lundi 30 mars 2009

Courtney Crumrin et les Effroyables Vacances

Ted Naifeh

Editions Akiléos
Collection Regard Noir & Blanc
Paru en Octobre 2008
Genre Fantastique

Nous avions connu Courtney Crumrin alors qu'elle déménageait avec ses parents dans la résidence de son oncle Aloysius. Courtney est une enfant bien seule, ses parents ne s'occupe pas d'elle et la relation avec son oncle restait empreinte de méconnaissance, marquée par de nombreuses interrogations sur ce personnage froid, distant à l'allure imposante et sévère. Courtney erre dans la demeure familiale, et visite les alentours. C'est alors qu'elle découvre un monde étrange et terrifiant peuplé de créatures dangereuses, monstres de la nuit, sorcières, princes ténébreux. N'ayant pas froid aux yeux, Courtney se jettait souvent comme on dit dans la gueule du loup et son oncle la sauvait in extremis. Tous deux partagent le goût pour la sorcellerie, et Courtney commence son apprentissage. On retrouve ses aventures fantastiques dans Courtney Crumrin et les Choses de la Nuit; L'Assemblée des sorciers et Le Royaume de l'Ombre. Mélange d'un Harry Potter version plus dark et d'un univers qui n'est pas étranger à celui crée par Neil Gaiman; Courtney Crumrin est un personnage à la fois attachant qui happe le lecteur dans un univers gothique. Ted Naifeh crée un personnage passionnant, où souvent le fantastique n'est plus merveilleux mais dangereux.

Dans le tome 4, Courtney part en vacances en Europe avec son oncle Aloysius! Et ce n'est pas dans n'importe quel pays qu'ils se rendent puisque son oncle a choisi de lui montrer la Roumanie et l'Allemagne. Courtney est une enfant curieuse et sur les lieux, elle repère d'emblée les anomalies, les tensions et conflits des hôtes. Comme Magda qui va épouser un homme riche Petru, mais qui est amoureuse d'un Rom: Jan, qui n'est autre qu'un loup qui se tranforme la nuit et qui est pourchassé par Petru. Mais Magda refuse d'aller à l'encontre de la décision de son père, si bien que lorsque Jan est menacé, c'est Courtney qui s'en mêle. Le chapitre premier nous raconte la légende du loup qui devint le premier chien et de celui qui maîtrisa le feu. L'atmosphère est mystérieuse et nous plonge dans l'univers des loup-garous. En Allemagne, Courtney rencontre un étrange prince de la nuit, qui apparaît et disparaît quand bon lui semble. Sur le point de tomber amoureuse, Courtney ne se rend pas compte qu'elle est en grave danger car l'étrange prince n'est autre qu'un horrible vampire. Encore une fois oncle Aloysius fait tout ce qui est en son pouvoir pour sortir sa nièce de l'impasse. Ils s'en sortent comme toujours mais ce n'est pas sans séquelles...

Dans ce tome 4, il n'y a point de fin heureuse...Les choses sont de plus en plus complexes notamment les relations claires-obscures de Courtney et de son oncle. Elle est distante, se sent terriblement seule et malheureuse. Pire encore, Courtney devient cynique, comme si elle avait perdue tout espoir. Une once de peur d'être de nouveau abandonnée...et son oncle ne sait pas comment la prendre, la gérer. Aussi lorsque Courtney, apprend en catimini que son oncle est gravement malade, elle s'effondre. La fin ne laisse pas présager un espoir de réconciliation entre deux personnages aux caractères forts et têtus. Ce qui est également intéressant dans ce tome 4, c' est la confrontation entre la sorcellerie et la religion. Dans le chapitre un, le père de Magda est un fervent croyant et lorsque Petru est mordu par un loup, Courtney se moque de cette foi qui pour elle ne sert à rien. Petit à petit, on a l'impression que Ted Naifeh nous propose une intrigue plus fouillée, délicate sans manichéisme, où les personnages évoluent vers des relations plus profondes marquées par une psychologie ambiguë. Courtney est plus difficile à cerner, à comprendre. Ce tome 4 est un tournant de la série car l'intrigue prend plus d'intensité, alors que les précédents tomes mettaient en scène le décor, l'atmosphère, les personnages.

Je suis décidément fan de la série Courtney Crumrin, et de manière générale, fan des illustrations de Ted Naifeh. Les jeux de clairs-obscurs, les visages aux traits prononcés, des illustrations très fortes visuellement. Une très bonne BD à lire pour tous les adeptes de fantastique, d'univers sombre et de sorcellerie.
Présentation de la série ici

