Gallimard-Jeunesse
330 pages
Roman Ados à partir de 13 ans
hèmes: Hiver, Survie, Amitié
Quatrième de couverture: Le combat d'hiver est celui de quatre adolescents, évadés de leur orphelinat-prison, pour reprendre la lutte perdue par leurs parents, quinze ans plus tôt.Ont-ils la moindre chance d'échapper aux terribles «hommes-chiens» lancés à leur poursuite dans les montagnes glacées ? Pourront-ils compter sur l'aide généreuse du «peuple-cheval» ? Survivront-ils à la barbarie des jeux du cirque réinventés par la Phalange ? Leur combat, hymne grandiose au courage et à la liberté, est de ceux qu'on dit perdus d'avance. Et pourtant.
Après avoir lu Le chagrin du roi mort, je m'étais promis de poursuivre ma découverte de Jean-Claude Mourlevat avec Le combat d'hiver. Admirable conteur et tisseur de mots, on retrouve dans ses romans cet univers un brin fantastique, cette complicité entre les personnages qui confèrent à ses histoires une belle part aux sentiments et aux valeurs humaines.
Helen Dormann est la pensionnaire d'un orphelinat, dont on ne sait dans quelle ville il se situe. Ce matin là, Helen a besoin de prendre congé pour aller voir sa consoleuse. Bien que nous sommes qu'au mois d'octobre, Helen a un gros coup de déprime. Son amie Milena Bach accepte de l'accompagner selon des règles très expéditives. Si l'une des jeunes filles n'est pas rentrées avant l'heure indiquée, alors une camarade choisie au hasard en subira les conséquences et sera enfermée au cachot. Sur la route, Helen et Milena croisent deux garçons de l'orphelinat voisin: Bartolomeo et Milos. D'emblée, alors que leurs regards se croisent à peine, les quatre jeunes gens se jurent amitié en faisant colporter des messages secrets. Mais le temps presse et l'entrevue prend court. Helen va chez Paula afin de trouver un air chaud, une "maman" qui saura la réconforter de son triste destin. Bons petits plats, paroles rassurantes, détresse envolée, c'est le rôle de ses matriarches pas comme les autres. Quant à Milena, elle l'attend à la bibliothèque. Ayant fait le plein d'énergie et d'amour, Helen revient chercher son amie pour rentrer à l'orphelinat. Mais c'est seule qu'elle y retournera, le coeur lourd, l'âme en peine et désoeuvrée du comportement de Milena. Pourquoi a-t-elle fuit ? Plus tard elle apprendra grâce à Milos que Milena ne s'est pas sauvée seule. Bartolomeo a aussi disparu. Et de questions s'ajoutent celles de leur passé. Que sont devenus leurs parents ? Qui dirige l'orphelinat ?
Le combat d'hiver est à l'image du Chagrin du roi mort, un roman d'une grande qualité. Les liens qui unissent les personnages entre eux sont intenses et émouvants. Dès les premières pages, le lecteur est happé par ces jeunes adolescentes orphelines dont on pressent que la vie ne leur a pas fait de cadeaux. On s'imprègne de l'ambiance hivernale, de ce froid qui s'insinue jusqu'au fond des coeurs, à tel point que l'on a besoin d'une consoleuse qui apportera chaleur et amour.
Inattendue, l'intrigue prend une tournure haletante avec l'arrivée d'éléments perturbateurs: la fugue de Milena et de Bartolomeo, le personnage de Van Vlyck, les hommes-chiens ... L'auteur sait mêler étroitement les registres: les personnages ont un passé dont il faudra découvrir la vérité, l'Histoire est présente et prend des allures imprévisibles car Le combat d'hiver est un roman du courage, de la survie pour sa liberté. Des peuples opprimés, une voix bafouée, la fuite des orphelins, tout ceci représente ce combat d'hiver. Le fantastique et l'imagination découlent selon un naturel remarquable: une ville imaginaire, une société La Phalange, régime totalitaire qui a brimée la voix du peuple, les combats de gladiateurs pour gagner leur vie... Jean-Claude Mourlevat sait jongler avec les genres pour nous offrir un texte puissant de suspense.
Toujours poignante, l'écriture de Jean-Claude Mourlevat nous bouleverse par des mots magiques, authentiques qui signifient une rage de vaincre, une fureur de vivre. Célébrant haut et fort les valeurs humaines tels que le courage, l'amour, l'amitié, il propose une réflexion sur le choix et le libre-arbitre, les dérives des sociétés, le manque d'expression. Malgré le désespoir, il y a cette note fulgurante, cette lumière qui scintille et qui dicte les avancées des personnages. Une très belle lecture jeunesse, parmi celles qui tiennent à coeur. Comme l'a écrit Anna Gavalda "Ecriture superbe d'un auteur qui aime ses lecteurs. Qui les aime, les respecte et les honore." Je ne peux qu'approuver.


14 semer sa t'ite graine:
Oui, moi aussi j'approuve ! :)
J'avais adoré ce roman. JC Mourlevat est un Maître !!!! N'ayons pas peur du terme.
Un très bon souvenir de lecture. Je l'avais dévoré. Par contre, je n'ai pas encore lu Le chagrin du roi mort dont j'entends du bien partout.
C'est encore un grand roman de Mourlevat. Je me souviens très bien de cet atmosphère très froide et prenante. Il faut vraiment que je prenne le temps de lire "Le chagrin du Roi Mort" !
Clarabel: tu as tout à fait raison, c'est un Maître, un magicien des sentiments
Midola: Le chagrin du Roi mort est proche de cette ambiance, tu vas aimer!
Saxaoul: n'hésites pas une seule minute!
Oh oui un livre bouleversant!
j'ai découvert cet auteur avec "la rivière à l'envers" et celui-là m'a également beaucoup plu.
Je ne lis pas ton billet entièrement car ce titre est dans ma Pal et j'avais tellement aimé Le Chagrin du roi mort que je suis impatiente!! Je veux garder l'entière découverte!! Mais je suis rassurée, tu as l'air d'avoir tou autant apprécié!
Raaaaaa, comme j'ai envie de le lire ce livre ! Le chagrin du roi mort m'a bouleversée.
J'avais adoré moi aussi. Quel auteur !
J'avais adoré moi aussi. Quel auteur !
Stephie: j'ai très envie de découvrir tous ses autres romans
Bladelor: alors tu aimeras celui-ci sans aucun doute
Lancellau: j'ai été transporté, une magnifique lecture
Flo: je note La rivière à l'envers!
Ori: un auteur jeunesse que l'on suivra de près!
Pas lu non plus celui-ci ... et pourtant, ce n'est pas faute d'en avoir envie ! ;)
J'avais beaucoup apprécié Le chagrin du roi mort. Je tenterai peut-être celui-ci!
rha, j'ai été déçu par la fin qui laisse trop de choses sans réponse, balade la pauvre Helen comme une vieille chaussette et est moins habillement construite que toute la première partie.
Mais on m'a dit que "le chagrin du roi mort" était mieux, donc je le lirai probablement.
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