mercredi 27 mai 2009

Mon premier cauchemar

Selma Mandine (son site)

Editions Chocolat! Jeunesse
Album Jeunesse dès 3 ans
Paru en Mai 2009
Thèmes: Cauchemar, sommeil, doudou.
Info: Un dossier d'accompagnement pédagogique est disponible le site de l'éditeur.

Ouf!! Il a eu son premier cauchemar. Un horrible cauchemar ! Mais courageux et accompagné de Momo, son doudou, il avance à petits pas dans le noir. Il fait sombre, il n'y voit rien. Quand une faible lueur se distingue. Il voit un fil...BOOM. Un géant débaroule!! Un monstre fait tout en fils. Il a respiré, essayé de rester calme, a suivi les conseils de maman; puis il a affronté le monstre en soufflant, soufflant...Chut! Je n'en dis pas plus. A vous d'entrez dans le cauchemar.
Mon premier cauchemar est un album onirique, entre cauchemar et douceur des illustrations, Selma Mandine sait nous plonger au coeur d'une imagination fertile, où finalement les rêves sont doux, tendres. Ses dessins sont moelleux. Un album cocon où l'on se sent bien. Car si le thème de l'album excelle dans l'art de tisser les cauchemars enfantins, excelle dans l'imagination, le thème onirique est toujours rejoint par une tendresse bien réelle; celle du doudou. Compagnon de tous les instants!!!! Un album pour les enfants mais les illustrations sont merveilleuses et finalement nous les grands, on en redemande!!

Illustrations Droits Réservés, Photos prises sur le site de l'éditeur.

mardi 26 mai 2009

Swap Littérature de Jeunesse 2009



Voilà le swap Jeunesse arrivé!!! Et je remercie vivement Ori et Charlotte pour son organisation. Un site internet est dédié exprès si vous voulez suivre au plus près de l'actualité des swappeurs et swappeuses. C'est ici !



Maintenant, je dois vous raconter mon aventure! Impatiente de recevoir mon colis, dès que je l'ai eu entre les mains, je me suis jettée dessus comme une furie!!! Le colis annonçait la suite avec une belle reproduction du logo sur le carton. Le tout aux couleurs du swap!!! J'adore. C'est très soigné. D'emblée je sens tout le coeur qu'a mis ma swappée à l'Ouvrage!!!! J'ouvre et là c'est l'apothéose de surprises et de paquets enveloppés dans un papier cadeau très mignon et accompagné d'une petite fleur pour mettre l'eau à la bouche comme "Un peu de magie". Une fois le carton déballé, j'admire le tout et me demande par lequel je vais commencer.





La gourmande que je suis, a choisi le plus grand et quelle ne fut pas ma surprise et mon heureux bonheur de découvrir l'album de Cerise griotte illustré par Benjamin Lacombe.




Et à ce moment là c'est l'euphorie, je me mets à ouvrir frénétiquement mes paquets un à un et ça donne cela!!

En détail, côté livres, le superbe album de Benjamin Lacombe Cerise griotte et Matilda de Roald Dahl, côté surprises, un carnet de notes extrait de l'album Cerise griotte, des badges Minilabo trop mignons, et côté gourmandise un thé à la .... cerise. Vous l'aurez compris, le thème de mon swap jeunesse était placé sous le signe de ce fruit si gourmand et délicieux.Tout cela avec un petit mot d'Ori sur une belle carte postale signée Benjamin Lacombe.


Un immense MERCI à Ori qui a eu tout juste et ne pouvait choisir mieux car Cerise griotte est introuvable à Lyon!!!

Aube rouge sur l'océan

Marie-Claude Bérot

Editions Seuil
Collection Karactère(s) Pour une littérature adolescente de caractère
Paru en 2008
88 pages
Romans Ados à partir de 12 ans

Quatrième de couverture: Camille regarde la mer avec souffrance : Rémi et Florent ont disparu, Rémi, son héros, son amour secret. Laure, la mère de Camille, est monitrice au centre nautique.C'est elle qui avait la charge des stagiaires quand l'accident est survenu. Garde-à-vue, mise en examen, Laure est projetée dans le monde de la justice. Comment Laure pourrait-elle être coupable ? Torturée par cette idée, Camille injurie la mer? Camille s'isole et se replie sur elle-même, fermant la porte à ses amis les plus chers, qu'elle pense insensibles à sa douleur. L'attente du procès est longue. Camille va-t-elle retrouver un jour sa joie de vivre ? Marie-Claude Bérot tisse avec virtuosité les liens complexes qui unissent les êtres humains quand ils sont confrontés à la fatalité. En mettant en regard la fille et la mère, elle pose la question de la culpabilité avec subtilité et tendresse.


Un accident et tout bascule. J'ai souvent eu cette impression lorsqu'en Bretagne, voyant défiler les vagues, je me suis dit que l'océan, aussi beau soit-il, était aussi dangereux. J'ai voulu lire ce roman pour cette sensation. Une vague qui emporte un bateau. Heureusement, la mère de Camille, monitrice a pu sauver quatre adolescents. Il en manque deux. Pour Camille, l'un deux représente tout, l'amour, l'admiration, des sentiments exacerbés et intenses. Mais Camille pense à sa mère. Laure Duval est mise en examen. On parle de procès. Camille s'enferme, car la douleur enferme les êtres humains dans une solitude sans limites. Obstacle infranchissable, les amis de Camille s'éloigne. Ce n'est pas de leur fait, c'est Camille qui a peur. Peur du jugement, peur du regard des autres, peur pour l'avenir car plus rien ne sera comme avant. La joie de vivre de sa maman a disparu pour toujours; mémoire à jamais enfouie dans le souvenir de cet accident qu'elle ressasse sans cesse. Et dans ces circonstances, il faut chercher les responsabilités comme si le destin n'avait pas assez fait de victimes.