Blue Cookie

My Way (lien vers les deux précédents tomes chroniqués sur ce blog)
Tome 3


Editions Xiao Pan
Genre Manhua
Paru en Mars 2009

C'est avec un immense bonheur que j'ai retrouvé après plus d'un an d'attente, le tome 3 Blue Cookie de la série My Way créée par Ji Di, une jeune artiste chinoise qui produit son texte, ses dessins et ses couleurs. L'attente fut certes longue, mais l'envie et le plaisir restent intact. Quelques changements cependant avec les deux précédents tomes. Rappelez-vous, le tome 1 parlait de l'amour, de ce sentiment qui peut être affreusement douloureux, de la rupture amoureuse, du manque et du vide de l'être aimé. Quant au tome 2 Time Océan, il évoquait la perte de l'être cher, du deuil, de l'absence que provoque la mort d'une personne aimée. Ce tome 3 reprend des thèmes chers à l'artiste: l'amour, l'absence, le souvenir et plus que tout la solitude. Les histoires sont toujours très intimistes, entre mélancolie et tristesse affichée, et le tout est conjugué par une poétique des couleurs. Le pastel devient rayonnant: le bleu, le mauve, le rose. Un mélange de couleurs qui rend une esthétique jusque là inégalable et unique à mon humble avis. Les yeux tout en rondeur, les dessins tout en finesse, nous propulsent dans un univers très burtonien. Je suis à chaque fois admirative et troublée. Je n'ai encore rien vu de comparable. Néanmoins, j'ai trouvé le personnage de V moins sympathique, beaucoup plus en retrait, distant. Il poursuit son chemin et rencontre une enfant Xiao Pan qui reconnaît en lui le Dieu des rêves. Elle va le suivre mais V ne veut surtout pas s'attacher. Une autre différence réside dans les illustrations et le foisonnement des détails créant ainsi un monde onirique de plus en plus puissant: le tome 1 était sobre, le tome 2 allait crescendo au niveau des couleurs, une palette plus large, ce tome 3 est une explosion de détails. Beaucoup plus long à admirer et c'est là tout le plaisir que procure cette série très originale. Une belle réussite, je ne le dirais pas assez, mais Ji Di gagne à être connue. En Chine elle est numéro 1 des ventes, j'aimerais beaucoup que l'on s'intéresse plus à son talent du côté Européen...

Photo Copyright Ji Di/ Editions Xiao Pan

samedi 28 mars 2009

Le Libraire de Sélinonte

Roberto Vecchioni

Le Livre de Poche
Traduit de l'italien par Gérard-Julien Salvy
124 pages


Sélinonte. Une petite ville de la Sicile. Théâtre d'un étrange phénomène...Un libraire ouvre sa librairie, remplie de vieux livres, cornés et empoussiérés. Ces livres ne sont pas à vendre. Etrange. Le libraire préfère les lire, à haute voix aux habitants du village. Tous les soirs, à 21h, la librairie est grande ouverte et quelques curieux viennent écouter le libraire qui lit de tout son coeur, de toute son âme. Mais la marginalité fait souvent parler d'elle, et le libraire est vite jugé, accablé. On dit qu'il est le diable. Nicolino, est un jeune garçon et il est curieux de ces racontars. Il veut aller écouter le libraire mais a néanmoins peur de sa réaction. Alors, en cachette, il se faufile à travers les piles de livres et écoute sans un bruit. Il est happé par le son de la voix du libraire, par son allure en totale connivence avec ce qu'il lit, il écoute les mots, comme une mélodie qui s'installe petit à petit dans son corps. Il ne peut plus s'en passer. Jusqu'au jour où une petite fille disparaît. Il faut peu de temps, hélas pour que le libraire soit accusé de cet horrible crime, et sans fondements, sans preuves ni procès, les habitants de Sélinonte détruisent sa librairie en y mettant le feu. Les livres sont le diable, il faut les détruire. Les pages brûlées s'envolent et le libraire oublié dans les confins de l'enfer. Erreur ou malédiction; après le drame, Sélinonte perd la parole, les mots s'échappent et le sens se perd. Seul l'adolescent, connaît le sens du langage...

Le Libraire de Sélinonte est un roman qui en dit long avec très peu. Le récit commence par la narration de Nicolino qui nous explique que Sélinonte a perdu la parole, les gens ne se comprennent plus et n'utilisent plus les bons mots pour désigner les choses. Sélinonte n'a, au sens propre, plus de sens. Puis le récit installe l'histoire. Le libraire, l'attraction et le mépris qu'il suscite chez les habitants du village. Nicolino nous montre à quel point il est fasciné par les lectures à haute voix. Etrange car la lecture à haute voix au Moyen-Age signifiait "lire au coeur". Et le lecteur, se prend également à être curieux. On se meut dans les paroles du libraire, le choix des textes n'est pas anodin. De nombreuses références littéraires telles que Luigi Pirandello, Fernando Pessoa en passant par Sophocle et ses Tragiques Grecs; Léon Tolstoï, Shakespeare et Dante, Arthur Rimbaud, Marcel Proust et pour finir Jorge Luis Borges. Le récit est foisonnant et tellement riche que l'on ne peut qu'être séduit par tant de bribes littéraires qui construisent une fascination et une curiosité chez Nicolino. Et quand la disparition d'une fillette survient, le récit prend une toute autre allure et devient fantastique. Une sorte de métaphore pour désigner la mort des mots qui tombent dans l'oubli en se jettant dans la mer. Noyés, les mots et les paroles. Le Libraire de Sélinonte est à la fois un récit d'amour pour les livres, un brillant hommage à la littérature, au plaisir qu'elle apporte, un récit d'apprentissage où Nicolino ressort intact de cette malédiction; un discours sur la perte du sens.

Roberto Vecchioni nous livre ici un récit poétique, mi-fantastique et richement métaphorique: le feu qui détruit les livres, n'est pas sans rappeler l'incendie de la bibliothèque dans Le Nom de la Rose d'Umberto Eco, le thème de la connaissance et du savoir lié au mal et au Diable...Un roman symbolique où le verbe "lire" prend tout son sens...



4,5/5 champignons

lundi 23 mars 2009

Splat le chat

Rob Scotton (son site)


Editions Nathan
Album Jeunesse dès 3 ans
Paru en Mars 2009
Traduit de l'anglais par Rose-Marie Vassallo
Thèmes: Chat, Ecole, Souris.


