte de seconder un enquêteur new-yorkais dans la traque d'un mystérieux criminel. Se sentant coupable d'avoir félicité malgré lui l'évasion de son père, Jazz va redoubler d'énergie pour apaiser le climat d'angoisse qui tétanise la ville. Mais les rues de New-York réservent bien des surprises, et il n'est pas impossible que Jazz croise à nouveau la route de son illustre père... Après I Hunt Killers, Barry Lyga signe un thriller glaçant qui nous plonge dans les méandres de l'esprit d'un serial killer pour qui la mort n'est qu'un jeu et les victimes, de simples pions.

       J'avais bien aimé le concept du premier tome, un polar bien noir, genre "Dexter", avec ce côté caustique, cet humour noir et ces répliques glaciales. Le personnage de Jazz était vraiment convaincant, presque attachant si tant est qu'on puisse aimer les esprits un peu tordus! Dans ce second tome, Jazz se rend à New York, dans la section "Homicides" à la section 2eme division de Brooklyn Sud, pour aider un inspecteur sur une série de meurtres, 11 en tout, perpétrés par un serial killer nommé "Hat-Dog". Jazz a 17 ans et c'est difficile de se faire accepter par la police. Aussi son nouveau coéquipier va le tester. Mais ce qui est le plus prenant, outre l'intrigue classique de base d'une enquête, c'est le retour du père de Jasper, qui a réussi à s'échapper de prison. Puis il y a Connie, la petite amie de Jazz, qui elle aussi enquête sur les SMS qu'elle reçoit d'un inconnu. 

Tout ceci apporte son lot de suspense grandissant, qui demeure tout en tension, atmosphère glauque, assez proche du film Seven. Il faut reconnaître que Barry Lyga écrit à la perfection, maîtrisant l'art du thriller, distillant ce qu'il faut d'indices pour nous mettre sur la voie, sachant nous immerger dans un univers, une ambiance prenante et troublante. L'auteur va loin et décrit avec précision les détails sordides des crimes, leurs mises en scène macabres et les pensées tourmentées de Jazz. Je ne vous parle pas de la fin, comme j'aime à dire, le roman se termine sur un cliffhanger assez frustrant, touchant carrément au sadisme. Une chose est sûre, nous n'avons pas encore toutes les pièces du puzzle!

A propos du Tome 1 I Hunt Killers : "La narration est par conséquent très intéressante, entre les pensées intimes de Jazz étroitement liées aux paroles de son père qu'il se remémorent. C'est glauque et bien flippant : le repérage de la victime, le choix du protocole, les armes, le crime et le moment si fascinant pour les serial killers : cet instant où la vie n'est plus, le souffle ultime avant la mort. Humour noir et cynisme seront au rendez-vous! Attention, âmes sensibles s'abstenir!"


Le site de l'auteur : http://barrylyga.com/

REBOOT

Amy Tintera

Editions Le Masque
Collection Msk
Traduit de l'anglais par Laurence Kiéfé
Paru en Février 2014
328 pages
17 euros

Roman ados dès 13 ans
Thèmes : Anticipation, Société, Science-fiction

Quatrième de couverture : 178. C'est le chiffre tatoué sur mon bras. C'est le nombre de minutes durant lesquelles je suis restée morte. Je suis une Reboot. Tuée par un virus foudroyant, ressuscitée sus une forme quasi surhumaine. Je ne sens plus la douleur, ni les émotions. 178 minutes de mort clinique ont fait de moi un robot, un soldat. J'obéis aux ordres, je traque, je tue. On me confie les nouveaux Reboots. S'ils échouent, ils meurent. Ça ne me fait rien, je suis Wren 178. Je suis restée sans vie pendant 178 minutes. Pourtant, depuis que j'ai rencontré Callum, un Reboot 22, je ne me suis jamais sentie aussi vivante. 
A propos de l'auteur : Amy Tintera est née au Texas. Après avoir travaillé dans l'industrie cinématographique, elle s'est lancée dans l'écriture de son premier roman, Reboot. Aussitôt vendu dans une douzaine de pays, Reboot a déjà connu un important succès critique et commercial. Un film est sous option avec Fox 2000. 