Aube rouge sur l'océan
, est un roman fort bien écrit, avec une plume sensible, vive, écorchée et qui sait si bien rendre les ambiguetés dans les sentiments. L'ambivalence de la culpabilité, des destins brisés par une vague comme une lame soudaine sont dépeints avec une subtilité foudroyante, à se demander si cela n'est pas du vécu. Un roman très fort mais qui pour ma part, n'exploite pas assez le contenu. C'est un peu court pour s'attacher suffisamment aux personnages. Si bien qu'on regarde les choses d'une manière distante. C'est dommage.



3/5 champignons

lundi 25 mai 2009

Albums mimi à découvrir!!!!






















Je ne trouve pas le sommeil


Christine Féret-Fleury
Mayalen Goust

Editions Flammarion/ Père Castor
Collection Les P'tits albums du Père Castor
Paru en Mai 2009
Album Jeunesse dès 3 ans

Thèmes: Quête, sommeil, solidarité.

Un matin, la petite fille entend sa maman dire qu'elle n'a pas trouvé le sommeil cette nuit. Elle n'a pas dormi. L'imagination de la petite déborde et par désir d'aider sa maman de tout son coeur, elle se dit que ce soir elle va partir à la recherche du sommeil! En avant l'aventure mais la maison est grande, la nuit est longue et fouiller à la recherche du sommeil est un parcours féérique... J'aime toujours autant les illustrations de Mayalen Goust que j'ai connu grâce à La petite fille aux allumettes. L'histoire de cet album est mimi. L'originalité du texte fait appel aux thèmes traditionnels de l'enfance. Les dessins sont fins, les couleurs très belles, qui me font penser à Cathy Delanssay. Un petit album à découvrir pour l'heure du coucher afin de trouver le sommeil!


Cici hérisson



Chun-Liang Yeh
Yi Wang

Editions Hongfei Cultures
Collection Coeur Vaillant
Paru en Avril 2009
Album Jeunesse dès 3 ans

Thèmes: conte, hérisson, courage.
Issu d'un conte traditionnel chinois, Cici hérisson est l'histoire d'un petit hérisson qui vit avec son papa dans la forêt et nous montre ce qu'est le courage. Un album qui m'a surtout plu pour son dessin incroyable, d'une densité très tendre notamment grâce au héros Cici dont les yeux sont expressifs, très grands. Cici est à croquer. Un album qu'il faut essentiellement découvrir pour ses magnifiques couleurs, un monde en multicolore...

J'ai attrapé, elle a attrapé, nous avons attrapé...

L'orage magique
Gudule
Caterina Zandonella

Editions MicMac
Collection A pas de loup
Album Jeunesse dès 3 ans
Paru en Avril 2009
Thèmes: Tonnerre, Enfants, Rêveries

Belle couverture pour L'Orage magique: deux enfants sous le tonnerre qui attendent ensemble sur la coquille d'un escargot. Cet album exploite de manière poétique et ludique, les rêveries, les possibilités nées de l'imagination créative de l'enfance.

D'un jeu où un petit garçon s'imagine la vie d'un escargot, il va vivre une aventure magique! Un coup de tonnerre, un éclair. Hop!!! Il se retrouve dans la maison de l'escargot sur lequel il se penchait. Il a rétrécit. L'intérieur de la coquille se trouve être une maison bien dodue, confortable, chaleureuse, remplie de belles couleurs aux sucreries et aux gâteries infinies. Pendant ce temps là, alors que le garçon se régale, une petite fille se promène et ramasse la coquille d'escargot. Hop! Un coup de tonnerre, un éclair et le garçon regrandit et atterrit dans le panier de la jeune fille. Celle-ci, loin d'être contente, s'interroge et ne croit absolument pas à l'histoire de son compère!!! Ils attendent ensemble qu'un autre éclair les rapetissent afin de confirmer l'histoire farfelue, l'incroyable aventure du garçon. Mais le coup de tonnerre, n'est jamais arrivé. Ils ont attendu, ensemble, sous la pluie battante. L'éclair magique n'est pas venu. Non! Mais devinez ce qu'ils ont attrapé???? Le coup de foudre!

Un album qui nous comble d'une histoire originale, tellement bien inventée, aux couleurs pastelles, d'une tonalité calme, douce et aux dessins très jolis...



