Jules Renard

"CHACUNE DE NOS LECTURES LAISSE UNE GRAINE QUI GERME" - Jules Renard

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vendredi 10 février 2012

Je m'appelle Mina

David Almond

Gallimard Jeunesse
Traduit de l'anglais par Diane Ménard
Paru en Janvier 2012
320 pages
14,50 euros


Roman Junior/Ado à partir de 11 ans
Thèmes : Différence, Deuil, Ecole


Quatrième de couverture : Mina joue avec les mots, invente des histoires, raconte sa vie de tous les jours, le bonheur d'aller se percher dans son arbre et de regarder la vie d'en haut, parmi les oiseaux, loin du monde d'en-bas, où elle a eu si peur. C'est d'amitié et de liberté que nous parle Mina. Ecrire lui permettra-t-il de nous confier son secret et de s'ouvrir enfin au monde?
A propos de l'auteur : David Almond a d'abord été postier, vendeur de balais, éditeur et enseignant ! Un beau jour, il a quitté son travail, vendu sa maison et a rejoint une communauté d'artistes pour se consacrer entièrement à l'écriture. Il publie des livres aussi bien pour les adultes que pour la jeunesse qui lui valent aujourd'hui la réputation de véritable classique. Skellig, son premier roman pour la jeunesse, a remporté un immense succès et a reçu la Carnegie Medal et le Whitbread Children's Book of the Year. Le Sauvage, son dernier titre paru, a reçu le prix Sorcières en 2011. Le prix Hans Christian Andersen lui a été décerné à Bologne, en 2010, pour l’ensemble de son oeuvre.


"Ecrire sera comme un voyage, chaque mot sera un pas qui m'emmènera vers une terre inconnue..."


Mina McKee, petite fille charmante, du haut de ses 9 ans, commence déjà à écrire son journal intime dans lequel elle confie toutes ses émotions, ses découvertes, ses inventions. Vivant seule avec sa maman depuis le décès prématuré de son papa, Mina raconte son histoire en laissant développer son imaginaire foisonnant et mystérieux. Mina aime l'école mais on ne peut pas dire que l'école le lui rende bien : ses camarades la perçoivent comme étant étrange et même folle, sa maîtresse et le directeur parlent d'une enfant perturbée. Je peux vous l'assurer, cependant, dans la tête de Mina, tout va bien! C'est seulement le travail de deuil qui fait son effet. Où les mots de Mina vont-ils l'emmener? Perchée sur son arbre, Mina préfère regarder les autres de loin et se pose mille questions. Ses pensées vagabondent, sa plume virevolte et joue avec les mots. Jolie petite Mina, perdre un papa c'est dur et violent et pourtant ses idées sur la vie, sur la mort, sur le monde sont magiques et empreints d'une infinie douceur.

Avec sobriété, créativité et émotion,
David Almond parvient à créer un roman jeunesse d'une grande richesse interprétative. Mina est une petite fille terriblement attachante, intelligente, curieuse et pimpante. Avec elle, pas le temps de s'ennuyer, les mots prennent vie, les lettres se dessinent aux confins de l'imaginaire. Hymne touchant à la vie, Je m'appelle Mina est une oeuvre vibrante de tendresse, de simplicité, de légèreté et de fraîcheur tout en abordant, pourtant, des sujets délicats et tristes : le deuil, la différence, la solitude, l'inconnu, le regard acerbe des autres, la fuite de l'enfance. Le journal intime
de Mina est tout simplement un hommage au pouvoir salvateur de l'écriture, aux émotions qui sont source d'inspiration et d'inventivité. Mina ne se donne aucune limite, aucune frontière, oscillant entre rêve et réalité, réflexions pleines de justesse et errance philosophique. A mon sens, ce roman de David Almond est essentiel et original. Il n'aborde pas le deuil de manière frontal, et l'exprime différemment selon le point de vue d'une petite fille qui grandit, qui vit, qui sourit, qui doit apprendre à s'ouvrir au monde et à communiquer. Découvertes littéraires, mots surprenants, histoires extraordinaires, l'imagination de Mina est comblée, couchée sur un journal intime aussi mystérieux que poétique. C'est apaisant, libérateur, sans fioritures. Le lecteur sera d'autant plus agréablement surpris que l'adéquation entre le texte et la mise en page est parfaite, proposant une typographie singulière et aérienne, suivant les mêmes chemins que l'esprit de Mina.



Un grand merci à Frédérique et à toute l'équipe de Gallimard Jeunesse pour ce partenariat.




Cette lecture compte pour le Challenge Littérature de Jeunesse/ Young Adult,
organisé par Mélo, Nodrey et Hélène.
Vit un conte de fées : 18/24

7 commentaires:

Neph a dit…

Quel bel article ! tu parles de ce livre avec beaucoup de poésie ! Du coup, voilà que je songe à lire ce livre, alors que seul le titre me plaisait :)

bouma a dit…

ah je l'ai déjà repéré... ça y est tu m'as dépassé pour le challenge YA :-)

Fantasia a dit…

Lu, et beaucoup aimé aussi. J'avais complètement oublié l'auteur derrière Mina... Par contre, je m'interroge toujours sur l'âge du lecteur dans ce genre de romans faussement enfantins... Pour le coup, je dirais bien des ados de 15 ans...

Alex Mot-à-Mots a dit…

Je suis étonnée par la couverture. De plus en plus de texte en première page.

Lael a dit…

Alex Mot-à-Mots : Oui la couverture suit les diversions de Mina. C'est très amusant à observer au niveau du graphisme. Cela fait partie de l'originalité du roman.

Fantasia: des enfants de 8/9 ans qui perdent leurs parents, ça arrive. Je pense que même si le sujet est difficile, il y a beaucoup de choses accessibles à un enfant de 10/11 ans qu'il pourra comprendre. Mina emploie des mots simples et son imagination est celle de tout enfant de son âge. Le deuil chez un ado de 15 ans, ne se manifesterait peut etre pas de la même manière. Je le maintiens à partir de 11 ans, je pense mais aussi aux plus grands.

Bouma : de peu lol puisque je vais me consacrer un peu plus à de la littérature classique et pour adultes. Tu me rattraperas vite!

Neph : il vaut vraiment le coup. C'est plein de poésie, il n'y a pas de pathos. Il fait réfléchir mais en même temps il est léger.

Liyah a dit…

J'ai pas résisté je me le suis commandée! Je l'ai reçu samedi et il a l'air trop bien !

Marylène a dit…

Déjà repéré...et évidemment...JE LE VEUX ! :-)