Souvenez-vous de Russell le mouton qui n'arrive pas à dormir. Cet album nous régalait avec des dessins à croquer, un humour "so british" et un monde où le quotidien devient un monde à part. Hop! On recommence et cette fois-ci c'est Splat the cat qui s'y colle. Splat a très peur le matin dans son lit. C'est son premier jour d'école. Il est hyper stressé, sa queue en frétille comme une chenille. Tous les moyens sont bons pour échapper à l'école. Impossible de se préparer, les obstacles vont bon train mais heureusement la maman de Splat est là. Dans la classe, Splat se révèle être un brillant élève: il apprend, il pose des questions, beaucoup trop!!! Mais la maîtresse Mme Moufiet n'est pas au bout de ses surprises!! Le premier jour d'école de Splat est une véritable aventure pour le jeune chat qu'il est!!!

Rob Scotton réinvente le monde des chats en nous offrant un album très humoristique. Les personnages comme toujours sont bourrés d'expressions drôlatiques, où l'humour est enfantin. Un album chouchou avec des couleurs superbes où nos héros vont bon train: Splat est accompagné d'une toute petite souris tout comme l'était Russell avec sa grenouille! C'est rigolo, plein de gaieté, avec ces détails foisonnants qui nous font sourire: le livre dans la chambre de Slat "Les chiens viennent de Mars, les chats de Vénus!!" entre autres. J'aime beaucoup l'écho entre la première et la dernière page qui rend cet album très complet. Un bon moyen pour les enfants de voir l'école d'un bon oeil. A lire avant chaque rentrée scolaire!! et pas que!! C'est un vrai régal et j'ai hâte de retrouver les héros de Rob Scotton sur son site internet qui est vraiment bien fait!!!



5/5 champignons

La solitude des nombres premiers

Paolo Giordano

Editions Seuil
Traduit de l'italien par Nathalie Bauer
328 pages


Paru en Mars 2009
Résumé: Les nombres premiers ne sont divisibles que par 1 et par eux-mêmes ; soupçonneux et solitaires, certains possèdent cependant un jumeau dont ils ne sont séparés que par un nombre pair.Maffia, jeune surdoué, passionné de mathématiques, en est persuadé : il compte parmi ces nombres, et Alice, dont il fait la connaissance au lycée, ne peut être que sa jumelle. Même passé douloureux, même solitude à la fois voulue et subie, même difficulté à réduire la distance qui les isole des autres. De l'adolescence à l'âge adulte, leurs existences ne cesseront de se croiser, de s'effleurer et de s'éloigner dans l'effort d'effacer les obstacles qui les séparent.Paolo Giordano scrute avec une troublante précision les sentiments de ses personnages qui peinent à grandir et à trouver leur place dans la vie. Ces adolescents à la fois violents et fragiles, durs et tendres, brillants et désespérés continueront longtemps à nous habiter.




Alice et Mattia. Deux êtres humains à la psychologie ambigüe, deux êtres uniques au destin peu heureux. Chacun a vécu son drame, et comme une plaie qui ne cicatrisera jamais, leur vie est empreinte d'une différence frappante et dérangeante pour leurs proches. Alice est anorexique, un malaise non sans rapport avec son accident de ski qui lui a valu une jambe boiteuse à vie. Mattia se mutile, comme pour mieux se remémorer le mal qu'il a fait à sa soeur Michela en l'abandonnant seule dans un parc. Un accident de parcours qui survient à l'enfance et tout est emporté par la solitude des nombres premiers. Chacun vit une adolescence semée d'une souffrance incassable. Ils ne se cachent pas, le malaise est palpable. On le ressent. Les sentiments sont profonds mais dilués dans une existence froide et inerte. Alice ne goûte pas aux saveurs de la vie, elle est comme aseptisée au bonheur: elle se marie, devient photographe mais c'est machinal et quand vient le moment fatidique : celui de donner un enfant à son mari; tout lui explose à la figure. Et Mattia, plongé dans les mathématiques, un univers logique, neutre, sans failles alors que lui-même dérive vers une solitude inébranlable.

Alice et Mattia, deux nombres premiers, faits l'un pour l'autre et dont le jumelage vole en éclat par un isolement forcé. Ils se rencontrent, se séparent, se recroisent, ils s'embrassent mais jamais ils ne feront qu'un, séparés par le poids d'un passé qui les contient dans un monde à part. Paolo Giordano livre ici un portrait à la fois tendre, touchant et dont la précision est gênante. Mattia et Alice sont des personnages riches, violents, puissants, mais on a bien envie de secouer tout ça pour vivre un peu de bonheur. Hélàs, non. La tristesse est ancrée dans les corps, elle atteint les coeurs mais tout n'est qu'obstacle: des murs, des portes scellées. Rien n'entrave une solitude inviolable. Un roman beau et intense où Paolo Giordano pratique une véritable "autopsie" de l'humanité souffrante, sous une plume dure mais vibrante, et forment une fresque qui illustre la complexité des relations. Inévitablement, on ne peut qu'être sensible à Mattia et à Alice, ces deux blessés qui malgré tout, dévoilent leur halo de tendresse grave et nostalgique...cette tendresse qui résonnera longtemps dans nos mémoires de lecteurs.