4/5 champignons

mercredi 20 mai 2009

Blog en pause varoise




Après deux ans où je n'ai pas vu la mer, où je n'ai pu me baigner, après un an où les vacances ne duraient que le temps de quelques jours, coincée dans Lyon; j'ai le coeur léger à partir pour un week-end de quatre jours au Lavandou, dans le Var. Au programme plage et plongée, comme en été, où le soleil caresse la peau, où la brise marine vous désaltère. Je veux avoir chaud, je veux profiter, je veux être heureuse. Je n'oublie pas mon blog et reviens très vite avec une lecture que je me réserve à l'ombre du parasol. Je pense bien à vous et vous dit à très bientôt. Bacci bacci...


mardi 19 mai 2009

La fille aux esprits

Laura Amy Schlitz

Casterman
Traduit de l'anglais par Antoine Pinchot
250 pages
Paru en Mars 2009
Romans Ados à partir de 12 ans

Quatrième de couverture: La jeune Maud Flynn ne connaît du monde que le sévère orphelinat où elle grandit, privée de toute affection, sous la poigne d'une directrice qui la déteste.Un matin d'automne, les soeurs Hawthorne, deux riches vieilles dames, proposent de l'emmener loin de cette prison, de la chérir, de la gâter et de lui offrir la meilleure éducation. Maud se prend alors à rêver d'une vie nouvelle, au sein d'une véritable famille.Mais un lourd secret pèse sur la maison Hawthorne...


Je crois que c'est la première fois que je lis un roman jeunesse publié chez les éditions Casterman. Pour son premier roman, Laura Amy SCHLITZ nous emporte dans une ambiance feutrée, mystérieuse où les esprits hantent les vivants par leur disparition prématurée.


Mais ceci n'est pas le début de notre histoire... 1909. Maud Flynn n'a que onze ans mais un caractère bien trempé qui lui rend la vie dure à l'orphelinat de Barbary. Enfant désobéissante, insolente, sans aucun respect pour ses aînés, il n'est donc pas étonnant que Maud se retrouve punie dans les latrines sales et putrides de ce lieu qu'elle déteste. Pour éviter l'ennui, Maud chante. C'est alors qu'une certaine Jacinthe Hawthorne la remarque et déplore le statut de la petite fille. Cela tombe bien car les soeurs Hawthorne sont venues à l'orphelinat afin d'adopter une demoiselle gentille et docile. Contre toute espérance, c'est Maud, enfant ingrate selon la directrice de l'orphelinat, qui repartira en compagnie de Jacinthe. Maud s'y attache très vite, comme une vraie maman. On lui offre vêtements, robes, jouets, livres, et une bonne éducation. Mais Maud doit rester cachée, confinée avec trois vieilles dames et Muffet leur servante sourde et muette. Jusqu'au jour où la petite apprend les véritables intentions des soeurs Hawthorne, et l'évidence bien malheureuse qu'elle n'a pas été adoptée par amour mais par profit...

La fille aux esprits
est un roman qui exploite par excellence les filons d'un roman jeunesse comme on les aime. L'intrigue y est bien pesée, savamment équilibrée entre suspense, interrogation et ma foi un thème qui reste mystérieux et aguicheur. Tout au long du livre, on se demande pourquoi Maud reçoit tant de bons soins mais doit rester cachée à la vue de tous. On sent le hic. Et ce hic, voyez-vous, on ne s'y attend pas. Maud a tout simplement été adopté afin d'aider les soeurs Hawthorne dans leurs supercheries: tenir des séances de spiritisme et faire revivre les chers disparus. Maud doit incarner une Caroline Lambert noyée prématurément. Maud va de déceptions en déceptions, elle qui pensait qu'elle serait adoptée par amour. Hormis les fameux clichés du spiritisme: le guéridon qui bouge, le lustre qui tremble, les cantiques et autres détails fantasmagoriques, on s'amuse à suivre l'éducation de Maud qui apprend à se faire "fantôme" discrète et invisible. Maud fait de la peine, une héroïne malgré elle, embarquée dans un odieux complot. Elle comprend vite les limites d'un tel comportement, le mal qu'il peut susciter. Bref, un bon moment de lecture à passer, à la fois divertissant et captivant, qui se lit vite car j'ai été emportée par l'histoire de Maud.



4/5 champignons

lundi 18 mai 2009

Les Amants de la mer Rouge

Sulaiman Addonia

Editions Flammarion
Traduit de l'anglais par Anne Guitton
310 pages
Paru en Avril 2009

Quatrième de couverture: Djeddah, fin des années 80.Naser est un jeune Erythréen de vingt ans que les troubles politiques dans sa terre natale ont forcé à émigrer en Arabie saoudite où, pour gagner sa vie, il lave les voitures. Là-bas, les femmes sont cachées sous leurs voiles et les hommes ont les pleins pouvoirs. Seule prévaut la justice des riches et des puissants. Naser grandit dans un climat brutal et ses moindres faits et gestes sont épiés par la police religieuse tandis que sa vie est rythmée par les sermons stridents de l'impitoyable imam de la mosquée locale.Jusqu'au jour où il reçoit - sacrilège - un mot d'amour écrit par une inconnue. Bravant les chefs religieux et politiques, Naser décide de vivre cette passion, tout en sachant qu'il risque sa vie s'il venait à être découvert. Les Amants de la mer Rouge est l'histoire d'un amour interdit, dans une Arabie Saoudite brûlante et tyrannique, une passion universelle et moderne tout à la fois.
Sur l'auteur: Sulaiman Addonia est né en 1974 en Erythrée, d'un père éthiopien et d'une mère érythréenne.Il a passé ses jeunes années dans un camp de réfugiés au Soudan, après le massacre d'Om Hajar perpétré dans son pays en 1976 Dans les années 1980, Addonia se réfugie avec son frère, en Arabie Saoudite, puis en Grande-Bretagne, où il étudie à l'University College de Londres. Les Amants de la mer Rouge est son premier roman.