       Wren est morte après avoir reçu trois balles dans la poitrine. 178 minutes plus tard, elle est revenue à la vie. Les enfants décédés prématurément peuvent rebooter, autrement dit revenir à la vie avec des capacités plus développées, en fonction du temps qu'ils ont mis pour ressusciter. Ainsi, la SHER (Société Humaine d'Evolution et de Repopulation) apprécie les reboots dont le temps de mort clinique est estimé à 120 minutes et au-delà. Car ces Reboots n'ont plus rien d'humains, ils sont des robots guerriers. Wren est donc un reboot puissant pour la république du Texas. Agée de 17 ans, elle forme les nouvelles recrues dans cette hiérarchie bien ficelée. Le dernier nommé Callum 22 ne répond pas aux attentes de la SHER. Il n'a rien d'un Reboot et ses réflexes sont ceux d'un humain. Il a peur de tout et à son contact Wren éprouve l'étrange sentiment de le protéger. Mais si elle n'arrive pas à le former correctement, elle devra l'anéantir elle-même. Sera t-elle capable de désobéir à un ordre ? Comment oublier toutes ces sensations que Callum lui fait ressentir ?

Reboot est un roman dystopique, genre science-fiction qui pose des questions existentielles sur les dérives de notre société, notamment celle des expériences scientifiques ou celle de la manipulation des esprits pour garantir à des fins politiques, de guerre. La hiérarchie de la SHER priorise les 120 aux autres Reboot en dessous des 50. Sujets d'expériences médicales ou chairs à canon, le sort des reboot n'est pas fameux. Ils n'ont aucune issue et doivent obéir. Déshumaninés, les reboots ont tout de même des sentiments que l'on apprend à découvrir tout le long du roman grâce à la relation Wren/ Callum. Une relation qui est en grande partie mouvementée par la joie de vivre de Callum. Il est attachant et touchant alors que Wren ne nous fait pas ressentir autant de sympathie.

Pour ma part, l'intrigue répond à un schéma classique, entre romance et action, même si l'auteur distille une idée très intéressante du racisme entre les humains et les reboots. Je n'ai pas accroché au style de l'auteure et quelques scènes hard me font tiquer. Car le seul moyen de tuer un Reboot est de lui coller une balle dans la tête. Autant dire que c'est violent car les reboots sont considérés comme une marchandise, des esclaves sans âme. A part ce virus mystérieux qui a décimé une partie de la population et la SHER, l'univers exploité par Amy Tintera manque de profondeur, de décors. Je n'ai pas tout suivi de cette société, je n'ai pas compris son évolution. Par contre le concept des reboots est intéressant et original, et ces opposés qui s'attirent entre un Callum plein d'humour et une Wren combattante donnent de la dynamique au roman. A lire pour les fans du genre...

mardi 22 juillet 2014

La mort dans une boule de cristal - Tome 3 - Une enquête de Flavia de Luce

Alan Bradley

Editions du Masque

Collection MsK
Traduit de l'anglais par Hélène Hiessler
Paru en Octobre 2012
402 pages
17,60 euros

Roman ados dès 12 ans
Thèmes : Enquête, Policier, Humour

Quatrième de couverture : Toujours aussi curieuse et téméraire, la jeune détective Flavia de Luce reprend du service. Fenella Faa, une gitane de passage dans le Sud de l'Angleterre, a été agressée dans sa roulotte non loin du manoir de Buckshaw. La diseuse de bonne aventure en savait-elle trop ? Quand on retrouve un cadavre pendu à la fontaine de Poséidon, Flavia n'a pas besoin d'une boule de cristal pour comprendre que les deux affaires sont liées. Décidée à éclaircir le mystère, elle se lance dans l'enquête, sans savoir ce que l'avenir lui réserve... 
A propos de l'auteur :  Alan Bradley, auteur canadien, a fait une entrée remarquée en littérature en publiant à l'âge de 70 ans son premier roman, Les Étranges Talents de Flavia de Luce, pour lequel il a reçu le prestigieux Debut Dagger Award, entre autres récompenses.


       Après Les étranges talents de Flavia de Luce et La mort n'est pas un jeu d'enfant, Flavia de Luce, l'enquêtrice redoutable revient dans une aventure dont le titre en dit long : La mort dans une boule de cristal. Ce que j'adore dans cette série, ce sont déjà les couvertures que je trouve vraiment belles et alléchantes, un côté très fantastique et mystérieux. Puis il y a les titres qui me font sourire et qui sont accrocheurs.

