vendredi 27 février 2009

Mariage à l'indienne

Kavita Daswani

LGF/ Le Livre de Poche
Traduit de l'anglais par Pascale Michon
317 pages

*Livre relu dans le cadre de mon Défi perso 2009.

Résumé: " A deux jours de son dixième anniversaire, ma grand-mère était déjà mariée.Ma mère, elle, avait trouvé un mari à vingt ans. J'en avais conclu que si l'on gagnait ainsi dix ans à chaque génération pour arriver à l'âge idéal du mariage, à trente ans au plus tard j'aurais dû trouver un conjoint. Mais, à trente ans, j'étais à mille lieues de convoler, d'où la consternation de chacun au mariage de ma cousine Nina. " Née à Bombay, devenue journaliste de mode à New York, Anju est écartelée entre son envie de vivre à l'américaine, célibataire et libre, et son désir de rester fidèle à ses racines indiennes pour ne pas décevoir sa nombreuse famille.


Mariage à l'indienne est un roman bourré d'humour : Anuj est une célibataire trentenaire. Jusque là rien de bien affolant, mais Anuj est indienne et il ne fait pas bon de ne pas être encore mariée à son âge. La famille indienne affectionne particulièrement les mariages précoces si ce n'est arrangés par des mères qui sont au bord de l'hystérie pour capter l'attention du meilleur parti. C'est une vraie chasse à l'homme, un peu comme les chasses aux maris des romans de Jane Austen. Là c'est version bollywood, autrement dit c'est plein d'une fraîcheur au goût de thé à la rose, de parfums épicés, de plats dégustés et de saris multicolorés. C'est pétillant mais pas que. Il y a une grande part de dérision qui met l'accent sur cette "phobie", cette obsession du mariage. Mais notre héroïne est également tiraillée entre la vie à l'occidentale car elle travaille à New-York et ses traditions familiales, à savoir respecter la volonté des parents, respecter ses racines; elle qui est une femme libre et indépendante mais non mariée!!! Là est tout le drame et l'on suit ses aventures avec un grand enthousiasme. On s'y prend à cette recherche effrénée de l'homme idéal, elle en passe des candidats, entre coup de coeur, déboires et autres "plans" foireux pour satisfaire la maman. Quelle sera son choix final??? Je vous laisse le découvrir. Mariage à l'indienne est un roman plein de charme, entre intrigues austiniennes et "chick-lit" à l'orientale. A conseiller aux célibataires qui s'apercevront d'ailleurs que parfois être seule n'est pas si mal!! Et bien sûr à toutes les autres...


3,5/ 5 champignons

mercredi 25 février 2009

Une nuit @ the call center

Chetan Bhagat


Editions Stock
Traduit de l'anglais par Claire Breton
332 pages

*Livre relu dans le cadre de mon Défi perso 2009.

Résumé: Une nuit de Thanksgiving dans un call-center de la banlieue de Delhi.L'agent Sam (de son vrai nom Shyam) tente d'oublier son ex-petite amie Priyanka qui occupe le poste téléphonique juste en face du sien. Vroom en pince en silence pour sa collègue Esha, obsédée par l'idée de devenir mannequin, perspective évidente d'une vie plus glamour. Radikha, jeune mariée tout énamourée, a prouvé son dévouement pour sa belle-famille très conservatrice en ôtant ses jeans pour endosser le sari traditionnel.Fait également partie de l'équipe Tonton Garde-à-vous, retraité de l'armée indienne, qui travaille au call-center pour arrondir ses fins de mois. Forcés de répondre aux questions saugrenues de clients américains peu au fait de la technologie de leur four à micro-ondes, nos héros ne sont cependant pas insensibles aux charmes du consumérisme à l'occidentale et, pour tenter d'y accéder, ils s'efforcent de se conformer aux désirs farfelus d'un manager incompétent.Tout cela jusqu'à ce que, cette fameuse nuit, Dieu en personne les interpelle - sous la forme d'un coup de fil - et les invite à prendre en main leurs destins. Cette comédie sentimentale rocambolesque compose le portrait d'une part croissante de la population indienne, employée - pour ne pas dire exploitée - par les sociétés occidentales, et notamment américaines. Mais elle s'inspire plus largement des aspirations et des frustrations des armées de travailleurs précaires qui peuplent la planète. Dès la publication de son premier roman Five Point Someone, Chetan Bhagat est devenu l'icône de la jeunesse indienne.Bollywood prépare une adaptation de ses deux premiers romans.


Une nuit @ the call center
est un roman pour le moins surprenant. Se déroulant au cours d'une seule nuit, les chapitres se succèdent au fil des heures. Cela commence à 20h30, heure à laquelle Shyam (qui nous raconte cette histoire) se lève pour commencer sa "journée" de travail. Tous les acteurs de cette nuit travaillent dans un call center où ils répondent et aident les utilisateurs américains à réparer leurs produits électroménagers. Un boulot alimentaire, répétitif, à la chaîne comme on dit mais qui est nécessaire afin de vivre dans un pays dit économiquement faible. Chacun a ses rêves, ses projets mais voyez-vous au cours de cette nuit tout foire. Et oui! Cela commence par un problème technique qui rend les employés du call center inefficaces, leur manager ne sait absolument pas gérer la situation et le trio Radhika, Esha et Priyanka se fait des confidences surprenantes, déroutant leurs collègues masculins Vroom et Shyam. Tous ils décident de déserter temporairement les lieux pour s'octroyer un peu de répit mais surtout pour s'accorder une pause psychologique car tous ont les nerfs à vifs, c'est alors que par la même nuit, le cours de leurs vies va être chamboulé...

Dans ce roman il y a tout ! Intrigues amoureuses, déboires et autres misères de la vie quotidienne. Le récit est foisonnant de détails et l'écriture est haletante, rythmée par des dialogues croustillants, remplis d'une vérité pas toujours facile à accepter. Petit à petit, on sent où l'auteur nous emmène: le récit d'une nuit banale et d'un coup l'arrivée d'un fait extraordinaire, un coup de fil de Dieu, quelque chose d'aussi spontané et incroyable qui se révèle être comme une prise de conscience pour sortir de l'impasse. Un mélange des genres inattendu, qui laisse le lecteur en proie au doute, à l'interrogation. On ne tombe nullement dans quelque chose de lourd ou de burlesque, au contraire il se cache derrière la vie de ces jeunes téléconseillers, une vive critique de la société de consommation, du capitalisme américain. Ca parle aussi de la jeunesse indienne, de ses ambitions ou illusions perdues aux confins de l'exploitation, d'un culte au corps et de ses idéaux en prise avec les traditions ancestrales. Shyam est cette sorte d'anti-héros complètement blasé, totalement à l'ouest, et se considérant comme un loser, dont les propos révèlent un profond malaise social. Le récit prend quelque fois des allures de militantisme mais on s'y embarque allègrement. Un roman "made in Bollywood" où quand un quotidien quelconque devient une aventure rocambolesque...



3,5/5 champignons

lundi 23 février 2009

Lady Susan

Jane Austen

Editions Gallimard
Collection Folio 2 euros
N° 4396
115 pages

Quatrième de couverture: Une veuve spirituelle et jolie, mais sans un sou, trouve refuge chez son beau-frère, un riche banquier.Est-elle dénuée de scrupules, prête à tout pour faire un beau mariage, ou juste une coquette qui veut s'amuser ? Le jeune Reginald risque de payer cher la réponse à cette question. Grande dame du roman anglais, Jane Austen trace le portrait très spirituel d'une aventurière, dans la lignée des personnages d'Orgueil et préjugé et de Raison et sentiments.