Djeddah, Arabie Saoudite. "Un film en noir et blanc" , les hommes en blanc et les femmes voilées de noir. Le blanc pour l'homme saint, l'homme pieux, le bon musulman qui doit rester pur et le noir pour signifier la couleur du voile pour une femme qui n'a pas de droits, sinon et encore celui de respirer, tentatrice et perfide. Le noir qui l'oblige à rester cachée, humiliée, reniée par une culture faite pour les hommes et par eux. Pourtant tout n'est pas blanc ou noir, cette apparente extrêmité dans les relations sociales, est détournée par une autre règle: les hommes remplacent les femmes avant le mariage. Relations homosexuelles, prostitution contre protection financière; les hommes vont à la Mosquée mais sont loin d'être des saints. Nasser a dû quitter sa mère et a fui l'Erythrée. Rejeté par son oncle, il se débrouille et rencontre Jassim. Sorte de protecteur, il lui offre travail et logement mais à quel prix. Un jour, Nasser trouve le mot d'amour d'une mystérieuse jeune fille. Etouffé par la police religieuse qui réprime les relations sentimentales de toute nature, Nasser se risque à rêver d'un amour qu'on sait d'avance voué à l'échec.
Entre discours religieux et romance secrète, Les Amants de la mer Rouge est un roman que l'on dit être une "passion universelle et moderne". Je ne vois pourtant pas où est la modernité dans un pays qui abolit les libertés individuelles dont la principale reste l'amour, le choix de son époux ou épouse, le choix d'aimer. Je dois dire que les serments, le discours de l'imam m'ont sérieusement énervés: une intolérance exacerbée si ce n'est du fanatisme affolant. Nasser est un personnage touchant, piégé par cette religion discriminante, doux romantique, sage rêveur d'un amour qui se veut sensuel, sincère et confiant en un avenir meilleur. Les jeux des rendez-vous préparés avec soin pour ne pas se faire prendre, ce risque au nom de l'amour, ces lettres tombées, font le charme de l'histoire, le charme d'un couple courageux qui ose. Mais on pressent comme l'auteur l'intitule "les conséquences de l'amour" , la police religieuse, la peur, le châtiment sont des idées bien ancrées et on sait que ça se finira mal. Quoique la fin du livre apporte un petit espoir...Malgré une lecture plaisante et agréable, ce roman sera facile à oublier. Ce qui reste est ce pincement, le même que j'ai eu pour "Oublie les mille et une nuit", le poids dangereux et destructeur de la religion, qui indéniablement ne peux que toucher soit par l'indignation que provoque une telle injustice, soit par l'émotion que suscite l'interdiction d'aimer. Un roman intéressant...


A lire les billets d'Alwenn, de Keisha, de Stephie, de Moka et Saxaoul.




Je remercie Suzanne de et les éditions Flammarion pour l'envoi de ce roman.

dimanche 17 mai 2009

Des poissons dans la tête

Louis Sachar


Bayard Jeunesse

Collection Estampille
Traduit de l'anglais par Maïca Sanconie
Romans Ados à partir de 9 ans

Résumé: Angeline a huit ans, trois ans d'avance à l'école et des poissons plein la tête. Quand ses camarades la traitent de monstre ou de bébé, elle trouve refuge au milieu des immenses aquariums du Musée océanographique. À moins qu'elle ne se console avec un bon livre d'aventures et un grand verre d'eau salée. Angeline aimerait être une petite fille comme les autres. Or elle vit dans un monde à elle, extravagant et fabuleux. Jusqu'au jour où elle sympathise avec Barry, le garçon le plus drôle qu'elle ait jamais rencontré. Il lui présente la merveilleuse Miss Terbone. Deux amis d'un coup. Angeline n'aurait même pas osé en rêver !

Des poissons dans la tête est un roman au titre mystérieux, fantaisiste mais aussi poétique. Des poissons dans le tête!! quelle expression étrange pour désigner une petite fille Angeline Persopolis qui prononça le terme Octopode comme son tout premier mot alors qu'elle n'était encore qu'un bébé. Angeline vit avec son père, Abel, sa maman est décédée alors qu'elle était qu'une enfant. Abel est parfois déconcerté face à ce bout de chou complètement loufoque, dont les pensées sortent d'un autre monde, celui de l'océan. Une fascination née de son intelligence extrême rend Angeline à part, pas comme les autres. A l'école, ça se passe mal, on la rejette pour sa différence et son émotivité. Mais Angeline rencontre Barry, également rejeté pour son humour particulier qui consiste à faire des jeux de mots!!!! Personne ne le comprend sauf Angeline. Tous deux vont se lier d'amitié...

Un beau texte, dont la simplicité n'a d'égale que la légèreté qu'il porte en lui! Simplicité n'est pas dépourvue de subtilité, de tendresse, de poésie où les jeux de mots sont à l'honneur pour favoriser un humour enfantin et libérateur. Face à la méchanceté, au rejet, l'enfance crée des "antidotes" drôles et attendrissants, amusants et divertissants. Le monde d'Angeline est un monde fait d'eau salée, de rêve de la mer, de jeux de plage, de plongée au coeur des poissons. Le monde d'Angeline est coloré de bleu, bleu marin, bleu songeur qui échappe à une réalité difficile. Un roman subtil donc, sur l'intolérance, la différence, le génie. Un génie nommé Angeline. A noter: la très jolie couverture par Adolie Day !!


3,5/5 champignons

vendredi 15 mai 2009

Swap aux confins

Swap des confins et aux confins!!!!

organisé par Bookomaton et Saraswati !!!! que je remercie pour cette brillante imagination, et ce swap si original...