Passé ces détails, La mort dans une boule de cristal est une nouvelle aventure pour Flavia qui doit redoubler d'astuces et de débrouillardise pour échapper à la vigilance de son père et des inspecteurs de police. Une vieille diseuse de bonne aventure arrive sur les terres de Buckshaw. En quelques jours, la gitane a échappé à une tentative de meurtre dans sa roulotte et un jeune voyou est retrouvé pendu à une fontaine nommée Poséidon, non loin du manoir. Armée de sa logique et de son bec Bunsen, Flavia comprend vite que les deux affaires sont reliées. Mais qui a agressé la gitane ? Quel est ce groupe étrange appelé les Hobblers ? est-il vraiment besoin de dons de voyance pour comprendre toutes ces affaires ?

Roman d'investigation au charme rétro et so british, La mort dans une boule de cristal  possède toujours cette petite tonalité caustique qui vaut le détour. Fortement aidée par son héroïne charismatique, dont l'approche scientifique lui permet de résoudre bien des énigmes, cette série rassemble tous les ingrédients d'un bon roman policier, mélangeant assez subtilement l'humour et le suspense. L'histoire familiale se creuse aussi en apportant quelques éléments de réponse aux questions que se posent Flavia sur sa mère. Championne des situations rocambolesques et des déductions brillantissimes, encore une fois on passe un excellent moment en compagnie de cette héroïne drôle et intelligente. On prend plaisir à retrouver les anciens personnages mais aussi à faire la connaissance de la gitane. Le tout dans cette ambiance surannée de la campagne anglaise des années 50 et avec ces airs d'Agatha Christie...



A propos du Tome 1 : "On aimera cette ambiance british, entre délectation et élégance, ce côté policier à la Sherlock Holmes, ces références littéraires très bien exploitées et cette héroïne digne d'un roman d'Agatha Christie. Haute en couleurs, Flavia de Luce est une mademoiselle finaude et débrouillarde mais son côté excentrique l'emporte pour nous offrir des situations aussi truculentes qu'astucieuses."

A propos du Tome 2 : "Un personnage extravagant, malicieux, original et le tout concocté dans une ambiance british des années 50 font de ce deuxième tome un petit régal d'enquête policière placée sous le signe de l'humour! Une série qui prend brillamment la relève des Agatha Christie et des Enola Holmes!"


Le spectre des abysses - Tome 1

Kat Falls

Bayard Jeunesse
Traduit de l'anglais par Danièle Laruelle
Paru en Octobre 2012
328 pages
15,90 euros

Roman ados dès 10 ans
Thèmes : Aventure, Mer, Dystopie

Résumé de l'éditeur :   Le monde sous-marin où est né Tyler, 15 ans, est en danger. Le garçon va risquer sa vie pour le sauver. Le réchauffement climatique a entraîné une spectaculaire montée des eaux. Les humains s’entassent sur le peu de terres restant. Certains d’entre eux ont choisi l’unique autre possibilité : la vie sous-marine. Appelés “Luciférins”, ces quelques pionniers sont méprisés par ceux d’en-haut, les Cramés. Tyler, 15 ans, premier enfant né sous l’eau, est doté d’un sonar ; il cache cette différence pour ne pas servir de cobaye aux scientifiques. Depuis quelque temps, un gang, le Fléau des Mers, sévit dans les profondeurs de l’océan et pille les sous-marins qui ravitaillent les Luciférins. Il est dirigé par un inquiétant colosse albinos, Shade. L’État pose un ultimatum aux Luciférins : s’ils ne se débarrassent pas de ces hors-la-loi, le ravitaillement ne sera plus assuré.
L’annonce est terrible, la communauté qui vit dans l’eau ne pourrait survivre en autarcie plus de deux semaines… Un jour qu’il est parti chasser, Tyler rencontre Gemma, une Cramée, pupille de la nation, qui a rejoint toute seule la colonie sous-marine pour y retrouver son frère. Impressionné par son courage, le garçon décide de l’aider. Ensemble, ils vont découvrir que Shade est le frère de Gemma, et surtout, révéler un infâme trafic : dans la prison sous-marine d’où s’est échappé Shade, on procédait à d’horribles expériences pour déterminer l’origine des facultés sous-marines. Le danger écarté, Tyler apprendra à vivre sa différence au grand jour.

