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Sous le feuillage est un blog spécialisé en littérature de jeunesse né en avril 2008. Pour vous parler de mes coups de coeur, partager ma passion pour cette littérature si vivante et productive. Un blog à l'image de ma passion pour la littérature de jeunesse : simple, engagé, enthousiaste.
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Amanda et les amis imaginaires ♥ ♥ ♥

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A. F. Harrold
Illustré par Emily Gravett

Seuil Jeunesse
Traduit de l'anglais par Isabelle Perrin
Paru en Octobre 2015
240 pages
15 euros

Roman Junior dès 9 ans
Thèmes : Fantastique, Imaginaire, Enfance

Quatrième de couverture : Rudger est le meilleur ami d'Amanda. Enfin, son meilleur ami imaginaire ! Hélas, le jour où la fillette n'est plus là pour lui, Rudger commence à s'estomper. S'il ne trouve pas très vite quelqu'un d'autre pour croire en lui, il disparaîtra ! Mais Rudger veut-il vraiment d'un nouvel ami ? Il est celui d'Amanda et fera tout pour la retrouver. Quitte à s'évanouir pour toujours. 


Croyez-moi quand je vous dis que ce livre n'est pas pour les chochottes ! Forcément attirée par le thème des amis imaginaires et par les magnifiques illustrations, tantôt en noir et blanc, tantôt en couleurs d'Emily Gravett (que j'adore!), je ne pouvais pas ne pas être curieuse. En certains points, la gravité des propos m'a rappelé un autre livre coup de coeur sur le thème des amis imaginaires : Je m'appelle Budo. Je dois donc être très sensible à ce thème et peut-être ai-je eu un ami imaginaire dans mon enfance!! 

Avec notre expérience d'adultes, Amanda et les amis imaginaires fait flipper. Réellement. Les premières pages sont tellement intenses au niveau du suspense que dans ma tête d'adulte et de maman, j'ai imaginé pire scénario possible : enlèvement, séquestration voire pire. Tout commence au moment où Rudger apparaît à Amanda. Elle le voit, lui parle comme s'il était réel. Pourtant les autres ne le voient pas. Ni ses vrais amis, ni sa mère. Un soir, un étrange homme sonne à la porte d'Amanda. C'est Monsieur Butor. Il est angoissant, pas net et la maman d'Amanda repère quelque chose de malsain chez cet homme qui insiste sur la présence ou non d'un enfant dans la maison. Rudger a peur aussi. Monsieur Butor était accompagné d'une fillette à l'allure glauque et vilaine. Elle semblait amorphe, avec des trous vides à la place des yeux. 
Arrive le pire : Amanda est victime d'un accident et tombe dans le coma. En tant qu'ami imaginaire, Rudger n'existe que dans l'esprit de sa jeune amie. Alors il s'estompe lentement. Il sera sauvé par un groupe d'amis imaginaires faisant résistance. Là Rudger apprend des choses horribles sur Monsieur Butor.  Dès lors il n'a qu'une obsession : rejoindre Amanda, l'aider et ensemble affronter le redoutable Monsieur Butor qui n'est autre qu'un être démoniaque capable d'avaler n'importe quel imaginaire... 


Un personnage imaginaire peut-il vivre, survivre sans son créateur ? C'est le fil conducteur de l'intrigue du livre. Ce roman est parfait au niveau de la corrélation image/récit et est d'une grande intensité psychologique. Les illustrations d'Emily Gravett, remarquables, fantastiques, retranscrivent avec force et réalisme ce qui peut être imaginé dans l'esprit d'un enfant (et même d'un adulte). Ainsi la jeune fille fantôme, accolyte du méchant de l'histoire est angoissante et la manière dont elle apparaît à Amanda m'a fait sursauté de peur tellement le dessin est en complète harmonie avec l'ambiance du récit et le texte d'une créativité impressionnante. Incontestablement, la force du roman est ce récit à la fois terrifiant et sombre qui raconte la survie de Rudger, en proie à la solitude, dans un monde plein de dangers. Puis ce Monsieur Butor est vraiment sinistre. C'est la figure du monstre dévoreur d'imagination, au même titre que le néant dans L'histoire sans fin

C'est un roman junior d'une grande qualité narrative et d'une originalité certaine. A la fois drôle, tendre, dramatique, effrayant, Amanda et les amis imaginaires est une lecture à la fois poétique, onirique et pleine de fantaisies, pas toujours des plus réjouissantes d'ailleurs. L'auteur a su exprimer dans son récit toute la contradiction de l'enfance : cette peur de grandir, ses angoisses, son imaginaire foisonnant parfois violent, ses valeurs d'amitié et de solidarité, ses cauchemars. Une belle aventure que j'ai aimé suivre, entre frissons et réconfort, le temps de retomber en enfance et de croire encore à ces choses un peu farfelues !



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