Lady Susan est une veuve et une mère peu conforme aux bienséances sociales. Son éducation raffinée lui vaut compliments dans la haute société de Londres mais Lady Susan est une femme pour le moins méprisable et méprisée. Sa réputation est mal assurée notamment auprès de Mme Vernon, sa belle-soeur. Elle affiche une apparence exemplaire, une morale à toute épreuve et un comportement en phase avec les exigences de la mondanité. Mais au fond, si on fouille bien la personnalité de Lady Susan, la mort de son mari ne l'affecte pas et ne l'empêche pas de se faire courtiser. En tant que mère, c'est un échec total puisqu'aucun instinct maternel ni aucune affection ne transparaît dans ses liens et ses échanges avec sa fille. Au contraire, Lady Susan ne tarit pas d'odieux propos quand il s'agit de parler d'elle : "bonne à rien" et "sotte". Oui, on peut dire que Lady Susan cache bien son jeu et mène son monde selon ses intérêts et ses désirs. Seulement tout le monde n'est pas dupe de son air de mère apitoyée et de femme remarquable car si la beauté, du moins l'apparât peut éblouir la galerie d'hommes fortunés, jeunes ou voire déjà mariés, il se peut que sa perfidie se découvre au fil de ses mensonges érudits.


Pourquoi "mensonges érudits"? Assurément, Lady Susan possède un talent indiscutable: mentir et manipuler les esprits à sa volonté. Cela tient du prodige et son savoir en la matière est grandiose, et cela me rappelle une réplique de Monsieur Bennet à sa femme concernant ses talents d'entremetteuse relevant de l'occulte!!! Mais Jane Austen trompe aussi son lecteur. Ne vous attendez pas à voir une flamme d'héroïne briller en Lady Susan. Point d'Elisabeth Bennet à l'horizon car Lady Susan est aux antipodes de la gentille héroïne qu'affectionne tant Jane Austen dans Raison et sentiments, Orgueil et préjugés ou Emma. Lady Susan, certes, nous amuse: sa perfidie, ses plans calculateurs et sa profonde hypocrisie font d'elle une femme toute bouffie de médiocrité et de malveillance. Jane Austen surprend également ses lecteurs en nous composant un roman épistolaire. Les lettres se succèdent et esquissent une galerie de personnages amusants, découvrant au fil de leurs correspondances leurs intérêts, leurs ambitions et leurs médisances. Il en va des vacheries, entourloupes et autres petites jalousies qui ponctuent les échanges et les rendent croustillants. L'art des potins est à son apogée et ma foi, j'ai bien aimé. Ce n'est pas le meilleur Austen mais on retrouve le côté critique de cette société à travers un personnage tout en laideur mais non dénué de malice. Car la vérité n'est pas bonne à dire: en cela Lady Susan révèle une réalité marquante de la société anglaise du XIXe siècle: Mieux vaut se taire qu'attirer la disgrâce et s'il faut médire que cela se fasse dans le confort de l'intimité...

Une lecture plaisante à tenter pour tous les amateurs de notre Austen adorée!


5/5 champignons

Encore tagguée!!!

Leiloona m'a tagguée. En plus il n'y a pas qu'elle! Alors je vais essayer de répondre à tous les tags!! sauf à celui de Book'in sur le tag musical de ta vie, une sorte de BO de tous les moments importants mais là, j'ai peu de temps devant moi!!!

Les règles de ce tag photo sont :

Nommer la personne qui vous a tagué
Ouvrir le dossier IMAGES le plus récent de votre PC et prendre la sixième photo ...
ou
Ouvrir le sixième dossier IMAGES de votre PC et prendre la sixième photo.
Et désigner à votre tour six autres personnes.


J'ai choisi la première option et j'ouvre donc mon dossier le plus récent et je prends la sixième photo et tatin! Par contre je ne taggue personne car pour moi cela commence à être contraignant (plus de 2 tags par semaine!!!)

Mes dossiers Images contiennent beaucoup d'oeuvres de mes illustrateurs et illustratrices préférés! Ici une illustration de Miss Tigri de toute beauté qui représente une belle indienne!!!

samedi 21 février 2009

Le royaume de Kensuké

Michael Morpurgo



Editions Gallimard Jeunesse
Collection Folio Junior N°1437
Traduit de l'anglais par Diane Ménard
Illustrations de François Place
Romans Ados à partir de 10 ans


Je viens de finir mon premier Michael Morpurgo et je ne suis pas déçue. Il est un auteur jeunesse très réputé et connu récemment pour Au pays de mes histoires et Seul sur la mer immense. J'ai commencé par Le royaume de Kensuké, un roman d'aventures s'il en est, sinon d'une amitié insolite entre un garçon de 11 ans et un vieil homme.


Michael est un enfant comme les autres: il aime le football, il va à l'école et est heureux. Lorsque ses parents perdent leur emploi, sa vie va changer. Le père décide d'acheter La Peggy Sue, un bateau et de révolutionner le mode de vie de toute la famille ainsi que de Stella, leur chienne. Faire le tour du monde est un projet incroyable et tout se déroule à merveille. Car le meilleur des apprentissages reste le voyage et la découverte du monde: Australie, Afrique, Brésil. La vie en mer est palpitante et apporte son lot de péripéties. Mais lors d'une nuit, Michael passe par dessus bord. Il se réveille à demi-conscient sur une plage avec Stella. Il a faim, il a soif, il veut retrouver ses parents, la vie d'aventures devient nettement moins excitante. Puis un matin, il découvre un bol d'eau et des bananes. Tous les matins quelqu'un semble lui apporter de quoi survivre. Mais qui est cette personne qui désire rester dans l'ombre ?


On ne peut nier que Michael Morpurgo a un talent de raconteur d'histoires. Dès les premières pages, le lecteur est pris dans cette sorte d'aventure énorme, complètement folle : faire le tour du monde en bateau. Les premiers chapitres nous embarquent dans une expédition où tout se déroule pour le mieux. Mais le talent de l'auteur réside précisément dans cette apparente sérénité et tranquillité, on pressent la chute, on pressent que tout va basculer! Le récit plonge alors dans une fable à la Robinson Crusoé version made in Japan. On sent qu'une amitié va naître entre Michael, l'enfant anglais et Kensuké, le vieillard japonais. Leur amitié est empreinte d'altérité et là Michael Morpurgo nous offre un hommage à l'intercultarité, à la richesse des cultures et aussi à la tolérance : Kensuké est un vieillard silencieux mais même si les deux aventureux ne parlent pas la même langue, leur amitié est forte et émouvante. A travers le dessin et la pêche, chacun dévoile son histoire. L'auteur réunit toutes les ficelles d'un bon roman jeunesse: une histoire originale, un clin d'oeil au classique, des personnages attachants et une fin qui fait de cette lecture un moment qu'on ne peut oublier.


5/5 champignons

vendredi 20 février 2009

Tombe, tombe au fond de l'eau

Mia Couto



Editions Chandeigne
Série Lusitane
Récit traduit du portugais par Elisabeth Monteiro Rodrigues


Quelle ne fut pas ma surprise lorsqu'en ce Lundi 16 février, je vis, en ouvrant ma boîte aux lettres, une grande enveloppe contenant une carte postale et un livre. Ouiii! un livre. Ce petit cadeau me vient tout droit de ma swappée Bookomaton qui, pour remercier, m'a envoyé une sacrée découverte. Alors un grand merci à toi Bookomaton, toi qui a illuminé mon lundi et m'a fait découvrir ce texte merveilleux.

Ce récit n'est pas sans rappeler mes années d'études en ethnologie car Mia Couto est un écrivain africain (Mozambique) de la saudade. La saudade est une expression que l'on trouve en Afrique mais aussi au Brésil et au Portugal, la saudade c'est ce sentiment de nostalgie, un mélancolisme empreint d'un sentiment d'espérance. Le titre original "Mar me quer" joue avec le mot "malmequer" qui signifie marguerite et dont l'équivalent français serait "Il m'aime un peu, beaucoup..." Dona Luarmina joue avec des fleurs invisibles et répète ce refrain "mar me quer, bem me quer". Dans ce récit de l'amour, de l'amitié et de la mort, les coeurs sont malmenés car c'est comme ça que je comprends ce fameux mot "malmequer": c'est la mouvance des coeurs qui se rencontrent, se connaissent et se malmènent respectivement.