J'ai reçu mon colis et malheureusement, je n'ai point de photos à vous transmettre car je n'ai toujours pas réparer mon appareil photo. Ce qui m'inquiète car le swap jeunesse arrive dans peu de temps, et j'aimerais beaucoup transmettre les photos!!!! Sur ce, je compte vous faire un déballage complet de tous mes cadeaux!!! Pour ce swap des confins, ma swappeuse a décidée de m'emmener un peu partout grâce à:


-un paquet de chocolat belge, aux emballages représentant des ours aviateurs!!!
-une tablette de chocolat belge
-un paquet de noix de cajou de Côte d'Ivoire
-un paquet de cacahuètes du Malawi
-un paquet de bonbons au citron
-un casse-tête pour explorer les confins de ma patience
-un kit origami spatial pour fabriquer en papier des vaisseaux et des étoiles, des planètes
-une paire de tong pour explorer une île paradisiaque
-une règle en 3D représentant des aigles qui volent
-un DVD du film Gattaca
-un Cd des Cowboys fringuants (groupe québécois!!)
-une belle carte postale digne des plus belles vacances
Côté Romans: Trois livres de poche
De pierre et de cendre de Linda Newbery
L'oiseau bleu de Maurice Maeterlinck
Le dernier continent de Terry Pratchett


Un grand merci
à
Lau

Le coup passa si près que le félidé fit un écart

Le journal intime de Georgia Nicolson
Tome 9


Louise Rennison

Editions Gallimard Jeunesse
Collection Scripto
Traduit de l'anglais par Catherine Gibert
Paru en Mars 2009
Romans Ados

Résumé: Le bonheur aura été de courte durée ! Certes, Georgia est la fiancée officielle de Scooterino, mais déjà les nuages s'amoncellent au-dessus de sa tête. Le beau Transalpin est parti en villégiature au Pays-de-la-mozzarella-et-tomates-a-la et l'autorité parentale lui refuse le droit de le rejoindre. Sans compter que le torchon brûle entre Mutti et Vati. Mais s'il n'y avait qu'eux ! Rien ne va plus entre Jas et son Craquos et Angus, chat invincible et pivot central la vie de Georgia, est donné pour mort par la science victime d'un accident de fa circulation !


Je ne sais pas vous mais rien que le titre, ça s'annonce drôle, débridé, farfelu et comique à souhaits. Surtout que, je ne sais pas vous, mais moi je n'ai rien compris au titre!!!! Il faut avoir le coeur bien accroché pour lire Le Journal de Georgia Nicolson, ce fouillis de langages, une espèce de mélange linguistique fort explosif entre l'anglais, le français et l'allemand. Vous n'y voyez plus clair??? C'est normal car la particularité stylistique et linguistique de Louise Rennison est un imbroglio littéraire, incroyablement dense, mais qui, pour des lectrices comme moi, vous feront lire de toutes les couleurs, vous feront lire "psychédéliquement fantaisiste"!!! Hein??? C'est à peu près le mot que j'ai répété à chaque page. On doit reconnaître une écriture inventive, à la fois burlesque et originale, il faudrait inventer un dictionnaire compréhensif du journal intime de Georgia, ou un guide de conversation à la Georgia!!!

Bon, rentrons dans le vif du sujet à savoir de quoi qu'ça cause???? de déboires amoureux, de disputes conjugales, d'une virée campinguesque, bref la vie d'une ado qui grandit et où le moindre fait et geste est consigné de manière à ce que cela relève d'un fait pas banal!!! Ah c'est sûr le quotidien de Georgia est loin d'être ennuyeux, c'est un parcours fait de péripéties, d'aventures, de dialogues hautement existentiels. C'est fun mais c'est surtout pour les adolescentes!!! Je ne suis pas du tout rentrée dans le "trip" de Louise Rennison, mais je pense aussi que prendre la série au tome 9 n'aide pas à la tâche!!!! Et malgré tout ça j'ai réussi à faire un billet, certes pas très brillantissime... Quoi??? Vous n'avez rien compris à ma causette??? Non je vois pas...


Pour vous sauver... Les avis de Clarabel et de Madeleine
Un merci à Véronique pour l'envoi!!!

mardi 12 mai 2009

Jolies ténèbres

Pommepuy
Fabien Vehlmann
Kerascoët

Editions Dupuis
Bande dessinée 92 pages couleurs
Paru en Mars 2009

Jolies ténèbres est une bande dessinée énigmatique qui brouille les frontières: du Voyage de Gulliver à une sorte d'Alice au pays des non-merveilles, cette bande dessinée est sans conteste une oeuvre à part dans la production BD du moment. Kerascoët, le dessinateur et Fabien Vehlmann le scénariste nous "enchantent" par un conte qui est loin d'en être un si ce n'est terriblement cruel et terrifiant. D'emblée, ce qui m'a plu dans cette BD est la couverture, très belle, d'un bleu assez aguicheur avec une petite miniature qui laisse présager une BD jeunesse. Mais si on y regarde de plus près, c'est le gros plan d'une tête qui semble appartenir à une petite fille endormie qui retient toute l'attention. Le tout conjugué laisse présager une BD intéressante, où le scénario paraît original. Je ne m'étais pas trompée. Une fois ouverte, cette bande dessinée est comment dire un chef d'oeuvre. Et pourtant, à sa lecture, le lecteur est noué, gêné, éprouvé par un scénario d'allure morbide mais dont toute la teneur réside en des dessins magnifiques, lumineux, très colorés qui découvrent un univers champêtre, au coeur d'une forêt. Les paysages sont dessinés avec une grande beauté créant un contraste puissant avec l'histoire qui est d'un sombre presque machiavélique.

