Jules Renard

"CHACUNE DE NOS LECTURES LAISSE UNE GRAINE QUI GERME" - Jules Renard

Spéciale Usborne...


lundi 10 janvier 2011

De pierre et de cendre

Linda Newbery

Le Livre de Poche
Traduit de l'anglais par Joseph Antoine
Paru en Avril 2009
380 pages
6,95 euros


Quatrième de couverture : Lorsque, par un soir brumeux de 1898, le jeune peintre Samuel Godwin pousse les grilles de la propriété de Fourwinds, il est immédiatement envoûté. Engagé pour enseigner l'art aux deux filles de Mr Farrow, il ignore encore que cette luxueuse demeure sera pour lui le décor de ses plus belles peintures. Intrigué par la personnalité ombrageuse du maître des lieux, séduit par les jeunes demoiselles, Marianne et Juliana, désarçonné par Charlotte Agnew, leur gouvernante et dame de compagnie, Samuel comprend vite que le raffinement du décor et des êtres dissimule de bien sombres mystères et que le vent souffle pour mieux balayer les cendres d'un passé scandaleux...


1898. Angleterre. Samuel Godwin, jeune peintre est engagé par Mr Farrow pour enseigner l'art aux filles Juliana et Marianne. Suite au décès de leur mère, Marianne et Juliana sont toutes deux perturbées. Chez l'une, cela se reflète par la timidité, la sensibilité et la tristesse alors que l'autre, la plus jeune semble excitée, en proie à des crises de démence temporaire. Juliana est modeste, introvertie, mélancolique alors que sa jeune soeur qui n'a que seize ans est indisciplinée, vive et étrangement préoccupée par le Vent d'Ouest, égaré, qu'il faut retrouver pour sauver la demeure Fourwinds. Fourwinds est un manoir anglais, luxueusement mis en valeur grâce aux peintures et aux sculptures qui font sa renommée : le Vent du Nord, le Vent du Sud et le Vent d'Est, représentant les quatre points cardinaux. Il en manque un. Le précédent précepteur des filles Farrow a été congédié sans avoir eu le temps d'honorer sa commande. Pour quelles raisons ? Samuel l'ignore mais petit à petit il pressent le pire et Miss Charlotte Agnew, la gouvernante n'en pense pas moins...


Dans la plus pure tradition des romans victoriens, De pierre et de cendre commence par un soir brumeux de juin 1898 où la tiédeur de l'air contraste étonnamment avec l'ambiance ô combien inquiétante du roman. Linda Newbery a su recréer l'esthétique si singulière de la littérature anglaise du XIXème siècle : une famille qui cache un lourd secret, des destins brisés, des esprits tourmentés, des scènes effrayantes où la réalité se confond avec la peur. Apparitions, fantômes du passé, mort inexpliquée...tout ceci plonge le lecteur dans une intrigue des plus sombres et des plus chaotiques. Car on pressent le drame qui va surgir dans cette famille, le drame révélé par l'enquête menée des deux protagonistes : Samuel et Charlotte dont les chapitres alternent les voix et les points de vue. Drame familial, complot et secrets inavouables telle est l'intrigue relativement bien amenée du roman, sous couvert de révélations fiévreuses et de coups de théâtre enflammés. Loin d'avoir le charisme magnétique des Hauts de Hurlevent, De pierre et de cendre, écrit en 2007 respecte dans un style parfait, teinté de sobriété, cette tradition du roman gothique avec ce qu'il faut d'amours impossibles et de noirceur humaine. J'en garderai un bon souvenir.



Je vais de ce pas lire les billets de mes camarades blogueuses avec qui j'ai fait une Lecture commune : Miss Alfie, George, Hélène, Syl, Vilvirt, Manu, Karine, Céline

9 commentaires:

Syl. a dit…

Bonsoir, Oui j'ai aimé ce livre. J'ai été transportée ! Mais certaines lectrices font référence à W. Collins et sa Dame en blanc, livre que je n'ai pas lu. Linda Newbery s'est certainement inspirée des auteurs du siècle passé et paraît peut-être fade en comparaison ! Je vais donc lire un roman de W. Collins et me faire une idée... A un de ces jours !!!

George a dit…

Comme pour toi, ce fut, pour moi, une lecture agréable, un bon moment !

Manu a dit…

Je ne participais finalement plus à cette lecture commune mais je lirai certainement ce roman dans les semaines à venir !

Karine:) a dit…

Notre avis se ressemble, en fait. J'ai aimé mais il manque un petit quelque chose pour que ce soit "grandiose"!

Céline a dit…

J'avoue que j'ai beaucoup moins aimé que toi. Je trouve que ça copie énormément la littérature victorienne, mais sans arriver à en trouver le souffle, la noirceur, les contrastes qui me séduisent chez des auteurs comme les Brontë ou Wilkie...

Vilvirt a dit…

Un bon roman, une histoire qui se dévore, mais "Les Hauts..." c'est autre chose, c'est certain ! J'ai passé un bon moment en compagnie de Samuel et Charlotte !

Marylène a dit…

Ça me tente bien, dis-donc ! En plus ça fait un bail que je n'ai pas lu un livre qui se passe dans cette époque...

Miss Alfie a dit…

En effet, on y retrouve l'atmosphère des romans victoriens, sans pour autant que Linda Newberry ne puisse égaler les maîtres du genre !

Anne Sophie a dit…

je note ce titre !