Le récit est par conséquent merveilleusement poétique, employant des métaphores: de nombreuses descriptions voire expressions qui sont reliées à la mer, aux vagues comme cette phrase magnifique: "Tu m'aimes?/ Oui/ Reste, reste dans mon bateau./ Tu m'aimes?/ Non/ Tombe, tombe au fond de l'eau." C'est l'histoire d'un pêcheur Zeca Perpétuo, fou amoureux de Dona Luarmina. Au fil de leurs conversations, tour à tour, intimes, déchirantes et parfois un peu osées, ils se racontent leur histoire, leur passé, leurs douleurs. La solitude est forcément présente, ainsi que la vieillesse et le poids des années. Mais avec eux, on voyage. Oui, on voyage et on se délecte de somptueux paysages : la plage, la mer et c'est pourquoi malgré la saudade, il y a cette immense chaleur dans tout le récit. Un soleil invisible qui nous caresse la peau, la saudade qui déroule sa mosaïque de sentiments comme ce vieux proverbe macua qui dit "Le coeur est une plage". Voici un très beau récit doté d'une excellente traduction qui fait rêver ; et voyez-vous c'est tout ce que l'on demande d'un bon livre!!! Qu'il puisse nous faire évader et voyager. Un texte sublime...

"Nous levons l'ancre, rêvons le voyage: seule la mer voyage toujours."



4/5 champignons

Admise ????

Cela fait un moment que je vois sur vos blogs le fameux logo des LCA à savoir Lecteurs Compulsifs Anonymes et dont le logo fut crée par Allie. Alors, je zieutais et je me demandais si, au tout début de ce blog, je pouvais utiliser ce logo c'est-à-dire si je pouvais me considérer comme faisant partie des LCA. Après quelques mois, la réponse est évidente et j'annonce donc mon adhésion totale et soumise à cette belle famille. Vous trouverez un petit flashback des conditions requises pour intégrer le groupe chez La Bibliothèque d'Allie. Je rappelle quelques principes inhérents à l'insertion de ce logo: (les phrases en rouges sont celles pour lesquelles je me considère comme LCA)



1- Le LCA ne peut s'empêcher de noter TOUS les titres qui lui font envie. Cette manie s'accompagne régulièrement d'une passion pour les listes en tout genre: listes papier, liste informatisées, listes sous logiciel spécial ou sous excel, en vue de ne pas perdre de vue la liste faramineuse de titres qui lui font envie.

2- Le LCA devrait, par principe, ne plus être admis dans les librairies. Il y vide régulièrement son portefeuille et ne peut s'empêcher d'être attiré par la grande majorité des livres qui s'offrent à lui. Il ressort rarement de la dite librairie les mains vides. Il fait la joie des libraires.

3- Le LCA parle de son blog, de ses lectures, de ses copains de la blogosphères à tous ses amis. Certains le croient toqué et se posent des questions sur son état mental. Le LCA s'en fout.

4- Le LCA achète et note plus de livres qu'il ne pourra jamais lire dans toute sa vie. (Mais ça!! on sait pas, qui sait le LCA peut vivre centenaire et espérer lire beaucoup beaucoup de livres!!! )


C'est donc avec un immense plaisir, si vous m'acceptez et recevez positivement cette candidature; que Sous le feuillage accueillera désormais le célèbre logo des LCA accomplis...Par contre, on est bien d'accord que je suis bel et bien démasquée et que le caractère "Anonyme" s'avère un peu relatif!!!!!

Le chat qui venait du ciel

Takashi Hiraide


Editions Philippe Picquier
Picquier Poche
Traduit du japonais par Elisabeth Suetsugu
130 pages

Quatrième de couverture: Voici un roman touché par la grâce, celle d'un chat " si petit et si frêle qu'on remarquait tout de suite ses oreilles pointues et mobiles à l'extrême ".Quand un jeune couple emménage un jour dans le pavillon d'une ancienne demeure japonaise, il ne sait pas encore que sa vie va s'en trouver transformée. Car cette demeure est entourée d'un immense et splendide jardin, et au cœur de ce jardin, il y a un chat. Sa beauté et son mystère semblent l'incarnation même de l'âme du jardin, gagné peu à peu par l'abandon, foisonnant d'oiseaux et d'insectes. Tout le charme infini de ce livre tient dans la relation que le couple va tisser avec ce chat qui se fond dans la végétation exubérante pour surgir inopinément, grimpe avec une rapidité fulgurante au sommet des pins gigantesques, frappe à la vitre pour se réconcilier après une brouille. Un charme menacé, car ce qui éveille en nous la beauté et appelle le bonheur est toujours en sursis. Hiraide Takashi, qui est avant tout poète, a insufflé une lumineuse et délicate magie à cette histoire du " chat qui venait du ciel ", son premier roman, largement autobiographique.


C'est la faute à Mimienco, oui! Vous avez bien entendu! Alors que nous nous promenions en librairie, inopinément, nous sommes tombés sur ce charmant livre de poche, dont la couverture est à craquer. Moi qui ne suis pas du tout friande de littérature asiatique car je ne sais jamais quoi lire, voici que Mimienco prend le livre, le feuillete nonchalemment et me dit qu'il a l'air bien. Voyez-vous, Mimienco s'y connaît mieux que moi pour ce genre de littérature; aussi quand je la vis prendre le dit livre, j'ai eu comme une soudaine envie de le prendre aussi. En plus la couverture était si belle. Tout ceci conjugué, me voilà repartie avec un livre bien mimi sans trop savoir si sa lecture allait me plaire...Et bien là, n'ayez aucune inquiétude car oui, Le chat qui venait du ciel est un petit plaisir dont il ne faut pas se priver.


Le roman nous installe dans une atmosphère paisible, emplie d'un charme presque bucolique: une demeure japonaise qui abrite un merveilleux jardin, avec de somptueuses couleurs et un chat. Le couple qui y vit n'a ni enfants, ni animal de compagnie. Pourtant ils vivent heureux. Etrangement, doucement, au fil du temps qui coule et déroule son quotidien imperturbable; le chat qui appartient aux voisins du couple, défile et s'immisce dans leur intimité et leur confort conjugal. Une relation d'amitié et d'amour se crée alors entre Chibi, le nom du chat donné par le couple, et ces deux êtres qui d'une certaine manière refusent l'attachement.
Douceur, légereté et poésie se mêlent à merveille dans une écriture délicate et subtile. L'auteur déploie une finesse où l'étrange, l'insoupçonnable devient réel et prévisible. Ce couple qui n'a ni enfants ni animal, se prend d'affection pour ce chat qui véritablement vient du ciel car ce petit être si énigmatique, à l'attitude si changeante et bougonne, leur fait prendre conscience de ce sentiment indéfinissable qu'est l'affection, la réciprocité. Le chat qui venait du ciel est un roman original car dans la proximité des êtres et des choses naît une relation romanesque aussi quotidienne que déroutante. C'est un roman intimiste qui saisit les instants rares, des instants qui ont l'air sans importance mais qui dévoilent la richesse de la vie. Il y a aussi beaucoup de mélancolie et une tristesse palpable, mais Le chat qui venait du ciel fait partie de ces romans japonais où le présent devient onirique et les souvenirs précieux. Un bon roman où légereté rime avec singularité.


4/5 champignons

dimanche 15 février 2009

L'Etrange histoire de Benjamin Button

Suivie de Un diamant gros comme le Ritz

Francis Scott Fitzgerald


Editions Pocket
Traduit de l'anglais par Dominique Lescanne
117 pages


Alors que le film adapté de la nouvelle L'étrange histoire de Benjamin Button bat son plein actuellement, j'ai voulu m'essayer au style F S Fitzgerald. Je n'ai pas été déçue car je fis de cette lecture mon petit quatre heures d'hier après-midi. Très vite lues, ces nouvelles sont néanmoins trop courtes, si bien que l'on reste un peu sur sa faim.