C'est l'heure du goûter, Aurore a tout préparé. Hector la trouve très belle. Ils échangent de doux compliments. Cela respire la joie et le sourire lorsque le plafond se met à dégouliner. En fait Aurore a élu domicile dans le corps d'une fillette laissé en pleine nature. Tout un monde en miniature fuit le cadavre. La survie s'impose, et tous les petits amis vont s'y mettre pour construire une communauté. Aurore est la première à aider; alors que progressivement on s'aperçoit que l'amitié n'est pas née de la mort. Loin de là. Chacun est mesquin, hypocrite, méchant, comploteur, cruel, aux pensées malsaines et horrifiantes. Aurore symbolise l'innocence, la naïveté, la candeur; peut-être celles de la petite fille morte? Les petits êtres si mignons soient-ils nous montrent une facette obscure de l'âme humaine, celui du monde adulte et parfois de l'enfance même: des jeux apparemment innocents qui cachent une cruauté naissante, une imagination atroce. Cette bande dessinée soulève donc bien des questions, elle ne laisse en aucun cas indifférent. De doutes aux suppositions, impossible de lâcher "Jolies ténèbres" dont l'oxymore est de rigueur: entre cauchemar et rêve, entre innocence et violence, entre cruauté et naïveté, entre clarté et obscurité. Un scénario tout en contraste avec les illustrations. Un univers paradoxal, nullement glauque mais psychologiquement fascinant. Aurore, notre héroïne porte le même nom que la fillette morte dans les bois, une autre que l'on surnomme "la dégoûtante" refuse de quitter le corps de la fille... comme un refus de voir la mort en face. A noter également est cette froideur, ce recul noir des choses, une absence de sentiments qui prend le lecteur au dépourvu car tout dans cette BD suscite l'émotion ou du moins l'intérêt: certains la rejetteront avec fureur en pensant que l'histoire est trop dérangeante et dérangée, quelque chose qui gêne et qu'on refuse, alors que d'autres, comme moi reconnaîtrons là la marque et un style particulier, qui mérite qu'on s'y attarde. Un monde hostile, inhospitalier, atteint par une méchanceté profonde, à demi-voilée par des mièvreries et des sourires moqueurs qui n'ont rien d'une invitation amicale. Bien au contraire, je vous invite à lire "Jolies ténèbres", ce conte noir dépourvu de tendresse, parsemé d'une peur sans certitudes, où l'égoïsme et la vanité l'emportent sur l'imagination merveilleuse de l'enfance.


Planches et illustrations Copyright Droits Réservés

lundi 11 mai 2009

Aristide broie du noir

Séverine Gauthier (Scénario)
Jérémie Almanza (Dessin)

DELCOURT Jeunesse
BD Jeunesse

Chaque soir, c’est pareil, le cortège infernal

Le défilé de monstres et leurs chants sépulcraux.
Aristide lutte, tout seul, contre un sommeil fatal.
Il surveille les monstres, repousse leurs assauts.


Aristide n'est pas un enfant comme un autre. C'est un combattant des ombres, un soldat lutteur de monstres. A cause de cela, Ari ne dort plus. A l'école, il est seul, personne ne l'aime. Ari est un enfant maigre, aux traits tirés, profondément marqués par une terreur invisible. La nuit est son pire cauchemar. Le noir, il le connaît que trop bien. Dans l'obscurité, les ombres deviennent des monstres assoiffés qui assaillent Aristide et ne lui laisse aucun répit. On le dit névrosé, psychologiquement atteint. Lui seul connaît le plan machiavélique des ombres: elles veulent le dévorer pendant son sommeil. Mais Ari ne dort plus. Son arme, sa seule chance de survivre c'est sa lampe torche, autrement dit la lumière. Un jour, le psychiatre lui dit d'affronter ses peurs. Laisser le noir l'envahir tout entier et voir ce qui se passe. Ari s'y refuse, il va créer une machine à broyer le noir. Hourra!!!! Sauf que la machine peut tomber en panne! Et là...
Une BD jeunesse fort réussie qui exploite les peurs enfantines notamment la peur du noir. L'imagination débordante est à son comble, illustrée par des dessins originaux. J'aime beaucoup! Le texte est lui aussi très réussi, des rimes amusantes, bien inspirées, un texte qui dépeint une psychose incroyable, un enfant complètement tétanisé. Une BD à dévorer!

dimanche 10 mai 2009

Moi vivant...

Moi vivant, vous n'aurez jamais de pauses ou comment j'ai cru devenir libraire

Leslie Plée (son blog)

Editeur Jean-Claude Gawsewitch
Collection Tendance Filles dirigée par Pénélope Bagieu
Paru en Mars 2009
BD Tout public

Leslie décroche son premier boulot: un contrat en CDI de 35h dans une grande surface dite culturelle. Elle est heureuse, excitée, déterminée à faire ses preuves. Enfin, à devenir une libraire et vendre des livres. Hélas, le métier dans une grande surface est loin d'être comme elle l'espérait. Régi par des règles de management paradoxales, en opposition avec la défense de la création littéraire et créées pour des clients pas toujours faciles. Bref, c'est la désillusion totale et Leslie tombe vite dans la déprime.