Je remercie très sincèrement Suzanne de Chez les filles et les éditions Seuil pour la découverte de ce roman magnifique... A lire les billets de Sylvie, Yueyin, Aifelle, Armande, Nanne


4/5 champignons

jeudi 19 mars 2009

L'étrange vie de Nobody Owens

Neil Gaiman

Editions Albin Michel
Collection Wiz
Paru en Mars 2009
Traduit de l'anglais par Valérie Le Plouhinec
Titre original: The Graveyard Book
Illustrations de Dave McKean
Romans Ados




Alors que sa famille entière est atrocement assassinée par un mystérieux Jack, un tout petit être, le seul survivant du massacre crapahute jusqu'en haut d'une colline et échappe de justesse à son exécution. En haut de la colline, il y a un cimetière terriblement vivant. Peuplé de fantômes, d'esprits et autres créatures des obscurités, ce cimetière accueille le cher enfant afin de le protéger de cette confrérie secrète et meurtrière. C'est le couple Owens qui en a la charge et Nobody est déclaré citoyen libre du cimetière. Il peut aller et venir comme bon lui semble sauf qu'au cours de son enfance, il voit bien que les choses ne sont pas si normales qu'elles en ont l'air. Il ne peut quitter le cimetière sous le joug de la menace qui le guette. Mais Nobody rêve de l'extérieur, il voudrait être un garçon normal, avec une éducation autre que celle de savoir comment effrayer les gens ou s'effacer. L'étrange vie de Nobody Owens est l'histoire de ce garçon peu ordinaire, qui vit parmi les morts tout en restant vivant et dont l'étonnante vivacité le conduira à affronter le cruel Jack...


Après Coraline, Neil Gaiman continue ses romans jeunesse avec un talent certain. On ne s'ennuie jamais. Nobody Owens est un garçon énigmatique, ses questions sont les nôtres, son apprentissage est passionnant et nous dépeint un univers foisonnant, incroyablement riche en détails et en descriptions. Venez à la rencontre de sorcières, fantômes, esprits vengeurs et autres créatures des ténèbres, on déambule dans le cimetière, on s'étonne du décor, un monde créé à partir d'ombres et de tombes. Entre enchantement imaginaire et ambiance noire, Neil Gaiman excelle dans l'art des frontières. Frontière entre la réalité et ce qui s'y cache, frontière entre réel et imaginaire, un quotidien réinventé à la fois attachant et magique. Un clin d'oeil à Tim Burton et à Courtney Crumrin. Le lecteur se meut, glisse et erre dans un monde imagé à la limite du cauchemardesque sauf que tout y est subtilement inné et naturel. Un coup de maître ce roman. A la fois sombre et merveilleux, Neil Gaiman joue avec les registres , invente un univers personnel qui mêle intimement le fantastique à l'intensité d'une intrigue. Etrange est le mot qui qualifie le roman, certes, mais le tout témoigne comme toujours venant de Neil Gaiman, d'une grande originalité : inquiétant et macabre. Imprévisible et hallucinée, cette traversée dans le monde des morts est délicieusement empreinte de fluctuations dérangeantes et de portes invisibles. Un grand coup de coeur pour ce roman fantasmagorique dont l'escapade littéraire vous offrira beaucoup de frissons et d'adorables songeries...hantées !



Les billets de Karine, Laure, Pimpi, Fashion, Yueyin, Marie et je suis sûre que j'en oublie pleins car nous sommes nombreuses et nombreux à avoir aimé The Graveyard Book et à être conquis par Neil Gaiman!!

5/5 champignons

mercredi 18 mars 2009

Quand le silence dit tout...



La grande fabrique de mots


Agnès de Lestrade
Valeria Docampo

Alice Jeunesse
Collection Histoires comme ça
Album Jeunesse dès 5 ans
Paru en Mars 2009

Thèmes: Mots, Amour, Réciprocité

Il existe un pays où les gens ne parlent presque pas.Dans cet étrange pays, il faut acheter les mots et les avaler pour pouvoir les prononcer. Le petit Philéas a besoin de mots pour ouvrir son coeur à la jolie Cybelle. Mais comment faire ? Car, pour tout ce qu'il a envie de dire à Cybelle, il y en a pour une fortune.

Imaginez un pays. Le pays du silence où personne ne dit mot ou du moins presque. Dans ce pays, on fabrique les mots, on les achète. Les mots sont des perles que seuls certains privilégiés peuvent s'offrir. Le mot, une denrée rare, un trésor que l'on garde précieusement sur le bord des lèvres...pour des grandes occasions. Philéas, observe les mots, il ne peut s'en acheter alors il les attrape en plein vol, dans un filet. Il a récolté trois mots: cerise, poussière, chaise. Philéas est amoureux de Cybelle mais il ne peut lui dire "Je t'aime". Oscar, quant à lui, bavarde et babille ses mots à qui mieux mieux. Oscar est prétentieux. Philéas, lui est romantique. Il chante ses trois mots comme il chanterait son amour. Tout est dans le regard. L'amour, voyez-vous est un langage qui dépasse la parole, il se fraye un chemin dans les coeurs des amoureux. Pourvu qu'ils soient deux. Pourvu que ce soit Philéas et Cybelle qui s'aiment dans un silence heureux...Un album magnifique, une histoire inventive et poétique et de très belles illustrations, des couleurs marrons et rouges époustouflantes. J'adore...

Copyright Valeria Docampo

Le très joli billet de Gaëlle la libraire.

