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Sous le feuillage est un blog spécialisé en littérature de jeunesse né en avril 2008. Pour vous parler de mes coups de coeur, partager ma passion pour cette littérature si vivante et productive. Un blog à l'image de ma passion pour la littérature de jeunesse : simple, engagé, enthousiaste.
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Depuis 2014, en tant que maman, je vous parle de mes découvertes en matière de jeux, jouets, activités et loisirs créatifs que je partage avec mon fils.

Merci à vous et bonne visite...

Le Libraire de Sélinonte

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Roberto Vecchioni

Le Livre de Poche
Traduit de l'italien par Gérard-Julien Salvy
124 pages


Sélinonte. Une petite ville de la Sicile. Théâtre d'un étrange phénomène...Un libraire ouvre sa librairie, remplie de vieux livres, cornés et empoussiérés. Ces livres ne sont pas à vendre. Etrange. Le libraire préfère les lire, à haute voix aux habitants du village. Tous les soirs, à 21h, la librairie est grande ouverte et quelques curieux viennent écouter le libraire qui lit de tout son coeur, de toute son âme. Mais la marginalité fait souvent parler d'elle, et le libraire est vite jugé, accablé. On dit qu'il est le diable. Nicolino, est un jeune garçon et il est curieux de ces racontars. Il veut aller écouter le libraire mais a néanmoins peur de sa réaction. Alors, en cachette, il se faufile à travers les piles de livres et écoute sans un bruit. Il est happé par le son de la voix du libraire, par son allure en totale connivence avec ce qu'il lit, il écoute les mots, comme une mélodie qui s'installe petit à petit dans son corps. Il ne peut plus s'en passer. Jusqu'au jour où une petite fille disparaît. Il faut peu de temps, hélas pour que le libraire soit accusé de cet horrible crime, et sans fondements, sans preuves ni procès, les habitants de Sélinonte détruisent sa librairie en y mettant le feu. Les livres sont le diable, il faut les détruire. Les pages brûlées s'envolent et le libraire oublié dans les confins de l'enfer. Erreur ou malédiction; après le drame, Sélinonte perd la parole, les mots s'échappent et le sens se perd. Seul l'adolescent, connaît le sens du langage...

Le Libraire de Sélinonte est un roman qui en dit long avec très peu. Le récit commence par la narration de Nicolino qui nous explique que Sélinonte a perdu la parole, les gens ne se comprennent plus et n'utilisent plus les bons mots pour désigner les choses. Sélinonte n'a, au sens propre, plus de sens. Puis le récit installe l'histoire. Le libraire, l'attraction et le mépris qu'il suscite chez les habitants du village. Nicolino nous montre à quel point il est fasciné par les lectures à haute voix. Etrange car la lecture à haute voix au Moyen-Age signifiait "lire au coeur". Et le lecteur, se prend également à être curieux. On se meut dans les paroles du libraire, le choix des textes n'est pas anodin. De nombreuses références littéraires telles que Luigi Pirandello, Fernando Pessoa en passant par Sophocle et ses Tragiques Grecs; Léon Tolstoï, Shakespeare et Dante, Arthur Rimbaud, Marcel Proust et pour finir Jorge Luis Borges. Le récit est foisonnant et tellement riche que l'on ne peut qu'être séduit par tant de bribes littéraires qui construisent une fascination et une curiosité chez Nicolino. Et quand la disparition d'une fillette survient, le récit prend une toute autre allure et devient fantastique. Une sorte de métaphore pour désigner la mort des mots qui tombent dans l'oubli en se jettant dans la mer. Noyés, les mots et les paroles. Le Libraire de Sélinonte est à la fois un récit d'amour pour les livres, un brillant hommage à la littérature, au plaisir qu'elle apporte, un récit d'apprentissage où Nicolino ressort intact de cette malédiction; un discours sur la perte du sens.

Roberto Vecchioni nous livre ici un récit poétique, mi-fantastique et richement métaphorique: le feu qui détruit les livres, n'est pas sans rappeler l'incendie de la bibliothèque dans Le Nom de la Rose d'Umberto Eco, le thème de la connaissance et du savoir lié au mal et au Diable...Un roman symbolique où le verbe "lire" prend tout son sens...



4,5/5 champignons

Commentaires

  1. Mais qu'il vienne s'installer à Vendôme pour me faire la lecture tous les soirs à 21 heures : quel bonheur !

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  2. Ton résumé me donne vraiment envie de lire ce livre !! Et au vu des petits champignons, on ne peut pas le laisser de côté. Je note !!

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  3. Quel superbe billet pour un livre qui a aussi l'air magnifique et poétique. Je le note, mais pour plus tard, car certains thèmes me rappellent "El ultimo lector"

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  4. Voilà qui me tente drôlement.

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  5. Stephie: très court à lire en plus, un petit plaisir à s'offrir!

    Manu! justement je vais voir pour El ultimo lector! ce livre m'intrigue!

    Laconteuse! c'est un livre que j'ai pris sans connaître l'auteur mais la quatrième de couverture m'avait plu! je n'ai pas été déçue

    Ys!! pourquoi pas! la lecture à voix haute est une tradition qui se perd mais qui perdure je crois dans les bibliothèques!

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  6. ça m'a l'air bien sympa ! Je prends note ;)

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  7. Rhouuuu ! Je crois qu'il vient de me taper dans l'oeil, là tout de suite, avec ce billet fort alléchant ! Tu as l'art de convaincre, Lael ! Hop, il est noté !!!

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  8. Thème intéressant = 124 pages => ça fait au moins deux arguments pour avolir envie de découvrir !

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  9. Je n'en avais jamais entendu parler! Je note! Rien que cette idée de lecture à voix haute est fabuleuse!

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  10. vraiment conquise par ce billet!
    je note.

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  11. J'ai repéré sa sortie en poche très récente, Lael ... Un livre sur les livres, les librairies, les amoureux des mots, que du bonheur ! Je crois qu'il est pour moi !

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  12. Oooh, ça donne vraiment envie, ce livre! J'adore les livres à référence, en plus!

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  13. Ça donne envie, ça a l'air d'être une très belle histoire !

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