L'Etrange histoire de Benjamin Button
est une histoire à la fois dramatique et comique. Un homme et sa femme ont un fils mais il y a eu comme un petit bug : à la naissance, ce n'est pas un bébé qu'ils ramènent à Baltimore, c'est un vieux de 70 ans. Au fur et à mesure que le temps passe, Benjamin rajeunit alors que la vie suit son cours normal autour de lui: ses parents vieillissent, Benjamin se marie à 50 ans mais plus sa femme vieillit, plus il rajeunit. Et lorsque le fils de Benjamin, Roscoe se marie, son père devient un enfant. La fin est inévitable, elle conduit à la mort de Benjamin qui retourne à l'état d'embryon, pourrait-on dire. Cette nouvelle met en avant l'idée du temps mais aussi ce décalage entre les générations. On se pose énormément de questions et on se demande ce que l'auteur a voulu nous faire comprendre. Vivre sa jeunesse avec l'idée de la mort ou vivre sa vieillesse en regrettant son passé? Quoiqu'il en soit l'idée de la vie, de la mort, que les deux soient complémentaires est omniprésente. Pourtant le style de Fitzgerald est alerte, vif et drôle. C'est court mais on s'amuse. En ce sens, la nouvelle est un genre qui se vend bien dans la mesure où l'on plonge dans une histoire dont on ne veut plus lâcher les pages. Avant de lire les nouvelles, j'ai regardé la biographie de Fitzgerald, on savait que sa femme avait des troubles mentaux et que lui-même avait des problèmes d'alcool et sa santé déclinait. Si bien qu'en lisant L'Etrange histoire de Benjamin Button je sentais cette obsession de la décadence, de la vieillesse comme si on ne pouvait pas y échapper mais plus encore alors que Benjamin recouvre la force, la vigueur d'un âge jeune, il y a quelque chose qui ne colle pas: cette peur de la mort, que tout prenne fin. Cela dit il manque quelque chose d'essentiel et qui à mon avis vient du fait que la nouvelle soit trop courte. L'Etrange histoire de Benjamin Button, c'est la vie d'un homme à l'envers, alors que Benjamin se marie, a des enfants, qu'il voit ses parents vieillir alors que lui retrouve la vitalité, l'auteur ne mentionne pas les sentiments. Je veux dire ce doit être affreux de voir la vie défilée sous ses yeux mais au final c'est assez étrange c'est comme ci les personnages ne ressentaient rien.



Un diamant gros comme le Ritz
est tout ce qu'il y a de plus fringuant et captivant. Pourquoi? Un étudiant rencontre un autre étudiant qui l'invite à passer l'été chez lui. Au cours du voyage, Percy eplique à John que sa famille détient une fortune colossale, mais que le lieu de toute cette richesse doit rester secret. Arrivé sur les lieux, John n'en croit pas ses yeux: une montagne avec des diamants, un château, des jardins. John va tomber amoureux de Kismine, la fille de Monsieur Washington. Ce dernier va jusqu'à tuer afin que des petits curieux ne dévoilent pas leur fabuleuse découverte. John apprend par hasard que des amies de Kismine ont été assassinées afin qu'elles ne racontent pas leurs vacances d'été. Notre héros comprend que ce sera bientôt son tour...
Avec Un diamant gros comme le Ritz, on nage en plein délire psychotique. Dès le début, je me suis méfiée. Il y avait anguille sous roche derrière toute cette exubérance et cet étalage de pierres précieuses, de salles de bains avec home cinéma et programme d'eau intégrés!! Je ne sais pas pourquoi mais cela m'a fait penser à Charlie et la chocolaterie, parce que tout était complètement psychédélique, non plutôt excentrique, notamment la manière dont John et Percy entrent sur les terres inconnues. C'est une nouvelle fort amusante avec ce léger trouble sous-jacent. L'idée de la guerre est aussi présente d'ailleurs Fitzgerald en fait allusion dans les deux nouvelles.


Je crois que j'ai tout dit sur cette lecture, je pense que l'on ne perd rien à lire ce petit livre non seulement en termes de temps (2h) et en termes d'argent (1,50 euros). C'est fort intéressant autant que divertissant.



D'autres infos sur le film et la nouvelle chez
Mimienco et Karine. Si j'en oublie! Donnez-moi vos liens!!!




3,5/5 champignons

Le vieux qui lisait des romans d'amour

Luis Sepulveda



Points

Format Poche
Traduit de l'espagnol par François Maspero
N°70
120 pages



Prix France Culture étranger 1992
Prix Relais H du roman d'évasion 1992






Antonio José Bolivar est un homme qui a bien vécu. Sa vie est toute une aventure, commencée par une histoire d'amour, un périple à la recherche du bonheur, puis après la mort de sa femme; il s'en va au coeur de l'Amazonie, au fin fond de la jungle. Là, à la rencontre des Shuars, il découvre un autre monde, un mode de vie différent au contact de la nature, une nouvelle harmonie de vivre. Il est curieux, il s'inspire des Shuars et devient comme eux. Le vieux qui lisait des romans d'amour raconte l'histoire d'Antonio José Bolivar et saisit au vol une chasse : Un animal dangereux attaque les hommes du village d'El Idilio et le maire charge Antonio de le traquer et de le tuer. Le vieux c'est aussi d'une certaine manière le plus sage parce qu'il connaît la jungle comme sa poche, mais bien vite on comprend qu'il ne s'agit pas que d'une chasse, c'est aussi une quête de l'esprit à laquelle se livre Antonio, qui affectionne particulièrement les romans à l'eau de rose. Mais pourquoi les romans sentimentaux? Le vieux qui lisait des romans d'amour est mené avec brio: le côté rocambolesque tient au récit des aventures, des épreuves que subit le personnage principal. On est pris par ces rites initiatiques, cette autre vision du monde. Le roman de Luis Sepulveda est aussi une critique à peine voilée de la barbarie des hommes. Le village El Idilio est un leurre, une formidable utopie de l'Eldorado. Il y a le sang, la sueur, le goût de la peur. D'une certaine manière, Antonio fuit son monde en lisant des romans d'amour car là où il vit, au creux de l'Amazonie, les Gringos et les Shuars, tout ceci est loin d'être rose. La jungle abrite ce côté terrifiant et Antonio cache une souffrance bien ancrée. Il n'est pas tout à fait heureux et son "combat" avec l'animal est porteur de sens. Mais ce qui plaît le plus dans ce roman, c'est cet aspect mi sauvage, mi civilisé. L'auteur exprime cet autre rapport au monde, enfoui dans les rituels des Shuars. En cela on peut dire que Le vieux qui lisait des romans d'amour est en quelque sorte un roman ethnologique qui rencontre l'Autre. Cet autre homme qui vous en apprend beaucoup sur soi-même. Un très bon roman, qui se lit vite et dont il ne faut pas se priver...



3/5 champignons

Au temps de l'amour

Yamaji Ebine

Editions Asuka

Mot de l'éditeur: Jeune artiste célibataire, Shiori est aussi réservée que secrète.Le seul à recueillir ses confidences est son meilleur ami, Toda, étudiant à la faculté. Mais tout bascule le jour où elle rencontre (est-ce le hasard ?) Kageyama, camarade d'université de Toda, qui semble aussi solitaire qu'elle. Fascinée par le jeune homme, elle va chercher à en apprendre un peu plus sur lui, jusqu'à ce que la fatalité fasse naître le début d'une étrange histoire d'amitié. La poésie et la légèreté côtoient la noirceur et les vices de l'âme humaine pour interpréter une symphonie sur la naissance d'un amour et d'une amitié sans commune mesure.