5/5 champignons

lundi 16 mars 2009

Lune indienne

Antje Babendererde


Bayard Jeunesse
Collection Millézime
Traduit de l'allemand par Marie-José Lamorlette
345 pages
Romans Ados

Quatrième de couverture: Oliver n'oubliera jamais ce jour où sa mère lui a annoncé son mariage avec un Indien Iakota. Arraché à son pays et à ses amis, il se retrouve à quinze ans, exilé dans une réserve, en plein coeur de l'Ouest américain. Pour le meilleur et pour le pire, il apprendra pourtant à connaître ce peuple fier et courageux qui se bat pour la sauvegarde de son identité. Un roman fort et poignant qui bouscule nos préjugés.


Il y a des romans qui vous donnent envie de voyager, il y a ceux qui vous font rêver avec des paysages grandioses, des espaces infinis et vides, il y a des romans qui vous donnent envie de découvrir et de partir en quête d'aventure humaine, en quête de l'âme. A la découverte d'un peuple et d'une culture. Puis il y a des romans qui vous parlent d'injustice, de misère, de pauvreté et de préjugés à un tel point que l'on se sent happé par cette vie démunie. Lune indienne est un de ces romans, qui part de l'Allemagne, et s'exile en plein coeur de l'Ouest américain à la rencontre des Indiens Lakota. Et là c'est poignant. La description de la réserve indienne, du style de vie lakota, des rites qui se perpétuent de générations en générations: le grand powwow, les rites d'initiation, les célébrations. Un grand voyage. Mais tout n'est pas qu'aventures. Les indiens Lakota sont en proie aux déboires les plus sombres: alcool, violence, haine envers les Blancs, révolte du passé. Il y a encore de grands pas à franchir pour une amitié entre Américains et Indiens. Oliver, lui n'est ni indien, ni américain. Il débarque dans cette contrée à contre-coeur, obligé par sa mère qui s'unie à Rodney, un chef Lakota. Il laisse ses amis, sa vie et porte en lui une colère: tout n'est que critique, préjugés et jugements négatifs. Mais Oliver est un adolescent remarquable, intelligent, le coeur ouvert à la tolérance. Il franchit le cap et petit à petit comme un rite de passage, il apprend à aimer ce peuple avec ses légendes ancestrales et mystérieuses. Un formidable roman d'apprentissage, de ceux qui vous font vibrer avec des émotions et de l'authenticité. Un roman qui veut se battre contre les préjugés et porter haut et fort le nom et le coeur des Lakota parce qu'il faut toujours "regarder les choses non avec les yeux de ton visage, mais avec ceux de ton coeur". Une belle leçon de courage, d'amitié et de tolérance entre les peuples, un espoir de solidarité et de respect envers la différence qui fait la richesse de l'humanité...



D'autres romans de la collection Millézime Oublie les mille et une nuits de Marco Varvello et Le temps des miracles d'Anne-Laure Bondoux.

4/5 champignons

Et le bébé était cuit à point

Mary Dollinger

Editions Jacques André
Collection En attendant le bus
61 pages

Une belle entrée en matière pour Mary Dollinger dans ce conte moderne et ironique. Le personnage principal de l'intrigue, Blanche, travaille dans une entreprise agro-alimentaire, a des problèmes relationnels avec sa mère et rencontre un prince charmant qui la transforme. De célibataire aigrie et seule, Blanche devient une jeune cadre à qui tout sourit. Mais ce n'est pas tous ces détails autour de l'existence de Blanche qui nous intéresse. Alors qu'elle n'en voulait pas, Blanche accueille un chat qu'elle appelle "Harmonie". Ce chat devient un acteur à part entière de l'histoire et pour notre plus grand plaisir, il est l'élément perturbateur, celui par qui tout va déclencher. Comme si c'était le maître, il entre dans la vie de Blanche jusqu'à une intensité telle qu'elle s'avère irréversible. Une relation de complicité, de possessivité s'installe, à demi-voilée, mais subtile et délicate. Le conte est certes cruel, légèrement farfelu, avec des moments drôles mais personnellement j'aime beaucoup l'expression "Et le bébé était cuit à point" c'est assez révélateur d'une critique de l'entreprise agro-alimentaire, du marketing à outrance, mais j'y ai vu la métaphore d'une femme qui se sent oppressée et étouffée par une situation familiale peu encline à la sympathie, à l'amour filial. Lapsus inconscient ou symbole d'une défaillance affective, toujours est-il que ce court roman est prenant. Très vite lu, il permet de découvrir un humour aux tons acidulés, une lecture en dehors des sentiers battus qui donne envie de découvrir d'autres écrits de Mary Dollinger.


Je remercie vivement les éditions Jacques André pour m'avoir fait découvrir cette auteure...car j'avoue avoir pris peur en voyant la couverture du livre mais les apparences sont heureusement trompeuses et ce fut une bonne lecture.

vendredi 13 mars 2009

Blog en pause

Le temps d'un week-end, je vais profiter du soleil et m'aérer la tête!!!!

Je vous souhaite un excellent week-end à tous.

Gros bisous et à très bientôt



lundi 9 mars 2009

Les rêveries d'un hamster solitaire

Astrid Desbordes (Auteur)
Pauline Martin
(Illustratrice)

Albin Michel Jeunesse
Collection Album
Album Jeunesse dès 5 ans

Thèmes: Rêveries, Amitié, Egoïsme, Animaux.