Et pourtant, dans "Moi vivant, vous n'aurez jamais de pauses", ça pétille de rires!!!! Je me suis vraiment bien amusée à lire cette bande dessinée qui exploite avec humour et dérision un monde qui se révèle être tout à fait juste avec cette pointe de non exagération. J'ai beaucoup apprécié et à juste titre pour cette ambiance qui est fondée! Les dessins sont certes simplistes mais assez sympathiques et légers, c'est surtout pour les dialogues, les relations clients-"libraires" et le non-apport du manager qui font de cette bande dessinée un bon quart d'heure de détente et d'amusement. Coup de chapeau pour Leslie qui traite d'une réalité hypocrite qui consiste à mettre en avant un milieu dit culturel alors que la politique commerciale détruit la culture et la créativité au profit de la rentabilité et de la productivité, dénie totalement les initiatives individuelles alors qu'elles sont bonnes et intelligentes. C'est juste, fin, drôle, en aucun cas méchant ou vengeur, cette Bd respire une certaine fraîcheur, un parfum de non hypocrisie.


Les avis d'Emeraude, Michel, Estelle C ...

mardi 5 mai 2009

La Voix du couteau

Livre 1
Le Chaos en marche

Patrick Ness

Editions Gallimard Jeunesse
Traduit de l'anglais par Bruno Krebs
Paru en Avril 2009
440 pages
Romans Ados à partir de 12 ans
Prix Guardian 2008
Prix Booktrust Teenage Prize 2008

Quatrième de couverture: C'est l'année de ses treize ans et, dans un mois, Todd Hewitt va devenir un homme.Il est le dernier garçon de Prentissville. Cette ville de Nouveau Monde est uniquement peuplée d'hommes. Depuis longtemps, toutes les femmes et les enfants ont disparu. A Nouveau Monde, chacun peut entendre les pensées des autres, qui circulent en un brouhaha incessant, le Bruit. Nul ne peut échapper au Bruit, nulle part, jamais.


"Le livre que vous ne pouvez pas lâcher" annonce le Times
pour parler de La Voix du couteau. Ce n'est pas exagérer, en effet...à peine commencer, je l'ai dévoré en deux jours. La Voix du couteau est un roman fort autant par les thèmes qu'il porte que par son écriture haletante. C'est un coup de coeur, car cela faisait depuis Twilight que mon coeur de lectrice n'avait pas autant été malmené, rythmé par une intrigue riche en action et en émotions.

Todd Hewitt a treize ans. Dans un mois, il sait qu'il deviendra un homme, un homme de Prentissville. Todd est le dernier enfant de "Nouveau Monde", une colonie qui était peuplée d'hommes et de femmes, venus sur cette planète pour recommencer une vie nouvelle, une vie meilleure faite d'espoir et de paix. Mais à Prentissville, il n'y a que des hommes. Les femmes ont été tuées par un virus venant des Spackle. Une guerre s'est engagée... A Prentissville, Todd étouffe. Etouffé par le Bruit, mélange incessant de toutes les pensées des hommes qui l'entoure mais aussi Manchee, le chien de Todd. Aucune intimité, aucun secret ne peut être préservé car les pensées sont limpides comme les paroles. Mais le Bruit détruit le langage, il le pervertit et rend les hommes dangereux. Aucun secret? Lorsque Todd découvre un trou dans le Bruit, tout bascule. Ben et Cillian, les hommes qui l'ont élevé le force à s'enfuir au-delà de Prentissville. Mais que se passe-t-il? Pourquoi Todd se retrouve-t-il en danger? Que veulent les hommes de Prentissville? Une terrible course poursuite s'engage. Dans cette fuite effrénée, Todd rencontre une fille. Viola. Alors que les femmes ont toutes été tuées, Todd se trouve nez à nez avec une fille. Tout s'effondre et la vérité, aussi cruelle, aussi folle soit-elle perce tout doucement le coeur de Todd...

Patrick Ness signe un roman déchirant, palpitant. Un roman fort, intense et tellement puissant, porté par une intrigue d'une rare intelligence. Roman d'apprentissage s'il en est car Todd va devenir un homme par la plus horrible des manières. Il va grandir, devoir se battre pour survivre, pour protéger Viola. Avec un talent confirmé, Patrick Ness conjugue avec brio plusieurs registres: aventure, fantastique, science-fiction et utopie. Car le Nouveau Monde est cette colonie d'hommes qui s'auto-gèrent, qui vivent en autarcie afin de créer ce qu'on appelle une nouvelle utopie. Hélàs, dans La Voix du couteau, les choses tournent mal. Le Bruit, ce virus qui atteint tous les hommes, permet à chacun d'entendre les pensées de l'autre, comme une musique entêtante, omniprésente sauf que ça n'a rien de bon. Cette hyper empathie, sorte de télépathie rend les hommes fous. Alors que les femmes ne sont pas touchées. Il faut bien le dire, ça les rend dingue et cela crée des hommes fanatiques comme Aaron, comme Monsieur le Maire Prentiss dont le seul but, tout au long du livre est de retrouver Todd, pour en faire un homme de Prentissville, et gouverner sur toutes les colonies de Nouveau Monde.
Fanatisme religieux, obscurantisme, puritanisme, misogynie, violence sont les thèmes de ce roman en pleine puissance.
Puissance des mots, qui sont parfois très durs, puissance des images créés par les scènes de combats, puissance de cette poursuite: une armée contre un seul garçon. Et pourquoi Todd? Parce qu'il est le dernier des enfants? Parce qu'il doit être le dernier homme de Prentissville et que la loi du Maire: "Si l'un de nous tombe, nous tombons tous". Il le veut pour en faire l'un des leurs. Un combat de conviction, d'opinion. La tolérance contre l'assassinat.