Attirée par une couverture de toute beauté et par un résumé mystérieux, je me suis plongée sans me renseigner davantage sur le contenu de ce manga. One shot, l'histoire se déroule sur 328 pages. Une jeune fille que l'on sent fragile, nous explique qu'elle croise et recroise au gré des jours qui passent le même jeune homme. Son meilleur ami Toda le connaît et lui raconte une histoire troublante, assez glauque. Il s'appelle Seiji Kageyama, il est homosexuel et son compagnon a été assassiné. La seule chose qui restait du corps était des oreilles découpées. La jeune fille est étrangement attirée par Seiji alors que c'est un garçon distant et profondément solitaire. Mais Shiori cherche et erre au bord d'une rivière. Elle fait une mauvaise rencontre et c'est le drame, elle se fait violer. Seiji n'arrive hélàs pas à temps pour la sauver mais il va l'aider à affronter cette épreuve. Les deux jeunes gens se comprennent au-delà du langage et des paroles futiles: un regard, un geste. Il leur faut peu de temps pour s'attacher. Mais peut-on parler d'amour?

Ce manga est inclassable. A vrai dire je suis perplexe autant par le sujet peu banal que par le dessin incroyablement fin et délicat. Sans parler de poésie, c'est une tendresse qui s'échappe de ce one shot aux contours éthérés et à l'intrigue elliptique. On ne sait pas trop où l'on va mais on se laisse embarquer par cette étrange relation. A chaque instant on sent que tout peut basculer. Les sentiments ne tiennent qu'à un fil. Au final, on ne sait pas trop ce que l'auteur veut nous dévoiler: la fin révèle un flou sentimental déstabilisant. J'ai pas tout compris mais je pense que l'interprétation peut être personnelle. Non pas que ce soit compliqué... c'est plutôt porteur de questions. Au temps de l'amour ne peut laisser indifférent mais par contre sa lecture reste insaisissable, impénétrable. Seul bémol: j'ai été étonné de retrouver des expressions fortement occidentales dans un manga japonais!! qui plus est complètement en décalage avec la délicatesse et la subtilité qu'inspirent les personnages, en décalage avec l'esprit du manga. Shiori et Seiji, deux êtres tourmentés par les aléas de la vie mais qui finissent par guérir car l'un est toujours là pour rattraper l'autre. Une étrange histoire de réciprocité sur fond d'un dessin sublime.



3/5 champignons

Encore tagguée!

Cette semaine Julien m'a taggué!! Et oui encore un! Comme je disais il doit bien y avoir un tag qui circule toutes les semaines! C'est avec plaisir que je joue le jeu car je sais bien que vous êtes tous et toutes curieuses de mes petites habitudes, tics, tendances, hics et autres trucs quotidiens que je pourrais vous cacher si ce tag n'existait pas. Alors voilà avant de me dévoiler je rappelle le règlement:


1. Mettre le lien de la personne qui nous a taguée.
2. Mettre le règlement du tag sur le blog.
3. Mentionner 6 choses, tics ou habitudes sans importance sur vous-mêmes.
4. Passer le tag à quatre blogueurs.



Et les nommées sont:

-Tous les soirs, je mets mon réveil à 5h 10 du matin, lequel ne sert à rien car je n'ai pas besoin de réveil pour me lever!!!! Mais je le fais quand même en prévision, juste au cas où...

-Je ne passe pas une journée sans allumer mon ordinateur et vérifier mes mails et commentaires. De préférence le matin avant de partir au boulot et surtout quand je lis vos commentaires ça me met du peps et de la joie pour toute la journée.

-Après avoir éteint la lampe, avant de m'endormir, je me mets en boule et je parle à mon papa. C'est une habitude, par contre je ne sais pas si c'est sans importance mais en lui parlant tous les soirs je garde le lien même si il n'est plus là. Tous les soirs je lui dis Je t'aime.

-Toujours ton thermo rempli de thé tu emporteras au bureau et tous les matins tu en offriras une tasse à tes collègues.

-Pas un jour sans lectures et si le cas échéant, c'est la mort dans l'âme que je m'y résigne.

-Dernière habitude: je pousse des cris de midinette à chaque fois que je regarde une scène d'amour qui me fait craquer et je soupire...


Voilà!!!! Alors maintenant pour refiler le tag, bon courage! Qui ne l'a pas encore fait????? Je tague tous les volontaires (oui, oui, je sais c'est facile mais bon!!!!on est dimanche jour de repos!!)

Swap Asiatique

Je l'ai reçu Vendredi 13 Février. Je l'ai ouvert le samedi 14 pour me consoler de ma solitude en ce jour de Saint-Valentin. Et voilà ce qu'Emma m'a offert pour ce swap asiatique:





Trois petits marques pages aux magnifiques paysages d'Asie.

La Joueuse de go de Shan Sa (ça tombe bien il est sur ma LAL)

Mon premier livre de chinois, un livre jeunesse pour apprendre le chinois.

Des bonbons au tamarin (je ne connais pas!)

Des cacahuètes lait de coco (J'adore c'est super bon)

Pour la boisson j'ai eu une boisson au Ginseng (mais je ne la boirais pas, car le flacon me fait penser à du médicament, ça me rapelle les pharmacies vietnamiennes où l'on trouve des flacons du même genre avec une tête de serpent à l'intérieur... un de mes nombreux souvenirs "détails" de mon voyage au Mékong!)

Une bougie verte

Voilou! Je remercie Emma et Hamnessa pour l'organisation de ce swap Littérature asiatique dont vous retrouverez tous les détails ici.

lundi 9 février 2009

Le cycle d'Anne

Je les ai reçus la semaine dernière! Amazon a été plus que rapide et efficace! Commandés le 4 février, reçu le vendredi 6 février! Fantastique! Incroyable et ils sont tout neufs et magnifiques!
Cette saga c'est le Cycle d'Anne. Anne Shirley, orpheline recueillie par un couple: un frère et une soeur. Cette petite fille lit énormément et elle s'inspire de ses lectures pour rendre sa vie rocambolesque et so romantic! Je ne vous en dis pas plus! J'ai hâte de les lire! Ecrit par Lucy Maud Montgomery, le cycle d'Anne contient 6 titres: Anne La Maison aux pignons verts; Anne d'Ingleside; Anne quitte son île; Anne au Domaine des Peupliers; Anne dans sa maison de rêve et Anne d'Avonlea. Il y a aussi le téléfilm que la chaîne M6 repassait en boucle pendant les vacances scolaires et qui s'intitule Le Bonheur au bout du chemin ...






dimanche 8 février 2009

Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi

Mathias Malzieu

Editions J'ai Lu
Collection Nouvelle Génération
150 pages

*Livre relu dans le cadre de mon Défi perso 2009.



Quatrième de couverture


" Comment on va faire maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi ? Qu'est-ce que ça veut dire la vie sans toi ? Qu'est-ce qui se passe pour toi là ? Du rien ? Du vide ? De la nuit, des choses de ciel, du réconfort ? " Mathias, une trentaine d'années mais une âme d'enfant, vient de perdre sa mère. Sans le géant qu'il rencontre sur le parking de l'hôpital, que serait-il devenu ? Giant Jack, 4,50 mètres, " docteur en ombrologie ", soigne les gens atteints de deuil. Il donne à son protégé une ombre, des livres, la capacité de vivre encore et de rêver malgré la douleur. Il le fera grandir. Mathias Malzieu nous entraîne dans un monde onirique, intimiste et poignant, dans la lignée d'un Lewis Carroll ou d'un Tim Burton.


Maintenant qu'il fait tout le temps nuit
sur toi est un roman coup de coeur. Le premier livre que j'ai lu de Mathias Malzieu et je suis désormais fière de clamer que j'ai connu l'écrivain avant même le chanteur du groupe Dionysos! Je me souviens avoir tellement aimé ce premier roman que je suis ressortie dans la foulée pour chercher le deuxième La Mécanique du coeur.


Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi
est une phrase poétique, une métaphore pour signifier la perte d'un être cher. L'auteur a perdu sa mère. Si ce roman est aussi bouleversant c'est grâce à ce côté autobiographique. On sent le vécu, ça sent la douleur, la fatigue et les souvenirs. Sorte de combat, d'un acharnement féroce à refuser la mort, l'auteur se livre à des divaguations burtoniennes. La réalité devient un flou artistique si bien que le lecteur est pris dans ce récit onirique. L'écriture de Mathias Malzieu ou plutôt devrais-je dire son style littéraire est hors du commun: un peu sauvage, en dehors des classiques, il revendique une plume alerte et originale. Bref c'est pas du déjà lu! Fortes sont ses paroles, un langage qui s'inscrit en dehors du temps, en dehors de l'espace. Mathias Malzieu signe là un roman du deuil gris de ton mais éclatant de verve. Les images et les métaphores défilent sous nos yeux avec une telle puissance évocatrice que l'on est forcément happé par l'histoire. Seul sur le parking de l'hôpital, Mathias rencontre le géant Jack. Une énorme ombre, un passeur, un docteur en ombrologie qui est une sorte de guide pour éviter que les vivants ne sombrent dans le désespoir après la perte d'un être cher. Mais petit à petit il devient la clé pour le Pays des morts, un espoir à peine audible pour celui qui reste sur terre: un espoir fou celui de faire la traversée pour cet autre monde et de retrouver sa mère.

Maintenant qu'il fait tout le nuit sur toi
, c'est ce voyage initiatique pourrait-on dire, une traversée pour faire le deuil. Entre réalité et conte fantasmagorique, le récit oscille entre deux mouvances littéraires: onirisme et fantastique car on croise des ombres, des fantômes, des visions désenchantées du cimetière... Mathias Malzieu jette un regard surprenant sur la mélancolie, ces souvenirs qui nous hantent. Son pouvoir d'imagination met en scène un être souffrant, en colère, désabusé à la recherche de ses rêves, de ses fragments perdus de bonheur, en quête des morceaux éparpillés du passé. Alors on erre, on vagabonde, on se perd avec Jack dans les méandres du pays des morts, on vole, on tombe, on s'égare, puis finalement on se retrouve. Car pour mieux s'en sortir, pour guérir un peu de la mort et recommencer à vivre, il faut faire ce road movie à la fois bizarre et mystérieux. Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi, est une lecture inexprimable tant elle recèle des petites merveilles, des bouts de phrases incroyables, qui touchent le lecteur et le prennent par la main pour cette traversée hallucinée mais pas si illusoire que cela: quand on perd quelqu'un, la mort est une sorte de frontière imperceptible. Et le roman de Mathias Malzieu contient cette description poétique du réel qui devient dès lors étrange car son récit possède une tonalité violente et l'ensemble témoigne d'une grande originalité à la fois narrative et spirituelle.


Vous l'aurez compris, Mathias Malzieu est un de mes auteurs favoris et je me sens bête voire penaude à vouloir retranscrire avec des mots aussi faibles toute la passion qu'il communique quand je le lis. Mais je suis heureuse car beaucoup d'autres lectrices l'apprécient telles que Mimienco et Restling. Mais je vous en prie, faites moi savoir si j'oublie des billets car je suis enthousiaste de connaître d'autres avis...


J'avais déjà parlé de La mécanique du coeur ici. Il y a aussi les BO des livres, les chansons qui accompagnent la lecture des romans. Ci-dessous, un extrait de Giant Jack, pour Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi.




Dionysos Giant Jack le CLIP
envoyé par cabotfilms

samedi 7 février 2009

Le temps des miracles

Anne-Laure Bondoux


Bayard Jeunesse
Collection Millezime
Paru en Janvier 2009
Roman adolescents à partir de 12 ans

Quatrième de couverture: Lorsque les douaniers m'ont trouvé, tapi au fond d'un camion à la frontière française, j'avais douze ans et j'étais seul.Je n'arrêtais pas de répéter " jemapèlblèzfortunéjesuicitoyendelarépubliquedefrancecélapurvérité ". Je ne savais pas que mon passeport était trafiqué, et en dehors de ces quelques mots, je ne parlais que le russe. Je ne pouvais pas expliquer comment j'étais venu du Caucase jusqu'ici, dans le pays des droits de l'homme et de Charles Baudelaire. Surtout, j'avais perdu Gloria. Gloria Bohème, qui s'était occupée de moi depuis que ma mère avait disparu.Avec elle, j'avais vécu libre, malgré la guerre, malgré les frontières, malgré la misère et la peur. Elle me manquait terriblement, mais j'ai toujours gardé l'espoir de retrouver cette femme au cœur immense, qui avait le don d'enchanter ma vie. Une histoire d'exil bouleversante sur la vérité, le mensonge et la quête du bonheur.


Dans Le temps des miracles, Anne-Laure Bondoux réinvente l'histoire de l'exil et la transforme en une épopée d'un genre romanesque. Nous faisons la connaissance de Koumaïl, un enfant qui a été recueilli après un terrible accident, par Gloria. Gloria Bohême, comme on l'appelle, vient du Caucase. Koumaïl et elle sont inséparables. Chaque soir, Gloria raconte une histoire, la vraie histoire de Koumaïl et lui parle d'aventures, d'exil afin qu'il retrouve son pays: la France; pays dans lequel Koumaïl deviendra Blaise Fortune. Mais avant de goûter à cette liberté, celle d'exister et de vivre libre, Koumaïl devra affronter les périples de la fuite, de la famine, d'un avenir qui chaque jour, contient son lot de malheurs et d'incertitude. Car Gloria et Koumaïl sont de vrais compagnons d'infortune. Mais le moment arrive, où ils devront se séparer...

Chut! Je n'en dis pas plus! Je vous laisse découvrir un petit bijou! Mais attention en le lisant, vous risquez d' "attraper un désespoir" car l'histoire de Koumaïl est tragique et injuste. Anne-Laure Bondoux signe là un roman jeunesse d'une grande sensibilité, qui marque une inflexion profonde pour une actualité toujours de mise. Celle des clandestins, de leurs conditions, de l'état physique et moral dans lequel ils effectuent la traversée pour le pays des droits de l'homme. Les sentiments profonds qu'éprouvent l'enfant pour Gloria et inversement, cette protection de Gloria envers lui, sont empreints d'un réalisme saisissant et bouleversant, car même séparés, même après le temps qui passe, leur amour reste intact, faisant peau neuve sous le jour naissant d'une vérité qui nous ébranle. Dans Le temps des miracles, il y a une chaleur infinie, une fin triste mais il reste de ce livre des sentiments forts et beaucoup de tendresse. On y apprend que tout exil est une vie bohême, une vie où l'on s'attache et se détache de personnes que l'on croise et qu'on apprend à aimer. L'exil c'est ce vient et va des rencontres, de ces personnes que l'on reverra sans doute jamais mais qui restent au fond du coeur. C'est Le temps des miracles pour tous ceux que l'on quitte mais pour qui on se bat chaque jour. C'est le temps des mémoires, des souvenirs ineffaçables. Anne-Laure Bondoux transmet cette déchirure de l'âme, cette espérance qui perdure, car Le temps des miracles c'est finalement ce voyage pour trouver sa place dans le monde, pour enfin cesser de fuir et commencer à vivre.


Si ce n'est pas déjà fait, faites cette traversée avec Koumaïl ou Blaise Fortune, comme vous voudrez, car tout ce qu'il demande c'est de faire ce petit bout de chemin avec vous...


Plus d'infos???
Allez voir chez Clarabel et Gaëlle la libraire.

Si vous avez le temps, retrouvez Anne-Laure Bondoux sur ce blog pour Les larmes de l'assassin.