Les rêveries d'un hamster solitaire est un album à la fois drôle, ironique et terriblement comique. Sous forme de petites séquences qui font penser à des comics strip et mettant en scène un petit animal fort gourmand, honteusement égoïste et outrageusement narcissique mais qui sait si bien nous faire rire. Ce hamster "solitaire" vit dans une forêt où l'on retrouve une communauté bien sympathique: le hérisson qui veut être doux en portant un manteau de mousse, la taupe qui écrit un roman, le lapin que tout le monde aime, un escargot qui ne veut que la pluie. Chacun a sa manière de nous attendrir alors que Hamster est tout le contraire d'un ami. Tous se préparent à sa fête d'anniversaire mais lui ne désire qu'une seule chose: manger et avoir des cadeaux qui lui plaisent. Tous ses actes sont orientés en fonction de son bon vouloir. Bref, tout pour être heureux pour cet hamster que tout le monde aime malgré ses excès d'impolitesse, d'espièglerie machiavélique et de son "je m'en foutisme" complet de ceux qui l'entoure. Un anti-héros par excellence et pourtant on l'adore. Ses pérégrinations spirituelles et ô combien profondes sur le sens de la vie, les relations amicales et autres soucis quotidiens, le conduisent à une unique déduction: Hamster est un être merveilleux, d'une beauté à faire tomber les étoiles!!!! Un mot des dessins qui sont simples et humoristiques, des personnages attachants, et bizarrement la manière dont est illustré ce hamster est empreinte d'une douce innocence. Solitaire, notre Hamster, pas du tout et en cela cet album se veut être le pendant décalé et délirant des Rêveries de Rousseau. Je ne suis pas étonnée d'apprendre que l'auteure a fait des études de philosophie, qu'elle utilise avec brio et dérision tout en gardant cet esprit joyeux et plein de gaieté.


Le billet de Clarabel

5/5 champignons

Les Naufragés de l'île Tromelin

Irène Frain


Editions Michel Lafon
371 pages
Paru en Février 2009

Quatrième de couverture: Un minuscule bloc perdu dans l'océan Indien.Cerné par les déferlantes, harcelé par les ouragans. C'est là qu'échouent, en 1761, les rescapés du naufrage de L'Utile, un navire français qui transportait une cargaison clandestine d'esclaves. Les Blancs de l'équipage et les Noirs de la cale vont devoir cohabiter, trouver de l'eau, de la nourriture, de quoi faire un feu, survivre. Ensemble, ils construisent un bateau pour s'enfuir. Faute de place, on n'embarque pas les esclaves, mais on jure solennellement de revenir les chercher.Quinze ans plus tard, on retrouvera huit survivants : sept femmes et un bébé. Que s'est-il passé sur l'île ? À quel point cette histoire a-t-elle ébranlé les consciences ? Ému et révolté par ce drame, Condorcet entreprendra son combat pour l'abolition de l'esclavage.


Eh bien chers lecteurs, je vais vous décevoir. Pour la première fois de ma vie j'abandonne la lecture du roman Les Naufragés de l'île Tromelin. Et j'ai honte, non seulement en tant que lectrice car je ne persévère pas plus bien que j'ai essayé, et j'ai honte car j'ai l'impression de manquer de respect envers le travail d'orfèvre d'Irène Frain. Je ne trouve point de défauts pourtant à ce roman historique fondé sur des faits réels et qui raconte avec une minutie érudite le naufrage de l'Utile, navire français qui avait à son bord des esclaves. Je me suis arrêtée au tiers du livre, renonçant ainsi à un récit qui j'en suis sûre se trouve fort intéressant. Je regrette, j'aurais voulu en savoir plus notamment sur l'organisation d'une vie sur l'île, les relations entre Noirs et Blancs, les liens de solidarité ou pas après cette épreuve. Seulement, je ne suis pas du tout rentrée dans l'atmosphère du roman. L'écriture d'Irène Frain ne me déplaît pas, bien au contraire, les premiers chapitres m'ont beaucoup plu, la description de l'île, de l'environnement, l'installation progressive de la trame, ont fait que je me suis prise dans la lecture. Mais petit à petit, les nombreux détails, les références historiques, aux archives ont fait que je me suis perdue. J'ai retrouvé le style du roman historique par excellence mais selon moi la grande difficulté qui résulte du roman d'Irène Frain tient au fait qu'on a l'impression de lire un documentaire. J'ai donc décroché, perdue dans les méandres de ce documentaire trop riche en détails si bien que l'on perd le goût du roman. Une impression d'étouffer alors que les premières pages étaient une bouffée d'air pur. L'attrait d'une lecture nouvelle, d'un style différent et d'un roman historique s'est révélé vite une lecture difficile d'accès. Je suis la première à être déçue car j'ai en revanche beaucoup d'admiration pour ce travail inouï. Mais comme je ne désespère pas à moitié, et que je suis plutôt têtue, je reprendrais qui sait ma lecture là où je l'ai laissée et ce roman trouvera alors sa lectrice noyée...Convaincue que ce roman trouvera ses propres lecteurs.


Cathulu
a abandonné aussi et je rejoins son avis quand elle dit "j'ai plutôt envie de découvrir le récit de cette incroyable aventure, sans cesse différé." Keisha par contre a bien appréciée sa lecture : "J'ai apprécié la façon dont Irène Frain a raconté cette histoire vraie, en se basant sur des documents historiques, en se rendant même sur l'ile, tout en réussissant à faire vivre ses personnages. " Et Kathel semble être du même avis que moi: "J'ai continué ma lecture jusqu'à la moitié, portée par l'écriture d'Irène Fain qui est très agréable, mais j'ai trouvé que ce roman aurait gagné à être plus court, pour moi, tout du moins. Il trouvera aisément, je pense, d'autres lecteurs."