A propos de l'auteur :  Kat Falls vit dans l’Illinois avec son mari, ses trois enfants et une multitude d’animaux de compagnie. Le spectre des abysses est son premier roman. Elle l’a écrit en pensant à ses fils qui s’intéressent aux fonds marins, aux pionniers de la conquête de l’Ouest et aux X-Men.

       Ty, 15 ans est un natif de sous les mers. Il est né de parents "Luciférins", des pionniers scientifiques qui, après la montée des eaux qui a submergé la Terre, ont choisi de coloniser l'espace aquatique, créant une ferme sous-marine et les conditions idéales pour la vie aquatique. Mais la colonie est menacée par une bande de pirates, des hors-la-loi qui pillent les fermes sous-marines de ravitaillement. Aidé de Gemma, une "Cramée" une personne qui vit à la surface, venue d'En-haut, Ty est prêt à se battre pour sauver le monde dans lequel il a grandi. Quant à Gemma, elle recherche son frère...

Tyler est un héros fascinant, une sorte de mutant pouvant vivre et respirer sous l'eau. Si Le spectre des abysses aborde les thématiques de la différence, de l'amitié et de l'avenir climatique de notre planète, c'est surtout l'originalité de l'environnement qui retient l'attention dans ce roman. Thriller captivant sur les fonds marins, rebondissements, créatures fantastiques, mystérieux don des abysses jalousement gardé, enfants aux pouvoirs surnaturels, beaucoup d'action et de rythme apportent à ce roman son potentiel. Les décors sont très réussis et on se surprend à imaginer cette organisation sous l'eau. Un bon roman d'aventures dystopique dans un univers exploité avec précision et originalité. Prêts pour la plongée sous-marine??

lundi 21 juillet 2014

L'enfant et l'Oiseau blanc ♥ ♥

Nancy Guilbert
Emilie Dedieu

Les P'tits Totems Editions
Collection Histoires du soir
Paru en Mars 2013
32 pages
13,90 euros

Album Jeunesse dès 4 ans
Thèmes : Deuil, Chagrin, Amitié

L'enfant et l'Oiseau blanc est un coup de coeur parce qu'à la lecture de ce magnifique et émouvant album j'ai ressenti beaucoup d'émotions. J'affectionne particulièrement ces albums jeunesse qui évoquent des thèmes délicats, bouleversants et difficiles. Ils sont un moyen simple mais tellement important de faire passer des messages plein d'espoir, remplis de délicatesse. 

C'est comme un conte... Anouka a perdu son petit chien Hiko. Elle pleure, elle a du chagrin. Dans son coeur, un grand silence, une immense douleur. Avec ses mots d'adulte, Maminouk essaie de lui expliquer qu'il est parti vers un monde meilleur, celui du pays blanc, là où il peut de nouveau courir et être heureux. Mais dans son coeur d'enfant, pour Anouka, la tristesse est toujours là. Anouka ne comprend pas. Alors l'Oiseau blanc arrive pour emporter la petite fille, lui apprendre à soigner son chagrin. Là-bas, dans la banquise sauvage, Anouka va retrouver le temps d'un instant la joie partagée avec son fidèle ami Hiko...

La fin est pleine de douceur, une douceur qui, du reste, émane dans chacun des mots choisis avec soin par Nancy Guilbert. Le texte est sobre, des mots simples, accessibles, qui parlent aux enfants et qu'ils pourront comprendre. Délicatesse et poésie nous emportent pour évoquer le sujet fragile du deuil et de la perte d'un être cher. Comment consoler nos enfants lorsqu'ils ont perdu un animal de compagnie ? Les illustrations d'Emilie Dedieu sont superbes et accompagnent ce voyage inuit, au pays du froid, à ce pays blanc plein d'onirisme. Les couleurs saisissent par leurs contrastes créant des dégradés fascinants de blanc, de bleu, de gris et de violet, rose. Il y a beaucoup d'éclat, de lumière dans cet album, une sorte d'espoir, tout comme le dit le texte avec cette infinie tendresse. Un mélange de féérie et d'imaginaire où la réalité parfois bien dure est apaisée par nos rêves emplis d'amour. Il en ressort un album extrêmement attachant, où brillent les flocons de neige et les étoiles, promesses d'un réconfort niché là-haut, dans cet horizon lointain qui veille et nous protège. Une très belle découverte.