3,5/5 champignons

vendredi 6 février 2009

Retour à la forêt


Ha Jae Kyoung
Editions Sarbacane
Album Jeunesse dès 5 ans
Paru en Février 2009

Thèmes: Eléphant, cirque, mort.



"Toute sa vie, le petit éléphant a travaillé dur au cirque.Désormais trop vieux, il doit partir au zoo pour y finir ses jours. Mais cette nuit-là, une étrange apparition vient le visiter. Son rêve de retrouver la forêt de son enfance va-t-il se réaliser ?"


En collaboration avec Amnesty International, cet album est destiné à sensibiliser les lecteurs sur la lutte pour la liberté des animaux. L'histoire en elle-même est émouvante mais elle n'est pas si éloignée de la réalité dans le sens où de nombreux animaux meurent alors qu'ils sont en captivité. C'est le cas de cet éléphant, qui durant toute sa vie, fut prisonnier dans une cage, contraint à présenter des numéros pour un cirque. Alors qu'il est fatigué et vieux, il ne peut plus suivre le rythme des tournées. Il reste dans sa cage derrière un chapiteau, livré à son sort, livré à ses souvenirs de la forêt... Des souvenirs de liberté gâchés par le marchandage de son maître, qui ne pouvant plus rien retirer de lui, propose de le transférer dans un zoo, là où il aura sa place! Quitter sa cage pour une autre...L'éléphant est bien triste et une nuit, il rêve de pouvoir revoir sa nature. Un esprit lui ouvre la porte de sa cage et l'accompagne pour un voyage aux sources: il sent l'air pur, prend un bain de boue, et renoue avec ses bons souvenirs. L'éléphant est heureux et joyeux, il a retrouvé la paix et sa liberté tant chérie. C'est le retour à la forêt. Hélàs, le matin, l'éléphant est retrouvé mort, seul, dans sa cage. Il est enterré près de la forêt. Ce voyage était son ultime rêve: celui de ne plus jamais quitter sa forêt...

J'ai eu un vrai coup de coeur pour cet album si délicat, rempli de mélancolie et qui inspire une profonde tristesse. Les couleurs et le graphisme sont tout en finesse, les contours sont fluides. Mais ce sont surtout les couleurs un peu sombres, mais pourtant si belles, qui dégagent une atmosphère paisible et si chagrine. On reconnaît un peu le style asiatique dans la patte de Ja Hae Kyoung. Illustrateur à surveiller de près car cet album est magnifique. Certes, c'est poétique et onirique mais il y a quand même une petite boule au ventre car le message, comme je vous l'ai dit plus haut est un vrai appel à la protection des animaux.


5/5 champignons

jeudi 5 février 2009

Au pays magique

François David

Eric Battut

Editions Sarbacane
Album Jeunesse dès 4 ans
Paru en Février 2009







Thèmes: Magie, imaginaire, rêve.

Un album poétique, où le texte mêle l'imagination et le rêve d'un monde totalement mélancolique, parfois heureux... Une série de phrases, toutes en rimes subtiles, un court récit délicat: "Au pays magique, les arbres aiment se promener sur les nuages comme sur des tapis volants...Au pays magique, en haut des montagnes on peut boire le soleil à la paille comme un gros jus d'orange... Au pays magique, les bonhommes de neige ne fondent pas même en plein été... Au pays magique, les mouettes peuvent prendre des douches bien chaudes sous les jets d'eau des baleines... Au pays magique, la lune chasse les noirs nuages. Elle ne conserve que les roses pour protéger les amoureux..." Et d'autres perles merveilleuses, qui mettent en scène un monde impossible mais qui devient réel sous le crayon fluide et harmonieux d'Eric Battut; que l'on connaît déjà grâce à Artéo l'artiste. Il y a de jolies couleurs éclatantes, des dessins originaux, qui laissent songeurs. Les illustrations collent parfaitement au texte d'une nature sublime, car elles expriment le pouvoir de l'imagination. Au pays magique, on croise des épouvantails, un hibou, une girafe, le papa Noël qui se démène pour qu'il n'y ait plus d'enfants malheureux! On fait connaissance avec un imaginaire enfantin, foisonnant à souhait et propice à des pensées joyeuses. Imaginez des routes qui s'arrêtent pour laisser passer les hérissons. Rêvez de ballons blancs qui perdus dans l'océan se transformeraient en étoiles filantes! Laissez-vous emporter dans cet univers un peu fantasque mais si fantastique! Laissez vos enfants rêvez que le monde dans lequel ils vivent est un monde étonnant et surprenant. Laissez-les rêver que le Pays magique peut, un jour, se réaliser...


5/5 champignons

mercredi 4 février 2009

Question de Temps

Un collègue de travail m'a raconté qu'il regardait les épisodes de Twilight Zone, La Quatrième Dimension. Et il me demandait si je connaissais Henry Bemis. Henry Bemis est un lecteur compulsif! Il lit tout! Des livres, des journaux! Tout y passe! Son travail, sa femme sont des obstacles pour cette passion dévastatrice!! Mais que c'est drôle! J'ai donc cherché les épisodes sur Google et je suis tombée sur le billet de Clarabel qui en parlait déjà ici et a mis l'épisode intitulé Question de Temps. A mon tour, puisqu'il s'agit d'une réelle découverte et pour remercier mon collègue, je vous met cet épisode en deux parties! Je ne vous raconte pas tout, et même si la totalité dure environ 25 minutes, c'est vraiment bien fait et bien réfléchi. Bref, j'ai adoré! Comme je comprends Henry Bemis, le pauvre... Bichette, il vit dans un monde qui ne le comprendra jamais! Regardez jusqu'au bout, ça vaut le détour!!! Mon passage préféré reste la torture que sa femme lui inflige! Des gribouillis sur son livre! Quelle horreur!!!!



Twilight Zone - Question de Temps 1/2
envoyé par m0r4d



Twilight Zone - Question de Temps 2/2
envoyé par m0r4d


MERCI Hervé!!!

lundi 2 février 2009

Oublie les mille et une nuits

Marco Varvello

Bayard Jeunesse
Collection Millézime

Traduit de l'italien par Jacques Barbéri

Paru en Janvier 2009

Roman adolescents dès 12 ans


Mot de l'éditeur: D'origine pakistanaise, Salima est une jeune musulmane parfaitement intégrée à son pays, l'Angleterre.Au sein de sa famille et au lycée, elle a su trouver l'équilibre entre le respect des traditions et la vie moderne d'une fille de son âge. Aussi, quand ses parents lui annoncent qu'ils iront avec sa petite sœur Shazia au Pakistan, ne se doute-t-elle de rien. Son grand-père est à l'article de la mort, et une dernière visite s'impose. Mais très vite Salima va comprendre la vraie raison de ce voyage : ses parents ont décidé de la marier avec un lointain cousin, sans lui demander son avis.


Je ne vais pas vous faire un long résumé de l'histoire, je pense que le mot de l'éditeur est un excellent prémisse au roman. Sachez simplement qu'il s'agit de Salima, jeune ado d'origine pakistanaise qui vit dans une banlieue de Londres. Son histoire est poignante et renversante bien qu'elle se finisse plutôt bien pour la jeune fille. Mais toutes n'ont pas eu sa chance. Je vous livre mes impressions à chaud car je viens de finir les dernières pages et j'ai été bouleversée, incroyablement touchée par une histoire qui hélas dépasse de loin la fiction pour rejoindre la réalité.