Je remercie Suzanne de Chez les filles et les éditions Michel Lafon pour l'envoi généreux de ce roman!!

vendredi 6 mars 2009

Les îlots de Piédestal

Eric Puybaret

Editions Gautier-Languereau
Collection: Voyage au pays des mages 1
Album Jeunesse à partir de 6 ans

Thèmes: Exploration, Terres lointaines, Découverte.




Il existe, aux confins des mers, un archipel extraordinaire : le pays des mages. A bord de leur roulotte scientifique qui roule, vogue et vole, le professeur Azarias, Turpin et Paul le petit apprenti explorent inlassablement ces terres inconnues. Leur mission : rédiger enfin le grand catalogue des mages ! Lors de leur premier voyage, ils découvrent les îlots de Piédestal, où une guerre incessante fait rage.


Les îlots de Piédestal, voici un titre insolite qui inspire à la fois mystère et curiosité. Quels îlots? La couverture aussi force le respect et l'on ne souhaite qu'une chose: découvrir cet album d' Eric Puybaret. L'univers de cet illustrateur est empreint d'onirisme, de rêve et d'une réalité inaccessible mais tellement poétique. On pense à Cabanes mais c'est Cache-Lune qui me vient à l'esprit : des personnages tout en finesse, des couleurs somptueuses, un univers féérique...que l'on retrouve pour notre plus grand plaisir.
Les îlots de Piédestal nous plonge dans une expédition où découverte fantastique rime avec recherche scientifique. D'emblée, grâce à Paul, l'apprenti, nous voyageons à bord d'une roulotte qui arpente les contrées lointaines du pays des mages. Un pays mystérieux, étrange et irréel, à mi-chemin entre la terre, le ciel et la mer. Les espaces se confondent dans les couleurs de l'album, un espace infini à perte de vue. Un au-delà imaginaire. Et le lecteur, fasciné se prend à suivre cette exploration un peu bohême, mélancolique d'un temps perdu. Avec Eric Puybaret, on se surprend à rêver, à imaginer un autre monde, un autre temps où les îlots sont des tours, des royaumes dans lesquels les rois se livrent à une guerre magique. Eclairs, lumières et étincelles viennent perturber Paul, qui en perd sa plume; car c'est grâce à son journal de bord, comme un vrai capitaine de navire, qu'il nous livre ses impressions, ses questions et ses envies d'aventures.
Magicien des images, Eric Puybaret réinvente l'observation scientifique en conjuguant avec talent voyage initiatique et illustrations contemplatives. Ses dessins fourmillent de détails surprenants comme cette bibliothèque de cerveau dont Turpin se sert afin de tenter un dialogue "politique". Car outre la fabuleuse traversée du pays des mages, Les îlots de Piédestal mettent en scène des rois capricieux et orgueilleux dont la rivalité nous propulse dans un combat qui finit en ruines. Tous, débarquent sur une île, mais les rancunes restent tenaces... C'est alors, qu'inopinément, un élément extérieur rétablit la communication: une noix de coco qui se transforme en jeu d'équipe et réconcilie les mages de leur égo. Décidément l'univers d'Eric Puybaret ne cessera de me surprendre et de me réjouir.
Sa palette est inondée de teintes magnifiques, à la fois distantes, pâles mais si chaleureuses et vivantes. Cet album, sublime et majestueux, impressionne, charme par ses atours esthétiques et dont toute la beauté demeure en une poésie intemporelle d'un monde aux confins de la terre...



Le billet d' Emmyne, ma partenaire coup de coeur pour la présentation en commun de cet album enchanteur.


5/5 champignons

jeudi 5 mars 2009

Ange ou démon ?

Michel Boucher

Editions du Rouergue
Album Jeunesse dès 3 ans
Paru en Février 2009
Thèmes: Caractère, Relation parents-enfants, Espièglerie.

Ange ou démon ? est un album plein de malice et de paroles attendrissantes. Un garçon parle à sa maman en la tourmentant avec les futures bêtises qu'il fera, les gros mots qu'il dira. Un enfant innocent devient alors un vrai petit diable tout en espièglerie. Mais attention la vie n'est pas si simple car les promesses d'un enfant peuvent se retrouver à l'envers. En effet le texte joue sur les promesses de l'enfant de faire des bêtises, d'être un véritable sale gosse mais les petites attentions quand il s'adresse à sa maman prouvent que tout n'est pas noir. Nous sommes dans la provocation gentille: "Ma petite maman chérie, je te promets que...". Et c'est fort drôle car on imagine mal un enfant avouer à ses parents qu'il n'a qu'une envie c'est de faire le coquin!!!
La fin de l'album n'est donc pas une vraie fin en soi puisque ô coup de génie le texte peut être lu à l'envers. De quoi vous retourner la tête et bien vous amuser!!!! Et hop!! On recommence l'histoire dans l'autre sens: "Je n'ai plus qu'un seul but: je n'arrêterais jamais de dire des gros mots! Et tu as tort si tu penses que je vais être sage comme une image, ma petite maman chérie." Donne dans l'autre sens: "Ma petite maman chérie, je vais être sage comme une image, et tu as tort si tu penses que je n'arrêterais jamais de dire des gros mots!!" C'est excellent et cela montre parfaitement la psychologie de l'enfant: entre bêtise et innocence, entre malice et gentillesse. Les dessins sont sympas et les oppositions de mots "toujours/ jamais" nous démontrent parfaitement l'esprit de cet album tout en candeur...