Il ne faut pas oublier les héros: Todd, un garçon courageux et Viola, fragile au début mais qui s'affirme petit à petit. Une relation complice, non dénuée de sentiments d'amour et d'amitié se forme comme étant la meilleure parade pour s'aider, fuir et survivre. C'est du pur roman jeunesse! La Voix du couteau porte des personnages attachants, qui se posent de réelles questions sur leur passé et surtout leur avenir. Un roman d'apprentissage comme on les aime, qui prend la forme d'une question philosophique: le choix du couteau, le choix de tuer pour survivre ou pas. Selon la loi de Prentissville, un enfant devient un homme lorsqu'il en tue un autre. C'est la pire manière qui soit pour grandir et Todd s'y refuse. Tuer ou pas. Poignarder ou pas. Cette question est un leitmotiv dans ce tome 1, une question sous-jacente qui obsède le héros.Avec une finesse psychologique constante, une écriture saccadée, hâchée, un monde dénué d'espoir et débordant d'un chaos oppressant, La Voix du couteau est un roman dynamique, incroyablement vif, qui laisse son lecteur sans répit.
Au-delà du divertissement, il prend à la gorge, il emporte son lecteur dans une quête de la délivrance où l'humanité est une vision désenchantée
, abusée par des gourous avides de pouvoir, où l'utopie reste un rêve sans espérance, où la fin nous laisse épuisé, détruit par tant de malchance. Mais tanpis, car Le Chaos est en marche, et je n'ai qu'une seule chose à dire: Vivement la suite!



C'est avec un immense plaisir que je remercie Véronique et les Editions Gallimard Jeunesse pour m'avoir fait découvrir ce roman, que j'ai adoré. C'est donc avec d'autant plus de joie que j'ai écrit ce billet.



5/5 champignons

lundi 4 mai 2009

L' amour est à la lettre A

Paola Calvetti

Editions Presses de la cité
Traduit de l'italien par Françoise Brun
381 pages
Paru en Avril 2009

Résumé: Milanaise romantique, Emma décide de changer radicalement de vie en ouvrant une librairie de quartier baptisée Rêves&Sortilèges. Le charme et l'originalité de sa boutique résident dans sa spécialité : les livres consacrés à l'amour. Emma, qui semble s'être résignée au célibat depuis son divorce, na pas son pareil pour dénicher l'ouvrage qui aidera un client perdu sur la carte du Tendre. C'est évidemment par l'intermédiaire d'un livre qu'Emma retrouvera Federico, son grand amour de jeunesse. Alors qu'ils ne se sont pas vus depuis trente ans, tout se passe comme s'ils ne s'étaient jamais quittés. Si ce n'est que Federico vit à présent à New York, où il est architecte, marié et père d'une adolescente. Malgré tout, Federico et Emma entament une relation épistolaire, après avoir ouvert chacun une boîte postale dont ils sont les seuls à connaître l'existence. Dans ce roman hors normes, Paola Calvetti rend un vibrant hommage au pouvoir des mots et de la littérature. A lire pour rêver, les yeux ouverts, à toutes les possibilités de l'amour.


Comme vous l'aurez devinez, L'amour est à la lettre A est un roman qui parle d'amour. Une belle mise en abîme car Emma, libraire spécialisée en littérature sentimentale va vivre une histoire d'amour peu commune. Elle retrouve un amour de jeunesse, Federico. Elle vit à Milan, lui à New-York et la distance pour eux n'est nullement un problème car leur tendresse traverse l'océan sous forme de lettres. Pas de lettres enflammées, pas de mots doux nian nian, bref Emma et Federico ne sont pas des amoureux de pacotille où les sentiments seraient comme on dit à l'eau de rose. La relation épistolaire qu'ils entretiennent s'inscrit profondément dans la vie quotidienne: le travail et les enfants principalement mais aussi leur ressenti face à la vieillesse, au passé. Ils parlent de leur ville respective si bien que le lecteur est pris dans une histoire à la fois singulière et pourtant bien connue. Ce sont des amants pas banaux mais leur affection est celle de milliers d'autres couples. L'amour est à la lettre A parle d'amour d'une manière ravissante, élégante et originale. Quoi de mieux que l'amour dans les livres? Et là le roman nous promène dans les rayons d'une librairie de quartier qu'il ferait bon d'avoir près de chez soi: du célèbre Roméo et Juliette, du Vieux qui lisait des romans d'amour en passant par les incontournables Jane Austen et Emily Brontë mais aussi par Le Patient anglais, ce sont près d'une vingtaine de références littéraires qui nous donnent à réfléchir sur le sens d'une librairie. J'ai donc beaucoup apprécié ma découverte de Paola Calvetti, plus pour cette librairie qu'est Rêves et Sortilèges que pour Emma et Federico. Bien que leur histoire d'amour est touchante notamment par cette relation épistolaire florissante, le couple ne me surprend pas plus que cela.

Je remercie Suzanne de Chez les filles.com et les Presses de la Cité pour l'envoi de ce roman.