Une réalité cruelle: celle du mariage forcé et des crimes d'honneur. Le roman est assez bien écrit. Marco Varvello est un journaliste italien. D'ailleurs les informations que l'on trouve au cours de l'histoire sont d'une excellente qualité. Tout commence dans un Londres "made in India", dans des quartiers où les familles d'origine pakistanaise, musulmane et indienne se regroupent et forment une communauté à part entière. L'auteur nous raconte cette vie où la mémoire du pays natal, des racines et des origines est forte et tenace. Les traditions et les coutumes sont transmises par les parents à leurs enfants: le respect de l'autorité paternelle, la prière à la mosquée, les plats traditionnels, la langue punjabi. Mais bien souvent les enfants, tout comme Salima sont pris entre deux mondes. Oui. C'est l'expression la plus féroce et la plus authentique pour qualifier ce roman. Entre deux mondes, autrement dit entre celui dans lequel on est né et celui dans lequel sont nés nos parents mais qui n'est pas tout à fait le nôtre. Or tout est fait pour que les nouvelles générations soient tiraillées entre ces deux pays aux valeurs complètement opposées: l'Angleterre, l'Occident et le Pakistan. Jusqu'ici rien d'alarmant!
Mais l'histoire de Salima rejoint celle de milliers d'autres jeunes filles qui, emmenées au pays, se voient obligées d'être mariées à des inconnus, des cousins pour honorer la famille et les traditions. C'est de coutume, mais ces mariages arrangés par les parents font le malheur de ces jeunes filles. C'est l'histoire de Salima et de son courage, de sa volonté. L'histoire d'une fuite, d'un combat acharné pour faire valoir ses droits dans une famille qui ne valorise que les devoirs. C'est l'histoire de l'émancipation, de la liberté, du libre-arbitre, c'est aussi le choix de l'amour. Oublie les mille et une nuits, c'est ce que dicte le coeur de Salima et l'avertissement qu'elle donne à sa petite soeur Shazia. Oublie les contes de fées, les princes charmants car ce sera elle la prochaine...


Au-delà de l'intrigue, l'auteur apporte beaucoup pour ce roman jeunesse qui a les traits d'un documentaire. La description de la vie en Angleterre et celle du Pakistan regorge de contrastes. Il nous donne des détails foisonnants, intéressants qui nous permettent de comprendre bien plus de tout ce drame. La confrontation des générations révèle un profond décalage entre les traditions et la vie issue de l'immigration. Les enfants n'ont pas les mêmes aspirations que leurs parents. Décalage entre les générations mais aussi au sein des jeunes, Salima ne comprend pas toujours ses camarades anglaises, et les jeunes pakistanais qui vivent dans leur pays comprennent beaucoup mieux leurs parents. On s'aperçoit que les immigrés portent un regard très critique envers les pays occidentaux, envers nos valeurs. Ils ne respectent et n'acceptent pas les différences. Le père de Salima apparaît dès lors comme un homme borné, autoritaire et totalitaire, qui abuse d'un pouvoir humiliant et destructeur pour sa fille.
La confrontation est d'autant plus privilégiée par la structure du roman: le témoignage de Salima: ses peurs, ses craintes, son pressentiment qui dès lors s'oppose aux espoirs du jeune Rashid qui nous confie ses désirs, son envie de fonder un foyer dont les valeurs pakistanaises et familiales seraient au coeur du couple marié. Les deux jeunes gens se rencontrent, l'un dit oui, l'autre refuse. C'est tout le drame. Le récit s'enflamme et le coeur des lectrices palpite: les tentatives de Salima, la révolte que l'on ressent quand son père la trahie, la résignation dissimulée derrière le masque de la souffrance et de la haine. On y croit pas une seule seconde. Une Salima prête à épouser son cousin, prête à sacrifier son bonheur pour des valeurs égoïstes.
En quoi le poids de la religion pèserait-il plus que le poids de toute une vie? En quoi la religion est-elle plus légitime que le bonheur?


Un livre qui assurément ne laisse pas indifférent, un grand coup de coeur pour un livre jeunesse qui vaut le détour car il possède toutes les vertus du genre: intelligence d'esprit, témoignage puissant. Une lecture justifiée et appréciée. A lire en mémoire de toutes ces jeunes filles, à ce combat qui reste d'actualité. Oublie les mille et une nuits est ce livre qui nous rappelle chaque jour que personne n'a le droit de décider à la place d'une autre et surtout pas en matière de sentiments. Salima, un mariage forcé, une volonté de fer, une vie volée mais en aucun cas un sacrifice mérité.


5/5 champignons

Tag PAL

Alwenn m'a tagguée ici ...C'est la première fois qu'elle me taggue! J'ai rechargé les piles de mon appareil photo qui commence à s'user. Je m'excuse donc par avance de la piètre qualité des photos. Je ne vais pas tergiversée des heures, je rappelle simplement les règles de ce tag:

- Prendre en photo les romans à lire c'est-à-dire sa PAL.
- Dire celui qui vous motive le plus
- Dire celui qui branche le moins
- Passer le tag à 4 personnes.



Il était une fois une bibliothèque très chérie, au coeur d'un salon très cosy.


Sur une étagère reposait une Pile à Lire, une pile qui réunissait toutes les futures joies et peines mais aussi espoirs et peurs d'une lectrice assidue. Une bibliophile comme il se doit...



A y voir de plus près, le livre qui la tentait le plus s'intitulait Le temps des miracles d'Anne-Laure Bondoux



Et le livre qui ne lui disait pas du tout, même si ce n'est pas gentil de dire d'un livre qu'il ne donne pas envie de le lire car c'est la pire insulte qu'il puisse recevoir: c'est quand même L'erreur est humaine de Woody Allen!


Pour finir, cette folle des PAL et des LAL, est une fille très curieuse! Ce qui est un vilain défaut! Elle le sait! Mais elle adore partager ses lectures, ses coups de coeur avec d'autres lectrices! C'est donc avec un immense plaisir qu'elle zieuterait bien la PAL de Mimienco, Karine, Pimpi et Sybilline !

dimanche 1 février 2009

Grand corbeau

Béatrice Fontanel

Antoine Guilloppé

Editions Sarbacane
Collection Girafon Poche
Album Jeunesse dès 6 ans
Thèmes: Corbeau, Différence, Poésie.


Un corbeau se rêve rouge, jaune, vert ou argent, oiseau des îles ou de paradis : mais rien à faire, il est noâr, noâr, noâr. Il lui faudrait un sorcier, pour le transformer en perroquet ! C’est alors qu’il tombe sur un poète : sous les premiers flocons de l’hiver, l’homme lui révèle la beauté de son noir, qui fait chanter les autres couleurs. « Mais oui, s’exclame le grand corbeau, dans tout ce blanc, on ne voit que moi, croâ, croâ, croâ ! »


C'est l'histoire d'un corbeau malheureux qui croasse, tout vêtu de noir. Il est triste et se sent disons insipide car il n'aime pas sa couleur. Elle est affreusement mélancolique et manque d'éclat. Elle est fade. Notre corbeau rêve de belles couleurs: du rouge, du jaune, du bleu, du vert et du orange. Il voudrait être un oiseau des îles... Un jour, un homme passe. Il neige, il fait froid et il aperçoit l'air lugubre du corbeau. L'homme lui dit "Pourquoi ta couleur fait ton malheur ?". Le corbeau lui explique alors qu'il se sent démuni à cause de son plumage unique. Mais l'homme est un poète. L'habit du corbeau est noir, certes, mais cette couleur permet de faire ressortir toutes les autres couleurs. Le noir donne de l'impact aux autres couleurs et sans lui, elles n'auraient pas autant d'éclat et de brillance. Elles ne paraîtraient pas aussi belles. En fait le noir, tout comme le corbeau, fait chanter toutes les autres couleurs autour de lui.

Un album sur la différence. Une histoire très poétique: une différence physique est signe d'une grande valeur et d'un atout unique. Les illustrations sont très simples mais ici la simplicité est au service d'un jeu de contrastes original: blanc/ noir, noir/ rouge. La couleur noire est habilement utilisée pour faire surgir un dessin qui fait penser à des ombres chinoises. Un jeu de brillance et de mat est aussi visible pour montrer l'éclat d'une couleur que beaucoup considèrent comme fade et tristounette.


3,5/5 champignons