Aliénor et le château assiégé

Nancy Guilbert
Elodie Fraysse

Les P'tits Totems Editions
Collection Drôles d'aventures
Paru en Mars 2014
34 pages
15 euros

Album Jeunesse dès 3 ans
Thèmes : Chevaliers, Humour, Aventures

Le château du Roi Gauvin est assiégé par les troupes du roi Guillaume! Aliénor la Princesse se trouve à l'Ecole des Chevaliers. Justement, le cavalier qui arrive pour annoncer la nouvelle, a un message destiné à Aliénor. Le Roi Guillaume veut se venger de la fillette. Le Roi Gauvin est affamé. Et cet étrange messager paraît bien suspect. Vite Aliénor doit préparer un plan pour aider le Roi Gauvin et sa famille...

J'ai adoré le texte espiègle, amusant et fluide de Nancy Guilbert et ce petit clin d'oeil qu'Aliénor fait à ses futures petites filles, dans cent cinquante ans, dans l'espoir d'avoir plus de chances. Car notre histoire se passe en plein Moyen-Age, à l'époque des cavaliers, chevaliers et des châteaux assiégés et les esprits sont quelques peu étriqués surtout concernant le comportement si déroutant d'Aliénor. Heureusement elle a plus d'un tour dans son sac, même si elle semble avoir perdu son épée! Cela ne l'empêche pas d'être maligne, futée et astucieuse! A t-on vraiment besoin d'un coup d'épée pour faire décamper une armée?? 

L'intrigue d'Aliénor et le château assiégé est divertissante, drôle et pleine d'aventures. On aime les détails qui se glissent dans l'histoire, notamment le petit compagnon félin Mascotte, le dragon. Aliénor est une héroïne comme on les aime. Sous la plume de Nancy Guilbert elle est gentille, intelligente, pertinente avec ce brin de malice, ce soupçon d'effronterie. Les illustrations sont tout en jolies rondeurs avec des couleurs claires presque pastelles, un côté enfantin adorable. Le trait enjoué et rondouillard rend cette histoire pour petits absolument mignonne. Une bonne surprise! en plus je me réjouis d'avance car il y a d'autres tomes à découvrir!



Le blog de Nancy Guilbert :  http://revedeplume.blogspot.fr
Le blog de l'illustratrice : http://hellododie.blogspot.fr/



jeudi 17 juillet 2014

Charabia & Chaballo ♥ ♥

Anne Loyer
Agnès Domergue

Editions Limonade
Paru en Septembre 2013
26 pages
10,40 euros

Album Jeunesse dès 5 ans
Thèmes : Amitié, Chats, Humour


Après ma découverte de Mee petite fille du matin calme, une bienheureuse découverte, un coup de coeur, je me suis fait la promesse de trouver tous les albums illustrés par Agnès Domergue. J'ai eu l'occasion de la rencontrer au Salon de Montreuil en décembre dernier et elle m'a gentiment et adorablement dédicacé Charabia & Chaballo devant mes yeux pétillants d'excitation. Il y a des dédicaces comme ça qui sont magiques...




Quelque chose a changé dans les illustrations d'Agnès et dans cet album d'anecdotes pleines de tendresse et d'humour, la mélancolie de Mee fait place à l'espièglerie et aux jolis minois de chatons rigolos. Chaque anecdote est présentée par un titre. Ainsi on commence par "En noir et blanc" car Charabia est noir et Chaballo est blanc. Telle l'ombre et la lumière, ils se roulent ensemble comme le Yin et le Yang. Ca commence bien car l'idée de présentation est juste mignonne et craquante! 

On enchaîne sur des dialogues qui font sourire, des découvertes saugrenues, des parties de jeux d'échec (qui gagne??), des bêtises félines et des câlins bien sûr!... Ca sent bon la bonne humeur, l'amitié, la tendresse avec ce petit côté malicieux et espiègle des chats tout en balançant, avec subtilité, des jeux de mots intelligents et drôles, des expressions sur les chats noirs (portent malheur). Si beaucoup de dessins, souvent présentés en petits comics strip, en cases de style bande dessinée, sont en noir et blanc, Agnès distille des pointes de couleurs ça et là, petites couleurs bienvenues dans ce contraste fort et élégant, qui viennent égayer des aventures quotidiennes déjà bien joyeuses. 