4/5 champignons

mardi 3 mars 2009

Le gentil p'tit lapin

Michaël Escoffier

Eléonore Thuillier (Son blog )

Editions Kaleidoscope
Album Jeunesse dès 3 ans
Paru en Février 2009
Thèmes: Loup, Lapin, Usine.


Résumé: Un gentil p'tit lapin tombe sur une carotte alléchante.Que fait-il ? Eh bien, il se fait piéger. Par un redoutable loup. Finira-t-il en casse-croûte ? Non ! Pire ! Mais méfie-toi, le loup, un gentil p'tit lapin piégé pourrait devenir encore plus fort que toi à ce jeu-là !


Dans les contes traditionnels, le loup est un méchant loup qui mange les lapins et chasse les petits chaperons rouges!!! Et bien croyez-moi les contes ont changé!!! Ils sont à la hauteur de nos vécus, ils deviennent sacrément réels et respectent une dose d'humour bien dosée. Le gentil p'tit lapin comme vous l'aurez compris se fait attraper car telle la souris qui se saisit d'un bon gros morceau de gruyère, le lapin lui n'a pas su résister à cette belle carotte plantée au milieu de la forêt!!! Il est capturé par un loup très ingénieux qui fabrique ses propres pièges dans une usine. Et là c'est le comble! Pleins de lapins, des machines, et encore des lapins qui travaillent, travaillent durs! La journée commence à 7h et se poursuit jusqu'à 21h. C'est fou, incroyable, improbable! un loup recruteur de lapins ou plutôt devrait-on dire exploiteur et esclavagiste. Mais les lapins ne se laisseront pas faire!!!! Exit la grève ouvrière, on élabore des plans afin de rendre la monnaie à ce patron sans scrupules! Un album rigolo, très drôle, qui colle parfaitement à l'actualité du moment même si ce n'est pas le but premier!!!! Pas de militantisme ni de discours politique sur fond de travail social!!! Non! Le gentil p'tit lapin est une histoire toute mignonne qui nous fait sourire. Les dessins sont excellents, on ressent tout l'humour du texte à travers des yeux très expressifs de nos amis travailleurs. Un petit album à déguster comme une gourmandise!!!!


4/5 champignons

Un vrai chat

Lénia Major (Auteur)
Simona Sanfilippo (Illustrateur)

Editions Anna Chanel
Album Jeunesse dès 3 ans
Paru en Janvier 2009

Thèmes: Peluche, amitié, chat.
Résumé: Chaque enfant trouve un jour son doudou.Celui qu'il promène partout, à qui il confie tout, avec qui il partage tout, car dans son cœur, il est tout, sauf une peluche.


Voici un mamour d'album. Pourquoi? C'est plein de sentiments adorables, de petite fille trop mimi, de peluche toute douce et d'un doudou à aimer. L'album commence par l'histoire d'un chat: il nous dit qu'il est en fait une peluche achetée dans un supermarché mais dès que l'étiquette du prix lui fut ôtée, la petite fille qui l'a adopté le prend pour un vrai chat. Et oui!!! il s'y croit. Il pense vraiment qu'il peut miauler, manger, ronronner et tous les soirs il s'endort dans les bras de sa petite maîtresse. Cet album nous raconte comment un doudou, objet fétiche des joies et des peurs enfantines, devient un être vivant sous l'imagination débordante des enfants... Avec une fin irrésistible digne de "Mieux que dix fées" illustré par Cathy Delanssay et dont le texte était également rédigé sous la plume de Lénia Major, une fin à croquer, on ne peut qu'apprécier cet album très tendre et chaleureux. Les illustrations sont empreintes d'une douceur grâce aux somptueuses couleurs rose pâle, blanche et fuschia, contrastant avec des tons joliment gris pour illustrer notre chat/peluche. Et à ceux qui diraient que c'est n'importe quoi, que ce chat n'est pas un vrai chat!! et bien celui-ci vous répondra que cela ne fait rien car
"Il n'y a pas de pays plus joli que le coeur d'un ami!!!".


4/5 champignons

Une petite annonce????

ABC des petites annonces

Gwénola Carrère
Editions Thierry Magnier
Album Jeunesse à partir de 5 ans
Paru en Février 2009

Thèmes: Annonces, Humour, Animaux.


Résumé:
Un abécédaire dans lequel des animaux de tous poils passent des annonces très farfelues.Mais les désirs fantaisistes des uns répondant aux projets fous des autres, chacun trouvera sa chacune dans une joyeuse ronde !

Cet album n'est pas un journal comme les autres! Tous les animaux de la terre se sont donnés le mot pour passer des petites annonces toutes plus saugrenues les unes que les autres. De l'Araignée célibataire qui cherche un compagnon pour tisser une relation durable, de l'écrivain très prometteur qui cherche un éditeur pour publier son premier livre ainsi que des lecteurs passionnés pour soirées culturelles: araignée, taupe, crocodile, girafe, singe, oiseaux, poissons et insectes... tous se livrent à une rédaction assidue qui mêle humour et fantaisie. Un abécédaire fort sympathique où les dessins multiplient les détails à foison et les couleurs vives afin de nous faire passer un petit moment de lecture bien farfelu!!!!



3/5 champignons