Un petit album au format carré très agréable, vraiment craquant pour ces scènettes d'amitiés félines qui rayonnent de bonheur par la complicité qui règnent entre les deux chats mais aussi par le duo impeccable de l'illustratrice et de l'auteure qui ont su conjuguer leurs talents pour rendre le tout si unique et harmonieux. Une bulle tout en douceur et en poésie.




Les blogs à visiter : 

mercredi 16 juillet 2014

Au Bois Dormant ♥ ♥ ♥

Christine Féret-Fleury

Hachette 
Collection Black Moon
Paru en Juin 2014
352 pages
16 euros

Roman ados dès 14 ans
Thèmes : Thriller, Enquête, Meurtres


Quatrième de couverture : On l'appelle le Rouet. En référence au "rouet" sur la pointe duquel la Belle au Bois Dormant se pique le doigt dans le conte de Perrault. Car le Rouet est un tueur en série, un criminel qui traque ses victimes dès leur naissance, promettant à leurs parents qu'il leur dérobera la vie le jour de leur seizième anniversaire. Ariane aura seize ans dans quelques mois. Elle décide de s'enfuir plutôt que d'attendre cette mort annoncée. En chemin, elle rencontre Lara, une jeune fille qui lui ressemble comme une soeur. Mais un terrible accident emporte Lara. Elle aurait eu ses seize ans quelques jours plus tard. Dans la précipitation des évènements, on confond Ariane et Lara. Et si changer d'identité était la solution pour échapper au tueur ? Ariane décide de se faire passer pour la défunte et continue sa fuite. Mais le tueur est bien plus proche qu'elle ne le croit.

Au Bois Dormant n'est pas une réécriture du conte de La Belle au bois dormant. C'est une histoire librement inspirée de la figure du Rouet en référence à la pointe sur laquelle la belle se pique le doigt dans le conte de Perrault. Partant de cette idée, ma curiosité est piquée au vif ! Le Rouet est un tueur en série, un maniaque qui traque consciencieusement ses victimes dès leur naissance, en envoyant une lettre d'avertissement à leurs parents, les prévenant que le jour du seizième anniversaire, leur fille mourra. Ariane va avoir seize ans dans peu de temps. Après de multiples déménagements, des discussions voilées en pleine nuit et devant le stress incessant de ses parents, Ariane surprend une conversation. Enfin elle comprend cette fuite éperdue, ce combat mené en vain, cette pression grandissante pesant sur sa vie de famille. Car le Rouet s'attaque aux jeunes filles mais aussi à leur famille, laissant les cadavres dans une mise en scène glauque rappelant le conte. Ariane a décidé de fuguer pour se laisser une chance. En chemin, elle rencontre Lara, une autre jeune fille condamnée par le Rouet. Comment échapper au tueur? Comment échapper à un destin qui paraît si inévitable?

Au Bois Dormant est une lecture coup de coeur. C'est un thriller maîtrisé à la perfection avec tous les ingrédients qui vous captivent : un soupçon de mystère, une tension palpable tout le long du roman, un suspense croissant dû à l'alternance des points de vue : celui d'Ariane, de Jude, l'inspecteur meurtri qui mène l'enquête, du Rouet qui guette et traque. Tout ceci donne du rythme et du dynamisme. On est bien loin du conte pour ce scénario original mais on y retrouve des clins d'oeil : le serial killer ou la fée Carabosse, une troupe improbable d'intellectuelles féministes qui veillent sur Ariane ou les "bonnes fées", l'inspecteur ou la figure du prince charmant, et bien sûr la jeune et innocente Ariane à la peau claire. Un détournement de conte, donc, réussi avec pertinence et sensations, impeccablement écrit dans une ambiance angoissante et stressante à souhait. L'intrigue est prenante et la résolution de ce cauchemar est tout simplement impossible à trouver par un lecteur tenu en haleine, qu'on mène à la baguette! Une lecture addictive, dévorée en une après-midi pluvieuse! Hum! J'ai adoré!